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Mighty DOOM - Bethesda l'a éteint mais ses joueurs l'ont rallumé

Mighty DOOM, le petit shoot roguelite que Bethesda avait sorti sur mobile en mars 2023, tourne de nouveau !! Alors bien sûr pas sur les serveurs officiels, qui sont éteints depuis deux ans, mais sur un serveur monté et hébergé par des fans, qui ont refait tout le boulot à la main.

Mais avant, pour ceux qui ont raté un épisode, en fait, le jeu est mort parce que Microsoft a fermé Alpha Dog Games, le studio qui le développait, en mai 2024, c'est-à-dire en même temps qu'Arkane Austin et Tango Gameworks (le studio de Redfall et celui de Hi-Fi Rush... tout ça le même jour, l'hécatombe). Et ce qui devait arriver arriva, puisque trois mois plus tard, le 7 août 2024, les serveurs de Mighty DOOM se sont arrêtés.

Et ce n'est pas rien parce que le jeu avait quand même été téléchargé 7,6 millions de fois sur mobile...

C'est pour ça que le projet Mighty Resurrection a décidé de redistribuer lui-même un APK Android du jeu. Il nécessite Android 10 minimum et il pointe directement sur le serveur de la communauté, dont le compteur annonçait déjà au moment d'écrire ces lignes, 449 comptes enregistrés.

Au-delà de l'APK "client", ce qui est cool, c'est qu'en face, il y a un logiciel serveur dont le code est public et que vous pouvez également lancer chez vous, si vous le souhaitez.

Ce qui est impressionnant surtout, c'est le taf. Parce qu'il a fallu régler l'authentification, les chapitres du jeu, l'inventaire des objets, les talents, la boutique, le battle pass, et même tout ce qui était achats intégrés et gestion de l'identité Xbox. En gros, chaque morceau que le jeu Android réclamait au serveur officiel, il a fallu entièrement le recoder.

Le truc un peu fou, c'est qu'Alpha Dog Games a retrouvé son indépendance cet été. Le studio est donc de nouveau entre les mains de ses fondateurs, sauf que la licence DOOM, elle, ne lui appartient pas. Donc impossible pour eux de rallumer leur propre jeu. Par contre, ils ont les sources, donc je me dis que s'ils étaient un petit peu sympas, ils pourraient aider les développeurs de Mighty Resurrection en leur offrant le code.

On verra bien si ça leur traverse l'esprit.

Merci à Maxime pour l'info.

Source : le site de Mighty Resurrection et le dépôt du serveur sur GitLab .

Cliamp - Votre musique + 58 000 radios dans le terminal

cliamp est un lecteur de musique qui va plaire aux plus barbus d'entre vous puisqu'il tourne dans votre terminal, avec le visualiseur de spectre et l'égaliseur qui vont bien. On est un peu dans le même esprit roots que Winamp sauf que lui, c'est d'aller chercher vos morceaux de musique à peu près partout où ils sont rangés.

Et quand je dis partout, c'est vraiment partout. Les fichiers qui traînent sur votre disque, les flux, les podcasts, YouTube, YouTube Music, SoundCloud, et vos propres serveurs si vous en avez montés à la maison : Navidrome , Lyrion, Plex, Jellyfin, Audiobookshelf. Vous tapez cliamp setup et un assistant vous guidera fournisseur par fournisseur.

Mais le truc que j'ai trouvé le plus sympa, c'est la partie radio. Vous appuyez sur R dans le lecteur, et vous tombez sur l'annuaire Radio Browser , qui contient environ 58 000 stations réparties sur 241 pays. Vous filtrez par pays, par genre, par tag, vous épinglez vos favorites, et un pays entier se charge comme une playlist.

L'annuaire Radio Browser vu depuis cliamp, avec le débit et le pays de chaque station

Chez moi, je lui ai balancé le flux de FIP en ligne de commande, et hop, les barres du spectre se sont mises à danser affichant le titre en cours,, le débit réseau, la playlist à gauche, et les réglages à droite. Égaliseur paramétrique, shuffle, repeat, vitesse de lecture... Il y a tout ce qu'il faut. Le raccourci Ctrl+K vous affichera même tous les raccourcis d'un coup.

Le flux de FIP en lecture, avec le spectre à gauche, la playlist et les réglages d'égaliseur

Pour les podcasts, pas de compte ni de clé API à sortir (ça nous change). Vous faites cliamp --provider podcast et hop, ça ouvre le top 100 d'Apple et ses 19 catégories. Ensuite, vous faites vos recherches avec la touche "/" et vous vous abonnez avec "f".

Sur Mac, l'installation se fait en une commande (Linux et Windows ont leurs binaires tout prêts dans les Releases) :

brew install bjarneo/cliamp/cliamp

Là où ça coince, par contre, c'est Spotify car si vous voulez le brancher, il vous faudra un compte premium. Donc si vous espériez recycler votre compte gratuit dans un joli terminal, c'est mort...

Mais pour le reste, c'est totalement gratuit et sous licence MIT. Breeeef, c'est trop cool ! Mais si l'idée d'un lecteur multi-sources vous plaît mais que le terminal vous sort par les yeux, il y a toujours Nuclear, dont je vous ai déjà parlé qui est très sympa également !

Source : cliamp sur GitHub

Bonjourr - La page de démarrage navigateur minimaliste

Je sais que vous êtes déjà tous passés sur la page d'accueil Korben pour votre navigateur, mais il existe une autre extension sympa qui s'appelle Bonjourr . Comme pour la mienne, cette dernière remplace la page de nouvel onglet de votre navigateur pour vous afficher des infos à la fois agréables et utiles.

En arrivant sur un nouvel onglet, vous verrez alors une grande photo, l'heure et la météo du jour, le tout dans un style qui lorgne vers iOS. Les photos viennent d'Unsplash en 4K, sélectionnées à la main, et les développeurs y tiennent : pas d'IA générative !! Elles changent ensuite selon l'heure du jour, du coup vous n'avez pas le même ciel à 8 h et à 22 h.

Par-dessus, vous placez ce que vous voulez en widgets comme vos liens favoris rangés sur une grille, l'import de vos marque-pages, et une barre de recherche qui accepte n'importe quel moteur, y compris un moteur maison dont vous collez l'URL vous-même.

Le reste s'active ensuite à la carte selon vos besoin. Vous pouvez avoir des notes et des listes à cocher qui captent le format Markdown, pour garder votre to-do sous les yeux, un minuteur Pomodoro qui tourne pendant que vous bossez, et LA citation du jour. Le code CSS est également accessible donc si vous voulez tout déplacer et refaire le look c'est possible ! Dans le même esprit, je vous avais aussi présenté Tabliss il y a quelques années .

Bonjourr en version web, avec les liens rapides posés sous la barre de recherche

Notez que si vous gardez les suggestions de recherche actives, ce que vous tapez dans la barre passera par les serveurs de Bonjourr. Et pensez aussi à couper la synchronisation, si vous ne voulez pas que la config de Bonjourr soit transmise à votre compte Firefox ou Chrome,

Sinon, c'est gratuit, ça s'utilise sans compte, et c'est sous licence GPL v3.0. Ça tourne sur Chrome, Firefox et Edge, et Google !

Pour voir la tête que ça a sans rien installer, quel que soit votre navigateur, je vous invite à tester ça sur la version en ligne .

Fuse-archive - Vos ZIP montés en dossiers ordinaires

Pour votre système d'exploitation, une archive c'est juste un fichier. Un seul gros fichier bien opaque qu'il faut ouvrir avec un outil dédié, ou décompresser quelque part avant de pouvoir travailler dedans.

C'est pour cela que je vous présente aujourd'hui l'outil fuse-archive qui prend le problème à l'envers en présentant ce fichier comme un dossier ordinaire, en lecture seule, que vous pouvez parcourir avec ls, cat, grep, votre éditeur ou votre visionneuse d'images.

En gros, vous lui donnez l'archive, un nom de dossier, et c'est tout. Ensuite, il le monte comme une partition normale :

fuse-archive foobar.tar.gz mnt
tree mnt
umount mnt

La liste des formats supportés, c'est celle de libarchive, donc elle est assez longue : ZIP, 7z, RAR, TAR compressés de toutes les façons, ISO, paquets DEB et RPM, archives WARC du web.

Vos DOCX, vos EPUB et vos APK étant des ZIP sous un autre nom, ils se monteront pareil, et quand l'extension ne sera pas reconnue, l'outil ira lire les premiers octets pour trancher tout seul.

Et puis vous n'êtes pas obligé de vous arrêter à une archive. Si vous lui en passez trois d'un coup, il les fusionne en une seule arborescence sous le même point de montage, comme si leur contenu avait toujours été rassemblé. Avec le paramètre -o nomerge, il donnera aussi à chaque archive son propre sous-dossier, et quand deux fichiers portent le même nom, il numérote le second en file (1).txt.

Là où je trouve ça trop cool, c'est sur les archives chiffrées. En effet, un ZIP protégé par mot de passe se montera sans souci, AES-256 compris. L'outil vous demandera simplement son mot de passe. Ça permet donc de consulter un document confidentiel sans en laisser de copie déchiffrée derrière vous.

Deux limites quand même sur le chiffrement... Le format chiffré des 7z et des RAR n'est pas géré, et un fichier à double couche comme un tar.gz.gpg réclamera le paramètre -o maxfilters=2, puisque l'outil n'en traite qu'une seule par défaut.

Maintenant, cette lecture sans copie en clair nécessite que fuse-archive décompresse l'archive entière dans un fichier temporaire anonyme, posé dans votre TMPDIR ou, à défaut, dans votre /tmp. Ça peut donc prendre beaucoup de place sur le disque, et votre document confidentiel s'y retrouvera en clair jusqu'au démontage, où le fichier sera supprimé. Toutefois, avec le paramètre -o lazycache, il ne décompressera que ce que vous ouvrez vraiment, et le temporaire grossira alors au fil de vos lectures de fichiers au lieu de tout remplir d'avance. Et avec le paramètre -o nocache, il ne gardera rien sur le disque (au prix de relectures plus lentes).

Notez que ce mode lazycache ne vous fera gagner du temps et de l'espace disque que sur les formats à accès direct, du genre ZIP, 7z ou RAR. Un tar.gz, comme une archive chiffrée, sera parcouru en entier de toute façon, rien que pour lister ses fichiers.

Maintenant pour du vrai accès direct sur ces formats, je vous invite plutôt à jeter un oeil à ratarmount qui relève la position de tous les fichiers du TAR pour sauter droit à celui que vous demandez (et lui s'installe d'un simple pip install).

Ah et j'ai failli oublier, le dépôt s'appelle mount-archive, mais la commande, elle, s'appelle toujours fuse-archive.

La Forge - Le GitLab public des profs codeurs

Je ne sais pas si vous êtes déjà tombé dessus, mais le ministère de l'Éducation nationale fait tourner son propre GitLab depuis un petit moment maintenant, il est public, et il s'appelle La Forge des communs numériques éducatifs . Au moment où j'écris ces lignes, il y a dessus 12 896 projets et 15 638 membres dans ce qu'ils appellent "l'atelier".

Alors c'est quoi cette dinguerie comme disent les anciens ? Hé bien derrière, c'est du GitLab CE, infogéré par le pôle de compétences Logiciels Libres (oui, ça existe, et c'est un vrai service de l'Éducation nationale), et classé dans les services partagés d' apps.education.fr .

Les 595 ressources de la ressourcerie, avec les étiquettes de niveau et de discipline sous chaque fiche

Et le plus beau c'est que pour aller fouiller dedans, vous n'avez besoin de rien du tout puisque les dépôts publics s'ouvrent via le navigateur, sans authentification.

Bien sûr, cette grosse dizaine de milliers de dépôts de code bruts, ça ne se visite pas comme ça. Il y a donc une vitrine, nommée la ressourcerie , qui en met en avant un peu moins de 600, triées par niveau, par discipline et par tag et pour la plupart, testables en ligne.

Par contre, pousser du code est un poil plus encadré. Pour cela, le personnel du ministère doivent avec leur compte Apps, et tous les autres, profs retraités, universitaires, Inria, boîtes de l'EdTech, associations, et j'en passe, passent par un second annuaire avec validation préalable.

Donc non, vous ne pourrez pas y déposer votre side-project éducatif du week-end, mais si votre truc sert vraiment à des profs, la porte n'est pas fermée...

Là-dessus l'Éducation nationale n'est pas toute seule, puisque les Pays-Bas ont également monté leur forge de code , où une cinquantaine d'administrations et de communes publient déjà.

Et l'IA là-dedans ?

Hé bien c'est complètement décomplexée et tant mieux ! Le catalogue a 7 tags officiels rien que pour ça, de "IA chatbot" à "IA prompt" en passant par "IA LLM souverain", et 48 fiches en font partie. Ce n'est donc pas la majorité du catalogue, mais il y a quand même un projet nommé EduVaibe dont le boulot est de "générer, étape par étape, un prompt complet à coller dans une IA pour créer des applications numériques éducatives".

Le truc le plus utile du lot, je trouve, même quand on n'a aucune classe à gérer, c'est ChatMD . Vous forkez le dépôt, vous remplacez le contenu d'index.md par vos propres réponses écrites en Markdown, et votre agent conversationnel bien à vous est ensuite accessible à partir d'une simple URL. Le tout est sous licence MIT bien sûr !

Maintenant derrière une bonne partie de ces dépôts, il y a un prof tout seul qui bricole sur son temps libre, et malheureusement, le jour où il abandonne, le projet s'arrête. Mais la bonne nouvelle c'est que la Forge rétribue chaque année quelques profs pour justement les soutenir dans leurs projet.

C'est maigre à l'échelle d'un ministère, je vous l'accorde, mais c'est quand même mieux que rien. Voilà, en attendant, je vous invite à y faire un tour ! Vous y trouverez peut-être des choses intéressantes.

Merci à Sylvain Bruyère pour le lien !

OpenDisplay - Étendre l'affichage Mac avec ce que vous avez sous la main

OpenDisplay est un outil open source qui vous permet d'avoir un affichage déportée de macOS sur n'importe lequel de vos appareil Apple dont vous ne faites rien. Et ce n'est pas une recopie basique de votre bureau, mais bien un écran que macOS affichera dans ses réglages d'affichage, et sur lequel vous pourrez faire glisser vos fenêtres comme sur n'importe quel écran externe.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Alors oui, je saiiiis, Sidecar fait déjà ça, et gratuitement en plus, mais Apple s'est arrêté à l'iPad et les deux appareils (votre iPad + votre ordi) doivent être connectés avec le même compte Apple. Du coup, votre iPhone ou un vieux Mac qui ne sert plus, n'ont jamais été invité à la fête, et les appareils Apple de votre conjoint.e encore moins.

Pour faire fonctionner ça, une seconde application, OpenDisplay Receiver, s'installe dessus et le transforme ainsi en écran. Elle ne réclame que macOS 12 Monterey, ce qui permet à des Macs sortis à partir de 2015 environ de rester dans le game. Le Mac qui envoie l'image, lui, devra être sous macOS 14 minimum.

Côté installation, l'application iPhone et iPad est sur l'App Store, totalement gratuite, à partir d'iOS 16.4. Votre Mac principal, lui, récupère de son côté un DMG signé et notarisé par Apple (ça veut dire que ça s'ouvre au double-clic sans que Gatekeeper vienne râler et ça c'est cool).

Ensuite vous branchez le matos, et comme OpenDisplay passe par usbmuxd qui est un service déjà présent dans votre macOS, il n'y a pas d'outil tiers et pas de tunnel à monter, ça se connecte tout seul. Attention quand même au câble, car il doit transporter des données. Cela veut dire qu'un câble lambda de charge seule ne fonctionnera pas. Et une fois l'écran en place, l'appareil deviendra tactile pour le Mac, donc, vous pourrez faire défiler Korben.info avec vos deux doigts, like a boss !

Par contre, si vous souhaitez utiliser la connexion via le Wi-Fi, sachez qu'il y a un petit bug au niveau du curseur de la souris. Donc, en attendant que ce soit résolu, je vous invite vraiment à passer par le câble. Niveau sécurité, il y a un petit truc à savoir aussi : le flux vidéo qui circule sur le Wi-Fi se fait sans chiffrement.

Alors normalement, chez vous, ça ne devrait pas poser de problème, mais sur un réseau partagé ou public, je vous invite vraiment à brancher le câble USB. Parce que sinon, ça veut dire que n'importe qui pourrait récupérer votre flux d'écran en passant par la même borne Wi-Fi que vous. Un transport chiffré avec appairage des appareils est prévu, il n'est pas encore là.

Dernière chose à savoir avant de vous lancer : l'application Mac s'appuie sur CGVirtualDisplay, une API privée de CoreGraphics, la même que celle de DeskPad dont je vous avais parlé . C'est pour ça qu'elle n'est pas distribuée sur l'App Store, et malheureusement, une mise à jour de macOS peut très bien la casser.

Voilà, si vous avez un iPhone qui prend la poussière ou un vieux MacBook / iMac au fond d'un placard, c'est à tester !

Degoog - Le métamoteur à installer sur votre ordi

degoog est un moteur de recherche que vous installez chez vous, et qui interroge Google, Brave, DuckDuckGo et d'autres en même temps avant de vous afficher une seule et belle liste unique de résultat.

Quand vous l'aurez installé, la première étape consiste donc à sélectionner les moteurs de recherche que vous voulez utiliser.

Dès que c'est bon, l'interface se remplira alors automatiquement avec les résultats en provenance de tous services de recherche. Et quand plusieurs de ces services remontent la même page, degoog lui sait les fusionner afin d'éviter les doublons. Ce recoupement fait d'ailleurs monter le résultat dans le classement.

Et la colonne de droite de degoog vous dira le reste : quel moteur a répondu, en combien de temps, combien de résultats il a apportés...etc. Et surtout, si ça ne renvoie rien, il vous dira aussi pourquoi. Par exemple, si vous avez été bloqué par le moteur de recherche, si vous avez été limité parce que vous avez fait trop de requêtes rapprochées, s'il y a un captcha, s'il y a une page interstitielle, etc., avec le petit lien qui va bien pour relancer la recherche sur ce moteur-là tout seul.

Pour faire sa besogne, degoog embarque quatre outils (Fetch, Curl, Curl Fallback et Curl Impersonate), et son Store en propose d'autres qui pilotent FlareSolverr (un résolveur de captcha Cloudflare), un navigateur furtif comme Camoufox, ou carrément un vrai Firefox qui prête sa session au serveur.

Il y a bien longtemps, je vous avais présenté SearXNG , et l'auteur de degoog ne se cache pas d'avoir été inspiré par celui-ci. Mais degoog va plus loin en terme de fonctionnalités et est surtout moins gourmand en ressources. Ça permet de le faire tourner sur des petites configs par exemple à base de Raspberry Pi.

Pour l'installer voici comment faire (faudra Docker) :

mkdir -p ./data
sudo chown -R 1000:1000 ./data
docker run -d --name degoog -p 4444:4444 -v ./data:/app/data -e DEGOOG_SETTINGS_PASSWORDS=CHANGEZ_MOI --restart unless-stopped ghcr.io/degoog-org/degoog:latest

Puis je trouve qu'il est quand même vachement plus agréable à utiliser. Après, si vous voulez vraiment une page de résultats complète, il vous faudra un outil qui s'appelle 4play . C'est une extension qui s'installe dans un profil Firefox propre, qui permet d'aller faire des recherches par lui-même sur Internet comme si l'outil était un vrai internaute. Mais ça nécessite une vraie session de bureau et un écran allumé ou un adaptateur EDID.

degoog permet aussi d'intégrer dans l'outil des plugins que vous pouvez télécharger sur Internet. Mais méfiez-vous à ne pas installer n'importe quoi et faire entrer le loup dans la bergerie !!

