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À partir d’avant-hierMéta-media | La révolution de l'information

Liens vagabonds : Les médias traditionnels, victimes d'obsolescence dans le monde tech ?

La presse mainstream se trouve à un tournant décisif. À mesure qu'Internet et les réseaux sociaux redéfinissent les contours de l'information, des voix influentes, comme celle de Taylor Lorenz, interrogent le rôle et la pertinence des médias traditionnels. Ancienne journaliste tech au Washington Post, la spécialiste de la “creator economy” a choisi de quitter le navire vieillissant pour se lancer en solo sur Substack. Son projet ? User Magazine, une newsletter consacrée à « couvrir la technologie du point de vue de l'utilisateur ».

Dans cette quête d'indépendance, elle rejoint un nombre croissant d'ex-journalistes "stars" des médias traditionnels devenus indépendants : Olivier Darcy, ancien rédacteur de CNN, a récemment lancé Status, une newsletter par abonnement. Jeremy Scahill et Ryan Grim, tous deux de The Intercept, ont quant à eux créé Drop Site News. Pour la spécialiste de la culture numérique, cette liberté enfin acquise signifie s’affranchir d’une hiérarchie devenue trop pesante, « d’institutions qui se préoccupent davantage des apparences que de défier le pouvoir », ainsi que des politiques restrictives du Washington Post concernant les réseaux sociaux de ses employés. 

Ce qui la guide, au-delà d’une volonté de se défier de conventions qui lui paraissent dépassées ? La volonté de pouvoir couvrir internet comme elle le souhaite, c’est-à-dire comme un outil culturel majeur, au-delà d’une simple innovation technologique. « Les médias traditionnels ont du mal à couvrir internet de manière significative. Ils s’en détournent souvent », pointe-t-elle dans une récente interview. « Ces institutions ont été conçues pour une époque différente où les informations étaient plus lentes, plus centralisées, et où quelques garde-fous pouvaient contrôler le récit ». Avec déjà plus de 39 000 abonnés inscrits à sa newsletter, la créatrice de contenus - elle se définit aussi de cette manière - prouve qu'il existe une demande croissante pour ce type d’approche . Son travail se concentre sur la nouvelle génération de créateurs qui utilisent TikTok, Instagram, et YouTube comme outils pour créer leur propre culture.

En France, la situation n'est guère différente. Les médias traditionnels semblent souvent englués dans des approches obsolètes. « On explique les enjeux liés au numérique de manière économique, superfétatoire ou fantasmée », constate François Saltiel, journaliste média. L'absence de programmes dédiés aux enjeux technologiques crée un vide que de nouvelles voix pourraient combler. Selon un rapport de l'Arcom de mars 2024, 62 % des Français s'intéressent aux questions technologiques et scientifiques, devançant ainsi l'économie, le sport, la politique et les célébrités.

Un futur à redéfinir

Les institutions peuvent-elles réinventer leur approche face à des sujets aussi évolutifs et techniques ? En se concentrant davantage sur la technologie que sur les utilisateurs, elles risquent de passer à côté de l'essentiel : comprendre comment Internet influence et façonne notre culture. Comme l'affirme le journaliste américain Jeff Jarvis : « Une grande partie de la presse reste focalisée sur les grandes entreprises technologiques, leurs dirigeants souvent masculins, et leurs algorithmes, perçus comme des boîtes noires mystérieuses que les journalistes ont du mal à expliquer. Cela pourrait sembler aussi absurde que de parler du télégraphe en termes d'étincelles, de la radio en termes d'ondes, ou de la télévision en termes de pixels. Ces technologies sont importantes non pas pour leur fonctionnement, mais pour la manière dont elles nous aident à communiquer, à innover, à créer ou à détruire. Il est donc essentiel d’aborder Internet sous des angles culturel, politique, économique, éducatif et environnemental. »

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Le niveau de confiance dans les médias varie selon l'affiliation politique, selon une étude ObSoCo, Fondation Jean-Jaurès et ARTE (Fondation Jean Jaurès)
  • Qui fait des podcasts en France… et qui en vit ? Une étude à l’écoute de ce métier précaire (Télérama)
  • Le gouvernement étudie une pérennisation de la vidéosurveillance algorithmique (Le Monde)
  • LVMH prend le contrôle de « Paris Match », après des années de convoitise (Le Monde)
  • Télévision : pourquoi la numérotation peut relancer la guerre des chaînes d'info (Les Echos)
  • Ce que révèlent cinq années de traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles (INA)
  • Dov Alfon actualise son plan stratégique pour Libération (La Lettre)
  • Procès du “Canard enchaîné” : six journalistes se portent partie civile aux côtés de Christophe Nobili (Télérama)

3 CHIFFRES

  • Près d'un tiers des 171 messages postés la semaine dernière par Elon Musk, le propriétaire de l'X, étaient faux, trompeurs ou manquaient d'un contexte essentiel (New York Times)
  • OpenAI lève 6,6 milliards de dollars lors de la plus grande levée de fonds en capital-risque de l'histoire (Axios)
  • 46 % des adultes américains déclarent avoir été confrontés à une arnaque ou à une cyberattaque (Axios)

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Trusting News

 

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Mal informé sur la désinformation (Financial Times)
  • Les milliardaires pro-Trump de la Silicon Valley vont-ils avoir la peau de la démocratie ? (Télérama)
  • Vos échanges avec le chatbot pourraient être une mine d'or pour les entreprises d'IA (The Atlantic)
  • Mark Zuckerberg peut-il s'élever au-dessus de la mêlée politique américaine ? (Financial Times)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les acteurs au UK perdent des revenus face à l'IA, selon une étude du CREATe (Centre de Régulation de l'Économie Créative à l'Université de Glasgow). Près d'un quart des personnes interrogées ont été sollicitées pour fournir des images ou des enregistrements audio afin de créer un sosie numérique visuel ou sonore. Huit pour cent ont vu un sosie numérique créé sans leur consentement (Advanced Television)
  • Google propose la recherche filmée (Google)
  • Meta Movie Gen, générateur de vidéo, sons et musique d'ambiance synchronisée, entraîné sur 100 millions de vidéos, 1 milliard d'images (sources non précisées) (Meta)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • La lutte pour la vérité commence : la BBC dévoile les coulisses du combat contre la désinformation (BBC)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Audiovisuel public : la gauche pousse pour le retour d’une redevance (Télérama)

JOURNALISME

  • Reuters et CNN deviennent les derniers médias à faire payer l'accès aux actualités en ligne (WSJ)
  • Le New York Times lance une application mobile entièrement remaniée (Hollywood Reporter)
  • L'interview de Boris Johnson par la BBC a été annulée après l'envoi par mégarde de notes de briefing sur l'entretien de l'ancien Premier ministre (The Guardian)
  • CNN a demandé une interview avec Melania Trump. Son éditeur a demandé 250 000 $ en échange (CNN)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Substack s’impose comme le nouveau refuge anticonformiste du journalisme de design (Financial Times)
  • Comment la campagne de Kamala Harris a finalement fait fonctionner la stratégie de mèmes de Biden (Bloomberg)
  • Les YouTube Shorts deviennent moins courts (The Verge)

ENVIRONNEMENT 

  • Le sommet français sur l'intelligence artificielle sera axé sur l'impact environnemental des technologies énergivores (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Plus de 9 000 pages frauduleuses sur Facebook supprimées après que des Australiens aient perdu 43,4 millions de dollars à cause de deepfakes de célébrités (The Guardian)
  • À l'intérieur du chaos de la nouvelle téléréalité de MrBeast (Rolling Stone)
  • Apple vient-il de tuer les applications sociales ? (NYT)
  • Pourquoi Threads s'ouvre à d'autres réseaux sociaux (Washington Post)
  • MrBeast acquiert une startup visant à devenir le LinkedIn de l'économie des créateurs (Business Insider)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Le câble est en train de mourir. Le streaming devient le nouveau câble. Et tout empire (Washington Post)
  • Apple revoit à la baisse ses grands projets de sortie de films au cinéma (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les podcasts de discussion dominent le marché — et le feront toujours (Wired)
  • Votre prochaine interview de podcast pourrait en réalité être une réunion déguisée (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • L'IA Copilot de Microsoft se dote d'une voix, de la vue et d'un persona « Hype Man » (Wired)
  • Le responsable de l'IA de Microsoft veut que Copilot apporte un « soutien émotionnel » à Windows et à Office (Wired)
  • OpenAI veut que toutes vos applications utilisent ses voix expressives d'IA (Washington Post)
  • Facebook est inondé d'images générées par l'IA montrant la dévastation causée par l'ouragan Helene (Futurism)
  • Microsoft commence à rémunérer les éditeurs pour leurs contenus mis en avant par Copilot (TechCrunch)
  • Microsoft arrête le HoloLens 2 sans successeur en vue (TechCrunch)
  • OpenAI ouvre son moteur d'IA vocale aux développeurs (Axios)
  • En Corée du Sud, la pornographie deepfake ruine la vie des femmes (Associated Press)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment Axios a augmenté ses revenus publicitaires pré-réservés en ciblant des audiences de niche (Digiday)
  • Amazon va augmenter le nombre de publicités sur Prime Video (Financial Times)
  • Les résumés de recherche générés par l'IA de Google affichent désormais des publicités (The Verge)

Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

 

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  • Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ?
    YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming. « YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosy

Liens vagabonds : YouTube, le nouveau géant de la télévision ?

YouTube à la conquête de la télé - Lors de son événement Made On YouTube du mercredi 18 septembre, la plateforme de Google a dévoilé un plan ambitieux de transformation. Ce remaniement s’appuie sur l’intégration de l’intelligence artificielle et l’introduction de nouvelles fonctionnalités conçues pour séduire créateurs et utilisateurs, tout en accentuant la pression sur ses rivaux dans le marché du streaming.

« YouTube est la plus grande chaîne de télévision au monde et un acteur clé de l’écosystème télévisuel. Contrairement à TikTok ou Facebook, YouTube est présent sur les téléviseurs de salon », avait déjà déclaré Evan Shapiro, cartographe de l'écosystème médias, lors d’un débat sur les prévisions 2024 pour le secteur des écrans, à la Royal Television Society à Londres. Malgré les prédictions concernant sa disparition, la télévision reste une composante majeure dans de nombreux foyers à travers le monde, et YouTube s’y implante de plus en plus. 60 % des enfants âgés de 4 à 15 ans au Royaume-Uni regardent YouTube régulièrement sur leur télévision connectée, selon des données de Barb. 

Ce repositionnement de YouTube en tant que chaîne de télévision marginalise progressivement les autres plateformes de streaming. En août, selon Nielsen, YouTube représentait 10,6 % du temps de visionnage sur les télévisions connectées, contre 7,9 % pour Netflix et 3,1 % pour Prime Video. Pour Robyn Summer, directeur commercial à l'agence marketing Essence Mediacom, YouTube pourrait même dépasser Netflix en termes d'audience quotidienne moyenne d'ici décembre 2024.

introducing fresh features to supercharge your creativity, community & business, including:

✨ AI-powered tools to ignite your imagination
🤗 deeper ways to connect with *your* people
💰 fun new opportunities to make money pic.twitter.com/0V2yWolR11

— YouTube (@YouTube) September 18, 2024

Dans cette même dynamique, YouTube introduit les « Creator Show Pages », une nouveauté qui s'inspire de la mise en page des plateformes comme Netflix ou Prime Video. D’après le vice-président des produits chez Youtube, cette fonctionnalité permettra aux consommateurs de « voir clairement l’intégralité d’une saison, ce qui pourrait les inciter à continuer à regarder ou même à télécharger la saison entière avant un vol ». Cette nouveauté s’ajoute aux avantages déjà mis en place pour optimiser l’impact des créateurs et faciliter leur portée. La place de Youtube sur les téléviseurs permet aux créateurs de considérer leur programmation, leur contenu et leurs investissements dans leurs communautés avec la même perspective que les médias traditionnels.

L'adoption de l'IA est bien sûr un élément crucial dans ce "pivot to tv". L'un des outils phares permet aux créateurs de recevoir des suggestions de concepts de vidéos, des titres, des miniatures, voire même un plan et les premières lignes du script. Le modèle vidéo de DeepMind, « Veo », désormais intégré à YouTube Shorts, sera principalement utilisé dans la fonctionnalité « Dream Screen », qui révolutionne l’écran vert en générant des arrière-plans virtuels. De plus, un nouveau bouton « Hype » placé à côté du bouton “like” permettra aux spectateurs de soutenir leurs créateurs favoris d’un simple clic, le faisant grimper dans un classement des vidéos les plus populaires.  « YouTube semble convaincu que l'IA peut simplifier presque toutes les facettes du travail des créateurs — et peut-être les inciter à produire encore plus de contenu », relate The Verge.

Malgré ces avancées technologiques prometteuses, YouTube fait encore face à des défis majeurs. Selon Les Echos, le géant de la vidéo en streaming peine encore à s'imposer comme la plateforme privilégiée pour la diffusion de programmes à gros budget. « Il faut un énorme volume de vues pour couvrir les coûts. La plupart des youtubeurs dépendent d'autres sources de revenus en plus des recettes publicitaires ». La prolifération des vidéos générées par l’IA pourrait exacerber cette problématique en rendant la compétition encore plus féroce. Dans une course où l'innovation ne laisse aucune place à l'hésitation, YouTube se prépare non seulement à consolider sa domination, mais à redéfinir les règles du jeu.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Streaming : Arte multiplie les partenariats de distribution pour sa plateforme (Les Echos)
  • La Poste sur le point d’abandonner les tarifs spéciaux pour la presse ? (Phrases)
  • Le JDNews, nouveau magazine d’actualité lié au JDD, sort en kiosque ce mercredi (Le Parisien)
  • Cafeyn se réinvente (CBNews)
  • Les Etats généraux de l’information à la rescousse de la presse locale et de ses journalistes (Laurent Brunel)
  • Inoxtag sur l’Everest, un documentaire viral qui rappelle la pollution de la plus haute montagne du monde (Le Monde)
  • Thierry Breton démissionne de son poste de commissaire européen en se disant désavoué par Ursula von der Leyen (Le Monde)

🚨Breaking news:

My official portrait for the next European Commission term ⤵ pic.twitter.com/BolWcdYiPU

— Thierry Breton (@ThierryBreton) September 16, 2024

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Plus de la moitié des utilisateurs de TikTok se tournent désormais régulièrement vers la plateforme pour s'informer

 

Source : Pew Research Center

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Quand vos collègues découvrent que vous êtes un influenceur sur les réseaux sociaux (Wall Street Journal)
  • X a été bloqué au Brésil. Est-ce important pour le journalisme ? (Reuters Institute)
  • Les nouveaux adversaires des Big Tech en Europe (Wired)
  • Le monde de l'Information en 2050 : Des scénarios possibles (INA / EGI)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Près de la moitié de la génération Z souhaiterait que TikTok « n'ait jamais été inventé », selon un sondage (Fortune)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

  • Les journalistes de Hong Kong harcelés dans une "attaque systématique et organisée" (The Guardian)
  • RSF, CFI, SINGA et la MDJ lancent un projet de soutien des journalistes en exil à Paris : “Voix en Exil” (RSF)
  • L’autorité américaine de la concurrence accuse les géants des réseaux sociaux de «surveillance de masse» (Le Figaro)
  • LinkedIn a besoin de vos données pour entraîner l'IA (Medium)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • TikTok va bientôt comparaître devant les tribunaux (The Verge)
  • Elon Musk qualifie le gouvernement australien de « fasciste » à la suite de sa loi sur la désinformation (Reuters)
  • Le gouverneur de Californie signe des lois visant à réprimer les « deepfakes » électoraux générés par l'intelligence artificielle (AP News)
  • Publicités en ligne : Google gagne son recours en justice contre l'Union européenne (euronews)