Le projet est en stable beta, en version 0.25.0 sortie fin août, sous licence AGPL, et l'interface est traduite en français.

Source : degoog

DocuSeal - Pour signer vos documents sur votre propre serveur

Si comme moi, vous êtes un jeune entrepreneur plein de talent, vous avez sûrement déjà signé des tas de contrats, de NDA et autres documents relatifs à votre société. Et pour cela, en général, nos interlocuteurs et autres avocats ne se font pas chier : ils nous envoient des liens vers des plateformes comme Yousign ou DocuSign,

Car oui, faire signer un contrat à trois personnes passe en général par un service en ligne qui compte le nombre de documents et facture au volume. Snif... Mais c'était sans compter sur le projet DocuSeal qui fait exactement le même travail depuis un conteneur Docker tout simplement posé sur votre serveur. C'est l'avantage d'avoir une solution open source, et surtout, ça permet de tout garder chez vous et de ne rien envoyer sur des serveurs tiers.

Vous chargez un PDF, vous posez les champs à la souris dans un éditeur visuel, et vous envoyez ça à vos interlocuteurs. Il y a 10 types de champs côté version libre, notamment case à cocher, image, date et sélection multiple. Plusieurs signataires se succèdent ensuite dans l'ordre que vous fixez, chacun ne recevant le document qu'une fois que le précédent est passé, et les invitations partent via votre propre serveur SMTP.

Les documents signés restent ensuite sur le disque de la machine, à moins que vous ne préfériez les envoyer vers votre S3, votre Google Storage ou votre Azure.

L'API REST et les webhooks sont également dispo dans la version open source, Mais attention, toutes les fonctionnalités proposées par la version SaaS qu'il propose en mode payant ne se retrouvent pas forcément dans la version open source. Par exemple, on n'a pas la possibilité de créer des modèles différents pour générer des documents sur mesure par client.

Et là où l'auto-hébergement se paie vraiment, c'est sur le certificat car le cloud de DocuSeal signe avec un certificat reconnu par Adobe, alors que votre instance génère le sien par défaut. Donc, il faudra faire avec, surtout que le nombre de documents gérables est limité. Ou alors, modifiez vous-même le code source pour vous faire votre propre version custom.

Pour l'installer avec Docker afin de tester, c'est simple :

sudo docker run --name docuseal -p 3000:3000 -v.:/data docuseal/docuseal

Côté juridique, ce que vous récupérez est une signature électronique simple au sens du règlement eIDAS. C'est le niveau d'entrée, parfaitement valable pour un devis ou un accord interne. Par contre, ça ne supporte pas la signature qualifiée, qui est la seule à valoir juridiquement une signature manuscrite dans toute l'Union européenne.

Ce n'est d'ailleurs pas une faiblesse de l'open source car chez DocuSign aussi, la signature qualifiée se vend en module complémentaire des forfaits classiques. Chez DocuSeal, elle passe par un prestataire de confiance partenaire et se facture aujourd'hui 2 à 4 dollars pièce. Ensuite, le logo maison, le SSO, les relances et l'envoi en masse demanderont la licence Pro. Si vous choisissez de passer par leur version payante, faites attention à bien vous mettre sur l'instance européenne pour que vos documents soient conformes au RGPD et ne partent pas dans les mains des Américains.

Par exemple, comme je vous disais, le code est sous AGPL. Donc, vous pouvez faire un peu ce que vous voulez dedans tant que vous gardez l'attribution DocuSeal dans l'interface.

Et si vous n'avez pas le temps et que ça vous saoule d'auto-héberger votre propre, certificateur de documents, il existe aussi Goodflag Community , un service gratuit pour les particuliers, indépendants et associations dont vous n'êtes pas le produit (lol), qui vous permettra de faire tout pareil sans débourser un centime et avec de la signature qualifiée (Merci à Karefil pour l'info).

Source : DocuSeal sur GitHub

WinBtrfs - Le pilote Windows qui monte vos disques Linux se réveille enfin

Le 1er septembre, Mark Harmstone a publié WinBtrfs 1.10 , le pilote qui fait lire et écrire des partitions Btrfs à Windows. Et je trouve qu'il était temps, parce que la version précédente datait quand même de mars 2024.

Le principe, lui, n'a pas bougé. Vous avez un disque formaté en Btrfs, celui de votre Linux en dual-boot par exemple, et plutôt que Windows l'ignore totalement comme votre date ignore vos textos le lendemain, celui-ci arrive dans l'explorateur de fichiers avec sa petite lettre de lecteur, en lecture comme en écriture. Ce driver pour le système de fichiers Btrfs a été réécrit from scratch, sans reprendre une seule ligne du noyau Linux, et c'est quand même du LGPL.

Alors regardons ce que cette 1.10 répare, parce que la liste vaut le détour. Déplacer un fichier d'un subvolume vers un autre faisait totalement planter le pilote, ce qui fait qu'il était compliqué de mettre un fichier à la corbeille. Laisser Steam créer plein de fichiers d'un coup le faisait aussi planter comme une merde, sans parler du fait qu'écrire sur un snapshot corrompait l'arbre d'extents.

Bref, c'était compliqué jusqu'alors, d'avoir un usage normal d'un disque formaté en Btrfs.

Cette nouvelle version répare aussi la préallocation, ce qui remet rclone d'aplomb, un blocage sur les liens durs, et une corruption mémoire liée à la surveillance du registre. Elle ajoute aussi l'écriture des bitmaps d'espace libre et des fichiers compressés en ligne, deux choses qu'elle savait jusqu'ici seulement lire. En échange, le RAID disparaît sur les périphériques amovibles (si vous en faisiez sur des clés USB, c'est finito pépito).

Reste à savoir comment Harmstone a fait pour nous pondre 370 commits en quatre semaines ? Est-ce la coke ? Est-ce la caféine ? Hé bien non, le README répond à cette question sans détour : C'est Claude d'Anthropic qui l'a, je cite, "grandement aidé" sur la chasse aux bugs et les revues de code. Il ajoute dans la foulée que tout le code a quand même été écrit à la main (wink wink ^^).

Maintenant, est-ce que vous avez besoin de ce driver ?

Chez Paragon, le produit Btrfs dédié est marqué "Legacy" et indisponible depuis octobre 2025, et dans leur suite qui reste vendue, Btrfs est encore en lecture seule. De son côté, WSL 2 sait aussi monter du Btrfs, car son noyau embarque le module, mais la documentation de Microsoft pose ses limites : ni clé USB ni lecteur de cartes, pas de partition du disque de démarrage, et un accès depuis Windows qui passe par un chemin réseau plutôt que par une lettre de lecteur.

Voilà pourquoi ce pilote incroyable n'a pas de réel équivalent.

Côté Windows, il y a quand même des petites surprises. Le pilote est bien signé et s'installe normalement, mais avec Secure Boot activé sur un Windows 10 ou 11, il peut refuser de se charger pour la simple et bonne raison que Microsoft a durci ses exigences de signature d'une façon que les pilotes libres n'ont pas encore réussi à régler. Il faut donc contourner la vérification, ou couper Secure Boot dans le BIOS. Ne vous inquiétez pas, Windows 11 demande en principe Secure Boot pour s'installer, mais tourne ensuite très bien sans. Cependant, je ne suis pas fan d'enlever des contrôles de sécurité sur l'ordinateur, donc, à vous de voir.

Et une fois le disque monté, ne le cherchez pas non plus dans la gestion des disques, car il n'y sera pas. Le pilote passe en fait par un faux périphérique bloc pour que le RAID fonctionne, et diskmgmt ne sait rien de tout ça. C'est donc dans l'explorateur que ça se passe, et nulle part ailleurs.

Et puis 370 commits en quatre semaines sur un pilote de système de fichiers, dont deux chemins d'écriture flambant neufs, ça reste quand même un peu chaud niveau vérification / bugs. Donc pensez bien à faire des backups avant d'installer ça.

Source : Neowin

HortusFox - Le carnet de bord partagé de vos plantes

Je n'ai plus mes 5 hectares de jardin et de forêt, snif snif.... Maintenant c'est un immense jardin de 15 mètres carrés dans lequel je n'ai encore rien planté. Il y a des framboisiers, une pelouse en souffrance++ et deux ou trois trucs qui servent surtout de litière aux chats du quartier. Dans la maison, j'ai également deux spathiphyllums, ces fleurs de lune que tout le monde a chez soi, et une Monstera achetée chez Ikea.

Et je ne sais absolument pas m'en occuper. ^^

Alors quand je suis tombé sur HortusFox , j'ai regardé ça d'un autre œil que d'habitude. Il s'agit d'une application web que vous installez chez vous, qui est développée sous licence MIT depuis 2023 par un type tout seul, Daniel Brendel, qui va vous permettre de gérer toutes vos plantations et autres plantes vertes en intérieur.

Reste à comprendre ce que ça fait vraiment, parce que ce n'est pas ce à quoi on s'attend... Ça n'est pas vraiment un conseiller, ça ne va pas vous dire par exemple quand arroser votre Monstera, ni diagnostiquer une feuille jaune.

C'est simplement un carnet de bord, point. Vous déclarez vos lieux (le salon, la cuisine, la serre), vous y rattachez vos plantes avec leurs photos, vos notes et un journal, et vous créez des tâches dont c'est vous qui fixez l'intervalle. Le système vous rappelle alors ce que vous avez à faire selon l'échéance que vous avez décidée, et il garde la trace de ce que vous avez fait.

Dit comme ça, ça paraît maigre, sauf que quand vous êtes cinq à passer devant les mêmes pots de fleurs, c'est super pratique ! Est-ce que quelqu'un a arrosé pendant les vacances ? Est-ce que le petit s'est occupé de ses plantes carnivores ou pas ? Là, la réponse est dans le journal de la plante et pas dans la tête de X ou Y qui a mis son téléphone en mode avion.

C'est d'ailleurs ce qui fait sa différence. Plusieurs comptes partagent le même espace, avec les tâches en commun, un inventaire du matériel et même un chat de groupe pour se laisser des mots.

Plant-it , l'autre projet libre du genre, repose exactement sur la même philosophie. À la base, c'était également une application web, mais comme il y avait trop de bugs , l'auteur a préféré supprimer la version qu'il hébergeait. Et Plant-it est ainsi devenu une simple application Android. Adieu les versions web et la version iOS.

HortusFox, lui, a fait le chemin inverse et garde son serveur, mais du coup il n'a aucune application native en face : le dépôt Android du projet est archivé depuis 2024, ce qui fait que pour savoir ce qui se passe, vous devrez ouvrir la page web pour voir l'état de vos plantes. Je vous laisse deviner si mon fils va penser à ouvrir un onglet tout seul pour ses plantes carnivores... lol.

Ce n'est pas grave, je me suis acheté ces petites Oyas pour les plantes vertes (lien affilié), et ça fait super bien le taf pour garder la terre un petit peu humide en permanence.

Ça s'installe en Docker Compose avec une base MariaDB. Pas de SQLite, pas de PostgreSQL et n'attendez pas que ça change parce que ça demanderait trop de boulot à l'auteur... L'interface est également disponible en onze langues dont le français. Au niveau de la vie privée, il n'y a pas vraiment de télémétrie, il faut juste savoir que l'identification des photos passe par l'API de Pl@ntNet , qui est gratuite jusqu'à 500 identifications par jour, et la météo par OpenWeatherMap. Ces deux-là réclament donc vos propres clés, et vous n'êtes pas obligé de les activer. Les données botaniques, elles, viennent du GBIF sans rien demander.

Et si vous voulez juste identifier vos plantes sans monter un serveur, j'avais déjà parlé des applis qui font ça .

Un point quand même avant que vous ne lanciez le docker compose : Une XSS stockée a été remontée le 11 août 2026 dans la version 5.9, qui est la dernière en date. Cela veut dire que n'importe quel membre de votre espace HortusFox peut glisser du JavaScript persistant dans les notes d'une plante, qui s'exécutera ensuite chez tous ceux qui la consultent, admin compris ( CVE-2026-72559 ). Donc mettez bien cette application ailleurs que sur Internet et assurez-vous que votre grand-mère ou vos enfants ne sont pas des petits hackers en herbe.

Amusez-vous bien avec vos plantes vertes !

WhatCable - Trouvez le câble qui bride la charge sur votre Mac

Je ne sais pas vous, mais chez moi, mes câbles USB-C se ressemblent tous. Et dans le tas, j'en ai qui chargent mon MacBook deux fois plus vite que d'autres. Et franchement, en les regardant, je ne peux pas vous dire lesquels sont les plus efficaces. Alors que mon Mac, lui, apparemment, il le sait déjà.

En tout cas, c'est ce que j'ai compris en allant lire le site de WhatCable. Ce qu'ils expliquent, c'est qu'à chaque branchement, le contrôleur de port d'un Mac Apple Silicon envoie un message à la puce que certains câbles embarquent et récupère sa fiche d'identité : débit annoncé, ampérage, fabricant. De ce que j'ai compris, macOS range la réponse dans le registre IOKit sous forme d'objets bruts, et ne l'affiche nulle part en clair. Snif...

Et c'est cette réponse que WhatCable va chercher, puis traduit. L'app vit dans la barre de menus, vous branchez un câble, et elle vous dit alors instantanément lequel des trois maillons plafonne la charge : Soit le chargeur, soit le câble, soit le Mac lui-même quand sa batterie est presque pleine.

Et vous obtenez le même verdict côté débit.

L'app confronte aussi la fiche du câble à sa spécification USB-PD et lève un carton jaune quand quelque chose cloche. Ça peut être l'identifiant fabricant à zéro, les bits réservés utilisés de travers...etc. Moi, je parle bien ici de contrefaçon de câbles, mais l'app reste très prudente dans sa formulation. Elle signale juste des trucs bizarres, et elle ne dit jamais qu'un câble est une contrefaçon.

Après, la plupart des câbles sous 60 W n'ont aucune puce à interroger, donc il n'y a rien à lire, et certains ne répondent correctement qu'avec un appareil branché à l'autre bout. Sur les ports USB-C en façade d'un Mac mini ou d'un Studio, aucune donnée de câble ne remonte non plus. C'est à cause de l'architecture d'Apple.

Côté matériel, il vous faut donc un Mac Apple Silicon sous macOS 14 minimum, les Mac Intel ne publiant pas ces données du tout. L'app est gratuite et son code est sous licence MIT, sauf le dossier des fonctions Pro où là, faudra débourser environ 10 €.

Si vous avez Homebrew, vous pouvez installer l'app rapidement comme ceci :

brew install --cask darrylmorley/whatcable/whatcable

L'app est même en français si vous avez séché les cours d'anglais. Bref, de quoi trier votre caisse de câbles sans vous planter...

Xodus - Vos jeux Xbox PC tourneront bientôt sur Linux / macOS

Vous jouez sous Linux et votre bibliothèque Steam, GOG ou Epic tourne à peu près entièrement grâce à Proton ? Cela signifie que, malheureusement, vos jeux Xbox PC et ceux du Game Pass, eux, restent à la porte... C'est con d'avoir un catalogue entier, payé tous les mois rubis sur l'ongle et de ne pas pouvoir y toucher ailleurs que sous Windows, via le streaming cloud.

Mais cette époque est révolue puisque Xodus est un projet open source qui rétro-ingénierie la chaîne Xbox PC pour faire tourner ces jeux directement sur Linux. Son dépôt coche déjà la connexion de l'appareil, celle du compte, l'autorisation Xbox, la récupération des licences, le téléchargement des paquets de jeu et le déchiffrement des exécutables à la demande. Bref, la douane est passée (non pas Hamza, celle de Microsoft).

Ce qui bloquait n'a jamais été Proton puisqu'en fait un jeu Xbox PC moderne repose sur le GDK de Microsoft et arrive emballé dans un conteneur MSIXVC chiffré, dont les clés dépendent de la licence attachée au compte.

Rien à voir donc avec un .exe posé dans un dossier.

L'équipe, emmenée par Paweł Lidwin qui contribue aussi à Heroic , a donc dû fabriquer ses propres briques, une bibliothèque d'authentification Xbox, un lecteur capable de parcourir ces conteneurs, et surtout une réimplémentation libre de xgameruntime.dll, le composant par lequel les jeux réclament les services Xbox (Celle-là est toujours en chantier). Le projet entretient même ses propres versions modifiées de Wine et de Proton.

Sauf qu'on ne joue toujours pas... Aucun binaire n'est distribué, il faut tout compiler soi-même, et les fameux services Xbox doivent encore être servis aux jeux à travers Wine. Le lancement, c'est donc le gros morceau restant même si un jeu auquel vous avez droit se récupère et se déchiffre.

Côté catalogue, il faut du GDK et du MSIXVC. Le MSIXVC2 n'est pas géré, Gears of War 4 reste sur le carreau, et les titres rétrocompatibles se récupèrent mais réclameront peut-être des correctifs dans wine ou dxvk. Quant au déchiffrement, il s'appuie sur les instructions AES du processeur. Cela signifie que sur une machine trop vieille pour les avoir, ça ne ramera même pas... ça s'arrête juste net sur une instruction "illegal".

Et puis, vous vous en doutez, il y a Microsoft... Le projet n'est ni affilié ni approuvé par Redmond, donc c'est à utiliser à vos risques et périls, car rien n'empêche l'éditeur de changer une clé ou de modifier un bout du protocole et de refermer la porte du jour au lendemain. Avec Xodus, personne n'a rien promis, et c'est un pari sur un avenir incertain... Toutefois le dépôt avance bien quand même, sans binaire à la clé pour le moment.

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Wayland-Wheeltani - L'autoscroll qui survit au débranchement

Lucas, lecteur de Korben.info, m'a écrit pour me montrer Wayland-Wheeltani , son outil qui ramène l'autoscroll au clic molette sous Wayland, et qu'il met à jour depuis ce printemps. C'est un peu dans l'air du temps de ce genre d'outils puisque fin juillet, je vous parlais déjà de midscroll , qui règle le même manque sous Linux. Wayland-Wheeltani vise le même geste, mais avec une idée nouvelle que l'autre n'a pas.

Le geste, donc... Vous le connaissez, on maintient le bouton du milieu, on éloigne la souris du point d'appui, et la page défile dans cette direction. Plus on s'éloigne, plus ça accélère et si on relâche, ça s'arrête net. Et si on repasse de l'autre côté du point de départ, hé bien le défilement s'inverse sur cet axe.

Toutefois, un mouvement minuscule ne déclenche rien, ce qui fait que sous le seuil, le clic molette reste un clic molette, collage de la sélection compris. Et comme le programme déchiffre les mouvements de la souris au niveau du noyau pour réémettre un genre de molette virtuelle, les applications au-dessus n'en savent rien. Pour elles, c'est juste une molette de souris ordinaire.

L'écart sur la méthode de fonctionnement avec Midscroll, c'est que Wayland-Wheeltani ne se lie pas à votre souris par son fichier dans /dev/input, dont le numéro bouge à chaque branchement, mais bien par son identifiant USB constructeur et produit. Le réglage survit ainsi aux redémarrages et aux changements de port, et le service la retrouve seul quand vous la rebranchez. C'est super si par exemple vous utilisez à certains moments un dock externe.