JOURNALISME

  • "Good enough is perfect" - The Economist lance des articles en traduction automatique, sans intervention humaine (PressGazette)
  • 4 $ pour une semaine ? 7 $ ? 10 $ ? Le Washington Post teste les « paiements flexibles » (NiemanLab)
  • Allemagne : le célèbre journal « taz » va arrêter sa version papier en 2025 (Ouest-France)
  • Le Guardian en pourparlers pour vendre le plus ancien journal dominical du Royaume-Uni à une start-up numérique (New York Times)
  •  La campagne de Harris dit qu'elle rencontrera la presse (selon ses conditions) (New York Times)
  • BBC News intensifie sa couverture de l'élection américaine (Adweek)
  • Le personnel technique du New York Times menace de faire grève pendant la période électorale (Semafor)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Comment Substack transforme l'information locale (inews)
  • Substack se fait une place dans le monde de la mode (Washington Post)

ENVIRONNEMENT 

  • L'IA a permis à Shein de devenir le plus grand pollueur de la fast fashion (Wired)
  • Les scientifiques deviennent une source d'espoir et d'information sur TikTok et Instagram (Los Angeles Times)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Instagram rend les comptes des adolescents privés par défaut (New York Times)
  • Meta suspend les médias d'État russes pour « activités d'ingérence étrangère » (The Guardian)
  • Patreon lance des fonctionnalités pour automatiser la charge administrative des créateurs et les aider à gagner plus d'argent (TechCrunch)
  • Kameto, streameur et patron de la KCorp : « Je ne pensais pas être un leader, moi » (Le Monde)

STREAMING, OTT, SVOD

  • La ruée vers l'or du streaming à Los Angeles est révolue, laissant les travailleurs du cinéma et de la télévision sur le banc de touche (Sherwood)
  • Comment Netflix a gagné la guerre du streaming (Financial Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les narrateurs de livres audio d'Amazon peuvent désormais créer leurs propres clones vocaux en IA (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Les Nations Unies veulent traiter l'IA avec la même urgence que le changement climatique (Wired)
  • BlackRock et Microsoft s'associent pour un nouveau fonds massif d'infrastructure en IA (Wall Street Journal)
  • YouTube annonce des fonctionnalités d'IA de Google DeepMind pour les créateurs de Shorts (CNBC)
  • Google présente des plans pour vous aider à distinguer les vraies images des fausses (The Verge)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Forbes Marketplace : La société SEO parasite essayant de dévorer son hôte (Lars Lofgren)
  • Pourquoi Politis devient une coopérative (Politis)

 

... et une petite dose de "cuteness" fabriquée avec l'IA :

 

AI's Tiny, elegant white peacock pic.twitter.com/cDIrUnsnvE

— March (@theXofficially) September 19, 2024

Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Océane Ansah

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  • Liens vagabonds : Telegram au cœur d'une bataille juridique inédite
    L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie.  Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence qu

Liens vagabonds : Telegram au cœur d'une bataille juridique inédite

L'arrestation de Pavel Durov marque une première historique dans le monde de la technologie.  Le 24 août, le PDG de l’application Telegram, a été arrêté à l’aéroport du Bourget, à Paris. Une information judiciaire est ouverte contre le milliardaire franco-émirati par le pôle cyber du parquet de Paris. Parmi les six chefs d'accusation, on reproche au dirigeant tech une « complicité de diffusion en bande organisée d’images de mineur présentant un caractère pornographique ». En cause, l’absence quasi-totale de modération et de coopération avec les autorités judiciaires françaises. La France surveille Telegram de près depuis que le réseau a été utilisé pour la coordination des attaques terroristes de Paris en 2015. Pour Wired, « Pavel Durov est le premier de sa génération de fondateurs de grandes plateformes à faire face à de telles conséquences sévères ». Ce cas pourrait créer un précédent pour toute l'industrie. 

Pourquoi Pavel Durov, le 'Robin Hood' d'Internet, est-il arrêté ? 

Telegram, "le dark web de poche" qui revendique 900 millions d’utilisateurs dans le monde, est critiqué pour avoir laissé prospérer des groupes diffusant des images pédopornographiques, des fausses informations, et des contenus criminels. Contrairement à d'autres réseaux sociaux, Telegram ne coopère pas par exemple avec des organisations telles que le National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), qui centralise la plus grande base de données mondiale de contenus pédopornographiques. Cette non-coopération avec les demandes de suppression de contenus et les réquisitions judiciaires fait de Telegram une plateforme à part : « Parmi les dirigeants des plus grands réseaux sociaux, Pavel Durov a toujours été un outsider », observe Wired. Contrairement à ses pairs, comme Mark Zuckerberg de Facebook ou Shou Zi Chew de TikTok, il a refusé de répondre aux convocations des autorités pour s'expliquer sur sa politique de gestion de contenu. 

⚖ Telegram abides by EU laws, including the Digital Services Act — its moderation is within industry standards and constantly improving.

✈ Telegram's CEO Pavel Durov has nothing to hide and travels frequently in Europe.

😵‍💫 It is absurd to claim that a platform or its owner…

— Telegram Messenger (@telegram) August 25, 2024

Les motivations derrière cette action judiciaire 

Telegram, dont la santé financière repose essentiellement sur la crypto-monnaie, se positionne en "outsider" en affirmant ne pas être soumis aux mêmes règles de modération que les autres grands réseaux sociaux. En effet, la plateforme considère qu'elle n'est pas concernée par le Digital Services Act (DSA), la loi européenne qui oblige les plateformes de plus de 45 millions d'utilisateurs actifs à lutter contre les contenus illégaux sous peine de sanctions. Le DSA impose des règles telles que l'interdiction de cibler les publicités selon la religion, le sexe ou l'orientation sexuelle, la transparence sur la lutte contre la désinformation, et de nouvelles protections pour les mineurs. 

Telegram déclare officiellement avoir 41 millions d'utilisateurs actifs en Europe, juste en dessous de ce seuil. Cependant, des responsables de l'UE soupçonnent l'application d'avoir sous-estimé ce chiffre pour éviter d'être classée parmi les « très grandes plateformes ». En ne fournissant pas un chiffre actualisé ce mois-ci, Telegram se trouve déjà en infraction avec le DSA, note The Financial Times

L'affaire est aussi hautement politique, avec un accusé qui détient les nationalités de quatre puissances mondiales. Il y a six ans, selon le Wall Street Journal, Emmanuel Macron avait tenté de convaincre Durov de déplacer Telegram à Paris et lui a offert la nationalité française. Bien que Durov a depuis reçu le cadeau de la nationalité française (tout comme Evan Spiegel, patron de Snapchat), le siège de Telegram se trouve actuellement à Dubaï. La Russie, de son côté, prétend ne pas être au courant d'autres nationalités détenues par son ressortissant (également fondateur de VKontakte, le Facebook russe), et défend l'application de messagerie la plus populaire du pays dans un élan qui réunit gouvernement et opposition politique. Et en Ukraine, où Telegram bénéficie de la même popularité, on se demande toujours si est-elle un cheval de Troie russe.

Enjeux pour les autres plateformes 

Cette affaire pourrait créer un précédent significatif pour d'autres plateformes numériques. Evelyn Austin, de la fondation Bits of Freedom, déclare : « L’arrestation de Durov intervient à un moment particulièrement volatile pour les plateformes en ligne et leurs utilisateurs. » L'idée que les entreprises puissent être tenues responsables des actions criminelles de leurs utilisateurs gagne du terrain. Un sondage récent au Royaume-Uni montre que deux tiers des personnes interrogées estiment que les entreprises tech devraient être tenus responsables d'héberger du contenu incitant à la violence

Selon Casey Newton, journaliste spécialisé dans les technologies, la poursuite éventuelle de Telegram par la France pourrait encourager d'autres pays à adopter des mesures similaires contre les dirigeants de plateformes pour non-divulgation des données des utilisateurs. « Nous nous sommes déjà dangereusement rapprochés de cette réalité », avertit-il. « L'Inde et la Russie ont été parmi les premiers pays à utiliser des « lois de prise d'otage » pour menacer les employés des plateformes de prison en raison de décisions de modération de contenu, et d'autres pays pourraient suivre. » 

Un changement de paradigme pour l'industrie numérique ? 

L'arrestation de Pavel Durov (qui a été libéré sous caution de 5 millions d'euros mercredi) marque un tournant dans la façon dont les gouvernements traitent les plateformes numériques, en soulignant une volonté croissante de tenir les dirigeants responsables de la diffusion de contenus illégaux. À l'heure où l'équilibre entre liberté d'expression et sécurité en ligne est de plus en plus débattu, cette affaire représente un test pour Telegram et pour toutes les autres entreprises technologiques. 

En attendant, Marc Zuckerberg se retrouve de l'autre côté du mirroir de la censure, en avouant cette semaine que Meta a cédé aux pressions de l'administration Biden pour censurer du contenu sur le COVID-19 en 2021.

🚨🇺🇸BREAKING: ZUCKERBERG REGRETS CAVING TO BIDEN'S CENSORSHIP DEMANDS, CUTS DEM FUNDING

Mark Zuckerberg, in a bombshell letter to House Judiciary Chairman Jim Jordan, expresses deep regret over Meta's compliance with Biden Administration pressure to censor COVID-19 content in… pic.twitter.com/FPXdFWd55n

— Mario Nawfal (@MarioNawfal) August 26, 2024

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • L’UMICC annonce la nomination de Gaspard G en tant que secrétaire général (Influencia)
  • Agnès Vahramian nommée à la tête de France Info et Céline Pigalle à la direction de l'information de Radio France (Le Figaro)
  • Une rentrée des radios et des télévisions marquée par les Jeux paralympiques, des nouveaux castings et toujours plus de Cyril Hanouna (Le Monde)
  • « Télématin » : Julien Arnaud quitte TF1 et remplace Thomas Sotto sur France 2 (Le Parisien)
  • Le personnel politique face à une défiance généralisée de l’électorat (Le Monde)
  • L'irruption de l'IA dans la chaîne éditoriale suscite des inquiétudes au Figaro (La Lettre)
  • L'Equipe s'excuse à propos de sa Une (L'Equipe)

3 CHIFFRES

  • Près de la moitié des utilisateurs de TikTok âgés de moins de 30 ans déclarent l'utiliser pour se tenir au courant de la politique et de l'actualité, selon le Pew Research Center.
  • 56 % des utilisateurs ont déjà cessé de suivre un créateur à cause de ses opinions politiques. Pourtant, 82 % des influenceurs américains prévoient de partager leur orientation politique durant cette période électorale, selon Business Insider.
  • 4 500 années-développeur et 260 millions de dollars - c'est ce que l'IA générative aurait déjà fait économiser à Amazon, selon son directeur 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Deux tiers des Britanniques estiment que les entreprises tech devraient être tenues responsables des publications incitant aux émeutes

Source : YouGov

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Pourquoi les femmes n'utilisent-elles pas l'intelligence artificielle ? (The Economist)
  • Les Républicains inondent la télévision de publicités trompeuses sur l'immigration et les frontières (The Washington Post)
  • La plupart des avatars d'IA sont féminins, jeunes et séduisants. S'agit-il d'une tendance passagère ou d'une tendance durable ? (Reuters)
  • Les stars de YouTube veulent du respect (Wall Street Journal)
  • Le problème de Kamala avec la génération Z (Business Insider)

Crédit image : Anna Moneymaker/Getty Images

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Des pirates iraniens ont ciblé les comptes WhatsApp d'employés des administrations Biden et Trump, selon Meta (APNews)
  • Comment l'IA va fusionner le cinéma et les jeux (A16z)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION 

  • Les gens sont-ils plus susceptibles d'évaluer correctement la désinformation lorsque les enjeux politiques sont élevés ? Haha, non (NiemanLab)
  • L'UE est exhortée à annuler son accord commercial avec Israël en raison des meurtres de journalistes (PressGazette)
  • L'outil d'IA Grok d'X (anciennement Twitter) d'Elon Musk manque de garde-fous efficaces pour prévenir la désinformation électorale (independent)
  • Persécutés par le régime Maduro, les journalistes vénézuéliens ont recours à l'IA (The Guardian)

Source : The Guardian

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Brésil : le réseau social X bloqué après un ordre de la Cour suprême (AP)
  • Sarah Palin obtient un nouveau procès dans l'affaire de diffamation contre le New York Times (Reuters)
  • OpenAI soutient le projet de loi californien sur l'IA exigeant le 'filigrane' du contenu synthétique (Reuters)

JOURNALISME

  • Comment le journalisme est devenu la profession la plus dangereuse au Mexique (Financial Times)
  • Lors de la Mostra de Venise, le manque d'accès aux vedettes de cinéma laisse les journalistes internationaux frustrés (Variety)
  • Écart générationnel, rhétorique militaire et polarisation : ce qui doit changer dans le journalisme sportif italien (The Fix)
  • Un conseiller en sécurité de Reuters tué, deux journalistes blessés à Kramatorsk, en Ukraine (Reuters)
  • "Le point de non-retour" : la chute de Stand News, autrefois principal média en ligne de Hong Kong (Reuters)
  • Les lecteurs préfèrent cliquer sur un titre clair et simple, comme celui-ci (NiemanLab)

Crédit image : NiemanLab

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Cet agrégateur de nouvelles/application de rencontre aide les passionnés d'actualité à se rencontrer (NiemanLab)
  • Est-ce que nous faisons fondre notre cerveau en faisant défiler des vidéos courtes sans fin ? (Sophia Smith Galer)

ENVIRONNEMENT 

  • Le gouvernement Albanese accusé d’essayer d’‘enterrer les mauvaises nouvelles’ concernant l’état de santé de la Grande Barrière de Corail (The Guardian)
  • La longue bataille du climat dans les pages du « Monde » (Le Monde)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Si TikTok est interdit, les créateurs de haut niveau pourraient se tourner vers Facebook plutôt que vers Instagram (emarketer)
  • La lutte de marques autour de ‘Demure’ révèle un changement massif dans le pouvoir des mèmes (Wired)
  • Pizza Hut permet aux clients de payer leur pizza avec des danses TikTok (gizmodo)
  • La tournure politique marquée d'Elon Musk (Wall Street Journal)
  • X se prépare à une interdiction au Brésil (BBC)

Source : Wall Street Journal

 STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les frères Kelce signent un accord de podcast 'New Heights' avec Wondery d'Amazon pour plus de 100 millions de dollars (The Wrap)
  • Qu'est-ce qui fait une bonne alchimie ? Pour les podcasts de discussion, c'est fondamental (New York Times)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Le plus grand défenseur de Telegram : l’industrie mondiale de la crypto-monnaie (New York Times)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le nouvel assistant vocal Alexa d'Amazon utilisera Claude AI (The Verge)
  • Le nouvel outil d'IA du Washington Post passe au crible d'énormes ensembles de données (Axios)
  • SAG-AFTRA obtient l'adoption d'une loi en Californie pour limiter les répliques d'IA (Variety)
  • La prise de notes automatique par IA de Google Meet est disponible (The Verge)
  • Gannett ferme un site accusé de publier des critiques de produits basées sur l'IA (The Verge)
  • Bonjour, vous êtes ici parce que vous avez dit que l'édition d'images par IA était comme Photoshop (The Verge)
  • Des grands sites internet disent non à l'extraction de données par l'IA d'Apple (Wired)
  • GameNGen Google : Les modèles de diffusion sont des moteurs de jeu en temps réel (GitHub)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Les éditeurs font la promotion du jeu sur leurs plateformes (Axios)
  • Voici comment 7 directeurs d'audience de médias envisagent les résumés générés par l'IA de Google (NiemanLab)
  • Apple réduit ses effectifs dans ses applications Livres et News (The Verge)

 

 

Par KATI BREMME, ALEXANDRA KLINNIK ET AUDE NEVO

 

 

 

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  • Liens vagabonds : Paris 2024 à l’ère des influenceurs
    Comment faire vibrer les spectateurs au rythme des Jeux Olympiques après le flop des deux dernières éditions ? Pour attirer l'attention de la génération Z, le groupe audiovisuel américain NBCUniversal a misé gros en envoyant 27 influenceurs de renom sur le terrain. Le but ?  Rajeunir l’audience de son service de streaming, Peacock. Cette initiative illustre l’importance grandissante des influenceurs dans le paysage médiatique, sujet du dernier Cahier de Tendances de Méta-Media. Pourtant cette f

Liens vagabonds : Paris 2024 à l’ère des influenceurs

Comment faire vibrer les spectateurs au rythme des Jeux Olympiques après le flop des deux dernières éditions ? Pour attirer l'attention de la génération Z, le groupe audiovisuel américain NBCUniversal a misé gros en envoyant 27 influenceurs de renom sur le terrain. Le but ?  Rajeunir l’audience de son service de streaming, Peacock. Cette initiative illustre l’importance grandissante des influenceurs dans le paysage médiatique, sujet du dernier Cahier de Tendances de Méta-Media. Pourtant cette fois, ce sont ces mêmes influenceurs qui se sont fait voler la vedette.  

Des stars des réseaux sociaux aux Etats-Unis comme Kai Cenat, Daniel Macdonald et Zhongni « Zhong » Zhu étaient en première ligne pour partager leur expérience olympique. Mais malgré leur audience massive, ces créateurs ont rapidement été éclipsés par les véritables héros des Jeux : les athlètes eux-mêmes. 

Ilona Maher, star de l’équipe de rugby américaine, a par exemple gagné près de 2 millions de nouveaux adeptes en seulement deux semaines grâce à ses vidéos humoristiques sur la vie dans le village olympique. Elle n’est pas la seule : le nageur norvégien Henrik Christiansen et d’autres athlètes ont eux aussi réussi à captiver le public avec des contenus authentiques et spontanés, bien loin du format aseptisé des influenceurs traditionnels.  

@ilonamaherWhen in paris♬ original sound - Ilona Maher

« Je n'aime pas qu'on me qualifie d'influenceuse. Je suis d'abord une joueuse de rugby, ensuite une influenceuse », a confié Ilona Maher, qui, en plus de son succès sur le terrain, est devenue une star des réseaux sociaux. Cette dualité montre à quel point les athlètes actuels se sont adaptés à l’ère numérique. D’autant plus qu’ils ont bénéficié de l’assouplissement d’une règle du Comité International Olympique (CIO), leur permettant de bénéficier d’une activité commerciale autour des jeux. Une aubaine quand la plupart des athlètes olympiques américains de haut niveau semblent à peine s'en sortir financièrement, gagnant en moyenne 2 000 dollars par mois. Ilona Maher confirme :  « C'est ce que j'ai dû faire pour gagner de l'argent et attirer l'attention sur notre sport ». 

En parallèle, les influenceurs embauchés par NBC ont eu du mal à trouver leur place, en grande partie à cause des restrictions imposées par le CIO. Pour protéger les droits des diffuseurs officiels, ils avaient interdiction de filmer les épreuves elles-mêmes. Leur contenu a donc souvent été limité à des clichés de stades ou de cérémonies, loin de l'immersion que le public attendait. « Les gens recherchent une couverture de qualité de ce qui se passe réellement aux Jeux », analyse Christine Tran, spécialiste des médias numériques à l'Université de Toronto. « Il y a des journalistes qui ont une formation médiatique et des moyens de production pour offrir ce genre de couverture sur le terrain. Ce que les influenceurs proposent, c'est une sorte d'informalité mise en scène, qui n'a pas eu l'impact escompté ». Il était difficile pour ces derniers de casser l’image lisse de leurs contenus, à cause de la nature même de leur contrat avec NBC. « Si NBCUniversal vous emmène à Paris et vous loge, vous n'allez probablement pas commenter les mouvements ridicules de la breakdanceuse australienne ou le fait que vous n'avez pas pu voir grand-chose depuis votre siège hors de prix à la cérémonie d'ouverture » souligne Wired. 

Même si les influenceurs de NBC n'ont pas réussi à faire décoller leurs vidéos, les chaînes de médias sociaux de NBC Sports ont gagné 2 millions de nouveaux adeptes grâce à l’engouement généré par les athlètes. Peacock, a également enregistré une hausse de 75 % du nombre de téléspectateurs en journée d'une semaine à l'autre, signe que le public est bien présent, mais qu'il s’intéresse surtout aux vrais acteurs des Jeux. 

Cette situation pourrait bien changer d’ici les prochains Jeux d’été, en 2028 à Los Angeles, où une armée d'influenceurs basés en Californie pourrait être mobilisée. Certes, la place des influenceurs n’est plus à négliger dans le paysage médiatique, mais leur voix doit être utilisée de la bonne manière, pour le bon contenu et le bon format, si elle veut se faire entendre.  

Et sinon, petit tour des points qu’il ne fallait pas manquer ces trois dernières semaines :

  • OpenAI a annoncé le 25 juillet un nouvel outil de recherche “SearchGPT”, qui ne fonctionne pas très bien, appelé “OopsGPT” (The Atlantic).
  • Cet outil continue d’alimenter la bataille avec les éditeurs de presse (Axios)
  • De son côté Perplexity a lancé son “Programme des éditeurs”. Parmi les principaux éléments, l’entreprise compte désormais partager plus équitablement ses revenus avec les éditeurs. (Perplexity)
  • Sur Peacock, c’est une IA qui a été chargée des commentaires sportifs des Jeux Olympiques avec la voix du commentateur sportif Al Michaels (State)
  • La vidéo sociale envahit le monde (Doug Shapiro)
  • Les responsables d'État américains demandent à X de s'attaquer à la désinformation électorale (Social Media Today)
  • Décès de Susan Wojcicki, ancienne PDG de YouTube, à l'âge de 56 ans (The Guardian)
  • Après la condamnation de Google, la fin de l’impunité des géants du numérique ? (Mediapart)
  • Instagram impose les “Vues” comme statistique principale (Instagram)

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Instagram’s @Creators (@creators)

  • Le soutien d’Elon Musk à Donald Trump nuit aux activités de Tesla dans le secteur des véhicules électriques en Europe, qui sont déjà en difficulté (Fortune)
  • Kamala Harris ne donne pas d'interviews. Des questions ? (New York Times)
  • En Russie, l’accès à YouTube fortement ralenti par les autorités (Meduza)
  • Désinformation en action : Channel 3, le faux média russe, aggrave la situation au Royaume-Uni (The Telegraph)
  • En Australie, une publication scientifique critiquée pour avoir utilisé l'IA (The Guardian)
  • Jeux olympiques 2024: les cadreurs enfin sommés de filmer de façon non sexiste (Slate)
  •  Les sénateurs proposent un retour de la redevance pour financer l’audiovisuel public (Public Sénat)
  • La BBC va supprimer 500 postes d'ici deux ans (Variety)

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • TV5 Monde : la rédaction en état de crise permanent (La Lettre)
  • La Commission européenne prend ses distances après la mise en garde de Thierry Breton à Elon Musk (Le Monde)
  • Les JO de Paris offrent des records d'audiences aux diffuseurs et à la presse (Les Echos)

With great audience comes greater responsibility #DSA

As there is a risk of amplification of potentially harmful content in 🇪🇺 in connection with events with major audience around the world, I sent this letter to @elonmusk

📧⤵ pic.twitter.com/P1IgxdPLzn

— Thierry Breton (@ThierryBreton) August 12, 2024

3 CHIFFRES

  • La couverture quotidienne des JO sur NBCUniversal a attiré 30,6 millions de téléspectateurs, soit une augmentation de 80 % par rapport à Tokyo 2020, d’après Hollywood Reporter.
  • Selon l'ONG du Centre contre la haine en ligne, 50 publications d'Elon Musk diffusant de la désinformation sur la plateforme X ont cumulé un milliard de vues depuis janvier.
  • Plus de 22 newsletters sur Substack dans les domaines de la politique, de l'actualité, des affaires et de la technologie comptent « des dizaines de milliers » d'abonnés payants, selon Axios.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Qu’est-ce qui empêche les salariés d’utiliser ChatGPT ?

Source : University of Chicago

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Les technologies ‘intelligentes’ sont devenues ingérables. Nous avons une affection pour les technologies plus simples (Washington Post)
  • L'opération Gen-Z derrière la métamorphose en ligne de Harris (CNN)
  • Bowling, selfies et le “Dougie” : Biden séduit les influenceurs à la Maison-Blanche (New York Times)
  • À l'approche de l'élection présidentielle, quel rôle jouent les influenceurs ? (Digiday)
  • Voici comment les gens utilisent réellement l'IA (MIT)
  •  Un guide visuel des influenceurs qui façonnent l'élection de 2024 (Wired)

Capture d'écran de The Wired

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Alors que Meta se détourne de la politique, les grands comptes Instagram constatent une baisse de leurs vues (Bloomberg)
  • La recherche IA de Google impose un choix crucial aux sites : partager des données ou disparaître (Bloomberg)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • L'Iran recourt à des sites de désinformation pour influencer les élections américaines, d'après Microsoft (Washington Post)
  • Les médias sénégalais organisent une journée de blackout pour attirer l'attention sur les préoccupations concernant la liberté de la presse (AP)
  • Selon Meta, les tactiques d'IA utilisées par la Russie pour interférer avec les élections américaines échouent (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Comment la semaine agitée d'Elon Musk révèle les failles des législations britanniques en matière de sécurité en ligne (The Guardian)
  • TikTok s’engage à retirer définitivement de l’UE son programme de récompenses (Stratégies)
  • Un projet de loi californien visant à réglementer l'I.A. suscite l'inquiétude dans la Silicon Valley (New York Times)
  • Les électeurs de la génération Z s'opposent aux restrictions sur les réseaux sociaux, selon une nouvelle étude (Bloomberg)

JOURNALISME

  • Le New York Times cessera de soutenir les candidats dans les courses électorales de New York (New York Times)
  • Biden affirme aux créateurs qu'ils ont un avantage que les médias traditionnels n'ont pas : « Vous inspirez confiance. » (TechCrunch)
  • Kamala Harris doit s'adresser à la presse (The Guardian)
  • Le « Washington Post » critique l'attaque de Taylor Lorenz contre Joe Biden, qualifié de « criminel de guerre » (npr)
  • L'ère du journaliste indépendant prend son envol (Axios)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Twitch vient de lancer Video Stories (Twitch)
  • Les newsletters sur LinkedIn valent-elles vraiment le détour ? (journalism.co.uk)
  • La convention du parti démocrate américain sera streamée pour la première fois en format vertical(Axios )

ENVIRONNEMENT

  • Si vous voulez que les Américains prêtent attention au changement climatique, appelez-le simplement “changement climatique” (NiemanLab)
  • Les grandes entreprises technologiques cherchent à modifier les règles sur les émissions nettes nulle  (Financial Times)
  • La répétition rend les mensonges sur le climat plus crédibles — même pour ceux qui soutiennent la science climatique (NiemanLab)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'échange entre Elon Musk et Trump sur X a débuté par un incident technologique (The Verge)

Conversation with @realDonaldTrump with topic timestamps https://t.co/ziLJEUhnE7

— Elon Musk (@elonmusk) August 13, 2024

  • Les éditeurs renforcent leur présence sur Reddit alors que la plateforme gagne en visibilité dans les recherches (Adweek)
  • Le style très personnel de la génération Z creuse le fossé générationnel sur LinkedIn (Bloomberg)
  • Le flux d'actualités d'Elon Musk sur X se fait l'écho de ses politiques d'extrême droite (Washington Post)
  • Comment les athlètes de la génération Z ont propulsé les Jeux Olympiques de Paris 2024 dans l'ère de TikTok (Axios)
  • Kamala Harris consacre dix fois plus de budget que Trump à une campagne publicitaire numérique (Financial Times)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Les Jeux Olympiques se concluent avec une énorme hausse des audiences pour NBCUniversal (Hollywood Reporter)
  • Paramount Global va licencier 15 % de ses employés aux États-Unis et fermer un studio de télévision (Reuters)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Apple accepte finalement l'application Spotify avec les tarifs européens (The Verge)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le MIT publie une base de données complète sur les risques liés à l'IA (VentureBeat)
  • Google étend ses réponses par IA à de nouveaux pays (Reuters)
  • Eric Schmidt se rétracte sur sa déclaration selon laquelle Google serait en retard en intelligence artificielle à cause du télétravail (Wall Street Journal)
  • Google ouvre discrètement l'accès à Imagen 3 à tous les utilisateurs aux États-Unis (Venture Beat)

Capture d'écran de VentureBeat

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Instagram est de loin supérieur à Facebook aux yeux des marques (Digiday)
  • Le PDG de X appelle à une refonte de l'industrie publicitaire (Axios)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

 

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  • Lectures d'été : Nos recommandations (1/2)
    Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause  que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures ! The Power of one - Frances Haugen Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément

Lectures d'été : Nos recommandations (1/2)

Les beaux jours sont là ! A cette occasion, Méta-Media vous suggère une série de livres pour apprendre, vous inspirer, faire une pause  que vous soyez au bord de la mer ou bien chez vous. Bonnes lectures !

The Power of one - Frances Haugen

Frances Haugen est devenue célèbre en 2021 après avoir dénoncé les agissements de Facebook devant le Congrès américain. En tant qu'ancienne cheffe de produit de l'équipe de désinformation civique, elle a révélé comment le réseau social propageait délibérément des informations toxiques et favorisait la violence. Ses révélations, basées sur 22 000 pages de documents internes, ont montré que Facebook était pleinement conscient des dommages qu'il causait.

Après la publication des "Facebook Files", la valeur boursière de l'entreprise a chuté de 75 %, subissant la plus lourde perte en une seule journée jamais enregistrée pour une entreprise américaine cotée en Bourse. Frances Haugen avait rejoint Facebook en 2019, malgré la mauvaise réputation de l'entreprise, dans l'espoir de réduire la désinformation. Elle écrivait alors : “À l’époque, accepter un poste chez Facebook n’apportait aucune valeur ajoutée au CV ; au contraire, cela risquait d’entacher mon image de marque.” Son autobiographie retrace, avec le plus de sincérité possible, son parcours de "nerd", l’absence de considération éthique des boites tech, les risques encourus devant de telles révélations. La lanceuse d’alerte met en garde contre les dangers d'une technologie non régulée et appelle à une plus grande transparence et responsabilité des réseaux sociaux. Elle critique également la dynamique perverse où les compétences acquises par les législateurs sont désormais rapidement récupérées par les géants de la tech avec des offres salariales alléchantes, sapant ainsi les efforts de régulation. Les assistants parlementaires sont ainsi débauchés par les géants de la tech avec des salaires cinq fois supérieurs à ce que leurs sénateurs peuvent se permettre de leur payer… Un récit éclairant sur les “entrailles” de la tech !

Elon Musk - Walter Isaacson

Elon Musk se perçoit comme un « personnage de bande dessinée essayant de sauver le monde », avec des ambitions titanesques et un ego colossal. C’est ce que rapporte Walter Isaacson, qui a suivi l’entrepreneur milliardaire pendant deux ans. Le biographe a ainsi pu observer de près cet « homme capricieux », avec un accès privilégié à certaines réunions, emails et textos de la star de la tech. Il a ainsi été témoin de moments clés tels que le rachat de Twitter, l'explosion en vol de la fusée Starship, et la naissance de plusieurs de ses enfants.