Le filtre par application, lui, existe des deux côtés, mais ne fonctionne pas dans le même sens. Midscroll démarre avec FreeCAD, OrcaSlicer et Minecraft déjà blacklistés alors qu'avec Wayland-Wheeltani, rien n'est filtré au départ, et vous pouvez exclure des applications ou n'en autoriser que quelques-unes grâce à une commande donnant l'identifiant précis de la fenêtre active. Hyprland, Sway et i3 sont ainsi supportés en direct, GNOME avec une extension fournie, KDE avec kdotool. Et l'autoscroll, lui, marche sur toute session Wayland.

Pour le reste, il faut une session Wayland, systemd en mode utilisateur et l'accès à /dev/uinput. L'installation dépose une règle udev visant votre souris, ce qui évite de faire tourner le service en root au quotidien.

Après la limite, vous la connaissez puisqu'elle est dans le nom : Wayland-Wheeltani ne couvre que Wayland, là où midscroll gère aussi X11. Donc si votre session est encore en X11, vous n'aurez pas le choix. Par contre, si elle est en Wayland et que vous passez votre temps à débrancher / rebrancher votre souris et qu'elle change de port sans cesse, c'est celui-ci qu'il vous faut.

Multiverse Engine - Le moteur 3D d'un fan de jeux rétro en VR

Si vous êtes du genre à voir la gerboule dans des casques de réalité virtuelle, alors désolé, cette news n'est pas pour vous. En effet, y a un gars passionné qui s'est dit que ce serait cool d'adapter des jeux vidéo rétro en réalité virtuelle.

Le type a donc développé un rendu VR basé sur le standard OpenXR pour des jeux comme Super Mario 64 Co-op DX, Mario Kart 64, et Dr Robotnik Ring Racers. Pour cela, il a utilisé un standard ouvert commun aux Runtimes VR qui s'appelle OpenXR. Pour que le rendu soit fou dans le casque, le jeu entier est calculé une fois par oeil. Comme ça, au lieu d'être un simple écran à plat qui flotte devant vous, c'est un univers 3D bien immersif.

Tout ça est dispo sur son site et open source, et Ring Racers propose même quatre modes de vue, dont un diorama qui réduit tout le circuit à une maquette au-dessus de laquelle vous pouvez rouler.

Et alors, son petit dernier, il est incroyable ! C'est Sonic Robo Blast 2 dont voici la démo :

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Alors moi j'ai pas eu la chance d'être élevé dans la team Sega quand j'étais plus jeune mais je sais que parmi vous il y a des gros fans de Sonic. Et quand je vois ce jeu revisité qui reprend exactement le jeu d'origine pour y jouer en 3D, ça me fait grave envie même si je sais que je n'aurai pas la patience d'avoir le museau au chaud pendant des heures à l'intérieur d'un casque de VR beaucoup trop lourd pour moi.

À côté de ces portages, il construit également son propre moteur 3D. Ça s'appelle Multiverse Engine et c'est conçu pour faire tourner Multiverse, un jeu d'exploration dimensionnelle prévu pour écran standard et en VR, où l'on voit tout à travers une caméra de type found footage qui respire, tangue et attrape des morceaux du monde suivant comme des parasites de VHS.

Rien de compliqué mais surtout des tonnes de références assumées à la SF de l'âge d'or, aux liminal spaces, aux Backrooms et au No Man's Sky d'avant sa sortie. Le jeu a démarré sous Unreal Engine 5 avant qu'il ne juge le plafond du moteur trop bas, d'où ce moteur maison écrit de zéro en C++ et Direct3D 12, avec son propre rendu et son propre éditeur.

Et sa petite obsession à lui, ce sont les failles dans le jeu (pas les failles de sécurité hein, les vraies failles au sens géologique du terme). C'est pourquoi quand une déchirure s'ouvre dans le décor, le monde derrière est calculé en direct, avec sa lumière, son brouillard et son ciel, au lieu d'être une image plaquée.

Attention quand même à la confusion, parce qu'il y a un autre Multiverse qui existe et qui est un projet No Man's Sky, sans rapport avec le jeu ci-dessus.

En tout cas, ce gars est trop fort et son prochain chef-d'œuvre, ce sera Star Fox 64 en VR dont le dev a déjà commencé. Je vous invite vraiment à vous abonner à son compte GitHub et à suivre régulièrement son site web .

OpenNutriTracker - Pour suivre votre consommation de calories

J'sais pas si vous l'avez vu passer lui, mais OpenNutriTracker est une app qui note ce que vous mangez et compte les calories, sans rien vous demander en échange. Hé oui, l'application est gratuite sur Android et sur iOS, sous licence GPL-3.0 en plus ! Que demande le peuple ?

Avec cette app, vous enregistrez vos repas, et elle additionne toutes les calories que vous ingérez. Pour remplir le journal de que vous mangez (journal qui au passage est chiffré en AES sur votre appareil, on n'est jamais trop prudent...), vous scannez le code-barres d'un produit avec l'appareil photo (ou vous tapez le code), ou vous tapez son nom et hop, la fiche nutritionnelle déboule sur l'écran directement depuis Open Food Facts, complétée par une sélection de l'USDA FoodData Central.

L'écran de scan visant le code-barres d'une brique de jus

Ce qui est cool avec cette application, c'est que pour un utilisateur français par exemple, la recherche remonte d'abord les aliments qui sont vendus son pays.

Et Open Food Facts , dont je vous ai déjà parlé, référence plus d'un million de produits vendus en France, c'est plutôt bien garni avec vos yaourts préféré et vos plats ultra transformés de supermarché ^^.

La journée de tracking se découpe alors en petit-déjeuner, déjeuner, dîner et collation, chacun avec son objectif de calories. Un dépassement se voit donc sur le repas fautif, pas seulement dans le total de la journée. Et quand vous savez déjà ce que vous avez avalé, un ajout rapide se contente d'un titre et d'un nombre.

La fiche du produit scanné, avec ses calories et ses macros avant l'ajout au repas

Et l'app ne s'arrête pas au compteur qu'on retrouve finalement dans pas mal d'autres app. Non, elle vous aide à suivre dix nutriments, des fibres au magnésium en passant par le fer et le sodium, avec les repères d'apport de référence des tables de l'Institute of Medicine pour situer où vous en êtes. À côté de ça, vous avez votre poids et sa courbe, un compteur d'eau et un catalogue d'activités pour remettre en face les calories dépensées.

Vos données sortent aussi quand vous le décidez avec export du journal complet en JSON ou en CSV, ou partage d'un repas par QR code vers un autre téléphone. De quoi bricoler d'autres app autour de ça donc.

Côté installation, c'est dispo sur Google Play ou l' App Store , avec iOS 15.5 minimum, et snif snif pas encore de version F-Droid. Par contre, l'app n'est pas encore traduite en français, donc n'hésitez pas à contribuer si ça vous dit.

Hammer - Votre roman en fichiers texte, pas dans le cloud

Hammer, l'outil dont je vais vous parler aujourd'hui, est né d'un manuscrit perdu. En septembre 2020, son développeur Adam Brown vivait dans un van et écrivait dans des coins souvent très isolés, avec un logiciel gratuit qui se présentait comme fonctionnant hors ligne. Mais malheureusement, au bout d'une semaine sans réseau, le soft a cessé de fonctionner.

De retour en ville quelques jours plus tard, il a alors remis la main sur une connexion, et le logiciel est reparti, mais son manuscrit avait disparu !

Alors, dégoûté, il s'est dit qu'il allait coder son propre éditeur offline pour éviter que ça se reproduise, car hé, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Et c'est pourquoi quand vous écrivez avec Hammer , chaque scène est un fichier texte enregistré sur votre disque dans le répertoire que vous avez spécifiquement choisi. Et c'est pareil pour tout ce qui est contenu annexe comme les notes et les fiches d'encyclopédie qui accompagnent les scènes.

Grâce à Hammer, qui est un logiciel gratuit sous licence MIT, vos idées sont rassemblées sous la forme d'un projet d'écriture avec tout ce qu'il faut pour prendre des notes, mettre des tags, faire des liens...etc.

L'éditeur de Hammer, avec la scène, son plan et ses notes sur le même écran.

Pour autant ce n'est pas un bloc-notes déguisé. Les scènes se réordonnent au glisser-déposer, ce qui est pratique quand vous décidez que deux personnages doivent se croiser trois chapitres plus tôt. L'encyclopédie catalogue les personnages, les lieux et les événements avec leurs images, et Hammer lit vos scènes pour repérer tout seul qui apparaît où.

La synchronisation entre vos appareils, elle, est totalement optionnelle. Et depuis la dernière version, le serveur de sync a une image Docker officielle . Un petit docker compose up -d et c'est en route, avec un volume pour vos données et le PostgreSQL embarqué directement dans le conteneur.

Si vous débutez en auto-hébergement , sachez quand même que le serveur ne parle que HTTP en local alors que les clients Hammer exigent du HTTPS, donc il faudra mettre en place un reverse proxy ou un certificat devant.

Et si vous n'avez pas envie de gérer un serveur, sachez que l'instance officielle hammer.ink est utilisable si vous êtes abonné au Patreon du projet. Vous pouvez aussi vous en passer et poser le dossier dans Syncthing ou Dropbox, mais ça ne marchera qu'entre vos ordinateurs, car les clients mobiles (Android / iOS) Hammer supportent uniquement le protocole intégré.

Bref, un super outil pour les écrivains, les journalistes et autres producteurs de contenu qui aiment bosser offline. Et si Hammer s'arrête de fonctionner un jour, votre roman sera encore avec vous.

Pascal Editor - Le plan 3D se dessine pendant que Claude bosse

J'ai jamais fait construire de maison mais je crois savoir que dessiner le plan de sa maison en 3D, ça passe encore par un logiciel assez lourd à installer + une licence, sans oublier l'interface façon Micro Applications de 2003 (qui s'en souvient ??). C'est pourquoi Aymeric Rabot et Wassim Samad ont pris le problème autrement avec Pascal Editor, un éditeur de bâtiments 3D qui tourne simplement dans un onglet de navigateur. Et en plus, c'est gratuit, open source (licence MIT) et surtout sans inscription.

Vous tracez les murs à la souris, puis viennent les zones, les dalles, les plafonds et les toits. Les portes et les fenêtres sont paramétriques, posez-les sur une cloison, la découpe se fait toute seule en géométrie booléenne via three-bvh-csg. Le mobilier s'accroche au sol, au mur ou au plafond selon l'objet ( allez regarder cet exemple ! )

Tout ça s'organise en Site, Bâtiment, Niveau, puis pièces. Le rendu passe par Three.js en WebGPU, la scène est sauvegardée en local dans IndexedDB, et l'historique remonte 50 étapes en arrière. Sauvegardez ou partagez un projet en ligne par contre, et il part sur leurs serveurs.

Le projet propose aussi @pascal-app/mcp sur npm, un serveur Model Context Protocol qui expose la scène 3D à un agent. Vous installez le package, et la commande pascal-mcp branche Claude Desktop, Claude Code, Cursor ou Codex directement sur votre plan (votre scène part alors chez le fournisseur du modèle, forcément).

Ça donne une trentaine d'outils utilisables en langage naturel : create_room pour sortir une pièce complète depuis un polygone, add_door et add_window sur un mur donné, furnish_room qui meuble selon le type de pièce, measure, check_collisions pour repérer les objets qui se chevauchent, et undo si l'agent part en vrille. Trois prompts sont livrés avec, dont from_brief qui transforme une phrase du genre "un 2 pièces dans 80 m²" en suite de modifications.

Deux outils lisent aussi des images, un pour les plans scannés, un pour les photos de pièce. Attention, ils n'embarquent aucun modèle de vision mais utilisent la capacité sampling du protocole, autrement dit c'est le modèle de votre client MCP qui regarde l'image.

Et puis il y a la synchro. Le serveur écrit dans une base SQLite locale, et la page de l'éditeur s'abonne au flux d'événements. Résultat, vous gardez l'onglet ouvert à côté de votre fenêtre de chat et vous voyez les murs apparaître au fur et à mesure que l'agent travaille. J'avais montré le même genre de bascule avec n8n qui laisse une IA piloter ses workflows , sauf qu'ici le retour est visuel et immédiat.

Côté interopérabilité, un convertisseur avale les fichiers IFC, le format d'échange du BIM, et l'export sort en GLB, STL ou OBJ. Cet export est d'ailleurs arrivé par des contributeurs extérieurs, pas par l'équipe, c'est pour vous montrer à quel point le projet est bien soutenu ! De quoi ensuite passer votre plan dans Blender, ou le texturer avant impression 3D . Un système de plugins permet aussi d'ajouter ses propres types d'objets, avec un exemple officiel qui plante des arbres et des fleurs.

Si vous voulez tester, l' éditeur s'ouvre direct dans le navigateur , et le code est sur GitHub. À vous de voir si vous dessinez tout vous-même ou si vous déléguez à l'IA.

Merci Letsar pour le lien !

Source

Midscroll - Le clic-molette de Windows débarque sous Linux

Si vous ne connaissez pas Linux, il faut savoir que sur ce système d'exploitation, le clic milieu colle la sélection. Moi, c'est un truc que j'aime bien, mais c'est surtout un héritage de X11 qui se marche complètement dessus avec l'autoscroll . Du coup Firefox désactive le sien par défaut sur Linux, et Chromium ne l'active nativement que sous Windows. Mais c'était sans compter sur Grant Hendricks qui a décidé de faire autrement avec midscroll .

Midscroll ne s'accroche à aucun toolkit, et se branche sur l'entrée du noyau. Ensuite, il capte chaque souris en evdev , la re-émet dans un clone uinput , et glisse ses événements de molette au passage. Rien au-dessus n'a donc besoin de coopérer, donc Wayland et X11 s'en fichent, et vos applis Qt, GTK ou Electron ne voient qu'une molette ordinaire.

Les gens sous Windows qui utilisent l'autoscroll savent que la vitesse dépend de l'écart. Un centimètre sous le point d'appui et la page descend au ralenti, la moitié de l'écran ou plus bas et elle défile à toute berzingue. Et tant que la molette reste enfoncée, ça scroll sans s'arrêter. C'est super pratique quand on est face à des pages web ultra longues.

Alors pour Midscroll, la courbe d'accélération qu'a mise au point Grant, n'a pas été bricolée au feeling. En fait, c'est la même courbe que celle de Chromium, reprise telle quelle : 0,000008 × distance^2,2 en pixels par milliseconde, avec une zone morte de 15 px histoire de ne pas déclencher sur un clic simple...

Et comme le middle-drag, ça sert déjà dans un logiciel de CAO ou dans Minecraft, il y a une liste d'exclusion pour FreeCAD, OrcaSlicer et Minecraft dedans. Comme ça, tant que ces fenêtres sont au premier plan, midscroll se retire en silence.

Et si tenir le bouton vous gonfle parce que vous êtes trop faible, le mode toggle inverse la logique : le pointeur circule librement une fois le défilement lancé d'un clic, et le premier clic venu remet tout à l'arrêt. C'est le fonctionnement de l'explorateur Windows ET de Firefox, et c'est une fonctionnalité qui a été beaucoup réclamée, même si on perd la faculté de coller du texte qui a été surligné.

Bien sûr, toutes les valeurs sont paramétrables. On peut régler la vitesse à laquelle ça part, la cadence des événements et dans quel sens ça défile.

Côté installation, des paquets pour Arch, Debian/Ubuntu et Fedora sont dispo, plus un install.sh pour le reste. Le flatpak, lui, est hors jeu car son bac à sable ferme totalement l'accès à uinput.

Le projet est hyper jeune, donc traitez-le comme tel et n'hésitez pas à contribuer pour soutenir le dev. Dans le registre confort Windows sous Linux, j'avais parlé de Wubuntu qui va beaucoup plus loin dans le mimétisme, et côté Wayland je vous avais montré niri et son défilement infini de fenêtres.

À tester et si ça vous gonfle, un sudo systemctl stop midscroll et on n'en parle plus.

uhubctl - Couper le courant d'un port USB en une commande

Votre clé 4G ou Wifi que vous avez connectée en USB sur un vieux serveur situé au fond du garage, plante une fois ou deux fois par semaine et à chaque fois faut aller débrancher la clé et la rebrancher pour la réveiller / ressusciter ? Et bien c'est fini la galère les amis, puisque uhubctl règle ça en une commande. Cet outil coupe puis rallume le courant d'un port USB précis, sans que vous n'ayez à toucher au moindre câble.

C'est donc un petit utilitaire en ligne de commande, écrit en C par Vadim Mikhailov, qui pilote l'alimentation électrique de vos ports USB un par un. uhubctl -a off -p 2 éteint le port 2, -a on le rallume, et -a cycle enchaîne les deux avec une petite pause au milieu. C'est pile-poil ce qu'il faut pour rebooter par exemple un modem 4G figé ou une webcam qui ne répond plus.

Par contre, désolé mais ça ne fonctionne pas sur n'importe quel hub USB. Il vous faut un hub intelligent qui gère le per-port power switching, autrement dit capable de couper le jus d'un seul port sans toucher aux autres. Rassurez-vous, si vous ne savez pas quoi acheter, le projet maintient une liste de modèles compatibles que vous pouvez consulter ici .

Après y'a certains hubs qui coupent bien la connexion data mais laissent passer le courant (le fameux VBUS). Du coup vous croyez avoir éteint le port, et le téléphone branché dessus continue tranquillement de charger. Alors pour vérifier, branchez un ventilo ou une petite lampe USB et lancez la coupure. Si ça s'arrête vraiment, votre hub est bon. Sinon il sait uniquement couper la data, et pas l'alim.

Mais en tout cas, une fois le bon matériel entre les mains, les usages deviennent vraiment sympas ! Par exemple, avoir un disque dur USB alimenté seulement quand vous en avez besoin, histoire de tuer le phantom load qui bouffe du courant pour rien (pensez juste à bien le démonter avant de couper le jus, sinon bonjour la corruption ^^).

Y'a aussi le cluster de Raspberry Pi que vous allumez et éteignez nœud par nœud. Ou encore un plugin OctoPrint qui coupe l'alim USB de l'imprimante 3D une fois l'impression finie. Y'a même des bidouilleurs qui pilotent un ventilo ou une guirlande LED avec.

Côté installation, rien de méchant : apt install uhubctl sur Debian, Ubuntu et Raspbian, brew install uhubctl sur Mac. Sous Linux il faudra passer par sudo ou poser une règle udev pour les permissions, sinon l'outil râlera. Sur Windows par contre, laissez tomber pour la coupure d'alim. Le driver USB de Microsoft ne laisse pas passer la commande, donc uhubctl compile mais n'éteint rien du tout.

Et si vous visez le Raspberry Pi, gardez un œil sur ses bizarreries car sur pas mal de modèles, tous les ports sont liés. Si vous en coupez un, vous les coupez tous. La parade classique, c'est donc de brancher un vrai hub compatible sur le Pi et de piloter ses ports à lui.

Et si vous cherchez quoi en faire côté DIY de votre Pi, j'avais listé 130 idées pour votre Raspberry Pi qui se marient bien avec ce genre de contrôle à distance.

Bref, si vous bricolez de la domotique ou un rack de Raspberry Pi, vérifiez d'abord votre hub, puis foncez. C'est gratuit, open source et ça évite pas mal d'allers-retours vers la multiprise.

Une salle de contrôle satellite maison, 100% européenne

Une salle de contrôle satellite, celle qu'on imagine avec des grands écrans et des ingénieurs en blouse, Clément Igonet en a monté une version perso qui tient sur un seul serveur. Son projet Overwatch affiche 23 satellites qui défilent en temps réel sur un globe. Vous cliquez sur n'importe lequel pour lire, en direct, sa tension de batterie, ses températures et ses courants. Le tout à partir de données 100% ouvertes.

Et il y a deux trucs vraiment sympas à regarder ! D'abord, la batterie de chaque satellite monte et descend selon qu'il passe au soleil ou dans l'ombre de la Terre, et ça se voit direct sur le graphe. Ensuite, pour chaque engin, une carte montre quelles stations au sol l'ont capté : tel satellite entendu depuis Kitakyushu, Buenos Aires et un jardin en Bavière. C'est une vraie photo vivante du réseau de radioamateurs qui écoutent le ciel !

Les positions des engins viennent de CelesTrak, la télémétrie de SatNOGS, le réseau mondial de stations tenues par des radioamateurs bénévoles, et le fond de carte, c'est de l'imagerie Sentinel-2 de Copernicus. C'est un peu comme ce globe temps réel qui agrège avions, navires et radios , sauf qu'ici on écoute des satellites.

Un truc qui m'a surpris, d'ailleurs c'est que sur environ 1700 satellites encore vivants, seulement 23 émettent en clair ET sont vraiment entendus par une antenne. C'est ça l'état réel de la télémétrie satellite ouverte aujourd'hui. J'avais déjà parlé d'un radioamateur qui décode le signal d'une sonde chinoise , et ici c'est la même idée, mais servie sur un joli globe.

Le tout est open source sous licence AGPL, auto-hébergé en Europe, dans la même logique que la stack privacy européenne dont je vous parlais .

La démo est juste ici , amusez-vous bien à cliquer sur tous ces satellites !

Reviewer des patches git par mail sans quitter Thunderbird

Marc Coquand avait très envie d'embarquer son équipe dans un nouveau genre de workflow Git à base d'emails et c'est pour ça qu'il a créé thunderbird-patch-review .

Il s'agit d'une extension pour Thunderbird qui, lorsque vous ouvrez un mail qui contient une série de patchs, vous propose un bouton "Review" vous permettant d'accéder à une interface de relecture Git qui va vous être très familière, vous allez voir.

Ensuite, si la série des patchs vous convient, vous pouvez tous les approuver directement sur votre dépôt local avec la commande git-am sans jamais avoir à quitter votre client mail.

Pour lancer Git, l'extension utilise une API expérimentale maison qui embarque tout le nécessaire dans son paquet sans host de messagerie native à installer séparément. Ça fait un truc en moins à configurer et l'addon vérifie que tout est OK dans un worktree jetable, avant de valider la review.

Comme ça, s'il y a un conflit, le bouton Apply se grise et les erreurs remontent dans l'interface pour que vous puissiez toutes les revoir une par une et faire un retour propre à l'auteur.

Cet add-on a été vibe-codé avec GLM 5.2 et construit pour répondre aux besoins de son équipe. Il hésitait sincèrement à le partager parce que le monde n'est pas encore prêt pour le Vibe Coding, mais il explique sur son site qu'il y avait un sérieux manque d'outils dans l'écosystème pour pouvoir travailler sur des revues de patch directement dans son client mail.

Donc tant pis, yolo, il l'a publié quand même et je pense que ça devrait vous intéresser. Comme quoi faire bosser un agent pour soi n'oblige pas à le planquer.

Maintenant, les patches qui arrivent en pièce jointe ne sont pas encore gérés, les mails en HTML seul non plus, et la collecte d'une série ne cherche que dans le dossier du message ouvert. De plus, l'add-on n'est pas encore publié sur le store Thunderbird, donc vous devrez le packager vous-même en .xpi depuis la racine du projet :

git clone git://mccd.space/thunderbird-patch-review
cd extension && zip -qrX ../patch-review.xpi .

Ensuite, vous chargez le fichier obtenu via le menu engrenage du gestionnaire de modules complémentaires (Installer un module depuis un fichier) et c'est réglé ! Rien de méchant si vous avez déjà bidouillé des extensions Thunderbird, genre Send Later pour planifier vos envois dont je vous parlais il y a un petit moment maintenant.

Voilà, si vous faites déjà du git par email, ça vaut le détour. Le code est en EUPL 1.2, et tout se passe ensuite sur la mailing list de Marc.

Source

RetroMac - Le retour des Flying Toasters et du dock en verre

Maik Klotz, un développeur allemand, a sorti une app menu bar qui repeint votre Mac aux couleurs de Snow Leopard, System 6, Windows 98 ou encore BeOS. Elle s'appelle RetroMac et elle ne touche pas une ligne de votre système, donc pas de risques de tout casser.

Le catalogue des thèmes couvre à peu près tout ce qui nous a fait vieillir : le System 6 de 1988 en noir et blanc 1 bit avec ses barres de titre à rayures et sa police Chicago, Mac OS 9 et son Control Strip, l'Aqua bleu bonbon de 2001, le Snow Leopard de 2009, Windows 98, Windows XP et même BeOS. Chaque thème embarque son dock d'époque, ses curseurs, ses icônes et son écran de démarrage animé.

Les économiseurs d'écran sont de la partie aussi, un par thème avec 3D Pipes, FlowerBox, Flying Toasters, Flurry. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, c'est que vous êtes trop jeune. Vous en avez de la chance !!

Par-dessus, y'a une trentaine de shaders qui simulent les vieilles dalles : CRT Royal, Sony Trinity, NTSC Composite, VHS, VCR, Game Boy. Vous pouvez les balancer en plein écran, sur un seul moniteur si vous en avez plusieurs, ou sur une seule fenêtre.

Le shader CRT Royal, scanlines et bombement d'écran compris

Le truc auquel je ne m'attendais pas, c'est la caméra virtuelle. RetroMac s'expose également comme une webcam système donc vous débarquez en réunion Zoom, Meet ou Teams avec une tête de VHS mal rembobinée. Effet garanti !! lol.

Et comme RetroMac se contente de peindre un shader par-dessus ce qui est déjà à l'écran, vos apps, vos fichiers et vos réglages système restent totalement intacts, donc c'est sans risques.

Après les thèmes, eux, modifient bel et bien des réglages du dock, de la barre de menus, des icônes du bureau et du fond d'écran, mais c'est rien d'irréversible. Et surtout RetroMac embarque un Health check et un bouton de restauration qui remet tout en place en un clic

Et le rythme de dev est assez dingue puisque le dépôt date du 22 mai et il en est déjà à sa dix-neuvième version. La 2.2, sortie il y a deux jours, ajoute Warcraft I et II qui tournent nativement sur le moteur open source Stratagus , avec le shader CRT qui se pose par-dessus le jeu.

Après le reste, c'est carré de chez Carré, il y a un binaire universel Intel et Apple Silicon. Et côté tarifs, tous les thèmes, tous les curseurs et une vingtaine de shaders sont gratuits. Après il y a un mode pro qui coûtera 8,88 euros une fois pour toutes et ajoutera le shader webcam et le fond d'écran animé.

Autrement, il n'y a pas d'abonnement. Et les sources sont sous GitHub sous licence GPL 3.0 avec même les fonctions payantes dedans. Donc c'est plutôt très ouvert mais pas encore complètement libre.

J'avais déjà parlé de ShaderBeam pour retrouver la netteté du CRT sur un écran moderne, d' Infinite Mac pour glisser un vieux Mac dans une page web, et du Virtual OS Museum et ses 1700 systèmes mais RetroMac la joue autrement, puisqu'il ne vous colle pas un vieil OS dans une fenêtre, mais déguise celui dont vous vous servez ;).

Voilà, si l'idée de faire booter votre M4 comme un Mac de 2001 vous amuse, c'est par ici . Et le jour où ça vous saoule, un clic et tout revient en place.

Castor - Votre flux vidéo web sur la télé, en top qualité

Vous avez déjà pesté contre votre télé qui refuse de lire une vidéo pourtant toute bête trouvée sur le web ? Hé bien Kilian Houpeurt aussi et c'est pourquoi il a décidé, plutôt que de râler dans le vide comme un mec lambda sur Twitter, qu'il allait prendre le taureau par les cornes et coder sa propre solution.

Ça s'appelle Castor et évidemment ça envoie du bois, lol. En fait c'est un outil en ligne de commande écrit en Go qui est open source et qui permet d'envoyer le vrai flux vidéo d'une page Web directement sur votre télévision en qualité max sans avoir besoin de Chromecast, ni d'AirPlay.

L'astuce, c'est qu'il ne recopie pas votre écran comme le ferait un mirroring (qui rame et qui compresse tout, on est d'accord...). Vous lui donnez simplement l'adresse d'une page Web et lui va la charger dans un Chrome Headless, c'est-à-dire sans interface et capter le trafic réseau grâce au Chrome Devtools Protocol. C'est le flux vidéo ensuite qui transite qui est repéré et qu'il prend à la source.

Derrière, vous vous en doutez, ffmpeg transcode à la volée pour votre télé pendant que ffprobe détecte le format qui arrive. Pour alimenter Castor, vous avez alors trois possibilités, soit vous lui fournissez une page Web avec la commande castor cast player, soit vous lui passez un flux brut en .m3u8 avec la commande castor cast url, ou alors simplement un identifiant IMDB/TMDB que Castor résoudra via les sources que vous avez configurées de votre côté.

Et si vous renseignez une clé TMDB, castor cast tout court vous sortira alors un navigateur interactif en plein terminal Et c'est là-dedans que vous pourrez filtrer par genre (ou peu importe la métadonnée que vous voulez) ou parcourir les films comme vous le feriez sur Netflix, ou encore aller explorer les épisodes d'une série. Qui vous fait envie. Tout ça sans jamais quitter votre terminal. Ça a quand même un peu de gueule !

Le navigateur TMDB de Castor, directement dans le terminal.

Castor sait les générer lui-même les sous-titres avec whisper.cpp avant de les incruster dans la vidéo, Mais attention quand même, le modèle par défaut ne comprend que l'anglais, si vous voulez du français, faudra faire pointer Castor vers un modèle whisper multilingue.

Enfin, côté réception, Castor sait causer DLNA / UPnP, un protocole que Samsung, LG, Sony Bravia, Panasonic, Philips, Hisense ou encore TCL savent gérer depuis des années. Un petit castor scan et il vous liste tous les récepteurs qui traînent sur votre réseau et vous verrez que Kodi, VLC et Plex répondront aussi présents. Pour ce qui est du support du Chromecast, c'est encore un peu expérimental, donc ne comptez pas trop dessus pour le moment.

L'installation sur Mac se fait via brew install --cask stupside/tap/castor. Prévoyez juste Chrome ou Chromium sur la machine + ffmpeg et ffprobe accessibles dans le PATH. Une image Docker existe avec tout dedans, mais méfiance sur Docker Desktop macOS ou Windows puisque la découverte réseau ne passe pas le bridge, donc le conteneur ne verra jamais votre télé.

Maintenant, ce n'est pas un outil de piratage, puisque Castor n'héberge rien du tout. C'est un outil générique qui pousse un flux vers une TV, et c'est à vous de respecter la loi ainsi que les conditions d'usage des sites. Bref, ne castez que ce que vous avez le droit de regarder. Pour envoyer un flux IPTV ou un bête .m3u8 sur l'écran du salon, c'est en tout cas, super pratique.

Si vous bidouillez un serveur média maison, allez donc jeter un œil à Castor , le dépôt vaut le détour !

Une demi-seconde a fait tomber la backdoor XZ - Voici son livre

Une demi-seconde.

C'est le retard qu'ont pris les connexions SSH d'Andres Freund, ingénieur chez Microsoft, lors d'un benchmark de routine en mars 2024. Cette demi-seconde, Adrian Mastronardi, CTO de Habi et linuxien depuis 1996, vient d'en tirer un bouquin gratuit, Half a Second , qui raconte toute l'affaire XZ du début à la fin.

La plupart des gens auraient haussé les épaules mais lui, non. Il a tiré le fil, encore et encore, et a fini par déterrer une des backdoors les plus tordues jamais glissées dans un logiciel open source.

Half a Second, le livre gratuit d'Adrian Mastronardi sur le backdoor XZ

Pour ceux qui auraient loupé l'épisode, XZ Utils c'est un outil de compression qu'on retrouve sur à peu près tous les systèmes Linux, serveurs compris, donc autant dire une bonne partie d'Internet.

L'attaquant, lui, a joué le contributeur modèle pendant environ 2 ans. Gagner patiemment la confiance du mainteneur, puis glisser sa backdoor dans le code. Je vous en parlais à chaud à l'époque , le jour même de la découverte et quelqu'un avait même bricolé dans la foulée un agent SSH exploitant cette backdoor .

Mais la technique, dans ce livre, c'est presque secondaire. Le vrai sujet est dans le sous-titre : le travail invisible qu'il y a en dessous. Lasse Collin, le mainteneur de XZ, portait ce projet critique tout seul, bénévolement, et il était au bout du rouleau. Et c'est précisément cet épuisement que l'attaquant a retourné contre lui. Entre la pression des utilisateurs, les faux contributeurs qui râlent, la culpabilisation de ne pas pouvoir faire mieux tout de suite tout le temps.… Le mec a été intoxiqué / manipulé avant même que la moindre ligne de code.

Et des gars comme Lasse Collin, il y en a des milliers. Il y a des tas de gens qui maintiennent seuls gratuitement sur leur temps libre, des petites briques libres dont dépendent nos banques, nos hôpitaux, nos administrations et personne ne les paye, voire pire, personne ne les considère ni leur dit merci.

Et cela fait deux des proies faciles pour des attaquants bien organisés. Concernant le bouquin, rien à redire, la bibliographie s'appuie sur les rapports de l'OpenSSF, d'Akamai ou encore de Binarly. C'est une vraie enquête extrêmement bien sourcée qui ne tombe pas dans le charabaiat technique, ce qui fait que c'est parfaitement lisible pour tout le monde, même pour ceux dont la sécurité informatique n'est pas la spécialité.

Et le récit mélange les trois voix, celle du narrateur manipulé, celle de l'ingénieur curieux et celle de l'opérateur fantôme. Parce que oui je sais pas si vous savez, mais celui qui a fait cette backdoor n'a jamais été identifié et ne le sera peut-être jamais. Voilà, ça a l'air d'être un chouette bouquin distribué sous licence créative Commons non commercial. C'est donc gratuit et ça le restera pour toujours.Par contre, c'est en anglais, donc faudra faire un petit effort. Mais n'importe qui peut le traduire si ça l'amuse.

Bref, si l'affaire XZ vous avait marqués, c'est le récit qu'il vous fallait.

À lire ici en PDF ! Et merci à LWN d'avoir repéré le bouquin.

Comic Chat - L'IRC qui vous dessinait en BD fonctionne encore

Microsoft vient de balancer sur GitHub le code source de Comic Chat. Je pense qu'on est peu nombreux à s'en souvenir mais c'était un logiciel sorti en 1996, imaginé par DJ Kurlander chez Microsoft Research, qui affichait nos discussions IRC sous forme de bande dessinée auto-générée, avec les personnages, les bulles et le cadrage gérés automatiquement.

C'était codé en C++ et 30 ans plus tard, ça se compile encore !

Vous tapiez une phrase, et le logiciel décidait quels personnages coller dans la case, quelle tête ils faisaient, comment les orienter, quelle forme donner à la bulle, à quel moment passer à la case suivante et même quel zoom appliquer. Le tout en temps réel, à partir de vos mots. Par exemple, si vous écriviez un point d'exclamation dans votre phrase, hop, votre avatar levait les bras.

Comic Chat recompilé sous Visual Studio 2022, sur Windows 11. La roue des émotions est en bas à droite.

Kurlander a présenté son bidule à SIGGRAPH 96 avec Tim Skelly et David Salesin et c'était assez innovant pour l'époque parce que Comic Chat ne se contentait pas d'afficher vos messages, mais prenait des décisions éditoriales suivant la gueule de votre conversation, tout ça sans IA ^^.

Les gens avec qui vous discutiez étaient sur des serveurs IRC à écrire de la ligne de commande. Et vous de votre côté, vous étiez dans une vraie bande dessinée à discuter avec eux et chacun d'entre eux avait un petit personnage attribué d'office. Les dessins que vous aviez sous les yeux, d'ailleurs, ne sortaient pas d'une banque de cliparts . C'est Jim Woodring , un auteur de BD indé américain, qui a créé ces personnages.

L'appli a été traduite en 24 langues, livrée avec Internet Explorer 3 puis bundlée avec Windows 98 donc vous l'avez peut-être eu sans le savoir. La version 2 est ensuite arrivée avec IE4 sous le nom de Microsoft Chat, avant que la messagerie instantanée ne bouffe tout au début des années 2000.

Microsoft écrit dans son annonce que Comic Chat a, je cite, "apporté Comic Sans au monde", sauf qu'en réalité c'est Vincent Connare qui avait dessiné la police en 1994 pour Microsoft Bob, dont les bulles en Times New Roman l'avaient rendu dingue. Et cette police est sortie dans le Plus! Pack de Windows 95, soit un an avant Comic Chat. Ouais on me la fait pas moi ^^.

Ce qui est rigolo, c'est que si vous allez fouiller un peu sur le dépôt GitHub et que vous regardez l'historique, vous verrez que Microsoft n'a pas juste poussé une archive et basta. Ils ont carrément reconstruit tout l'historique Git à partir des dates des fichiers. Du coup vous pouvez tomber sur des commits qui datent du 2 août 1996. C'est drôle non ?

Je trouve ça super cool que ce projet soit libéré. Microsoft avait déjà fait le coup avec Zork , passé en MIT l'an dernier. En tout cas, il y a eu chez Microsoft, un petit travail de réactualisation avec des versions qui peuvent fonctionner sur les écrans d'aujourd'hui et se connecter sur de vrais serveurs IRC actuels en TLS. Vous pouvez télécharger ces versions compilées récentes ici.

Et si vous voulez vous lancer, il y a Mermaid Elizabeth qui maintient même une liste de serveurs qui marchent encore avec. Perso, entre ça et un client IRC moderne , mon choix est vite fait ! ^^

Bref, si vous voulez voir à quoi ressemblait le web quand on se demandait sérieusement "et si les discussions étaient des BD ?", c'est sur GitHub .

Source

Apple rachète SigLens, l'outil open source de surveillance d'applications

Apple vient donc de mettre la main sur SigLens, un logiciel open source de surveillance d'applications, en rachetant les actifs de la petite société américaine qui le développe, SigScalr.

L'annonce est tombée ce 13 juillet, même si le dossier avait été notifié à l'Union européenne dès le mois de mars. Le montant reste secret.

De quoi parle-t-on au juste ? SigLens fait de l'observabilité, un mot barbare pour désigner l'art de surveiller ce qui se passe à l'intérieur d'une application ou d'un serveur.

Concrètement, l'outil collecte et fouille les logs, ces journaux où chaque logiciel note en continu ce qu'il fait, pour repérer un bug ou un ralentissement bien avant que l'utilisateur ne s'aperçoive de quoi que ce soit.