On en retient qu'Elon Musk règne en maître absolu sur ses entreprises. Il impose des réductions drastiques de coûts dans certains domaines tout en insistant pour que d'autres dépenses soient illimitées. Chez Tesla, son obsession pour les détails du design automobile a fait exploser les coûts et vidé la trésorerie de l’entreprise. Lorsqu'il a acquis Twitter, il a licencié 75 % du personnel et s'est réjoui de renvoyer les dirigeants pour les empêcher de percevoir leurs indemnités de départ. Le rachat du réseau social est en partie due à son addiction aux tweets et à son désir de prendre une revanche sur un passé difficile. Ayant été harcelé à l’école en Afrique du Sud, l'entrepreneur souhaitait posséder son « propre terrain de jeu ». Mais comme le souligne le New York Times, « posséder un terrain de jeu ne vous empêchera pas d’être malmené »…

Cette biographie n'est pas une enquête journalistique classique, mais plutôt un exercice d'admiration qui explore les multiples facettes et les démons d’un milliardaire fantasque, qui n’obéit qu’à ses lubies passagères. Divertissant et inquiétant.

Extremely Online : The Untold Story of Fame, Power and Influence on the Internet – Taylor Lorenz

« Je souhaite raconter des histoires qui ont été effacées de l'histoire par Silicon Valley », annonce Taylor Lorenz. Dans son ouvrage, la journaliste tech du Washington Post s'intéresse à un aspect souvent négligé des réseaux sociaux : l'expérience des utilisateurs eux-mêmes. Contrairement à des livres comme Hatching Twitter de Nick Bilton ou No Filter de Sarah Frier, qui se concentrent principalement sur l'aspect corporate des entreprises technologiques, Taylor Lorenz choisit de se pencher sur les individus qui ont façonné et redéfini le paysage des médias sociaux.

L'essai se distingue par son ambition de narrer l'histoire de l'internet social à travers les yeux des utilisateurs, du boom des blogs dans les années 2000 à l'ère de TikTok. La journaliste analyse comment des figures telles que les « mamans blogueuses » ont non seulement influencé le contenu en ligne, mais ont également été des pionnières dans la monétisation de leurs marques personnelles, devenant ainsi les premières influenceuses. « Pendant une grande partie de l'histoire des médias sociaux, Silicon Valley a été extrêmement hostile envers ces utilisateurs influents. Les fondateurs de la tech éprouvaient presque de la rancune face au pouvoir qu'ils exerçaient sur internet. Lorsque la pandémie a éclaté, ils ont commencé à parler de "l'économie des créateurs" comme si c'était quelque chose de nouveau, alors qu'ils l'avaient dénigrée pendant des décennies parce qu'elle était principalement pionnière par des femmes », explique l’ancienne journaliste du New York Times.

Taylor Lorenz explore également comment les adolescents ont réinventé la célébrité à travers des plateformes comme Vine. En mettant en lumière ces acteurs apparemment marginaux, elle révèle comment ils ont perturbé les structures établies du capitalisme moderne, créé de nouveaux secteurs économiques et redéfini les attentes en matière de contenu et de pouvoir.

La journaliste a d’ailleurs appliqué ce qu'elle a observé sur les réseaux sociaux à sa propre promotion. Pour booster la visibilité de son livre, elle a répondu publiquement à un commentaire désobligeant d’Elon Musk : : « En fait, ce qui a vraiment bien fonctionné, c’est quand j’ai répondu à Elon Musk. Il avait dit quelque chose de méchant à mon sujet, et j’ai répliqué en lui suggérant de lire mon livre. Cela m’a rapporté 100 commandes. »

The Anxious Generation – Jonathan Haidt

Chez les jeunes, une crise de la santé mentale est en cours. Jonathan Haidt, dans son livre The Anxious Generation, note une augmentation de 30% des cas de dépression et d’anxiété chez les enfants et les adolescents, qu’il qualifie d' « épidémie de santé mentale ». Selon le psychologue, les parents échouent en surprotégeant leurs enfants dans le monde réel tout en les « abandonnant » dans le monde virtuel.

Dans son essai, le psychologue propose des solutions pour limiter les effets nocifs de la technologie, telles que l’interdiction des smartphones avant le lycée et des réseaux sociaux avant 16 ans. Il compare les écoles sans interdiction de téléphone à une « apocalypse zombie » où les élèves ne communiquent pas.

Cette critique rejoint l’analyse de l’anthropologue David Le Breton dans La fin de la conversation, qui affirme que les smartphones isolent, non seulement les enfants, mais aussi les adultes : « Nous sommes de moins en moins ensemble, mais de plus en plus côte à côte, les yeux rivés sur nos écrans, sans plus nous regarder. On n’a jamais autant communiqué, mais jamais aussi peu parlé ensemble. »

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Liens vagabonds : L'attentat contre Trump, révélateur d'un paysage médiatique atrophié

Rien de tel qu’une tentative d’assassinat pour alimenter la machine à rumeurs d'Internet. Samedi 13 juillet, l’attentat contre Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie, a déclenché une tempête médiatique dès les premières minutes : USA Today, par exemple, a publié son premier article seulement 19 minutes après les coups de feu, avec un titre initial : « Trump évacué de la scène par les services secrets après des bruits forts qui ont effrayé l'ancien président et la foule ». Sur les réseaux sociaux, les spéculations sur le mobile du tireur foisonnent. Et les théories du complot fleurissent dans un terreau fertile de désinformation. Elon Musk n'a laissé passer qu'environ 30 minutes avant de déclarer son soutien financier pour la campagne présidentielle du candidat républicain. Il n’a fallu que 86 minutes à Dave Portnoy, propriétaire du blog Barstool Sports pour poster un lien vers un T-shirt noir avec l'image d'un Donald Trump ensanglanté le poing levé. La soif de sensationnalisme l'emporte-t-elle sur la véracité des faits ? 

Une bataille des récits 

À l’ère des réseaux sociaux, ce drame illustre d’abord l’appétit des utilisateurs pour les fake news. Le journaliste Casey Newton constate : « Les réseaux sociaux détestent le vide, et au cours des 48 heures après l’attaque, les utilisateurs de chaque grande plateforme se sont empressés de le combler avec des nouvelles, des commentaires, des analyses, des théories du complot, des fabrications et des blagues ». C’est particulièrement le cas sur X, où la plupart des modérateurs de contenus ont été licencié après le rachat de l’entreprise en 2022. La prudence initiale des médias avant de parler de « tentative d’assassinat » a vivement été critiquée, considérée par certains comme une volonté de tromper, alors que les autorités n’avaient elles-mêmes pas encore confirmé la nature des faits.  Elon Musk, par exemple, a twitté au lendemain de l’événement : « Les médias traditionnels sont une pure machine de propagande. X est la voix du peuple » accompagné d’une image montrant plusieurs gros titres de la presse. Un porte-parole du New York Times s’explique : « Les organismes de presse peuvent tolérer les critiques, mais les informations inexactes détruisent leur bien le plus précieux : leur crédibilité ».  

 L'essor des réseaux sociaux et le déclin parallèle du journalisme traditionnel ont permis de créer ce que la chercheuse Renee DiResta appelle des « réalités sur mesure » : des versions personnalisées de la vérité qui reflètent ce que les gens veulent croire. Ainsi la désinformation ne serait pas liée à des mensonges du gouvernement et de la presse, mais plutôt à l’amour du consommateur pour cette dernière : « Nous sommes mal informés non pas parce que le gouvernement ment systématiquement ou supprime la vérité. Nous sommes mal informés parce que nous aimons la désinformation que nous recevons et nous en voulons toujours plus » expliquait l’année dernière un article du New York Times.  

L’écosystème informationnel est-il cassé ?  

De son côté, the New Yorker s’indigne : « La tentative d'assassinat d'un ancien président est traitée avec la même légèreté universelle qu'un album pop ou les publicités d'une usine de glycines chinoise ». Les memes internet sont en effet légion depuis l’événement. Un internaute s’amuse même : « vous pensez que les gens dans les années 1800 étaient aussi drôles quand John Wilkes Booth a tiré sur Lincoln ? ». Finalement, les médias ne seraient qu’un rouage d’une grande machine informationnelle qui récompense la rapidité et la provocation : « Il s’agit d’une machine hyper-efficace, vorace, insatiable – qui dévore n’importe quel évènement, quel que soit son ampleur, pour le démanteler jusqu’à ce qu’il ne reste plus de lui qu’une vieille carcasse fatiguée ». 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • L’Arcom renforce les règles de contrôle du pluralisme dans les médias audiovisuels (Le Monde)
  • Le « gendarme » de l’audiovisuel joue sa crédibilité avec l’attribution des chaînes TNT, en particulier à CNews et C8 (Le Monde)
  • IA aux Jeux Olympiques de Paris 2024 : comment les Jeux seront un terrain d'essai pour les nouvelles technologies (The National)
  • « Marianne » : CMI France et Pierre-Edouard Stérin mettent fin aux négociations exclusives face à la « volonté unanime » des salariés (Le Monde)

 

🔈 #Pluralisme | L’Arcom adopte une délibération relative au respect du principe de pluralisme des courants de pensée et d’opinion dans les médias audiovisuels 🔽

Le communiqué de presse : https://t.co/JfRT3BMK90

— Arcom (@Arcom_fr) July 18, 2024

3 CHIFFRES

  • Google s’apprête à racheter la société de cybersécurité Wiz pour 23 milliards de dollars, selon le Washington Post.
  • Netflix compte désormais 278 millions d'abonnés dans le monde, rapporte le New-York Times.
  • 8 % des fandoms de la génération Z monétisent leur intérêt pour les fandoms (par exemple, les « Swifties » professionnels rapporteront et décoderont les nouvelles et les légendes de Taylor pour les fans plus occasionnels), d’après un rapport de YouTube.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Où les journalistes travaillent-ils, si ce n'est pas dans les médias

Source : Washington Post

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Qu'est-ce que l'IA ? Tout le monde pense savoir, mais personne n'est d'accord. Et c'est un problème (MIT)
  • Une tentative d'assassinat à l'ère des réseaux sociaux (Platformer)
  • “Madmoizelle”, de média pop féministe à “vitrine pour contenus” (Arrêt sur Images)
  • Le doomscrolling sur les réseaux sociaux liée à l'anxiété existentielle, la méfiance, la suspicion et le désespoir, selon une étude (The Guardian)
  • Est-ce que les États-Unis ont toujours autant de journalistes ? (Washington Post)

Capture d'écran MIT

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les données qui alimentent l'intelligence artificielle disparaissent rapidement (New York Times)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • Pologne : RSF ouvre des discussions prometteuses pour le droit à l'information avec le nouveau gouvernement (RSF)
  • Comment le temps pris par les médias pour vérifier les faits de la fusillade de Trump a engendré une vague de critiques (Washington Post)
  • En Russie, le/la journaliste américain(e) Masha Gessen est condamné(e) par contumace pour avoir critiqué l'armée (Associated Press)
  • Vous êtes plus enclin à croire les fake news diffusées par une personne que vous connaissez à peine que par votre meilleur ami (NiemanLab)
  • Un journaliste italien a été condamné à payer 5 000 euros à la Première ministre Meloni pour un tweet se moquant de sa taille (Reuters)
  • L’EFCSN et l’AFP annoncent un partenariat (AFP)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • RSF et 25 organisations demandent à la présidente de la Commission européenne des garanties fortes en matière de libertés de la presse (RSF)
  • Le gouvernement chinois soutient les entreprises nationales d'IA, mais impose également des règles strictes pour tester leurs modèles de langage (Wall Street Journal)

JOURNALISME

  • Un procureur russe demande 18 ans de prison pour le journaliste Evan Gershkovich (Washington Post)
  • Elon Musk veut que son bot d'IA diffuse les actualités. Il a du mal à accomplir cette tâche (Wall Street Journal)
  • L'Allemagne interdit le magazine d'extrême droite « Compact » (The Guardian)
  • Les éditeurs australiens qualifient de "catastrophique" une éventuelle interdiction des actualités par Meta (Press Gazette)
  • Le Wall Street Journal licencie un journaliste de Hong Kong qui dirigeait un club de presse en difficulté (Washington Post)
  • La presse papier en Haïti est presque éteinte (ijnet)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Spotify et TikTok poussent les artistes à sortir des albums interminables (Business Insider)
  • X ne tient pas ses promesses concernant les nouvelles émissions vidéo (Bloomberg)

ENVIRONNEMENT

  • Comment rendre compte de l'environnement en Ukraine en temps de guerre ?  (The Fix)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Des influenceurs avec des millions de followers soutiennent Trump, mais peu d'entre eux soutiennent publiquement Biden (NBC News)

This is my president. pic.twitter.com/1PP9LKpEq5

— Bryce Hall (@BryceHall) July 13, 2024

  • TikTok a poussé les jeunes électeurs allemands vers un parti d'extrême droite (Wired)
  • Rencontrez les jeunes hommes qui paient pour fréquenter Mogwarts, une école en ligne pour devenir sexy (GQ)
  • Elon Musk souhaite donner 45 millions de dollars par mois pour soutenir Donald Trump (Washington Post)

I fully endorse President Trump and hope for his rapid recovery pic.twitter.com/ZdxkF63EqF

— Elon Musk (@elonmusk) July 13, 2024

  • Elon Musk veut déplacer les sièges de SpaceX et de X de Californie vers le Texas (Wired)
  • Meta permet enfin aux chercheurs d’accéder aux données d’Instagram (The Verge)

📢 New opportunity! Meta and COS have opened an RFP for a pilot program using Instagram data to study social media’s impact on youth well-being. Check out the details and see if it fits your research: https://t.co/jCheql0toa.

— Center for Open Science (@OSFramework) July 17, 2024

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Le métavers était censé être votre nouveau bureau. Vous êtes toujours sur Zoom (Wired)
  • L'Apple Vision Pro est désormais disponible au Royaume-Uni, au Canada, en France, en Allemagne et en Australie (MacRumors)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Warner Bros Discovery étudie la possibilité de séparer ses chaînes de télévision (comme CNN) de ses services de streaming (Deadline)
  • Apple est en discussions pour obtenir des licences de films supplémentaires auprès de Hollywood (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le studio de podcasts Paradiso placé en liquidation judiciaire (La Lettre)
  • Les podcasts politiques explosent à l'approche du jour du scrutin (Press Gazette)
  • Après une année difficile, les podcasts reprennent du poil de la bête (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Meta ne lancera pas son prochain grand modèle en Europe (Axios)
  • OpenAI a illégalement interdit au personnel de parler des risques liés à la sécurité, selon des lanceurs d'alerte (Washington Post)
  • Apple, Nvidia, Anthropic ont utilisé des milliers de vidéos YouTube piratées pour entraîner l'IA (Proof)
  • Les résultats fournis par l'IA de Google apparaissent de moins en moins souvent, d'après une étude (The Verge)
  • L'IA est bénéfique pour la créativité personnelle, mais peut nuire à la créativité collective, selon une étude (TechCrunch)
  •  Gemini sera omniprésente dans la diffusion des Jeux olympiques de Paris (TechCrunch)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Taboola va vendre des publicités pour Apple (Axios)
  • Les annonceurs ne montrent pas un grand enthousiasme pour les publicités sur Threads proposées par Meta (Digiday)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

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Au festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne, les créateurs de contenus sur le devant de la scène

Fini le mépris de la presse traditionnelle envers les YouTubeurs : le festival de journalisme de Couthures-sur-Garonne, organisé par le groupe Le Monde, et parrainé par Camelia Jordana, a ouvert grand ses portes aux créateurs de contenus dits informatifs.

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l’Information de France Télévisions

Jean Massiet, Gaspard G, et Charlie Danger, entre autres, ont répondu présents pour partager les « secrets de fabrication » de ceux qui captivent les jeunes sur les réseaux sociaux, surpassant ainsi les médias classiques. Leur influence sur l'information est telle qu'un intervenant s'interroge : « Est-il devenu has been, dans l'écosystème médiatique actuel, de raisonner encore en termes de journalisme traditionnel ? ». La frontière de plus en plus floue entre influenceur et journaliste ne mérite-t-elle pas d'être réévaluée ?

Résumé des points clés

Journaliste ou influenceur : une étiquette fluctuante

Jean Massiet, vulgarisateur politique et Gaspard G, YouTubeur 

  • Comment se définir par rapport à l’autre ? Pour le créateur Gaspard G – fort de 980 000 abonnés sur sa chaîne YouTube d’information généraliste – la réponse varie en fonction du contexte. « Cela dépend des jours et de la personne à qui je m’adresse », explique-t-il. « Je m’efforce de fournir une couverture des actualités la plus objective possible, entouré de professionnels. » Actuellement, il travaille avec une équipe de cinq salariés ainsi que des prestataires externes pour les recherches et les tâches administratives. Les journalistes qui collaborent avec lui possèdent une carte de presse. Un jeune festivalier a d’ailleurs été surpris de découvrir l’ampleur de son équipe : « Je n’étais pas conscient que tu étais aussi entouré », a-t-il commenté, habitué à ne voir qu’un seul visage (devenu logo) sur les vidéos.
  • Jean Massiet, derrière la chaîne Twitch de vulgarisation politique BackSeat, ne s’embarrasse pas d’étiquettes et précise bien qu’il ne rentre pas dans la définition stricte de journaliste : « Mon métier va beaucoup plus loin parce que je suis aussi influenceur, producteur, chef d’entreprise», bref un homme-orchestre aux multiples fonctions, qui souhaite informer avant tout les jeunes. La moyenne d’âge de son public est de 24 ans.
  • Les médias traditionnels effacent progressivement la barrière entre leurs mondes et ceux des créateurs de contenu en ligne. « Ce mépris, ce scepticisme que certains médias ont cultivé semble s’estomper aujourd’hui », observe Gaspard G. « Nous faisons notre métier avec sérieux et obtenons des interviews pertinentes, y compris avec Emmanuel Macron. Ils ont peut-être ressenti de la jalousie en voyant Volodymyr Zelenskyy choisir de s’entretenir avec Hugo Travers, 27 ans, plutôt qu’avec Laurent Delahousse ou David Pujadas », sourit-il. Jean Massiet partage ce sentiment et note un effort de la presse écrite, qui publie désormais « d’excellents articles » sur cet univers, avec « des enquêtes approfondies et bien écrites ». Cependant, il souligne que la télévision reste encore « réticente au possible » à l’égard du monde du web, qui bouscule les codes de l’information depuis cinq ans.
  • Les médias traditionnels s’allient directement aux créateurs de contenus. France Télévisions collabore ainsi avec Hugo Décrypte pour l'émission "Face Cachée", produite par France 2 et Unfold, la société de production de Hugo Travers et Squeezie. Le partenariat fonctionne de la manière suivante : une semaine après la diffusion de l'émission, France TV perd les droits ou les co-partage pour permettre sa diffusion sur la chaîne privée d'Hugo Décrypte. Cet effort, bien que « louable », ne porte pas ses fruits, estime le journaliste de TF1 Paul Larrouturou, un autre intervenant, pour qui le succès n'est pas au rendez-vous. La recette d’une collaboration réussie reste encore à trouver.

Les partenariats, le bât qui blesse

  • Pour faire vivre cette nouvelle manière d’informer sur les réseaux sociaux, la plus grosse problématique reste le financement, estime Gaspard G. Il a dû lui-même limiter la couverture internationale de son média – trois voyages sur le terrain en douze mois (Israël, Nouvelle-Calédonie, Ukraine) – en raison des « coûts astronomiques » de tels projets pour une structure encore fragile. « Aujourd’hui, malheureusement, on ne dispose pas d’aides publiques, et notre génération n’a pas l’habitude de payer pour l’info », estime-t-il. Pour assurer ses arrières, le créateur de contenu n’hésite donc pas à faire appel aux annonceurs. « On fait avec nos armes pour pouvoir créer un modèle de revenu et payer nos équipes », justifie-t-il. Dans ses vidéos d’actualités, il représente ainsi les intérêts de ses clients. « Pendant une minute, il peut m’arriver de parler d’un VPN, d’une marque, d’un service », explique-t-il. C'est pourquoi certains hésitent à le considérer comme un journaliste. Selon la charte de Munich, le "Saint Graal du journalisme", il ne faut "jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n'accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs". « Je te considère comme un confrère. La grande question reste le modèle économique. Moi, je suis salarié d’une rédaction, j’ai le confort d’avoir un salaire qui tombe tous les mois », répond Paul Larrouturou, ancien de Quotidien.

De gauche à droite, Anaïs Carayon, directrice de la rédaction d'Urbania France, Paul Larrouturou, reporter chez TF1 et Gaspard G, créateur de contenus

  • Pour Backseat, le fonctionnement repose sur un modèle similaire. L'émission est majoritairement financée par du financement participatif (au moins les deux tiers), tandis que le reste provient de partenariats. En tout, le budget annuel s'élève à un demi-million d'euros. « Mon public ne m'en veut absolument pas pour les partenariats, parce que je leur explique à quoi ils servent. Je m'assure toujours que le partenariat ait un intérêt éditorial. Cela ne m'intéresse pas de faire de la publicité pour une marque dont je me fiche. En revanche, interviewer le PDG d'une entreprise pour poser des questions citoyennes et faire le lien avec ma chaîne où je parle politique, ça m'intéresse », raconte Jean Massiet. Le streamer affirme être l'un des leaders auprès d'un public particulièrement difficile à atteindre : les jeunes. La plupart de ses clients sont des institutions souhaitant s'adresser aux jeunes, « pas forcément pour faire passer des idées, juste pour dire bonjour », comme l'a fait récemment la Cour des comptes.
  • En fin de compte, la transparence envers son audience est essentielle. Il s'agit toujours de maintenir la confiance par l'explication et la justification. « L'enjeu, c'est la confiance et la crédibilité envers ton public. Il n'y a pas forcément de règles écrites. Il y a une loi qui encadre les influenceurs, mais elle a été rédigée avec les pieds », estime Jean Massiet. « L'important est de ne pas perdre la confiance que les gens placent en nous. C'est un contrat de confiance, une sorte de common law qui se développe avec le temps entre les influenceurs et leur public, en l'absence de règles plus précises imposées par les plateformes. » Il n'est d'ailleurs pas favorable à ce que les plateformes imposent leurs règles, car ce sont des entreprises américaines avec une culture américaine, dont les règles s'appliquent encore mal en Europe.
  • Par ailleurs, cette transparence est de plus en plus demandée par l'audience, rappelle le journaliste Vincent Manilève, notamment depuis les polémiques sur les placements de produits effectués par les « influvoleurs ». Il estime qu'une prise de conscience a eu lieu depuis.

Sourcer ses vidéos : une pratique journalistique devenue indispensable chez les créateurs de contenus

  • « Le public est un outil de contrôle démocratique », rappelle Jean Massiet. L’audience exige désormais que les vidéos et les images soient sourcées. Selon une étude du Financial Times, avoir des sources fiables, en lesquelles les jeunes peuvent avoir confiance, arrive en priorité dans les demandes des jeunes.

William Audureau, journaliste au Monde et Jean Massiet, vulgarisateur politique

  • Depuis le bad buzz de Squeezie (Lucas Hauchard), la vigilance du public a redoublé, selon Vincent Manilève. En 2019, le plus grand YouTubeur français (catégorie formats longs) a publié une vidéo sur les pyramides où il privilégiait les théories fantastiques aux théories scientifiques. « Ça reste une vidéo "théorie du complot" », s'était-il excusé. « C'était une vidéo de désinformation massive, alors qu'il avait une responsabilité éditoriale », explique le journaliste spécialisé dans Internet. Finalement, Squeezie a présenté ses excuses et supprimé la vidéo, bien qu'elle soit encore disponible sur DailyMotion. Depuis cet incident, il veille à sourcer et citer ses références, notamment le New Yorker.
  • Apprendre à utiliser des sources fiables et à respecter le cadre légal est un exercice complexe pour les YouTubeurs. Pour Gaspard G, l'utilisation d'extraits d'archives a été particulièrement ardue. Lorsqu'il a commencé à réaliser des vidéos avec son monteur, il a été plongé dans un « Far West total », ne disposant pas comme dans les grandes rédactions de services juridiques. « Un nombre incalculable de nos vidéos ont été retirées de la plateforme parce que nous n'avions pas tous les droits nécessaires pour citer des archives de TF1, France 2, Blast, Mediapart. Je pensais que cela relevait du droit de citation, mais ce n'était absolument pas le cas », se remémore-t-il. Parfois, la source n’était pas correctement citée ou l'image était zoomée avec une texture superposée, dissimulant ainsi le watermark de la chaîne. En conséquence, ils ont reçu de nombreuses mises en demeure et des vidéos entières ont été supprimées de leur chaîne. Aujourd'hui, le YouTubeur a amélioré ses pratiques et s'appuie sur l'INA, qui propose un forfait permettant aux créateurs de contenus d'utiliser les archives pour un total de 1000 euros par an.
  • Pour que l’apprentissage continue de manière pérenne, l’UNESCO a ainsi un mandat sur l’éducation aux médias et met en place un programme pour ces créateurs de contenus qui les aident à « avoir les bons codes pour informer », note Vincent Manilève. Lui-même, en tant que journaliste web spécialisé, est en contact avec une université des Etats-Unis pour les aider à retranscrire et localiser un cours en ligne à destination des influenceurs pour les aider à mieux informer et à suivre les règles de déontologie.

L’avenir ?

  • Comment les créateurs de contenu voient-ils l’avenir ? « Pas à la télévision », rétorque Jean Massiet : « Si la télé reste majeure en termes d’audience, en termes de génération, il y a un décrochage qui est absolument phénoménal ». Lors de la saison 2022-2023, l'âge moyen des téléspectateurs du journal télévisé de France 2 était de 63 ans et de 57 ans pour celui de TF1, selon Médiamétrie. Il cite ainsi Ikea qui a fait un rapport sur l’aménagement intérieur des ménages dans les pays développés. Aucune télévision n’était représentée devant les canapés. « Cette modification anthropologique est une très mauvaise nouvelle pour la télévision, qui va disparaître des salons des gens» prédit-il. Plus prosaïquement, il ne voit pas l’avenir de sa chaîne sur le format télévisé en raisons de coûts de production. « C’est scandaleusement cher de maintenir à flot une chaîne de télévision. Sur LCP, Public Sénat, c’est 7,5 millions d’euros d’infrastructures par an ! », dénonce le vulgarisateur.
  • Gaspard G anticipe une spécialisation progressive des créateurs de contenus dans les cinq à dix prochaines années. « À l'heure actuelle, Hugo Décrypte fait du JT, je couvre l'actualité froide, et Charles Villa s'intéresse aux sujets d'actualité brûlants… Nous verrons une montée en puissance de YouTubeurs qui choisiront de se spécialiser dans des créneaux particuliers du journalisme. Il est aussi essentiel de permettre à ces jeunes structures de trouver leur équilibre financier, car les coûts peuvent être très élevés », observe-t-il.

Aujourd’hui, les règles du jeu médiatique changent. La crédibilité est non pas donnée, par la profession mais par les gens qui regardent les contenus. Les créateurs, loin d’être de simples diffuseurs de divertissement, jouent désormais un rôle crucial dans la diffusion de l’information, captant un public jeune et diversifié souvent délaissé par les médias traditionnels. En se mettant à leur hauteur, ils parviennent à ouvrir le dialogue, et développent une proximité à la fois en ligne et « in real life »  – Jean Massiet, par exemple n’hésite pas à parcourir la France pour des apéros organisés avec sa communauté sur Discord. Il est crucial que le secteur continue de naviguer entre innovation et rigueur pour assurer la pérennité et la fiabilité de l’information dans cette ère numérique. La question demeure : comment les médias traditionnels et les créateurs de contenu pourront-ils collaborer efficacement pour offrir une information de qualité dans un paysage en perpétuelle mutation ? La réponse pourrait bien façonner le journalisme de demain.

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Les micro-influenceurs : le porte-à-porte numérique de la présidentielle 2024 aux USA

Le secteur des influenceurs politiques est en passe de devenir une véritable économie aux États-Unis où des agences coordonnent les campagnes des candidats en faisant appel notamment à des micro-influenceurs. Suivis par quelques dizaines de milliers de personnes, ceux-ci bénéficient d’une audience restreinte mais extrêmement fidèle. Face à la polarisation des sociétés, l’heure n’est plus au seul mass media, mais bien à l’ajustement sur-mesure à chaque audience. En somme, une réinvention du porte-à-porte redoutablement efficace mais : est-elle saine pour la démocratie ?

Par François d’Estais, directeur conseil, responsable de la prospective et de l’innovation éditoriale chez Havas Paris Content

Qui fera l’élection présidentielle américaine de 2024 ? 

CNN et Fox News diront certains. Problème : les études nous montrent que la confiance en les médias ne cesse de dégringoler. Selon l’Edelman Trust Barometer 2024, 60 % des Américains estiment que les journalistes tentent délibérément d’induire les gens en erreur. Taylor Swift, écriront les plus audacieux. Les observateurs ont abondamment commenté sa supposée influence politique, depuis les élections de mi-mandat au Tennessee en 2018 jusqu’à l’effervescence du Super Bowl 2024, où les Républicains redoutaient qu’elle annonce son soutien à Joe Biden. Si la pop star est devenue un sujet politique, on oublie vite que Hillary Clinton était soutenue par Beyoncé et Bruce Springsteen en 2016… Ce qui devrait nous inciter à relativiser l’impact des célébrités sur une élection. Du côté des QG de campagne, une autre hypothèse se dessine. Ils s’appellent Annie Svan, Chelsy Christina, ou encore Harry Sisson. Leurs noms vous sont inconnus  ? C’est normal. Pourtant, les Démocrates américains, mais aussi le Labour en Grande-Bretagne, misent sur ces nouveaux acteurs de la fabrique de l’opinion. Ils n’ont que quelques dizaines de milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux, mais leur influence agglomérée pourrait dépasser celle des partis. Ils mettent en scène une sacro-sainte authenticité, mais leurs messages sont en réalité très calculés. Leurs contenus semblent anodins, mais ils deviennent des armes de conviction massive. Bienvenue dans l’ère des micro-influenceurs.

Les influenceurs, solution miracle au désintérêt politique ?

Les communicants politiques ont depuis longtemps compris l’intérêt à faire appel aux influenceurs. Perçus comme plus sympathiques, drôles, accessibles, mais aussi plus faciles à orienter que les journalistes, les influenceurs feraient figure d’élixir pour les communicants politiques en panne d’inspiration. Joe Biden et ses équipes ont ainsi compris que l’enjeu n’était pas tant de faire du Président un personnage cool, mais plutôt de l’afficher aux côtés d’influenceurs populaires, comme le célèbre « Dude With Sign » en 2020 pour faire la promotion de la vaccination. Bénéficiant ainsi d’un « effet de halo », le président capte un peu de l’aura positive dégagée par ces stars du web. Une stratégie identique à celle employée par Emmanuel Macron lors de sa vidéo aux côtés de McFly et Carlito.

Le pouvoir des relations parasociales 

Le pouvoir prêté aux influenceurs n’est pas si éloigné de celui qui fut autrefois celui des stars de la télévision. Dans les années 1950, alors que la télévision s’installe dans les foyers américains, les chercheurs Donald Horton et Richard Wohl conceptualisent le sentiment d’intimité unilatéral entre téléspectateurs et animateurs en parlant de « relations parasociales ».

Quelques exemples d’influenceurs politiques sur TikTok (captures d’écran)

En 2024, la télévision n’est plus la star de l’information. Les influenceurs deviennent des référents dans la fabrique de l’opinion, les moins de 30 ans voyant désormais les réseaux sociaux (peut-être à tort) comme des sources d’information aussi fiables que la télévision nationale, selon le Pew Research Center. Signe des temps, des journalistes quittent leurs rédactions pour se lancer à 100 % sur les réseaux sociaux, à l’image de Bari Weiss du Wall Street Journal qui a créé sa newsletter sur Substack ou Cleo Abram, ancienne journaliste de Vox qui s’est lancée en indépendante sur YouTube, Instagram et TikTok.