Ce marché, particulièrement stratégique, est surtout tenu par deux géants, Splunk et DataDog, dont les factures d'utilisation grimpent très vite. SigScalr cherche justement à faire le même travail, mais en étant 100 fois plus rapide, et en réduisant la facture par 10. Rien que ça !

Le projet est parti de pas grand-chose. SigScalr, basée à Nashua dans le New Hampshire, ne comptait qu'une poignée d'employés, avait levé moins de deux millions de dollars, et avait ouvert le code de SigLens en open source début 2024.

Apple n'a pas racheté l'entreprise entière, mais certains de ses actifs, avec la possibilité d'embaucher une partie de l'équipe. Dans le milieu, on appelle ça un "acqui-hire", quand un géant achète avant tout les cerveaux et la technologie, et pas vraiment toute la boîte.

L'intérêt pour Cupertino est assez limpide. Apple veut muscler ses outils de développement, et cette emplette suit de près celle de Play, un outil pour le langage Swift avalé en juin. Tout ça sent l'intégration dans Xcode, l'atelier maison où les développeurs fabriquent les applications iPhone et Mac.

Reste la question qui fâche pour la communauté. Quand un géant absorbe un projet open source, celui-ci finit souvent en sourdine, voire carrément à l'abandon, une fois ses créateurs partis travailler sur autre chose.

Voir Apple grignoter les briques open source qui l'arrangent, sans un mot sur l'avenir du projet, ça a quand même de quoi laisser les développeurs sur leur faim.

Source : Apple Insider

Swival – Le papa de libsodium se met aux agents de codage locaux

Frank Denis , c'est le monsieur qui fait tourner un bon morceau d'Internet sans que personne le sache : libsodium, dnscrypt-proxy, Pure-FTPd, c'est lui. Et dernièrement, il s'est attaqué aux agents de codage IA avec Swival , un outil pensé pour les petits modèles qui tournent en local sur votre machine.

Le truc de Frank c'est d'écrire du logiciel réputé incassable depuis 25 ans. Si vous chiffrez vos requêtes DNS, y'a des chances que ça passe par son dnscrypt-proxy , et si vous utilisez du chiffrement dans à peu près n'importe quelle app moderne, libsodium n'est jamais bien loin. Du coup, quand ce profil-là sort un agent de codage en Python, licence MIT, gratuit, je pense que ça vaut le coup de s'y arrêter 2 minutes.

Il a codé cela parce que les outils d'agentique existants l'ont sérieusement gonflé. C'est beau, c'est neuf, c'est lavé avec Mir Laine mais.... ça plante !! Et l'autre reproche qu'il leur fait c'est concernant la confidentialité. En effet, utiliser un agent, c'est forcément voir partir on ne sait où nos données personnelles... nos clés API, nos URLs internes, nos noms de projets... tout ça est allègrement bouffé par le fournisseur de modèle qui derrière s'en sert pour tout un tas de choses pas cool. C'est notamment pour cela que Swival embarque une option --encrypt-secrets qui détecte les credentials dans les messages et les chiffre avant qu'ils quittent votre machine. Une denrée rare chez les agents de codage, et ça c'est du pur Frank Denis !

Y'a aussi la gestion du contexte, qui est le gros morceau. Les agents classiques sont conçus pour des modèles frontière avec des fenêtres géantes. Sauf que votre LLM local, lui, doit souvent se débrouiller avec 32K de contexte, et là tout déborde très vite. Swival, lui, prend le truc à l'envers. Chaque sortie d'outil est plafonnée direct à la source : 50 Ko max par fichier lu, 100 résultats de grep, 100 entrées par listing. Et une fois que l'agent a fini de fouiller votre code, un système de snapshots vire ses 12 000 tokens de lectures pour les remplacer par un résumé de 200 tokens.

Et c'est pas fini. Rajoutez là-dessus une compaction automatique en 7 niveaux progressifs (du simple ménage au grand débarras), plus des notes de travail qui survivent à tout ça. Résultat, un agent qui tient des sessions à rallonge sans partir en vrille. La doc montre d'ailleurs Swival en train d'avaler une refactorisation multi-fichiers avec Qwen3-Coder-Next dans 32K sous LM Studio sans broncher...

Et pour brancher tout ça, vous avez le choix. 11 backends quand même ! LM Studio par défaut (zéro config, il repère tout seul votre modèle chargé), llama.cpp pareil, HuggingFace, OpenRouter, Google Gemini et Vertex AI. Envie de lourd ? ChatGPT Plus ou AWS Bedrock. Et pour les curieux, les Apple Foundation Models en expérimental, un provider générique compatible OpenAI (ollama, vLLM, mlx_lm.server...) et même une commande externe de votre choix.

Pour trouver un modèle qui tienne dans votre RAM, Hugging Face sait filtrer selon votre matos et une fois que vous avez fait votre choix, l'installation tient en une ligne (via uv, Python 3.13 minimum) :

uv tool install swival

Ensuite, il suffit de taper, par exemple : "Refactore la gestion d'erreurs de src/api.py" et l'agent se met au travail pour peu que vous ayez déjà un LMStudio ou un llama.cpp qui tourne avec un modèle chargé...

Ah j'oubliais, si vous êtes sous Mac vous pouvez même l'installer avec Homebrew :

brew install swival/tap/swival

Ensuite, au niveau des commandes, il y a aussi, par exemple, une commande /audit qui vous permet de faire de la chasse aux failles de sécurité dans votre code. Tout cela avec des agents isolés chacun dans des worktrees séparés et qui sont obligés de reproduire chaque bug avant de l'inscrire dans le rapport.

Et côté sécurité, vous avez deux sandboxes au choix. Soit Agent FS d'un côté (l'agent bosse sur une copie de vos fichiers, votre projet reste intact) ou nono (non, pas le petit robot) de l'autre (avec barrières au niveau du noyau, blocage réseau compris). Sans oublier la mémoire persistante entre vos sessions, le support MCP et un mode serveur pour interconnecter vos agents entre eux.

Voilà donc de quoi venir jouer dans la cour de ZCode côté z.ai et compagnie...

Voilà, je me suis dit que ça allait vous intéresser, donc si vous voulez zieuter le code, direction GitHub , sinon, toute la doc se trouve sur le site officiel .

Merci Friendly_0day pour le lien !

OpenLogi - Votre souris Logitech sans le bloatware d'Options+

Logitech Options+, vous connaissez ce délire, je pense... Pour régler 3 boutons de souris, on vous pousse à créer un compte, à partager vos data, et à laisser une usine à gaz tourner H24 en tâche de fond. Le dev AprilNEA en a eu marre, du coup il a écrit OpenLogi en Rust et son truc fait le même boulot côté réglages, mais sans rien envoyer chez Logitech.

Si vous me lisez régulièrement, ça devrait vous rappeler Mouser , dont je vous parlais en mars dernier. C'est la même philosophie, sauf que Mouser restait coincé, à l'époque, sur la MX Master 3S en Bluetooth uniquement, sans SmartShift et sans Linux. OpenLogi reprend donc le flambeau et va beaucoup plus loin.

Alors, qu'est-ce que vous pouvez faire avec ?

Hé bien d'abord remapper vos boutons (41 actions prêtes à l'emploi, quand même), régler le DPI, activer le SmartShift, ce fameux défilement en roue libre. Vous pouvez aussi créer des profils qui basculent tout seuls selon l'appli active. Et tout ça cause directement avec le protocole HID++ de Logitech à votre MX Master , sans jamais lancer le pilote maison.

Peu importe comment la bête est branchée d'ailleurs, récepteur Bolt, clé Unifying, Bluetooth ou un bon vieux câble, les quatre passent ! Toute votre config ensuite se trouve dans un simple fichier TOML posé en local, que vous pouvez versionner dans un Git si ça vous chante. L'outil dispose d'une interface graphique, mais vous pouvez également l'utiliser en ligne de commande.

Pour l'installer sous macOS, c'est facile, il suffit de faire un brew install --cask openlogi et voilà ! Quant à Linux, vous avez des paquets .deb et .rpm. Notez que ça tourne aussi sous Windows, mais uniquement en beta.

OpenLogi est compatible avec les MX Master 4, 3S et 3, MX Anywhere 3, Signature M650, Ergo M575 et le code est libre sous double licence Apache 2.0 et MIT au choix.

Voilà, si Options+ vous gonfle de fou, OpenLogi mérite sans doute un petit test de votre part. C'est par ici , et le code est sur GitHub .

Vous m'en direz des nouvelles !

EVE Online - 30 dépôts MIT sur GitHub, dont un qui ne compile pas

8 825 joueurs qui se canardent au même endroit, sur un seul serveur, pendant 14 heures. C'était en 2020 dans le système FWST-8 d'EVE Online, et le moteur qui a encaissé ça s'appelle Carbon. Et si je vous cause de ça c'est parce que Fenris Creations (le studio du jeu, ex-CCP Games) vient de le poser sur GitHub , en licence MIT, gratuit !

Au fil des mois, ils ont ainsi mis en ligne 33 dépôts à cloner, dont 30 sous licence MIT. Vous y trouvez Trinity, le moteur de rendu, Destiny , qui simule la physique et calcule les trajectoires de vos vaisseaux, et même une bibliothèque C++ dédiée au calcul d'itinéraire sur la carte du jeu. Du code qui tourne en production depuis 20 ans.

Et ça se monte tout seul puisque le README de Trinity dit simplement ceci : "*Compilez en utilisant le fichier CMakeLists.txt fourni à la racine du dépôt. *".

Un moteur de rendu avec 20 ans de production dans les pattes et pas une seule dépendance planquée, c'est fou.

Par contre, Destiny, lui, c'est le meuble en kit livré sans le sachet de vis. Son README prévient : "Pour compiler la bibliothèque, vous devez avoir accès à Perforce, car c'est là que se trouvent certaines de nos dépendances."

Pour vous la faire courte, chez vous, ça ne compilera pas, donc.

Car le 8 juillet, un développeur a ouvert l'issue #5 pour demander gentiment la liste des dépendances liées à Perforce et jusqu'à aujourd'hui, c'est resté sans réponse. Donc non, vous ne monterez pas votre serveur EVE privé ce week-end car l'économie du jeu et l'infrastructure serveur ne sont pas dans les cartons.

Alors pourquoi maintenant ??? Eh bien en mai, le studio a repris son indépendance en se rachetant 120 millions de dollars à Pearl Abyss, et il prépare EVE Frontier, un MMO de survie spatiale qu'il annonce "personnalisable, adapté au joueur". Donc "ouvrir la maison", ça prépare le terrain...

En tout cas, je trouve que ça nous change des jeux qu'on libère une fois morts, comme Arma Cold War Assault, dont Bohemia a ouvert le code pour ses 25 ans . Et vu ce que les moddeurs sortent sans même avoir le code ( un type a collé un mode multijoueur dans le Witcher 3 , j'vous rappelle ^^), avec les sources sous la main ça va être drôle.

Merci Emmanuel pour le lien !

Source

Wealthfolio - Suivez vos investissements sans les filer au cloud

Si vous êtes une grosse feignasse et que votre seul plan pour gratter un peu de thunes, c'est pas juste de bosser, mais de vous faire adopter par un vieux en espérant qu'il y passe très vite, cet article ne va pas vous intéresser, désolé.

Par contre, si vous économisez, que vous avez mis un petit peu d'argent en bourse, si vous avez investi dans les cryptos ou que sais-je encore, je pense que cet outil va vous être utile.

Wealthfolio, imaginé par afadil, c'est une application de bureau open source qui range tout ça au même endroit : vos comptes d'investissement, votre patrimoine, vos dépenses, et même des simulations pour vos vieux jours. Le parti pris est radical puisque tout reste en local sur votre machine. C'est donc juste une base SQLite posée sur votre disque là où un Finary par exemple, agrège tout sur ses serveurs.

Une fois installé, vous balancez tout dedans. Compte courant, épargne, actions, ETF, crypto, le cash qui dort et l'application vous recrache votre patrimoine net ainsi que la vue d'ensemble que vous n'avez peut-être jamais eue (Surtout si votre banque c'est la Caisse d'Epargne... loool).

Même votre appartement / maison, la voiture, les métaux précieux, et compagnie ça rentre dedans aussi. Ah et vos dettes surtout, parce que le vrai chiffre inclut aussi ce qui fâche, et pas seulement la colonne qui fait plaisir.

Maintenant concernant les dépenses, ça fait à peu près ce qu'on peut retrouver sur des banques en ligne, c'est-à-dire que ça catégorise toutes vos transactions et ensuite ça vous monte des budgets un peu comme ce que propose ReSubs mais élargi à toute votre thune et pas seulement à vos abonnements.

À vous ensuite de définir une allocation cible comme ça quand votre portefeuille s'en écartera, et bien Wealthfolio vous pondra un joli plan de rebalancing qui vous aidera à rentrer dans le rang fissa et ainsi éviter de finir interdit bancaire.

Ajoutez à ça un chouette tableau de bord avec les performances de vos investissements et de vos comptes. Et si vous menez bien votre barque, vous verrez aussi vos dividendes au même endroit.

Ah et puis le truc qui va finir de vous convaincre, c'est le simulateur de retraite inclus. En gros, vous lui donnez tout votre portefeuille et lui il le projette année par année avec des simulations qu'on appelle Monte Carlo . Et là ensuite, eh bien ce sera soit la douche froide, soit la bouteille de champagne, car vous saurez immédiatement si votre plan FIRE tient debout ou si vous vous racontiez des histoires depuis le début.

C'est une capture d'écran que j'ai prise sur le site, donc venez pas me cambrioler, hein ^^

Et puis comme en 2026, un outil sans IA n'est pas un vrai outil (lol) sachez qu'il y a également un assistant IA à qui vous pourrez demander en langage naturel d'interroger votre portefeuille. Par exemple vous pourrez lui dire, "Hey assistant, combien est-ce que j'ai gagné avec mes ETF cette année ?". Et rassurez-vous, les accros à la vie privée, ça peut tourner avec un modèle local via Ollama.

Wealthfolio propose également un outil d'import CSV mais vous pouvez aussi tout saisir manuellement. Aaah l'époque a changé depuis Microsoft Budget surtout que là, vous avez même de la synchro automatique via l'offre payante, si vous voulez brancher ça avec les systèmes de vos courtiers.

Si le concept vous rappelle Maybe Finance , c'est logique, c'est la même famille open source. Sauf que Maybe est une appli web que vous devez auto-héberger vous-même avec Docker, là où Wealthfolio est une vraie application de bureau que vous installez comme n'importe quel logiciel. C'est dispo sous macOS, Windows et Linux, et il y a même une version iOS et Android qui devraient arriver très bientôt. Quant aux plus tordus qui tiennent absolument à leur version web, ça s'auto-héberge en Docker.

Un truc à savoir quand même avant de foncer, la partie fiscale vise les Américains et les Canadiens donc pas de PEA ni d'assurance-vie française là-dedans. Du coup pour coller au fisc hexagonal vous devrez ruser et faire vos trucs à la main ou développer vos propres plugins. Après en ce qui concerne le cœur du bazar, c'est-à-dire suivre son portefeuille et son patrimoine, ça fera bien le taf pour tout le monde.

Le tout sous licence AGPL, code ouvert et forkable, directement sur GitHub et l'app se télécharge sur wealthfolio.app .

Arma Cold War Assault - Code source ouvert pour ses 25 ans

Il y a 25 ans, le studio tchèque Bohemia Interactive sortait Operation Flashpoint : Cold War Crisis, un shooter tactique qui a marqué toute une génération de joueurs PC.

Eh bien, pour l'anniversaire du jeu, ils n'ont pas fait les choses à moitié puisqu'un remaster est en route, une démo gratuite est dispo sur Steam , et surtout, ils ouvrent le code source du moteur. Tout ça d'un coup et c'est trop cool !

Le dépôt est public sur GitHub , sous le nom BohemiaInteractive/CWR et dedans, vous trouverez le moteur ET le code du jeu, le tout modernisé en C++20, compilé avec CMake et Clang, et compatible Windows x64 comme Linux x64. La démo Steam, elle, vous pose directement dans la sandbox open-world d'origine, avec les véhicules, l'IA et le système de missions. Enfin, un asset-pack est fourni pour que vous bricoliez vos propres mods.

Le moteur s'appelle Poseidon et détail rigolo, c'était le nom interne du projet en 1999, avant que le jeu ne devienne Operation Flashpoint et le moteur Real Virtuality. Et si vous vous demandez pourquoi le titre a fini renommé Arma : Cold War Assault en 2011, c'est à cause d'un litige sur la marque avec Codemasters, l'éditeur d'origine.

Attention quand même aux licences puisque Bohemia ouvre le code, mais les marques "ARMA", "Operation Flashpoint" et les logos restent chez leurs détenteurs respectifs (la marque "ARMA" appartient bien à Bohemia, mais "Operation Flashpoint" n'est pas à eux). En clair, si vous voulez forker le projet, vous devez le renommer et surtout pas le vendre comme un produit officiel Bohemia. Logique, mais autant le savoir avant !

Operation Flashpoint c'est LE jeu qui a lancé toute la franchise Arma, devenue une référence du "simulationnisme" militaire sur PC, avec une communauté de moddeurs énorme dans son sillage. Libérer le code d'un jeu culte, c'est très rare (id Software l'avait fait avec Doom , sans oublier ce bon vieux Commander Keen ), et ça donne à la communauté de quoi préserver et faire vivre le jeu pour les 25 prochaines années !

La version complète du remaster, elle, n'a pas encore de date officielle et Bohemia parle juste d'un "plus tard".

Bref, si vous voulez trifouiller le moteur d'un classique, le code est sur Github et la démo gratuite sur Steam .

Source

Alexandria - Vos ebooks en livres audio multi-voix, en local

Je ne suis pas très client des livres audio parce que mon cerveau, en général, part faire des trucs dans son coin et je me retrouve à rien écouter du tout. Je préfère un petit podcast où ça rigole qu'une œuvre littéraire qui demande de la concentration.

Mais je sais que vous appréciez beaucoup les livres audio et il arrive très souvent qu'un bouquin n'ait pas sa version audio. Un vieux roman qui n'est plus édité, un PDF technique, une fanfiction de 800 pages, un article de korben.info ou juste un truc que personne chez Audible ne prendra le temps d'enregistrer parce que ça n'intéresse que vous.

Mais youpi, Finrandojin, un internaute, en a eu marre d'attendre l'audiobook de ses rêves et a codé Alexandria, un générateur de livre audio qui tourne 100% en local sur votre ordi.

Vous balancez un fichier .txt, .md ou .epub, dans l'appli, puis un LLM découpe le texte et annote chaque ligne avec le personnage qui parle et la manière dont il le dit, puis le moteur Qwen3-TTS joue le tout en local comme une vraie troupe de doubleurs professionnels. Et le résultat est assez propre, même si ça ne vaut pas encore un vrai enregistrement fait par un vrai humain. M'enfin, faute de mieux, pourquoi pas !

Et surtout, ce LLM qui fait le découpage, vous le branchez où vous voulez. En local via LM Studio ou Ollama, ou dans le cloud avec OpenAI ou n'importe quelle API compatible. Ensuite, une fois le script annoté, Alexandria vous propose 9 voix pré-entraînées avec contrôle de l'émotion et du ton.