En miroir, le militantisme n’échappe pas à cette transformation. Des influenceurs politisés émergent Outre-Atlantique, comme Schuyler Balar (450k abonnés sur Instagram), Harry J. Sisson (850k abonnés sur TikTok) ou Annie Wu (83k abonnés sur Instagram). Dans leurs vidéos verticales, ils traitent d’actualité politique américaine, de transidentité, des droits des femmes : en bref, de politique, avec un angle engagé. Ce secteur des influenceurs politiques devient une véritable économie et se structure même autour d’agences qui coordonnent les campagnes au service des candidats, contre rémunération. Objectif : générer de l’engagement sur les réseaux autour d’une cause ou d’un message. Le camp Biden tisse soigneusement des liens avec GoodInfluence, qui regroupe des créateurs de contenus progressistes ou ouvertement démocrates, quand l’équipe de Trump aurait payé plus d’un million de dollars en 2020 à l’organisation Legendary Campaigns, chargée d’organiser des campagnes numériques avec des influenceurs.

Capture d’écran du compte Instagram de « Dude with Sign »

Entre influenceurs et journalistes, une concurrence nouvelle

Alors qu’un tiers des électeurs de moins de 30 ans viennent s’informer sur TikTok, d’après le Pew Research Center, la Maison Blanche a bien compris l’importance de rallier à sa cause ces influenceurs. À la manière des journalistes accrédités, ils bénéficient de briefs sur l’actualité et parfois d’un accès direct au Président : « Ils sont désormais à peu près aussi impliqués dans l’écosystème de l’information politique que n’importe quel journaliste de la Maison Blanche » constate le magazine WIRED… Jusqu’à entrer en concurrence avec le quatrième pouvoir ? Dans les colonnes du New York Times, John Brabender, consultant pour la campagne de Donald Trump, les désigne même comme les « reporters en ligne de la génération d’aujourd’hui ». Pourtant, contrairement aux journalistes, ces influenceurs remplissent d’abord une fonction militante. Ils ne sont pas tenus au respect de la déontologie journalistique et peuvent donc s’écarter des faits, voire être rémunérés pour leurs prises de position, parfois sans grande transparence vis-à-vis des audiences. Dernier exemple en date de cette concurrence nouvelle entre influenceurs et journalistes : lors d’un événement de crowdfunding en mars réunissant Joe Biden, Barack Obama et Bill Clinton, la presse accréditée a été tenue à l’écart du discours introductif de la première dame. Elle a donc été condamnée à suivre les événements sur les réseaux sociaux des influenceurs pro-Biden. Difficile pour les journalistes de faire valoir leur rôle de contre-pouvoir, tenus à distance et nourris seulement d’images sélectionnées par des soutiens validés du Président…

Le règne du micro-ciblage

Au-delà de ces influenceurs aux audiences conséquentes, une stratégie plus fine et organique se déploie autour de « micro-influenceurs ». Suivis par quelques dizaines de milliers de personnes, ils ne sont pas des créateurs de contenu professionnels et arborent une esthétique « home made », spontanée, parfois kitsch. Emily Wilson (97k abonnés sur TikTok), commente ainsi le conflit israélo-palestinien depuis son canapé tout en soutenant les positions de Donald Trump, Latoi Storr (18k abonnés sur Instagram) publie des reels lifestyle colorés sur les meilleures adresses de Philadelphia tout en appelant à voter aux élections locales, et Tracy Garcia (537k abonnés sur Instagram) propose un tuto couture tout en défendant le Inflation Reduction Act de Joe Biden.

Exemples de contenus politiques publiés par des micro-influenceurs : emilysavesamerica, transformationsbytracy et toitimeblog (captures d’écran)

Ce dernier cas est fascinant. Au premier abord, ce reel ressemble à n’importe quelle vidéo DIY (Do It Yourself) comme il en paraît des centaines chaque jour sur Instagram. Gros plan sur les ciseaux. Plan large sur les tissus de la jupe longue qui sera bientôt transformée en chemisier, puis plan serré sur la découpe des tissus, minutieusement exécutée en suivant les contours des patrons. Jusque là, rien d’inattendu. C’est quand on active l’audio que l’on découvre que la créatrice de contenus profite de cette vidéo pour défendre le contenu d’un des textes emblématiques de la présidence Biden : « La loi sur la réduction de l’inflation devrait créer de nouveaux emplois dans davantage de secteurs de l’énergie verte. Nous avons tous notre propre responsabilité envers la planète. » Puis, sans transition  : « Mon ensemble deux-pièces est vraiment magnifique. J’adore donner une nouvelle vie aux pièces d’occasion. Maintenant, je peux porter cet ensemble, le styliser avec un blazer, ou assortir le haut avec un pantalon. » Un contenu pour lequel la créatrice de contenus a été rémunéré par le Super PAC démocrate « Priorities USA », qui a prévu d’investir 75 millions de dollars sur le numérique pour la réélection de Joe Biden.

Mélange des genres ou nouvelle forme de communication politique, le principal atout de ces contenus réside dans leur capacité à engager une audience restreinte mais extrêmement fidèle, autour de centres d’intérêt spécifiques et affinitaires. Une stratégie assumée par les responsables de campagne : « L’idée est d’utiliser les prochains mois pour tester de nouvelles façons de communiquer avec ces électeurs. Il s’agit notamment de l’utilisation de micro-influenceurs, qui sont populaires sur les réseaux sociaux, et de la campagne ‘relationnelle’, dans laquelle la campagne s’adresse aux électeurs par l’intermédiaire de leur réseau d’amis plutôt que par des publicités impersonnelles », expliquait ainsi le New York Times en novembre dans un article dédié à la difficile campagne de Joe Biden.

Une réinvention numérique du porte-à-porte ?

Au moment où les analystes de l’opinion mettent tour à tour en avant la polarisation et « l’archipellisation » des sociétés, où le paysage médiatique est de plus en plus fragmenté, où les marques sont obsédées par l’idée de créer leur communauté, rien de plus logique. L’heure n’est plus au seul mass media, mais bien à l’ajustement sur-mesure à chaque audience. On assiste ainsi à une réinvention du porte-à-porte, jadis considéré comme un antidote à l’apathie électorale. La campagne victorieuse de Barack Obama en 2008 reste un modèle d’orchestration de campagne de proximité, caractérisée par un porte-à-porte extrêmement ciblé au niveau local, intégrant des solutions numériques de Liegey Muller Pons pour prioriser efficacement les opérations sur le terrain. En identifiant avec précision les électeurs susceptibles de faire pencher la balance électorale à partir de données publiques telles que les revenus, le niveau d’éducation et le taux de chômage, la campagne d’Obama a su rallier les abstentionnistes grâce à un porte-à-porte efficace, organisé par des millions de militants anonymes, là où chaque vote comptait le plus. Les micro-influenceurs d’aujourd’hui remplissent d’une certaine façon la même fonction : ils pourraient être vos voisins, vous ressemblent, et vous incitent à voter sans que vous l’ayez demandé. Soigneusement coordonnés par les QG de campagne et guidés par les algorithmes, leurs contenus trouvent leur chemin jusqu’à vous. En 2024, au lieu de toquer à votre porte, on vient toquer à votre feed.

Les ingrédients du succès

Mais alors, pourquoi ça marche ? Trois leviers pour le comprendre. D’abord, une identification forte grâce à une incarnation des messages par des personnes ordinaires, qui pourraient être vos voisins ou vos amis. D’après le Trust Barometer 2024 d’Edelman, 67 % des Américains ont confiance en leur voisin… contre seulement 39 % en leurs dirigeants. Ensuite, une capacité à adopter les codes adaptés pour créer les conditions de l’affinité. Un impératif lorsqu’il s’agit de mobiliser des cibles éloignées du vote comme la Gen Z (plus démocrate mais aussi plus abstentionniste) ou les communautés latino-américains, qui ne parlent pas toujours anglais. Désintermédier la campagne permet de parler à toutes les communautés dans un langage, une esthétique et un récit qui leur sont propres. Une adhésion sur le fond enfin, grâce à une segmentation du propos hors des partis politiques. Portant moins sur les candidats que sur les causes spécifiques (droits des femmes et des LGBT, racisme, énergies renouvelables, défense du port des armes), la segmentation par des causes affinitaires entérine la désaffection de certains publics pour le jeu électoral bipolarisé et hyper-incarné. L’ancien chef de communication numérique de Donald Trump à la Maison Blanche a fondé une agence d’influenceurs, Urban Legend, dont le mantra ne pourrait pas être plus clair : « Promote issues, not products ». « Not candidates », serait-on tenté d’ajouter. Cette tendance du recours à la micro-influence n’est cependant pas sans poser quelques questions.

Première question : est-ce tout à fait honnête ?

Ces micro-influenceurs donnent l’illusion de mouvements populaires spontanés pour des causes ou des idées, à l’image « grassroots movements ». En réalité, leurs publications, souvent sponsorisées et coordonnées, s’apparentent plutôt à une forme d’astroturfing, ce procédé qui consiste, en ligne, à créer l’illusion de mouvements populaires spontanés (par exemple en bombardant Twitter du même hashtag au même moment pour le faire monter artificiellement dans les tendances). TikTok interdit toute forme de publicité politique directe, mais ces micro-influenceurs, moins visibles, passent au travers des mailles du régulateur et des plateformes. L’ambiguïté est aussi du côté des politiques : comment défendre l’interdiction de TikTok comme l’ont fait les Démocrates au Congrès si l’on s’en sert pour faire campagne ?

Deuxième question : est-ce transparent ?

Moins chers que des campagnes publicitaires, les partenariats avec des micro-influenceurs sont alléchants pour les stratèges. Les contenus étant en apparence si anodins, ils permettent de toucher des publics parfois éloignés ou méfiants de la politique, d’autant plus efficacement que « de nombreux influenceurs ne révèlent pas qu’ils ont été payés, et les paiements ont souvent lieu en dehors des plateformes de médias sociaux », nous apprend Samuel Woolley de l’Université d’Austin, Texas, autour d’un rapport sur le sujet à l’occasion de l’élection de 2020. Stuart Perelmuter, le CEO de l’agence d’influenceurs GoodInfluence, reconnaît lui-même que le fait de mentionner que la publication est sponsorisée peut affaiblir son impact. Personne n’a donc intérêt à faire transparence sur le système. Les équipes de campagne, PACs (ces puissants groupes d’intérêt souvent clés dans le financement des campagnes) et lobbies jouent volontiers avec les règles ambiguës de la Commission électorale fédérale américaine sur le recours aux influenceurs.

Les contenus promotionnels de l’agence Urban Legend : compte Instagram et homepage du site web (captures d’écran)

Enfin, dernier questionnement, et peut-être le plus important : est-ce souhaitable ?

Le recours massif aux micro-influenceurs ne signerait-il pas un triple échec politique ? Échec à stimuler un enthousiasme spontané et puissant pour mobiliser des militants volontaires, en leur préférant des partenariats rémunérés. Échec aussi à répondre à la contradiction des journalistes tenus à la vérification des faits, en donnant un accès prioritaire aux informations à des partisans biaisés. Échec enfin à porter un récit collectif pour résoudre des tensions et intérêts contraires qui animent la société. N’est-ce pourtant pas là le cœur de la promesse démocratique ? En optant pour une communication fragmentée, les partis politiques et les comités d’action politique renoncent à l’idéal de grands partis unificateurs et populaires, idéal renforcé aux États-Unis par le bipartisme. Les structures politiques externalisent le travail de persuasion à des individus rémunérés plutôt qu’à un effort collectif volontaire, laissant aux plateformes le choix des messages à diffuser auprès des électeurs. En somme, si le commentaire politique se concentre bien souvent sur Taylor Swift ou les YouTubeurs-stars, la réelle influence se joue peut-être ailleurs. On sait combien les messages WhatsApp échangés en famille ou entre amis avaient contribué à l’élection de Bolsonaro au Brésil. La même mécanique invisible fondée sur le pair-à-pair se joue ici. Derrière votre prochain vote se cachera peutêtre un de ces micro-influenceurs. Cependant, vous pourriez ne jamais en avoir conscience, car les contenus innocemment consommés sur TikTok auront pu influencer votre choix sans même que vous ne vous en rendiez compte. La stratégie du recours à la micro-influence est donc certainement rassurante pour les candidats. Mais l’est-elle pour la démocratie ?

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  • Liens vagabonds : ChatGPT hallucine des faux liens vers ses médias partenaires
    Un pacte faustien déjà corrompu ? Des tests du Nieman Lab ont montré que ChatGPT dirige les utilisateurs vers des URL non fonctionnelles pour au moins 10 médias ayant des accords de licence avec OpenAI : The Associated Press, The Wall Street Journal, the Financial Times, The Times (UK), Le Monde, El País, The Atlantic, The Verge, Vox, et Politico. Mi-juin déjà, le syndicat Insider avait demandé à la direction de Business Insider de partager les détails de l'accord de licence qu'ils ont conclu à

Liens vagabonds : ChatGPT hallucine des faux liens vers ses médias partenaires

Un pacte faustien déjà corrompu ? Des tests du Nieman Lab ont montré que ChatGPT dirige les utilisateurs vers des URL non fonctionnelles pour au moins 10 médias ayant des accords de licence avec OpenAI : The Associated Press, The Wall Street Journal, the Financial Times, The Times (UK), Le Monde, El País, The Atlantic, The Verge, Vox, et Politico. Mi-juin déjà, le syndicat Insider avait demandé à la direction de Business Insider de partager les détails de l'accord de licence qu'ils ont conclu à travers leur société mère Axel Springer avec OpenAI, sur fond de craintes que ChatGPT compromette leur travail éditorial plutôt que de le valoriser. En effet, l'agent conversationnel avait été présenté à la rédaction comme un nouveau moteur de recherche, mais l'interface d'Open AI s'est avérée peu motivée à citer la source quand ils s'agissait d'un scoop d'envergure découvert par les équipes d'investigation de Business Insider.

ChatGPT peut aujourd'hui converser naturellement à travers une interface vocale, mais ne sait pas faire des liens vers ses sites partenaires. Un constat tout à fait normal, selon Tom Rubin, responsable de la propriété intellectuelle et du contenu chez OpenAI. Lors de la conférence WAN-IFRA en mai, il a déclaré qu'une « composante significative » des accords avec les médias implique l'affichage du contenu des partenaires, mais que « vous ne l'avez pas encore vu dans nos produits. » OpenAI n'a pas précisé quand ces fonctionnalités d'affichage seraient disponibles ni répondu aux questions concernant les citations actuelles de ChatGPT d'articles de Business Insider, y compris les liens vers des pages d'articles inexistantes.

Au-délà de l'attribution et les liens vers les articles complets pour plus de "transparence et d'informations supplémentaires", le package vendu aux médias par OpenAI prévoit aussi un « placement prioritaire et une mise en avant de la marque plus riche » dans les conversations, selon des informations d'Adweek basées sur des slides qui ont fuité d'Open AI.

ChatGPT is hallucinating fake URLs for at least 10 publications that have OpenAI licensing deals.