Vous pouvez aussi cloner une voix à partir de 5 à 15 secondes d'échantillon, ou carrément en fabriquer une à partir d'une simple description écrite. Vous tapez par exemple "Une voix masculine chaude et grave, au ton calme et posé" (c'est ma voix quoi...lol) et hop, il vous la fabrique.

La fonctionnalité de génération de personnas fait également gagner un temps de dingue puisqu'en un clic, le LLM analyse le bouquin, invente une description de voix pour chaque personnage, génère l'audio de référence et assigne tout automatiquement.

Et pour les obsédés du détail, il y a même un éditeur web où vous regénérez n'importe quelle ligne individuellement, du training LoRA pour vous fabriquer des voix persistantes, et un export en MP3 en pistes séparées pour bidouiller ça ensuite dans Audacity, ou en M4B chapitré qui rentre direct dans Audiobookshelf, Apple Books ou VLC. Et tout ça bien sûr, dans une dizaine de langues, français compris.

Alexandria exigera par contre une carte graphique avec 8 Go de VRAM au minimum, 16 et plus si vous voulez du débit correct. Et si vous êtes sur Mac, mauvaise nouvelle, l'accélération MPS d'Apple Silicon n'est pas encore supportée, donc ça tournera en mode CPU, donc ce sera lent. Mais c'est pas très grave, vous lancez la génération, et vous retournez lire d'autres articles sur mon site pour passer le temps.

Même galère aussi pour les gens qui ont de l'AMD sous Windows. Les chanceux par contre, ce sont les possesseurs de NVIDIA sous Windows ou Linux et les AMD sous Linux. Maintenant si vous tenez juste à faire parler votre Mac sans y passer trois heures par chapitre , vous serez mieux servi ailleurs qu'avec Alexandria.

Pour l'installation, le plus simple passe par Pinokio en deux clics, et si vous n'avez pas le GPU qui va bien, il y a un notebook Google Colab pour tourner sur un T4 gratuit dans le navigateur. Comptez quand même un téléchargement de 3,5 Go pour les modèles TTS à la première utilisation, ils ne sont pas inclus dans l'install.

Vous l'aurez compris, c'est du DIY un peu gourmand en GPU, mais pour tous vos ebooks à écouter qui n'auront jamais de narrateur, ça ouvre les perspectives ! Le code est sous licence MIT et je vous invite quand même à tester avec un chapitre avant de vous lancer dans un roman entier.

Source

Modos Flow - L'écran e-ink open source qui pousse le refresh à fond

Wenting Zhang, le développeur derrière Modos Labs, s'est attaqué depuis des années à un truc qui faisait rire tout le monde, jusqu'à ce qu'il y parvienne. Son but dans la vie c'était de faire tourner un écran e-ink assez vite pour s'en servir comme écran de PC. Un vrai moniteur, branché en USB-C, sur lequel vous codez, écrivez et naviguez.

Son projet est open source, s'appelle Glider , et le produit grand public qui en découle, le Modos Flow, est actuellement en pleine campagne de crowdfunding avec la promesse folle de pousser le refresh rate de l'encre électronique bien au-delà du standard.

Le Glider, c'est un design matériel ouvert : PCB dessiné sous KiCad, un FPGA Xilinx Spartan-6 qui fait tourner Caster (le contrôleur e-ink maison, lui aussi open source), de la DDR3 pour le framebuffer, et des entrées USB-C DisplayPort Alt-Mode + DVI. Vous le branchez sur Mac, Windows ou Linux, et il affiche vos trucs comme un écran tout à fait normal.

Une latence de traitement annoncée sous les 20 microsecondes, du dithering matériel pour gratter des niveaux de gris, et un rail d'alim à ±15 V pour faire bouger les particules assez vite sur les grandes dalles.

Parce que le gros du travail, c'est bien de forcer l'e-ink à aller plus vite que ce pour quoi il est fait. Les écrans à encre électronique, c'est en général de l'ordre de 150 ms de temps de réponse contre 10 ms pour un LCD, et un contraste de 17:1 contre 1000:1. Mais côté Modos Flow, on est dans du 60 Hz, ce qui est déjà incroyable en soi.

Et le vrai intérêt de tout ça, c'est que pour la lecture, l'écriture, le code, vous n'avez pas besoin de 10 ms de réponse. Vous avez besoin d'un écran qui ne vous crève pas les yeux au bout de huit heures. Et sur ce terrain-là, l'e-ink reste imbattable : pas de rétroéclairage, ça ne scintille pas, c'est lisible en plein soleil... Bref, c'est que du bonheur. Le Modos Flow dispose même du tactile, d'un stylet, ainsi que d'un éclairage frontal, un support VESA, et différents modes d'affichage suivant ce que vous faites. Bref, c'est l'écran idéal pour celles et ceux qui, comme moi, passent leur vie dans du texte, à écrire, coder, dévorer des docs.

Côté tarif, le Modos Flow démarre à 619 $ sur Crowd Supply , et la campagne est déjà largement financée, plus de 540 000 $ récoltés pour 175 000 espérés, soit 308 %, avec une clôture prévue le 9 juillet 2026. Reste que c'est du crowdfunding, avec tout ce que ça implique de délais glissants et d'objectifs qui partent parfois en vrille. Mais si l'idée d'un écran reposant vous tente, c'est le moment de regarder ça de près.

En plus, le hardware, lui, reste ouvert alors c'est tout à fait possible de vous lancer de votre côté avec un FPGA et un fer à souder, et les plans du Glider dispos sur GitHub. C'est aussi ouvert que cette app de lecture libre dont je parlais il y a quelques jours.

On parlait déjà d' ebooks capables de lire de la vidéo il y a plus de dix ans, et l' e-ink couleur peine encore à percer mais là, j'avoue que Modos pousse le bouchon plus loin que personne. À voir maintenant si le Flow tient ses promesses à la livraison.

Merci à Maitretofu pour le lien.

BioPass - Déverrouiller son Linux avec sa tronche et son doigt

Contrairement à ce que dit Yann Barthès, on n'est pas tous égaux face à la canicule. Et l'autre truc face auquel on n'est pas tous égaux non plus, c'est le déverrouillage biométrique de son ordi. On les connaît les Linuxiens qui regardent avec jalousie leur collègue sous Windows qui déverrouille sa machine d'un simple coup d'œil à la webcam. Eux, ils sont obligés de taper leur mot de passe de 56 caractères et ça leur fout la rage, alors ils vont sur Reddit pour dire du mal de tous ceux qui n'ont pas de restes de frites collés dans la barbe.

Mais je vais apaiser cette haine en vous parlant aujourd'hui de BioPass , un projet open source signé thaitran24 et phucvinh57, deux devs réunis sous la bannière TickLabVN.

Ce qu'ils veulent faire, c'est amener enfin sous Linux l'équivalent de Windows Hello. BioPass vous connecte à votre session, à un sudo ou à tout service qui passe par PAM avec votre visage ET votre empreinte digitale.

Jusqu'ici la référence sur Linux c'était Howdy , qui fait du visage uniquement, en ligne de commande, et que les développeurs eux-mêmes décrivent comme un peu à l'abandon (sur openSUSE le paquet n'est carrément plus maintenu). C'était chiant à configurer en plus, alors que BioPass lui, propose une vraie interface graphique pour gérer tout ça.

Le module qui parle à PAM est écrit en C++17 et fait tourner trois modèles en local via ONNX Runtime : YOLO pour détecter le visage, EdgeFace pour le reconnaître, et MobileNetV3 pour l'anti-spoofing. Les devs ont d'ailleurs viré les grosses dépendances type PyTorch et OpenCV au profit d'ONNX, histoire de garder un truc léger.

Au moment où votre OS réclame une authentification, BioPass le voit et démarre un processus isolé nommé biopass-helper qui s'occupe de la capture de votre minois et de l'inférence derrière pour vous reconnaître.

Et puis surtout, le point qui compte vraiment quand on parle biométrie c'est que tout reste en local. Y'a vraiment aucune empreinte de votre doigt ou cartographie de nos tronches de cakes qui partent faire du tourisme chez AWS ou Azure.

BioPass gère bien la détection de fausse présence avec une caméra infrarouge (supportée depuis la version 1.1), et la dernière mouture exige même que toutes les méthodes anti-spoofing activées valident, mais sans caméra IR, en se reposant sur le seul modèle d'IA, un visage peut potentiellement se laisser amadouer par une photo bien placée.

Ça reste le talon d'Achille classique de la biométrie, et on a déjà vu pire ailleurs, genre Windows Hello dont le visage devenait copiable sur une clé USB , ou ce laptop Dell qu'on déverrouillait avec un oignon , donc prenez-le plutôt comme un outil de confort plutôt que pour quelque chose qui renforce la sécu de votre Linux.

Pour tester, il y a des paquets .deb et .rpm sur les releases GitHub, et un paquet AUR biopass-bin pour les gens sous Arch. Ah et il vous faudra un capteur d'empreintes pour la partie doigt. Une webcam classique suffit pour la reconnaissance faciale, mais sans caméra infrarouge l'anti-spoofing reste encore une fois, fragile donc gardez ça en tête.

Le projet est sous licence MIT, et la prochaine grosse étape annoncée c'est carrément l'authentification vocale.

macUSB - Créer une clé USB macOS sans toucher au Terminal

Krystian Pierz, un développeur polonais qui se planque derrière le pseudo Kruszoneq, en a eu marre de se galérer à chaque fois pour faire des clés USB bootable pour Mac, alors il a sorti macUSB , une app Mac native (du vrai Swift, pas un machin Electron quoi) qui fait tout le sale boulot à votre place. C'est gratuit, le code est ouvert, et surtout c'est notarisé par Apple, donc pas besoin de bidouiller la sécurité de votre Mac avec Sentinel pour la lancer.

Et ça se fait en trois clics. Vous balancez votre image (un .dmg, un .app d'installation macOS, ou même un .iso), vous désignez votre clé USB, et macUSB se débrouille pour calculer le checksum, détecter la version et l'architecture, formater le support dans le bon système de fichiers et écrire le tout en vous affichant la vitesse en temps réel. Pas de Terminal, pas de commande à rallonge à recopier sans se tromper d'un espace, et surtout l'Utilitaire de disque qu'on déteste tous reste fermé.

Le vrai exploit de Kruszoneq c'est surtout qu'il a réussi à régler les cas de figure où createinstallmedia, l'outil officiel d'Apple, se crashait comme une merde. Je pense que si vous avez déjà essayé de vous faire une clé Monterey ou Big Sur depuis un Mac Silicon par exemple, pour réparer un autre Mac Intel, vous avez dû vous galérer avec des erreurs de validation et autres messages d'erreur pour cause d'architecture incompatible.

Bah macUSB contourne tout ça tout seul comme un grand, et répare même les certificats expirés des installeurs High Sierra et Mojave sans rien vous demander.

Pour situer le progrès, la méthode "propre" côté Apple ressemble à ça :

sudo /Applications/Install macOS Sequoia.app/Contents/Resources/createinstallmedia --volume /Volumes/MaCle

...et encore, à condition d'avoir déjà récupéré le bon installeur dans l'App Store. Je ne vous parle même pas de l'époque où il fallait extraire à la main le fichier InstallESD.dmg planqué dans le paquet de l'installeur (j'expliquais déjà ce bricolage en 2011 pour OSX Lion ). Alors que macUSB, lui, embarque un téléchargeur qui va chercher les installeurs directement sur les serveurs d'Apple. Vous n'avez plus rien à préparer en amont.

L'outil sait donc préparer des clés USB de macOS Tahoe (la version 26, celle de cette année) jusqu'à Tiger 10.4 sorti en 2005, PowerPC compris. Oui, vous pouvez ressusciter un iMac G5 depuis votre MacBook M4. Pour les collectionneurs de vieilles machines, les labos qui gardent des Macs d'époque, ou juste pour remettre d'aplomb un ordi que vous comptez revendre, c'est du bonbon ^^.

Et la v2.3, sortie hier, en remet une couche côté Windows puisqu'elle sait également préparer des clés Windows 10 et 11 en contournant le check TPM 2.0 (le compte Microsoft obligatoire avec la connexion Wi-Fi forcée pendant l'installation, argh !). Et elle écrit aussi les images Linux en .iso et en .img. Après si c'est juste faire une clé Windows depuis votre Mac que vous cherchez, WinDiskWriter fait déjà très bien le job, mais macUSB a l'avantage de tout regrouper au même endroit.

Côté prérequis, votre Mac doit donc tourner au minimum sous Sonoma 14.6 (Apple Silicon ou Intel), et il faudra lui accorder l'accès complet au disque dans les réglages système, rien d'anormal puisqu'il écrit directement sur vos volumes. Une fois ça réglé, vous récupérez le .dmg sur la page des releases GitHub , ou vous l'installez en une ligne avec Homebrew :

brew install --cask macusb

C'est super impressionnant pour un projet développé par une seule personne et qui plus est n'a que 6 mois d'existence. Bref, si vous avez un Mac à réinstaller, un vieux coucou à dépanner ou une machine à remettre d'aplomb avant de la revendre, foncez !

Cet outil open source traque les conseils de sécurité que l'IA vous a refilés et qui ne valent plus rien

Quand vous demandez à un assistant IA de corriger une faille dans une de vos dépendances, il vous propose presque toujours la même chose : ajouter ce qu'on appelle un "override", une ligne de configuration qui force votre projet à utiliser une version saine d'une brique logicielle.

Le conseil semble bon sur le moment. Mais voilà, personne ne vous dit jamais de revenir vérifier, six mois plus tard, que cette ligne sert encore à quelque chose.

C'est précisément le trou que vient boucher CVE Lite CLI , un scanner gratuit et open source développé par Sonu Kapoor et adoubé par l'OWASP, la fondation qui fait référence en sécurité des applications. Cet outil a l'avantage de tourner en local, sans compte ni cloud, et sans qu'une seule ligne de votre code ne quitte votre machine.

Le problème qu'il cible est très simple. Une dépendance dite transitive, c'est une brique dont dépend une autre brique que vous, vous avez installée : vous ne l'avez jamais choisie vous-même, mais elle se retrouve quand même embarquée dans votre projet. Pour neutraliser une faille planquée là-dedans, on force une version corrigée via un override. Le souci, c'est que cette rustine vieillit toute seule, dans votre dos.

Kapoor a du coup ajouté une fonction qui audite ces configurations et débusque trois cas de figure : l'override pointe vers un paquet qui n'existe tout simplement plus, il s'applique au mauvais gestionnaire de paquets, ou il utilise un motif de caractères (une sorte de joker censé attraper plusieurs chemins d'un coup) qui en réalité ne correspond à rien. Dans tous ces cas vous vous croyez protégé alors que la protection est tombée depuis un moment.

Pour le prouver, il a passé quatre projets JavaScript très utilisés au crible, et les résultats sont parlants. Cal.com en alignait 90, dont 11 complètement inopérants ; Jest traînait une configuration qui pointait dans le vide ; NoCoDB empilait des jokers inefficaces ; seul Next.js s'en sortait sans le moindre défaut.

Entre l'affaire node-ipc de 2022, où un développeur avait lui-même saboté son propre paquet par militantisme, et la vague d'attaques Shai-Hulud de ces derniers mois, un ver qui se réplique tout seul en volant les jetons d'accès des développeurs sur npm pour contaminer au passage tous leurs autres paquets, l'écosystème JavaScript prend cher. Et un override mort, c'est une porte qu'on croyait verrouillée.

Ce qui est amusant, c'est que l'outil censé rattraper les approximations des IA est, lui, volontairement dépourvu de toute IA. Il interroge sagement une base de vulnérabilités connues et vous recrache des commandes prêtes à copier-coller, sans deviner quoi que ce soit.

Quoi qu'il en soit, on a là un petit outil tout bête qui repasse derrière l'IA, et franchement, ça rassure.

Source : The Register

RawGraphs - Et vos données moches deviennent de beaux graphiques sans coder

Je ne sais pas si vous manipulez souvent des fichiers CSV, mais sans savoir coder, en tirer un graphique correct, c'est souvent la croix et la bannière !

Excel nous sort en général un camembert tristoune qui pue comme un vrai, et les outils de dataviz exigent que vous sachiez bidouiller du D3.js. Heureusement, RawGraphs se glisse pile dans ce trou, et propose une appli web gratuite et open source développée par le DensityDesign Lab du Politecnico di Milano, épaulé par les studios Calibro et Inmagik.

C'est un super outil pour les utilisateurs d'Excel ou de Google Sheets, qui ont envie de plus de liberté ou qui souhaitent rester le seuls propriétaires de leurs données sans avoir à pisser une seule ligne de code.

Le principe est simpeuuuul. Vous balancez vos données, un CSV, un TSV, un JSON ou un copier-coller depuis Google Sheets, vous choisissez un modèle parmi la trentaine proposée, vous glissez vos colonnes sur les variables du graphe puis vous exportez ! Et voilà, vous obtenez un graph parfait en SVG ou PNG, sans rien installer !

Tout est calculé en local, dans votre onglet, et rien ne part sur un serveur, ce qui nous change d'outils comme Datawrapper ou Flourish (ce sont des SaaS) qui captent toutes vos données sur leurs serveurs.

Et puis RawGraphs sait faire les graphiques que votre tableur ne fera jamais. Comme il est construit au-dessus de D3.js, il vous pond des diagrammes alluviaux, des sankey, des beeswarm, des streamgraphs, des treemaps, des voronoi...etc... Vous n'avez rien compris ? C'est normal ! A vous de choisir le graph qui vous plait le plus parmi une trentaine de modèles au total.

Il n'a donc rien à envier aux classiques du genre et surtout, il va beaucoup plus loin avec notamment un export en SVG, que vous pourrez ensuite ouvrir et peaufiner dans Illustrator, Inkscape ou Figma.

Et si vous doutiez du sérieux du machin, sachez qu'il traîne dans la boîte à outils d'investigation de Bellingcat . Hé oui, les journalistes d'investigation s'en servent pour rendre lisibles les montagnes de données qu'ils collectent. Ce serait bien utile, par exemple, pour faire une dataviz des notes de frais de Laurent Wauquiez ... Ahaha !

C'est par exemple avec un diagramme alluvial fait sous RawGraphs qu'un journaliste a permis à tous de visualiser une partie des Panama Papers, ces flux entre sociétés offshore et leurs vrais propriétaires. Bref, transformer n'importe quel tableau bancaire imbuvable en schéma que n'importe qui peut comprendre, c'est ça la came de RawGraphs !

Maintenant, si vous voulez vous en servir, pensez à préparer le terrain, avec un coup de Grist pour structurer vos données ou de xan pour nettoyer vos CSV en ligne de commande pour démarrer sur RawGraphs avec un fichier propre prêt à mapper. Les amateurs de terminal pur préféreront quand à eux youplot je pense... Mais pour du graphe présentable, l'interface de RawGraphs reste imbattable.

Le projet est sous licence Apache 2.0, gratuit et le mieux pour vous faire un avis, c'est évidemment de le tester vous-même.

Foncez sur app.rawgraphs.io , et merci à Lilian pour le partage !

Tanko - Lire des mangas dans le terminal en scred

Si vous passez votre vie dans un terminal et que vous avez réussi un jour à quitter tout seul Vi / Vim, voici une application qui va vous intéresser. Il s'agit de Tanko , signé Alexandro Mendez, un outil en ligne de commande qui permet de lire et télécharger vos mangas préférés directement depuis un terminal. C'est, en gros, le même concept que youtube-dl mais pour les scans japonais.

Pour installer Tanko, ouvrez un terminal et entrez la commande suivante : pnpm install -g tanko (npm marche aussi). Une fois que c'est fait, y a plus qu'à lancer tanko. Plus besoin d'aller sur les sites en question, vous entrez vos critères de recherche et hop, vous lisez votre chapitre directement. Les chapitres que vous téléchargez en PDF atterrissent dans $HOME/tanko/downloads/.

Après, Tanko affiche les vraies pages en image, à condition d'utiliser un terminal moderne comme Kitty, Ghostty ou WezTerm qui gèrent les protocoles graphiques (Kitty graphics, Sixel). Mais surtout dans un terminal basique, genre le terminal intégré de VS Code ou le bon vieux CMD de Windows, Tanko basculera en mode ASCII Art.

J'suis sûr que vous voyez où je veux en venir... Votre boss passe derrière vous, voit des caractères bizarres défiler dans VS Code, et repart convaincu que vous compilez un truc alors que pendant ce temps-là vous suivez peinard le dernier chapitre de One Piece... niark niark niark.

Côté fonctions, vous avez l'historique de lecture, un menu de config, les notifications et le support de plusieurs sources de scans. Attention quand même, certaines sources scrappent les sites via un navigateur, donc il faudra installer Firefox avec npx playwright install firefox. Après c'est pas non plus obligatoire et vous pouvez vous contenter des sources qui n'en ont pas besoin.

L'outil est cool mais après en ce qui me concerne, lire un manga en ASCII Art c'est marrant 30 secondes, mais pour de la vraie lecture je vous conseille vraiment d'opter pour l'un des terminaux avec support des images que je vous ai cités plus haut.

Et si votre but c'est juste d'aspirer des tonnes de scans, le vieux mangal est plus complet, même s'il est archivé depuis avril 2025 et que plus personne ne le maintient... sniiif. Dans le même style, ça me rappelle aussi Lue qui vous lit vos ebooks en audio dans le terminal et si vous préférez un truc avec une vraie bibliothèque, jetez plutôt un œil à Kavita .

Et enfin, roulements de tambours, pour savoir où trouver vos scans sans finir en correctionnelle, j'avais fait un guide sur le manga et le scantrad .

Bref, c'est gratuit, mais à consommer avec modération pendant les heures de boulot, bande d'ennemis du capitalisme ^^ !!

Un mini radar à avions open source à poser sur son bureau

Un petit boîtier rond, un écran circulaire de 240 pixels de côté, et une seule chose affichée dessus : les avions qui passent au-dessus de votre tête en temps réel. C'est Micro Radar, un projet open source signé Anthony Sturdy, un développeur basé à Londres qui l'a bricolé comme cadeau de mariage pour un ami passionné d'aviation.

L'objet tient dans la paume de la main. Au cœur du montage, un module ESP32-C3, une puce minuscule à WiFi intégré qu'on trouve pour quelques euros, soudée d'usine à un écran rond IPS de 1,28 pouce piloté par un contrôleur GC9A01. Pas besoin de toucher au fer pour relier des fils, tout est déjà connecté.

Là où c'est bien vu, c'est que Micro Radar ne capte pas les avions lui-même. Beaucoup de projets du genre utilisent l'ADS-B, le signal que les avions émettent en continu pour annoncer leur position, ce qui suppose une antenne et un récepteur radio. Ici, rien.

Le boîtier va plutôt chercher les données sur internet, via l'API d'OpenSky Network. OpenSky, c'est un réseau communautaire : des milliers de bénévoles dans le monde branchent chez eux des récepteurs qui captent les avions et mettent toutes ces positions en commun. L'API, l'interface qui permet à un logiciel d'aller piocher dans cette base, renvoie au boîtier les vols autour de vous.

Du coup, l'installation se fait simplement, sans rien brancher d'autre que le courant. Au premier démarrage, l'appareil crée son propre point d'accès WiFi baptisé MicroRadar-Setup. Vous vous y connectez depuis un téléphone, une page de configuration s'ouvre à l'adresse microradar.local, et vous renseignez juste votre position, le rayon à surveiller et vos identifiants OpenSky.

Ces identifiants sont facultatifs mais conseillés. Un compte OpenSky est gratuit et fait passer le quota de 400 à 4000 requêtes par jour, ce qui veut dire un rafraîchissement bien plus fréquent et donc un radar qui colle vraiment au trafic en temps réel plutôt qu'une image qui se met à jour au compte-gouttes.

Au niveau de la fabrication, il faut une imprimante 3D pour sortir les quatre pièces du boîtier en PLA, le corps, la façade, la bague et deux supports, un fer à souder uniquement pour insérer les écrous à chaud, et de la visserie M2. Une lentille en verre minéral de 32,5 mm protège l'écran si besoin. Comptez une à deux heures de montage une fois les pièces imprimées, ce qui est très raisonnable.

Le tout est sous licence MIT et le firmware se compile avec PlatformIO, donc le code en C++ comme les fichiers 3D sont libres, vous pouvez le construire, le modifier et même le revendre sans rien demander à personne. Le projet vit sa petite vie sur GitHub avec les instructions complètes.

Franchement, voir les avions de sa ville tourner sur un cadran rond posé près de l'écran, sans capteur ni abonnement, c'est quand même bien sympa.

Source : Hackster

Episteme - Le lecteur d'ebooks libre qui lit (vraiment) tout

Le monde des liseuses, c'est un monde impitoyaaaable. Entre les Kobo, les Kindle, les tablettes chinoises ou encore les formats proprio des ebooks et leurs DRM à la con, c'est super difficile de faire le bon choix. Puis ça coûte cher aussi ces petits trucs... Alors si vous visez les économies, l'arrêt des prises de tête et la préservation de la planète, Episteme est un lecteur d'ebooks libre qui va vous plaire.

Il supporte de nombreux formats de livres, à peu près tout ce qui traîne sur vos disques : PDF, EPUB, MOBI, AZW3, FB2, DOCX, ODT, du Markdown, du HTML, et même vos comics en CBZ, CBR et CB7. Et le truc cool, c'est que la même appli tourne aussi bien sur Android, que Windows et Linux (c'est du Kotlin). Pas de version pour macOS par contre... snif.

Episteme sur Android et son interface en Jetpack Compose

Et surtout, avec Epistem, le cœur de lecture reste 100% local, et les trucs en ligne (genre le résumé par IA, le dico, la synthèse vocale cloud...etc) sont totalement optionnels. Notez que la version du Play Store embarque tous ces extras proprio avec achats intégrés.

Mais il existe aussi une édition "OSS Offline" à qui on a carrément retiré les permissions réseau, comme ça, votre liseuse maison ne pourra littéralement plus appeler le moindre serveur, même si elle en avait envie.

La version libre, elle, est dispo sur F-Droid et Github et fonctionne en BYOK, "bring your own key" pour y mettre votre propre clé API pour l'IA au lieu de raquer un abonnement.

Perso, je n'aime pas trop lire de livres électroniques sur mon ordinateur, et je préfère largement mon Kindle mais quand je suis obligé, j'utilise la liseuse intégrée de Calibre, et j'avoue, c'est loin d'être sexy. Episteme, lui, est quand même bien plus agréable, vous verrez...

La même appli sur desktop, Linux comme Windows

Côté confort, vous pouvez tourner les pages ou scroller vers le bas, activer la synthèse vocale, prendre des notes, placer des signets, régler la police et la taille du texte ainsi que la couleur du fond de page.

Ajoutez à cela des thèmes (Sepia, OLED, Slate), un mode reflow pour les PDF, la lecture multi-onglets, un mode musicien et les annotations à l'encre. Et si vous lisez sur un écran e-ink, le vénérable Koodo et KOReader garderont l'avantage c'est sûr, mais sur un écran classique, Episteme envoie du lourd !

Si vous galérez encore à lire vos ebooks librement , c'est clairement une piste à creuser. Ça se télécharge sur le site officiel d'Episteme si ça vous intéresse.

OpenCV 5.0 sait maintenant faire tourner des IA façon ChatGPT directement dans son moteur

OpenCV, vous l'utilisez sans doute déjà sans le savoir. Cette bibliothèque open source de vision par ordinateur, autrement dit une grosse boîte à outils qui apprend aux logiciels à analyser images et vidéos, se cache derrière la reconnaissance de visages de votre téléphone, les caméras d'usine ou les yeux des robots. Née chez Intel à la fin des années 90, elle vient de franchir un cap avec sa version 5.0, dévoilée autour de la conférence CVPR de Denver et rendue installable en un clic.

Le cœur du chantier, c'est son module DNN, le composant chargé d'exécuter les modèles d'intelligence artificielle, et qui a été réécrit de fond en comble.

L'ancien moteur traitait les calculs un par un, dans l'ordre. Le nouveau dessine d'abord le graphe entier des opérations avant de les lancer, ce qui lui permet de fusionner des étapes et de digérer beaucoup mieux les transformers, ces architectures mathématiques qui forment l'ossature de toute l'IA générative d'aujourd'hui.

Un chiffre résume le bond accompli. La compatibilité avec ONNX, le format qui sert à faire voyager un modèle d'un logiciel à l'autre, grimpe d'à peine plus de 20% sur les versions 4.x à plus de 80% sur cette mouture. Autant dire un autre monde.

Mais le vrai morceau de bravoure est ailleurs. OpenCV 5 est capable d'exécuter lui-même des grands modèles de langage, ces LLM qui font tourner ChatGPT, et même des modèles auxquels vous montrez une image et qui la décrivent en mots, sans aucun moteur tiers branché à côté.

Et on ne parle pas de modèles au rabais, puisque la liste inclut le Qwen 2.5 d'Alibaba et les Gemma de Google. Plus fort encore, lors des essais maison, la réponse de Qwen collait mot pour mot à celle d'ONNX Runtime, l'outil de référence de Microsoft pour ce genre de tâches. Pour une bibliothèque qui n'avait pas du tout été pensée pour ça, le résultat force le respect.

Le reste relève de la grosse mise à niveau. La 5.0 sait tirer parti d'à peu près toutes les puces du marché, des Intel aux Arm en passant par les Snapdragon de Qualcomm et la jeune architecture libre RISC-V, son volet de vision en trois dimensions a été réorganisé en briques plus claires, et son code réclame désormais un compilateur plus récent qu'à l'époque de la version 4.0, sortie en 2018.

Détail qui a son importance, tout ce travail reste mené par une fondation à but non lucratif, OpenCV.org , épaulée par le studio Big Vision et par des équipes basées en Chine. Pas par un géant privé.

Franchement, voir une vieille bibliothèque de vision proche des vingt-cinq ans se mettre à faire tourner des modèles de langage, c'est quand même pas mal.

Source : Phoronix

Linux va enfin faire tourner le GA100 de NVIDIA avec un pilote 100% libre

Petite victoire pour le logiciel libre. Avec la prochaine version du noyau Linux, la 7.2, le pilote Nouveau va enfin prendre en charge le GA100 de NVIDIA.

Pour situer, Nouveau, c'est le pilote graphique libre développé par la communauté pour faire fonctionner les cartes NVIDIA sans dépendre du pilote propriétaire maison.

Le GA100, lui, n'est pas une carte de gamer. C'est la puce qui anime l'A100, l'accélérateur que NVIDIA vend par camions entiers aux data centers pour entraîner les IA et faire tourner du calcul scientifique. Une bête taillée uniquement pour le calcul, sans même de sortie vidéo.

Et c'est justement ce qui posait problème. Nouveau gérait déjà les autres cartes de la génération Ampere grâce au GSP, un petit processeur embarqué sur la carte qui sert d'intermédiaire pour la piloter.

Sauf que le GA100, étant une puce entièrement dédiée au calcul, faisait bande à part et réclamait un traitement particulier, en réutilisant au passage des bouts de code prévus pour la génération précédente. NVIDIA a fini par publier les correctifs nécessaires en février, et ils arrivent donc maintenant dans le noyau.

Attention quand même à ne pas crier victoire trop vite. Le pilote côté noyau est prêt, d'accord, mais la partie logicielle qui permet réellement d'exploiter la carte pour faire du calcul n'est pas encore au point côté libre.

Les outils comme Mesa ou les pilotes OpenCL ne savent toujours pas gérer une carte NVIDIA dépourvue de moteur 3D. Il reste du boulot avant d'avoir une chaîne entièrement open source du début à la fin.

Source : Phoronix

"Je capitule" - Matt Mullenweg est abattu

Matt Mullenweg vient de publier un billet anniversaire des 23 ans de WordPress, et ce qui devait ressembler à une célébration tient plus de l'appel au secours. Et j'avoue qu'à lecture, ça m'a mis un petit coup au moral... Parce que oui, le créateur de WordPress est épuisé à cause de 19 mois de guerre juridique...

Côté chiffres pourtant, le post commence très bien. WordPress 7 est sorti la semaine dernière, et en sept jours, 46% des installations sont déjà passées en 7.0 sans aucune casse. Du Raspberry Pi au site de la Maison Blanche, en passant par Korben.info, pas un wp-config.php à éditer à la main, pas un cron à relancer, pas un fichier .htaccess à toucher, TOUT A FONCTIONNÉ !!

Et surtout, aucune attaque supply chain ni faille de sécurité, en tout cas pour le moment. Matt insiste là-dessus et il a raison d'en être fier ! Mais c'est pas vraiment ce qu'on retient de son article...

En effet, ce qu'il explique c'est que la sortie de WordPress 7 n'a pas été ce qu'il espérait parce que trop de temps a été perdu à cause des attaques de WP Engine. Il a, je cite, "des collègues EN TRAIN DE MOURIR" (les majuscules sont dans le texte) qu'il ne peut pas aller voir parce qu'il est noyé sous les procédures. Son meilleur ami attend une greffe de cœur sur un lit d'hôpital pendant que les avocats de Quinn Emanuel l'interrogent sur tout un tas de conneries sans intérêt...

Mais avant, petit rappel pour ceux qui n'auraient pas suivi... depuis septembre 2024, Matt est en guerre ouverte avec WP Engine, un gros hébergeur WordPress propriété de Silver Lake. J'en parlais déjà à l'époque dans WP Engine vs WordPress, la guerre est déclarée . Et en 19 mois, ça n'a pas refroidi du tout... ça s'est même carrément "judiciarisé" à mort.

Silver Lake pèse plus de 100 milliards de dollars (et vient au passage de récupérer TikTok aux États-Unis), et ils ont lâché Quinn Emanuel sur l'affaire. Matt emploie le terme de "shoggoth paperclip-maximizer" pour le qualifier... En gros, ça veut dire que c'est un gars sans émotion qui exécute les ordres de manière littérale jusqu'à l'absurde.

Bref, il s'attaque à Automattic, à lui personnellement, et essaie maintenant carrément de dissoudre la Fondation WordPress qui je le rappelle est à but non lucratif sans aucun employé, et qui finance entre autres les WordCamps et l'éducation open source à travers le monde. C'est le truc qui fait tourner la communauté...

Et de ce qu'on comprend dans ce récit de Matt Mullenweg, c'est que WP Engine essaie de faire passer Matt pour quelqu'un qui détruit des preuves, parce que wordpress.org fait de la rotation de logs (chose que fait absolument tout serveur sur Terre depuis l'invention de syslog en 1980) et parce qu'il utilise les messages éphémères sur Signal avec ses partenaires amoureuses.

Bref, je comprends que le gars soit fatigué par tout ce merdier et cette mauvaise foi. Et puis vient le passage qui fait vraiment mal quand Matt s'adresse directement à Silver Lake : "Vous avez déjà tout dépecé. Si vous vouliez me faire souffrir pour mes péchés, j'ai souffert, et probablement plus profondément que vous ne le saurez jamais. WordPress et WordPress.org, et oui, même mon leadership imparfait, sont au cœur de ce qui a fait le succès de WP Engine jusqu'ici. Vous avez tellement d'argent et de pouvoir, vous venez d'avoir TikTok, l'administration Trump vous adore, vous n'avez pas besoin de contrôler WordPress aussi. Si vous gagnez, vous le détruisez, et après ?"

Puis il termine sur ces mots : "I submit. Let's move on".

Le mec capitule sur le blog officiel... Je dois avouer que j'avais jamais vu ça.

C'est un humain qui craque mais c'est également une fondation à but non lucratif qui risque de disparaître...

Bref, c'est triste pour Matt et clairement pour tout l'écosystème open source derrière. Force à lui et à WordPress !

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Amazon lâche les vieux Kindle - Comment reprendre la main ?

Depuis quelques jours, les Kindle sortis en 2012 ou avant ont perdu l'accès à la boutique Amazon : plus d'achat, plus d'emprunt, plus de téléchargement, vous gardez bien sûr les bouquins déjà chargés sur l'appareil, mais c'est tout.

Alors est ce qu'on chiale comme des petits fragiles victimes d'Amazon ??

Bah non parce que la communauté KindleModding documente depuis des années comment reprendre la main sur ces liseuses, et leur wiki tombe à pic !

Le principe, c'est de jailbreaker le Kindle pour y installer ce qu'Amazon ne veut pas voir en particulier ces 2 outils qui changent tout : KOReader d'abord, un lecteur libre qui avale l'EPUB, le PDF, le CBZ et à peu près tout le reste, et Mesquito, qui remplace carrément la boutique Kindle par un store communautaire. Et voilà comment votre vieille liseuse peut enfin lire les formats ouverts et charger des livres sans passer par la caisse d'Amazon.

Et côté compatibilité, c'est large ! WinterBreak par exemple couvre tous les Kindle en firmware 5.18.0 ou antérieur, soit l'écrasante majorité des modèles d'avant 2024. Les firmwares plus récents, de 5.18.1 à 5.18.5, passent eux par AdBreak. En gros, presque tous y passent, sauf le Kindle Scribe, encore trop verrouillé pour l'instant.

Et vous allez voir, KOReader, c'est le jour et la nuit face au lecteur d'origine. Typographie réglable au poil comme sur Korben.info ^^, dictionnaires perso, annotations de pro, et surtout zéro format imposé. Votre Kindle redevient grâce à ce hack, une vraie liseuse.

Et avec Mesquito, vous installez des apps tierces, vous virez enfin l'écran de pub des modèles Special Offers, vous sideloadez vos livres en USB, et vous coupez les mises à jour automatiques pour qu'Amazon n'aille pas tout re-verrouiller dans votre dos.

Après, même si le risque reste faible quand on suit le wiki à la lettre (il y a une section entière pour récupérer un Kindle dans les choux), faut quand même faire gaffe car un flash de firmware alternatif, c'est jamais anodin. Et bien sûr la garantie saute, mais franchement, sur une liseuse de 2012 elle est morte et enterrée depuis un bail, alors pourquoi se priver !

Dernier truc, un Kindle jailbreaké restera coincé avec le DRM des livres Amazon que vous avez déjà, et KOReader ne fera pas de miracle là-dessus. Donc vous devrez peut-être faire sauter les verrous de vos livres avant.

Et un petit conseil au passage, sur un vieux Kindle encore enregistré, évitez de le réinitialiser ou de le désenregistrer car après vous ne pourrez plus jamais le réenregistrer. Donc on bidouille tranquillou mais on ne fait pas de reset à l'aveugle en mode gros bourrin ^^.

Après le vrai sujet, je trouve, c'est que ce Kindle de 2012, il marche encore parfaitement. L'écran e-ink tient, la batterie tient, rien n'est cassé... Mais non, y'a Amazon qui décide de casser les couilles à distance en bloquant l'achat de livre dessus. En vrai c'était une location de liseuse alors ? On nous aurait menti ?