I tested the chatbot’s ability to cite its news sources for @NiemanLab. It regularly generated broken links to even its partners’ biggest investigations. https://t.co/ddXrEDWhu9

— Andrew Deck (@decka227) June 27, 2024


Andrew Deck, journaliste au Nieman Lab,  a mené une série de tests dans lesquels il demande à ChatGPT expressément de renvoyer vers les articles phares de ces partenaires, y compris des contenus récompensés par des prix Pulitzer et des enquêtes qui ont duré plusieurs années. Dans l'ensemble, ses tests ont montré que ChatGPT est actuellement incapable de renvoyer de manière fiable vers ces histoires remarquables des publications partenaires qui ont demandé un investissement considérable aux rédactions. Et l'hallucuination est internationale : ChatGPT a généré des liens fictifs vers des enquêtes nationales majeures du Monde, et du journal El País (propriété de Prisa Media), les deux ayant conclu des accords de licence de contenu avec OpenAI en mars. Face à ce dilemme, l'UER, l'Union européenne de radio-télévision, vient de publier un appel aux géants de la tech pour plus de transparence et de respect de la propriété intellectuelle. Elle leur demande notamment de pouvoir décider si et comment le contenu des médias de service public est utilisé, avec une attribution claire et correcte des sources par les outils d’IA et une vraie coopération des plateformes pour lutter contre la désinformation, en assurant la visibilité appropriée des médias.

En attendant, ChatGPT fait ce que sa génération de texte prédictif fait de mieux : prédire la version la plus probable de l'URL pour une information donnée, plutôt que la version correcte.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Législatives 2024 : comment les thèmes favoris du RN ont peu à peu colonisé les médias traditionnels (Le Monde)
  • Législatives 2024 : les débats attirent les téléspectateurs (Les Echos)
  • Le spécialiste des newsletters Kessel passe le cap du million de lecteurs (Les Echos)
  • La Russie bloque l’accès à 81 médias européens, dont les sites du “Monde” et de l’AFP (Le Monde)

3 CHIFFRES

  • Selon une étude du cabinet londonien MIDiA Research, le bassin d’audience du podcast dans le monde devrait presque doubler à horizon 2030, approchant 1,2 milliard de personnes
  • Bruxelles menace Apple d'une amende géante, équivalente à 10% de son chiffre d’affaires, d'après Le Figaro.
  • ChatGPT hallucine des URLs pour au moins 10 publications qui font partie des accords de licence en cours d'OpenAI, d'après le NiemanLab. 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : The Hustle

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • L’inconsciente irresponsabilité du journalisme politique (AOC)
  • L'avenir du streaming (selon les magnats qui s'en occupent) (New York Times)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les fact-checkers britanniques ont passé plus de temps à vérifier les déclarations des hommes politiques que les faux contenus générés par l'IA (Press Gazette)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • La zone grise : comment Israël considère certains journalistes de Gaza comme des cibles légitimes (The Guardian)
  • Julian Assange libéré mais condamné, une forme de menace pour la liberté de la presse (Le Monde)

JULIAN ASSANGE IS FREE

Julian Assange is free. He left Belmarsh maximum security prison on the morning of 24 June, after having spent 1901 days there. He was granted bail by the High Court in London and was released at Stansted airport during the afternoon, where he boarded a…

— WikiLeaks (@wikileaks) June 24, 2024

  • L'Indonésie tente de bloquer les contenus LGBTQIA sur Internet (Rest of World)
  • Le procès à huis clos du journaliste américain Evan Gershkovich commence en Russie (The Guardian)
  • Les conspirations sur le débat Trump-Biden ont déjà inondé l'Internet (Wired)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • IA : l’Autorité de la concurrence met en garde contre la domination des géants du numérique (Le Monde)

Today we open a new case + we adopt preliminary findings against @Apple under the DMA.

👉We are concerned Apple's new business model makes it too hard for app developers to operate as alternative marketplaces & reach their end users on iOS.

More🗞: https://t.co/nYm5fW61jp

— Margrethe Vestager (@vestager) June 24, 2024

JOURNALISME

  • Les grands reporters quittent Politico (Semafor)
  • Débat présidentiel : 2 candidats. Pas de public. 60 journalistes du New York Times (New York Times)
  • Le site web de MTV News s'éteint, les archives sont mises hors ligne (Variety)
  • Selon un mémo, le New York Times aurait licencié des artistes pour les remplacer par l’IA (Futurism)
  • Le problème de confiance du journalisme est-il lié à l'argent et non à la politique ? (NiemanLab)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • L'industrie de l'information est-elle prête à passer à la vidéo (une fois de plus) ? (NiemanLab)
  • Domingo et le tennis, Billy en boxeur… Twitch, le nouveau terrain de jeu du sport-spectacle (Le Figaro)
  • Les soirées PowerPoint ? Pourquoi la pire partie de votre travail s’invite dans vos fêtes ? (The San Francisco Standard)

ENVIRONNEMENT

  • L'intelligence artificielle met le réseau électrique à rude épreuve. Les entreprises technologiques cherchent une solution miracle (Washington Post)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Facebook a été envahi par des spams et des escroqueries liés à l'IA (404media)
  • Les créateurs de TikTok tiennent leurs propres assemblées avec des candidats indépendants, évitant les médias traditionnels et offrant une tribune aux théories du complot (Wired)
  • « Plus ta peau est foncée, moins tu vaux » : les inégalités salariales des influenceurs (The Guardian)
  • Instagram ne veut pas que vous regardiez le débat présidentiel (FWIW)

 IMMERSION, 360, VR, AR

  • J'ai porté des Ray-Ban Meta à Montréal pour tester leurs compétences en traduction IA. Cela ne s'est pas bien passé (Wired)

STREAMING, OTT, SVOD

  • YouTube domine le streaming (CNBC)

AUDIO, PODCAST, BORNES

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Les entreprises technologiques modifient leurs conditions d'utilisation pour faciliter l'entraînement des algorithmes d'IA avec vos données (New York Times)
  • Reddit essaie de mettre fin au crawling des robots IA (TechCrunch)
  • Malgré tout le buzz autour de l'IA, l’industrie tech a connu plus de 100 000 licenciements cette année (Finding Alpha)
  • Le robot du gouvernement sud-coréen est mort ; la presse locale suppose qu’il s’est suicidé (The New York Sun)
  • Le magazine Time signe un accord avec OpenAI (Axios)
  • Toys 'R' Us a réalisé une publicité presque entièrement basée sur l'IA (CNN)
  • Le média 404 média a payé 365,63 $ pour remplacer son site par l'IA (404 media)
  • Les grandes maisons de disques poursuivent s sociétés d'IA Suno et Udio pour violation du droit d'auteur (billboard)

Name that tune 🎶!

Sound familiar? That's because @suno_ai_ is training AI on copyrighted works...
🎧: https://t.co/GnRxCA0rDc
🎧: https://t.co/lr3Z7tHmyB
🎧: https://t.co/zXjPi68lJF

Learn more about our legal action against Suno: https://t.co/LOFOSrRp9M pic.twitter.com/OmF7iUqAd7

— RIAA (@RIAA) June 24, 2024


MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Il y a un an, Time a retiré son paywall. Voici les résultats (Adweek)

 

Kati Bremme et Alexandra Klinnik 

 

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  • Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ?
    Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le Ne

Les réseaux sociaux, nicotine des jeunes ?

Vivek Murthy, principal conseiller de santé auprès de l’exécutif américain, tire la sonnette d'alarme : il est vital d'afficher des messages de prévention sur les réseaux sociaux, à l'instar des avertissements présents sur les paquets de cigarettes. « Il est temps que les autorités requièrent un message de prévention sur les réseaux sociaux pour alerter des dangers importants qu’ils représentent pour la santé mentale des adolescents », déclare le médecin chef, dans une tribune publiée par le New York Times.

« La crise de santé mentale chez les jeunes est une urgence »

Les données révèlent une véritable crise nationale de la santé mentale chez les jeunes, exacerbée par l’utilisation excessive des réseaux sociaux. Selon Jonathan Haidt dans son livre « The Anxious Generation », le nombre d’enfants et d’adolescents souffrant de dépression et d’anxiété a bondi de près de 30% ces dernières années, aboutissant à une "épidémie de maladie mentale". Vivek Murthy souligne que les adolescents passant plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux courent deux fois plus de risques de présenter des symptômes d’anxiété et de dépression. En moyenne, les adolescents y passent près de cinq heures par jour, augmentant considérablement leur risque de problèmes de santé mentale. Une récente étude de l’Ofcom « Children’s Media Lives » révèle même que les enfants passent entre six à huit heures par jour sur ces plateformes.

Un cercle vicieux

Piégés, les enfants ne peuvent pas quitter les plateformes parce qu’elles sont conçues sournoisement pour les maintenir captifs. « Imaginez un adolescent face aux meilleurs ingénieurs produits du monde, utilisant les sciences cérébrales les plus avancées pour maximiser le temps passé sur une plateforme », déplore le médecin chef. S'y ajoute la pression sociale quand le principal sujet de discussion dans la cour de récréation est telle ou telle nouvelle tendance découverte sur les réseaux. D'emblée, le combat s'annonce inégal.

Des effets néfastes

Les réseaux sociaux ne se contentent pas de rendre les jeunes addicts ; ils poussent à la dépression et exposent intensément à des contenus choquants. Comme un poison lent, ils minent lentement mais sûrement l'estime, en construction, des adolescents. En 2021, la série « Facebook Files » du Wall Street Journal a révélé que la plateforme exacerbait les problèmes d’image corporelle chez un tiers des adolescentes. Récemment, ce même journal a dévoilé qu’Instagram recommandait régulièrement des vidéos à caractère sexuel aux comptes d'enfants de 13 ans, et ce, quelques minutes après leur première connexion ! 

TikTok n'est pas en reste. En novembre, Amnesty International avait publié un rapport intitulé « Poussés vers les ténèbres », soulignant que le fil « Pour toi » de TikTok encourageait la mutilation et les idées suicidaires chez les jeunes. « Ils sont rapidement entraînés dans des spirales de contenus potentiellement dangereux, notamment des vidéos idéalisant et encourageant les pensées dépressives », avertissait le rapport.

Les messages de prévention : un début de lutte

Bien que les messages de prévention puissent sembler cosmétiques, ils favorisent bel et bien la prise de conscience et le changement des pratiques. Mais ce n'est qu'un début. Le Congrès doit agir pour renforcer les efforts de protection : empêcher les plateformes de collecter des données sensibles sur les enfants, restreindre l’utilisation de fonctionnalités telles que les notifications push, la lecture automatique, et le défilement infini. Les entreprises doivent être tenues de partager toutes leurs données sur les effets sur la santé avec des scientifiques indépendants et le public. « Pourquoi avons-nous échoué à répondre aux dangers des réseaux sociaux alors qu’ils ne sont ni moins urgents ni moins répandus que ceux posés par des voitures, des avions ou des aliments dangereux ? », interroge Vivek Murthy. « Ces dangers ne sont pas un échec de volonté et de parentalité : ils sont la conséquence de la libération de technologies puissantes sans mesures de sécurité adéquates, sans transparence, ni responsabilité ». Le commissaire européen Thierry Breton a justement rappelé sur Twitter au mois d'avril un message important : « Nos enfants ne sont pas les cobayes des réseaux sociaux ».

Prendre des mesures à l'échelle individuelle

À titre individuel, il est aussi nécessaire de prévoir des « zones sans technologie ». Dans les Cévennes, des collégiens addicts aux réseaux sociaux ont passé ainsi quatre jours à randonner sans smartphone, rapporte Le Monde. L'objectif : les aider à se déconnecter des écrans, avec pour seuls réseaux sociaux... des ânes.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Législatives 2024 : l'effet dissolution booste les médias d'information (Les Echos)
  • Bardella adulé sur TikTok, la gauche contre-attaque (Mediapart)
  • Législatives 2024 : comment les médias de Vincent Bolloré orchestrent l’alliance du RN et de la droite (Le Monde)
  • Le Rassemblement National déclare qu'il privatiserait la télévision publique française s'il obtient la majorité (The Guardian)
  • Davantage « d’éditorialistes de droite et droite + » : la consigne de BFMTV à ses programmateurs (Mediapart)
  • La famille Arnault s’invite dans le capital de Webedia (CB News)
  • Burkina Faso : la chaîne d’information TV5Monde suspendue pour six mois (Le Monde)
  • La France se place en tête du financement de l’IA générative en Europe (TechCrunch)
  • Radio : l’Arcom fixe l’objectif de basculer au tout-numérique en 2033 (The Media Leader)

3 CHIFFRES

  • La NBC a acquis les droits de diffusion des JO jusqu’en 2032 contre 7,8 milliards de dollars, selon Variety.
  • Cafeyn devient le principal acteur des kiosques numériques français en rachetant pour 4,5 millions d’euros son concurrent principal, Toutabo/ePresse, selon la Correspondance de la Presse.
  • Facebook est le réseau social le plus utilisé par 67 % des Français, suivi d'Instagram selon YouGov.

It's going to be a scene on the Seine. 🤩

Don't miss the #ParisOlympics Opening Ceremony on Friday, July 26 on @nbc and streaming on @peacock. pic.twitter.com/NMgOwL5kC8

— NBC Olympics & Paralympics (@NBCOlympics) June 18, 2024

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

La France se classe toujours parmi les pays ayant le moins de confiance dans les médias.

Source : Reuters Institute

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • A l’ère numérique, les magazines haut de gamme spécialisés dans les activités de plein air prospèrent en version imprimée (New York Times)
  • Perplexity, machine à “bullshit” (Wired)
  • Les influenceurs des médias sociaux ne deviennent pas riches - ils peinent à joindre les deux bouts (Wall Street Journal)
  • Milliardaires, secrets, Zegnas : la soif de pouvoir de Will Lewis (Daily Beast)

Illustration par Thomas Levinson / Daily Beast / Gettty

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Apple propose l'enregistrement et la transcription gratuits des appels sur les iPhones ; les journalistes se réjouissent (NiemanLab)
  • Stanford met fin à son programme anti-fake news : une première victoire pour Donald Trump (Platformer)
  • Hugo Décrypte est plus cité comme source d’info que Le Monde, Le Figaro et Libé réunis (Huffington Post)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • L'État islamique a propagé de fausses vidéos imitant CNN et Al Jazeera (Wired)
  • L’Unesco alerte sur la « réécriture de l’Holocauste » par l’intelligence artificielle (La Croix)
  • Comment attaquer la BBC est devenu une constante des élections au Royaume-Uni (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • DMA : plusieurs médias européens demandent une pression accrue sur Google et Apple (mindmedia)
  • « Chat control » : dans la lutte contre la pédopornographie, revers pour le projet de règlement européen de surveillance des messageries (Le Monde)

Signal strongly opposes this proposal.

Let there be no doubt: we will leave the EU market rather than undermine our privacy guarantees.

This proposal--if passed and enforced against us--would require us to make this choice.

It's surveillance wine in safety bottles. https://t.co/i8D4Mlcrgd

— Meredith Whittaker (@mer__edith) May 31, 2024

JOURNALISME

  • Le Washington Post se penche sur une histoire difficile : la sienne (New York Times)
  • En Suède, l'assaut de l'extrême droite contre les médias met à mal le modèle nordique (The Guardian)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Militantisme créatif : l’univers graphique du FrontPopulaire ne ressemble à aucun autre (Télérama)

Un point de branding électoral intéressant : l’univers graphique du #FrontPopulaire ne ressemble à aucun autre. 🎨

La raison : il est très décentralisé. Pour une fois, il vient moins des partis que de créations spontanées.