Amazon avait déjà retiré en février 2025 l'option de télécharger ses livres en USB, et même quand ils ont fini par autoriser l'EPUB sans DRM , c'était réservé aux auteurs indépendants. Bref, leur mouv de fond est limpide, c'est direction tout vers le verrou !

Alors plutôt que de racheter une liseuse neuve, autant réveiller celle qui dort dans un tiroir ou qui arrive en fin de vie à cause d'Amazon. Rendez-vous donc sur le wiki KindleModding qui explique la marche à suivre modèle par modèle, avec un Discord pour l'entraide.

Merci François pour le lien !

Boring Notch - L'encoche du MacBook devient enfin utile !

Depuis 2021, Apple colle une encoche en haut des écrans de MacBook et n'en fait à peu près rien. C'est juste une zone sombre pour cacher la caméra et qui mange la barre des menus.

Heureusement, l'équipe TheBoredTeam a décidé que ça suffisait et vient de sortir boring.notch , une app gratuite et open source qui transforme ce trou noir en un vrai centre de contrôle dynamique, dans l'esprit de la Dynamic Island de l'iPhone.

L'installation se fait avec Homebrew comme ceci :

brew install --cask TheBoredTeam/boring-notch/boring-notch

Et ensuite, suffit de poser le curseur sur l'encoche, elle se déploie, et vous tombez sur les contrôles de votre musique avec un visualiseur animé, une zone où glisser-déposer vos fichiers, un affichage pour le volume et luminosité entièrement refait, l'indicateur de batterie et même votre prochain rendez-vous Tinder dans votre agenda.

La zone pour les fichiers est la fonction que je trouve la plus pratique car vous balancez un fichier et il reste là, accessible, à tout moment. Vous pouvez alors le ré-attraper depuis n'importe quelle fenêtre, façon presse-papier physique. La fonctionnalité est inspirée du projet DropNotch et reprend même un comportement type AirDrop. C'est pratique par exemple pour trimballer un screenshot d'une app à l'autre sans le perdre dans tout le bazar que vous avez sur votre Bureau (mon Bureau ressemblant à un champ de bataille, je valide).

L'app joue donc dans la même cour que NotchNook, l'app d'encoche la plus connue sauf que NotchNook, ça coute 25 dollars de licence ou 3 dollars par mois en abonnement. Boring Notch, lui, est gratuit et sous licence libre.

Notez que l'équipe n'a pas encore de compte développeur Apple, du coup, au premier lancement, macOS va gueuler que l'app vient d'un développeur non identifié. Si vous passez par Homebrew, le souci est réglé automatiquement mais sinon, après avoir déposé l'app dans Applications, une seule commande dans le Terminal lèvera le blocage de Gatekeeper.

xattr -dr com.apple.quarantine /Applications/boringNotch.app

Vous pouvez aussi passer par Sentinel si vous n'êtes pas à l'aise avec le terminal.

Dans le genre petit utilitaire macOS qu'on installe et qu'on ne lâche plus, ça rejoint des trucs comme Lolgato pour dompter ses Elgato ou DeskPad et son écran virtuel. Et le projet ne compte pas s'arrêter là puisque la roadmap annonce l'intégration des rappels, une fonction miroir pour vérifier sa tête en visio, le contrôle gestuel personnalisable, des widgets d'écran verrouillé, la météo et carrément un système d'extensions. Bref, cette encoche qui rime avec moche pourrait devenir un hub central du Mac à l'avenir.

Et il est également très probable qu'Apple s'empare de l'idée pour da prochaine release majeure de macOS, qui sait ?

niri - Le compositor Wayland qui scrolle vos fenêtres à l'infini

niri , c'est un compositor Wayland écrit en Rust par Ivan Molodetskikh, et il a un drôle de kink qui est de ne jamais redimensionner vos fenêtres dans votre dos. Jamais !!

Ainsi, quand vous ouvrez une nouvelle appli, elle vient se coller à droite de la précédente sur une bande horizontale qui s'étend à l'infini. Pas de grille rigide, pas d'empilement façon Tetris, vous scrollez simplement vers la droite pour balader votre regard sur vos fenêtres, comme on fait défiler une pellicule photo.

Ce concept vient de PaperWM, une extension GNOME que pas mal de gens vénèrent sauf que Molodetskikh a préféré tout réécrire de zéro en Rust car PaperWM galérait fort à isoler les espaces de travail par écran. Grâce à ça, maintenant chaque écran a sa propre bande de fenêtres, totalement indépendante des autres.

Pour l'installer, y'a des paquets pour la plupart des distros (Fedora, Arch, NixOS), ou vous compilez avec cargo si vous aimez vivre dangereusement. Comptez 10 minutes de mise en place pour un truc fonctionnel et comme niri est juste un compositor, il vous faudra aussi une barre et un lanceur par-dessus, genre DankMaterialShell ou Noctalia.

Avec niri, Les espaces de travail s'empilent verticalement à la GNOME, y'a une vue d'ensemble qui dézoome pour voir tout votre bazar d'un coup, des fenêtres flottantes, le scaling fractionnaire au pixel près, et même les gestes sur le touchpad. Puis la config se recharge à chaud, donc vous bidouillez votre fichier comme vous voulez, sans avoir à relancer quoi que ce soit.

Et contrairement à pas mal de compositors Wayland qui font la gueule dès qu'ils croisent une carte NVIDIA, niri tourne nickel dessus. Il s'en sort même très bien sur un Eee PC 900 de 2008 (Je dois encore avoir le mien quelque part...).

Maintenant, ce genre de scroll infini ça ne plait pas à tout le monde car comme vos fenêtres partent hors écran à droite, vous ne savez pas toujours s'il vous reste 2 fenêtres ouvertes ou 50. On se perd un peu au début, juste le temps de prendre le réflexe d'ouvrir la vue d'ensemble mais après c'est du bonheur !

Côté compatibilité, les vieilles applis X11 passent via xwayland-satellite et si toute cette histoire de X11 contre Wayland vous parle, j'avais causé aussi y'a un moment de Wayback qui fait le pont dans l'autre sens. Et puis si c'est juste le tiling qui vous tente mais que vous êtes coincé sous Windows, jetez un œil à Seelen .

Bref, si vous en avez marre de réorganiser vos fenêtres à la main et que l'idée de scroller votre bureau vous botte, niri vaut le coup, en plus c'est gratuit et sous licence libre.

Merci à François pour le lien !

Quelqu'un a réussi à faire tourner de vraies fenêtres Linux à l'intérieur de Minecraft

Un développeur connu sous le pseudo EVVIE a sorti Waylandcraft, un projet qui n'aurait jamais dû exister et c'est tant mieux.

Le principe : faire tourner de vrais logiciels Linux directement dans le monde de Minecraft, leurs fenêtres posées comme des objets au milieu du jeu. Votre navigateur, votre éditeur de texte, un terminal, tout ça affiché sur des blocs, en 3D, et utilisable pour de vrai.

Pour comprendre le délire, un mot sur Wayland. Sous Linux, c'est le système qui gère l'affichage des fenêtres à l'écran, le successeur moderne du vieux X11 qui datait des années 80. Au cœur de Wayland, il y a un compositeur : le programme qui assemble toutes les fenêtres ouvertes pour produire l'image finale que vous voyez sur votre moniteur. Waylandcraft, c'est exactement ça, un compositeur Wayland complet, sauf que la surface d'affichage n'est plus votre écran mais l'univers cubique de Minecraft.

En pratique, vous lancez n'importe quel programme et sa fenêtre apparaît dans la partie, posée où vous voulez, dans l'orientation que vous voulez. Et ce ne sont pas de simples images décoratives collées sur un mur : les fenêtres sont interactives, vous cliquez, vous tapez, vous utilisez le logiciel exactement comme sur un bureau classique. Un bureau Linux qui aurait juste pris la forme d'un monde plein de blocs.

Il faut quand même un peu de préparation : Linux, Minecraft et le chargeur de mods Fabric (l'outil qui permet d'ajouter des mods au jeu), plus quelques bricoles. Et le projet a ses limites. Tout ça ne marche que dans votre propre instance de jeu, impossible de diffuser ces fenêtres aux autres joueurs d'un serveur.

C'est donc une démo solo, à montrer en personne ou en vidéo. Le code est publié en open source sur GitHub, sous licence GPL, donc libre à qui veut d'aller fouiller ou contribuer.

Bref, est-ce que ça sert à quelque chose ? Absolument pas. Est-ce que c'est exactement le genre de bidouille gratuite et brillante qui rend l'informatique amusante ? Complètement.

Source : Hackaday

Switchboard - Le centre de contrôle pour vos sessions Claude Code

Claude Code, c'est génial pour coder mais alors pour s'organiser... c'est chiant de fouuuu.

J'ai genre 200 fichiers .jsonl qui trainent dans ~/.claude/projects, y'a aucun moyen prévu pour savoir ce qui tourne en ce moment, et autant vous dire que reprendre une conversation d'il y a 3 jours relève de l'acrobatie.

Alors j'ai d'abord essayé les grep sauvages dans le dossier, les ls -lt pour trier par date...etc et en fait ça marche, mais c'est pas ce qu'on appelle un vrai workflow. Du coup j'ai cherché un truc plus propre et heureusement pour moi, des outils commencent à émerger autour de l'écosystème (je vous avais déjà parlé d' Opcode ) et Switchboard est clairement celui qui sort le plus du lot, je trouve.

C'est une app desktop open source (sous licence MIT) qui centralise toutes vos sessions dans une seule fenêtre. Comme ça, vous avez un navigateur organisé par projet avec une recherche full-text qui fouille dans les fichiers .jsonl de conversations (pas juste les dates) et ensuite, y'a plus qu'à taper des trucs comme "bug auth" ou je ne sais quoi dans la barre de recherche et en 2 secondes vous retrouvez votre fichier de session de mardi.

Le truc qui différencie Switchboard des autres projets du genre (y'en a une poignée, genre t3.codes ou conductor.build), c'est surtout qu'il fait fonctionner un vrai terminal, avec votre vraie session qui tourne dedans. L'avantage c'est que comme ça, vos raccourcis clavier et le copier-coller fonctionnent comme d'habitude.

Et le monitoring en temps réel, c'est clairement le gros plus car avec Switchboard vous pouvez afficher une grille avec toutes vos sessions ouvertes sur votre machine, chacune dans sa petite case avec un indicateur de statut. Comme ça, si un agent est bloqué parce qu'il attend une validation de permission, vous le voyez direct dans la sidebar. Attention par contre, ça ne marche qu'avec les sessions locales, car y'a pas de support SSH pour l'instant.

Ah et il y a aussi un mode IDE intégré qui est plutôt chouette. Quand Claude propose une modification de fichier, au lieu d'ouvrir VS Code ou Cursor, le diff s'affiche dans un panneau latéral directement dans Switchboard. Comme ça, vous pouvez accepter, rejeter, ou même accepter seulement certains morceaux du diff.

Autre fonctionnalité sympa, le fork de sessions. Vous pouvez repartir de n'importe quel point d'une conversation passée, genre comme vous le feriez avec un checkpoint dans un jeu vidéo. Vous avez aussi un éditeur CodeMirror intégré pour vos fichiers CLAUDE.md et vos plans (c'est plus pratique qu'ouvrir un vim à côté), + un bon vieux heatmap d'activité qui montre votre rythme de coding par projet.

Côté technique, c'est du Electron (oui, je sais 300 Mo sur le disque, ça fait toujours chier) avec SQLite en cache local pour la recherche. Et c'est distribué en .dmg pour macOS (Apple Silicon et Intel), .exe pour Windows et .AppImage/.deb pour Linux.

Pour tester, y'a donc juste à télécharger la dernière release pour votre OS et lancer l'app.

Bref, si vous jonglez avec plusieurs sessions au quotidien, ça vaut le coup d'essayer. Et si vous cherchez à enrichir votre setup, la marketplace de skills peut aussi compléter le tout.

Merci à Aurélien pour le lien ! (Vous aurez noté la rime ^^ désolééé)

HydroTracker - L'app Android qui vous hydrate

HydroTracker, c'est une app Android open source pour suivre votre consommation d'eau au quotidien. C'est sans pub, ça fonctionne hors-ligne et ça a été mis au point par Ali Cem Çakmak, physicien et développeur passionné !

L'écran d'accueil d'HydroTracker, sobre et lisible

Côté fonctionnalités, vous avez donc le suivi quotidien classique avec objectif personnalisé, des graphiques hebdo, des cartes thermiques mensuelles, le suivi des séries de jours réussis et 3 widgets à mettre sur écran d'accueil.

Par contre, ça marche pas pour suivre votre conso de bière, désolé mes amis Chouffinistes ^^

Et puis surtout, y'a l'intégration Health Connect ce qui permet à HydroTracker de lire et écrire dans la base santé Android partagée par Samsung Health, Google Fit, Fitbit, Garmin ou Strava. Comme ça, toutes vos données sont centralisées !

Alors j'sais pas si vous avez déjà tracké votre consommation d'eau mais la plupart des apps d'hydratation se contentent de compter les verres d'eau. Cem, lui, s'appuie sur le Beverage Hydration Index (y'a une étude à ce sujet publiée dans l'American Journal of Clinical Nutrition ) et applique des coefficients différents selon les boissons, avec les seuils EFSA pour l'Europe et IOM pour les US. Un verre de lait équivaut par exemple à 1,5 fois sa quantité d'eau, et un soluté de réhydratation orale aussi. C'est logique vu la composition réelle, et pourtant aucune app grand public ne pousse le bouchon aussi loin niveau finesse !

Les analytics d'HydroTracker, façon dashboard scientifique

Et le gros morceau, vous l'aviez deviné, c'est surtout la confidentialité. Prenez par exemple Water Reminder, une app concurrente bien installée sur Android. Hé bien avec elle, vos heures de prise d'eau, votre régularité, votre comportement, tout part chez Google.

Alors que HydroTracker, lui, garde tout en local et la synchro Health Connect reste bien sûr à 100% optionnelle. Bref, si vous tenez à votre indépendance numérique vis-à-vis des géants américains , et que vous aimez rester hydraté, c'est l'app idéale !

L'app est sous licence GPL v3, dispo sur le Play Store (et bientôt sur F-Droid), ou en APK direct depuis les releases GitHub . Par contre, pas de version iOS pour l'instant. Ah et j'oubliais, les notifications de l'app s'adaptent à votre cycle de sommeil, donc elle ne vous harcelera pas la nuit. C'est con dit comme ça, mais peu d'apps le font.

Voilà, si vous voulez creuser le code, c'est sur GitHub et Cem a même sa page perso sur cmckmk.com .

Merci à Alex pour le tip !

Asimov - Le robot humanoïde open source jusqu'à la dernière vis

"Free the robot" !!!

C'est le slogan de Menlo Research, et pour une fois c'est pas du flan. En effet, leur Asimov v1 est un humanoïde de 1,20 m et 35 kg, entièrement open source ! Tout est fourni gratuitement donc, les plans de la mécanique, les schémas électriques, le modèle de simulation, ainsi que le code embarqué.

Vous avez donc la CAO complète, la nomenclature des pièces, le modèle MuJoCo pour simuler avant même de souder, et le firmware. Ensuite, y'a 2 façons de l'avoir : Soit le kit DIY (499 dollars d'acompte, puis environ 15 000 dollars au final, livré cet été), soit vous sortez la nomenclature complète et le manuel d'assemblage, et vous sourcez chaque pièce à la main. Ça peut faire un beau projet si vous avez un peu de blé mais surtout des compétences en électronique et du temps !

C'est vrai qu'en général, 1 robot "open source" sur 10, c'est un README qui se la raconte avec 3 STL et rien d'autre derrière, mais là je vous promets, c'est du solide. En janvier dernier, Asimov c'était juste une paire de jambes avec 12 degrés de liberté et basta. Et nous voilà quelques mois plus tard avec un humanoïde complet composé de 25 actionneurs (plus deux orteils passifs sur ressort pour le contact au sol), des bras qui lèvent 15 kg chacun, une tête avec caméra et micros, et un haut-parleur dans le torse pour causer.

Asimov v1, le robot humanoïde open source de Menlo Research

Et côté tripes, c'est du sérieux également avec 2 cerveaux à bord, un Raspberry Pi 5 pour le réseau et le média, et un Radxa CM5 pour le contrôle moteur en temps réel. Des bus CAN charrient ensuite les ordres dans tout le squelette. Niveau matériaux, c'est de l'alu 7075 pour les pièces qui encaissent, du nylon PA12 fritté pour le reste. Et la licence matérielle c'est du CERN-OHL-S-2.0 (je ne la connaissais pas celle-là), et de la GPL-2.0 pour le soft. Donc on est sur du vrai open hardware copyleft !

Maintenant, Menlo a baptisé son kit " Here Be Dragons ". Pour ceux qui n'auraient pas la ref, c'est la mention qu'on collait sur les vieilles cartes médiévales pour dire "ici, terrain inconnu, c'est à vos risques et périls".

Et c'est pas un hasard puisque vous devrez compter 50 à 100 heures rien que pour passer du carton de pièces à un robot qui s'allume proprement et sans danger. Attendez, pas pour le faire marcher, hein, juste pour l'allumage. Et utiliser votre imprimante 3D du dimanche pour les pièces porteuses, oubliez. Faudra passer par de l'alu usiné.

En effet, le plastique risque d'avoir du jeu et foutra en l'air les calculs du contrôleur, donc au mieux le robot marchera mal, au pire il viendra vous buter dans votre sommeil. Ensuite, le reste s'imprime, mais en nylon industriel. Et je vous passe la prise de tête avec le câblage des bus CAN et autres petites surprises... Un bidouilleur prévenu en vaut deux !

Du coup, entre lâcher 15 000 balles pour le kit clé en main et tout sourcer soi-même, perso si j'avais la thune (et l'usage d'un robot), j'opterais pour le kit. Mais si vous avez un atelier, une fraiseuse CNC et la patience d'un moine, la version DIY revient sans doute moins cher. Bref, chacun son délire.

Reste la vraie question que vous vous posez surement (ou pas) : Ça vaut quoi face à la concurrence ?

Hé bien un Unitree G1 tourne autour de 16 000 dollars, soit à peu près le même tarif. Sauf que chez Unitree, les plans du bestiau restent propriétaires et je vous parle pas du soft qui balance tout chez nos amis Chinois.

Alors qu'avec Asimov, vous êtes le propriétaire du robot jusqu'à la dernière vis. L'idée de Menlo c'est d'accélérer l'itération en ouvrant complètement leur robot afin que tout ça s'améliore dans un espèce de cercle vertueux. Et surtout les labos et les geeks de tout poil pourront avoir leur robot bien à eux. Sans ça, sur le marché ce sera uniquement Robot Apple, Robot Google, Robot Tesla ou NoName Chinois et voilà... Ce serait dommage quand même, je trouve.

Et si l'idée vous titille, jetez un œil à YOR, un autre robot open source à monter soi-même , ou à ce que coûte vraiment un humanoïde à la maison en 2026 .

Bref, si vous avez 15 000 balles, 100 heures devant vous et l'âme d'un bidouilleur, le bipède vous attend sur GitHub. Et les autres comme moi, regarderont ce dépôt en bavant... ce qui est déjà pas mal ^^.

Merci à philobois pour le lien !

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