Petit thread décryptage de ce militantisme créatif !👇 pic.twitter.com/vfd7S2rMxm

— François d’Estais (@fdestais) June 15, 2024

ENVIRONNEMENT

  • L'Azerbaïdjan accusé de réprimer les médias avant d'accueillir la Cop29 (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • YouTube copie la fonction la plus intéressante de X (Washington Post)
  • Le milliardaire américain Frank McCourt, propriétaire de l’Olympique de Marseille, envisage de racheter TikTok (La Provence)
  • Pourquoi l'élection britannique n'est pas dominée par TikTok (The Economist)
  • Le Daily Mail prévoit de lancer une douzaine d'émissions sur YouTube en 2024 dans le cadre de sa stratégie de vidéos longues (Digiday)
  • Le débat des mèmes : Trump et Biden entrent sur le champ de bataille viral (Axios)

Capture d'écran Axios

Les utilisateurs d'Instagram s'inquiètent du fait que l'IA récupère leurs photos (Fast Company)

YouTube accentue son combat contre les adblockers (TechCrunch)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Aux Etats-Unis, Netflix lance des expériences immersives permanentes (Variety)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Le Netflix brésilien qui triomphe avec des valeurs ultraconservatrices (El Pais)
  • Comment Tubi est devenu le meilleur service de streaming gratuit en Amérique (The Guardian)
  • X souhaite produire davantage de docu-séries sportives pour les fans 'acharnés' (Axios)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Nvidia devient la société la plus valorisée au monde avec le boom de l'IA (The Guardian)
  • Une vidéo deepfake de Nigel Farage jouant à Minecraft 'bien sûr' pas réelle, selon le parti (The Guardian)

  • L'IA ne rapporte pas encore beaucoup d'argent aux entreprises de logiciels — pour l'instant (Bloomberg)
  • Au Japon, SoftBank lance une IA « anti-émotions » qui adoucit la voix des clients mécontents (SCMP)
  • Elle a remporté un prix pour des images générées par IA. Juste un problème : c'était une vraie photo (Washington Post)
  • ILya Sutskever, l'ancien scientifique en chef d'OpenAI, lance une nouvelle entreprise d'IA (TechCrunch)
  • Forbes menace Perplexity d'une action en justice pour plagiat de ses contenus (Axios)
  • OpenAI interdit, Apple cherche un partenaire IA sur le marché chinois (Wall Street Journal)

Superintelligence is within reach.

Building safe superintelligence (SSI) is the most important technical problem of our​​ time.

We've started the world’s first straight-shot SSI lab, with one goal and one product: a safe superintelligence.

It’s called Safe Superintelligence…

— SSI Inc. (@ssi) June 19, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • TikTok lance des avatars IA pour les publicités alors que la FTC met en garde les entreprises contre cette pratique (404media)
  • Discord se refait une beauté pour attirer les marques et les marketeurs sur la plateforme et améliorer l'expérience utilisateur (Digiday)
  • Les annonceurs digitaux recherchent du "contenu haut de gamme" — mais sont en désaccord sur sa définition (Business Insider)
  • Elon Musk vole à Cannes pour reconquérir les annonceurs (Financial Times)

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

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  • Liens vagabonds : L’ère du smartphone intelligent est-elle arrivée ?
    Lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple le 10 juin 2024, Apple a fait sensation avec l'annonce du lancement de « Apple Intelligence ». Cet événement marque un tournant majeur dans la stratégie technologique de l'entreprise, qui intègre désormais l'intelligence artificielle générative dans ses produits phares tels que l'iPhone, l'iPad et le Mac. Il était temps – ce n’est pas pour rien que l’année dernière, Wired titrait « Apple Ghosts the Generative AI Revolution ». L’une des f

Liens vagabonds : L’ère du smartphone intelligent est-elle arrivée ?

Lors de la Worldwide Developers Conference (WWDC) d'Apple le 10 juin 2024, Apple a fait sensation avec l'annonce du lancement de « Apple Intelligence ». Cet événement marque un tournant majeur dans la stratégie technologique de l'entreprise, qui intègre désormais l'intelligence artificielle générative dans ses produits phares tels que l'iPhone, l'iPad et le Mac. Il était temps – ce n’est pas pour rien que l’année dernière, Wired titrait « Apple Ghosts the Generative AI Revolution ». L’une des fonctionnalités phares ? L’intégration de ChatGPT dans les produits Apple. Tim Cook, le CEO d'Apple, a déclaré : « Apple va transformer ce que les utilisateurs peuvent faire avec nos produits, et ce que nos produits peuvent faire pour nos utilisateurs ». Mais alors, est-ce vraiment si révolutionnaire ?  

Enjeux Économiques 

Apple a conclu un partenariat stratégique avec OpenAI pour intégrer ChatGPT dans ses programmes d'IA. Cette alliance permet à Apple d'améliorer significativement les capacités de Siri, rendant l'assistant vocal plus conversationnel et capable de traiter des requêtes complexes. L'objectif est de proposer une expérience utilisateur plus fluide et intuitive, ce qui pourrait renforcer la fidélité des utilisateurs et attirer de nouveaux clients. 

Aucun des deux acteurs n’a reçu d’argent dans l’affaire. Pourtant, le partenariat offre des avantages économiques importants pour les deux entreprises. Pour Apple, cela signifie une amélioration de ses produits sans coûts initiaux élevés. Pour OpenAI, l'accès direct à plus d'un milliard d'utilisateurs Apple constitue une opportunité commerciale majeure. Ces derniers auront accès à ChatGPT gratuitement, mais l’entreprise espère bien les convertir en abonnés payants pour ses services premiums.  

Si quelqu'un s'est opposé à cette collaboration, c'est bien Elon Musk. L'entrepreneur a menacé de bannir les produits Apple de ses entreprises si l'intégration d'OpenAI devenait trop intrusive : « Si Apple intégrait OpenAI au niveau du système d'exploitation, alors les appareils Apple seraient interdits dans toutes mes entreprises », a-t-il déclaré sur X. Selon Forbes, cette collaboration déplairait à Elon Musk car elle irait à l'encontre de ses intérêts personnels : « Étant donné le partenariat déjà profond d'Apple avec Google, qui implique l'offre exclusive de son moteur de recherche, il est logique que le prochain partenariat en matière d'IA soit avec Google et son moteur d'IA Gemini Gen. », explique le média. 

Impact sur les Utilisateurs 

La promesse d’Apple est de transformer l’expérience utilisateur grâce à l'intégration de l'IA générative dans ses produits. Siri, désormais alimenté par ChatGPT, pourra répondre à des requêtes plus nuancées et complexes, facilitant ainsi une interaction plus naturelle et efficace avec les appareils. La question de la protection de la vie privée peut alors se poser ? Les données des utilisateurs seront-elles partagées à OpenAI ? Apple affirme que les utilisateurs devront approuver l’envoi à ChatGPT d’une question, d’un document ou d’une photo pour que l’IA s’active.  L’entreprise aurait aussi obtenu d'OpenAI qu'il accepte de ne pas enregistrer les requêtes de ses clients sans demander la permission, protégeant ainsi leur vie privée.  

Les nouvelles fonctionnalités d'Apple Intelligence, comme la transcription et le résumé de contenus audio dans Notes et Téléphone, ainsi que la recherche avancée dans Photos, offrent une praticité accrue dans la gestion des informations personnelles. Ces innovations visent à rendre la technologie plus accessible et utile au quotidien, répondant mieux aux besoins individuels des utilisateurs. 

Fonctionnalités Phares 

  • Outils d'Écriture : Avec iOS 18, iPadOS 18 et macOS Sequoia, les utilisateurs peuvent réécrire, réviser et résumer des textes dans diverses applications comme Mail, Notes et Pages. 
  • Notifications Prioritaires : Les notifications les plus importantes sont mises en avant pour une gestion plus efficace. 
  • Transcription Audio : Les utilisateurs peuvent enregistrer, transcrire et résumer des contenus audios dans les apps Notes et Téléphone. 
  • Image Playground : Création rapide d'images amusantes avec des styles variés tels que Animation, Illustration et Sketch. 
  • Recherche Avancée dans Photos : Trouver des photos en les décrivant verbalement, facilitant ainsi la navigation dans les albums. 
  • Intégration de ChatGPT avec Siri : Siri peut utiliser les connaissances de ChatGPT avec l'approbation de l'utilisateur pour des réponses plus précises et informées. 

Apple Intelligence marque une étape importante dans l'évolution technologique de l'entreprise. On peut toutefois se poser des questions sur l’utilité réelle de toutes ses fonctionnalités. TechTrash souligne avec ironie : « tout un tas d’astuces pour résoudre les grands problèmes existentiels de nos vies ». La véritable révolution numérique est-elle vraiment pour aujourd'hui ? 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • TF1 et M6 sous la menace d’un big bang dans le PAF (Agefi)
  • Françoise Joly, directrice de l’information de TV5Monde, convoquée à un entretien préalable à son licenciement (Le Monde)
  • Le journal « Sud Ouest » en grève reconductible contre un plan social (Le Monde)
  • RSF annonce le décès à 53 ans de son directeur général, Christophe Deloire (Le Figaro)
  • Comment le Rassemblement national a su tirer profit de TikTok (Télérama)
  • CMI, Libé, Editis… les multiples casquettes de Denis Olivennes lui rapportent gros (l’Informé)
  • Audiovisuel public : l’indépendance budgétaire menacée (Le Monde)
  • Le média Madmoizelle envisage de licencier l'intégralité de ses journalistes (La Lettre)

 

 

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3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Pourquoi les Américains utilisent-ils les médias sociaux ?


Source : Pew Research Center

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Bienvenue à l'ère du smartphone A.I (New York Times)
  • Le potentiel impact « dévastateur » des AI Overviews de Google sur la visibilité des éditeurs révélé (Press Gazette)

Capture d'écran du New York Times

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Des éditeurs du monde entier affectés par la classification des actualités comme spam par Facebook (Press Gazette)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • Le nombre de journalistes tués en Ukraine atteint 81 (Counteroffensive)
  • Une journaliste chinoise liée au mouvement #MeToo condamnée à cinq ans de prison (The Guardian)
  • Le journaliste américain Evan Gershkovich bientôt jugé en Russie pour "espionnage" (france24)
  • Le procès de X contre Media Matters devrait commencer en avril 2025 (Reuters)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Droits voisins : la justice donne raison au groupe Le Figaro contre le réseau X (Le Figaro)
  • Meta met en pause ses plans de former une IA avec les données des utilisateurs européens, cédant à la pression réglementaire (TechCrunch)
  • Des chercheurs alertent sur le flou entretenu par certains grands acteurs de l'IA pour échapper à la règlementation européenne (Radboud University)

JOURNALISME

  • L'UER annonce ses demandes stratégiques sur l'IA générative et les médias (UER)
  • Le propriétaire de Business Insider a signé un énorme contrat avec OpenAI. ChatGPT ne crédite toujours pas les plus grands scoops du site (Nieman Lab)
  • La société sud-africaine Media24 ferme ses journaux (Moneyweb)
  • Le fiasco grandissant pour Will Lewis et le Washington Post (Politico)
  • Le plan de Yahoo Sports pour les Jeux Olympiques de Paris ? Une équipe de médaillés d'or comme correspondants (Hollywood Reporter)
  • Certains médias de droite paient le prix après avoir propagé des désinformations sur les élections de 2020 (NBC News)
  • Google signe un accord avec une organisation pour distribuer 100 millions de dollars aux entreprises de presse canadienne (The Canadian Press)

ENVIRONNEMENT

  • Silence des médias sur l'appel du chef de l'ONU à interdire les publicités pour le pétrole et le gaz (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Comment les Américains obtiennent des informations sur TikTok, X, Facebook et Instagram (Pew Research Center)
  • Nous sommes en 2024. Elon Musk règne sur X. Et le monde politique est toujours accro (Notus)
  • Voodoo rachète le réseau social BeReal pour 500 millions d’euros (Le Figaro)
  • Les marques de mode sur mesure du Vietnam prospèrent à l'ère de TikTok (rest of world)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Apple va lancer le Vision Pro sur les marchés internationaux (Techcrunch)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Alerte à la streamflation : Pourquoi les prix des abonnements augmentent soudainement (encore) (The Hollywood Reporter)
  • D'après Netflix, “l'univers de Bridgerton” a généré 275 millions de livres sterling pour l'économie britannique (The Guardian)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Spotify annonce la création d'une agence créative interne et teste des publicités avec des voix générées par intelligence artificielle (TechCrunch)
  • Spotify, les auteurs-compositeurs veulent que vous réussissiez. Pourquoi continuez-vous à leur faire du mal ? (Variety)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Les hackers ciblent les utilisateurs d'IA pour protester contre le "vol d'art" (404media)
  • Elon Musk retire sa plainte contre OpenAI et le PDG Sam Altman (Axios)
  • Les coachs de carrière en intelligence artificielle de LinkedIn sont maintenant disponibles (Wired)
  • Un nouvel outil d'IA qui mesure avec précision la taille des foules met en lumière les protestations qui agitent le Brésil (rest of world)
  • Amazon débloque 230 millions de dollars pour soutenir des start-up dans l’IA (amazon)
  • OpenAI aurait doublé son chiffre d’affaires en six mois (Information)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Pour les éditeurs de nouvelles et les sites tech cherchant à engager les utilisateurs, les jeux sont une affaire sérieuse (New York Times)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

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  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : Internet, le royaume de l’éphémère
    L’internet, cet océan de connaissances en perpétuelle expansion, est-il en train de se vider de son contenu ? Selon une récente étude du Pew Research Center, de vastes pans de ce réservoir numérique sont en train de disparaître, défiant l’idée que le web est une archive immuable, au moment même où les IA génératives ingurgitent à toute vitesse ce qui en reste pour générer un nouvel Internet. Le contenu disparaît sous nos yeux L’étude révèle ainsi des statistiques alarmantes : 38% des pages exis

Liens vagabonds : Internet, le royaume de l’éphémère

L’internet, cet océan de connaissances en perpétuelle expansion, est-il en train de se vider de son contenu ? Selon une récente étude du Pew Research Center, de vastes pans de ce réservoir numérique sont en train de disparaître, défiant l’idée que le web est une archive immuable, au moment même où les IA génératives ingurgitent à toute vitesse ce qui en reste pour générer un nouvel Internet.

Le contenu disparaît sous nos yeux

L’étude révèle ainsi des statistiques alarmantes : 38% des pages existantes en 2013 ne sont plus accessibles dix ans plus tard. Même les pages les plus récentes ne sont pas à l’abri de cette tendance, avec 8% des pages existant en 2023 ayant déjà disparu. Cette « dégradation numérique » touche toutes les sphères, des sites gouvernementaux aux médias, en passant par Wikipédia. 23% des pages d’actualités contiennent au moins un lien « brisé ».

En Chine, la situation est critique. Presque toutes les infos publiées sur les portails d’info chinois, les blogs, les forums entre 1995 et 2005 ne seraient plus disponibles, rapporte le New York Times. La journaliste Li Yuan se souvient des « excellentes couvertures médiatiques » du grand tremblement de terre du Sichuan le 12 mai 2008, qui a fait plus de 69 000 morts, une époque où « les journalistes avaient plus de liberté que ne le permettrait généralement le Parti communiste ». Elle ne retrouvé aujourd'hui aucun de ces articles. 

Pourquoi ce fossé qui se creuse ?

Il est d’abord techniquement difficile et coûteux pour les sites web d’archiver du contenu plus ancien, et pas seulement en Chine. Certains sites sacrifient ainsi du matériel ancien sur l’autel de Google, pour améliorer leur référencement. Le moteur de recherche, privilégiant les sites web à chargement rapide. Pour qu’un site soit plus rapide, il suffit donc de se débarrasser de sa substantifique moelle.  « Si certains comprennent ce compromis – qui n’a jamais été agacé par la vitesse de chargement d’un site ? – en revanche, la raison de visiter un site web n’est sûrement pas la bannière pop-up, la demande d’envoi d’alertes, la vidéo qui se lance automatiquement, la multitude de publicités cliquables vous invitant à voir à quoi ressemble une femme qui avait 18 ans et qui en a maintenant 50, réagissait déjà en 2022 l’écrivain Simon Brew, au lieu de réduire tout cela, ce sont les archives qui sont rationnalisées et épurées...».

En Chine, la raison de cet effacement du web est aussi d’ordre politique. Le Parti communiste tient à maintenir à tout prix une pureté politique et une culture « harmonisée » du cyberespace chinois. Les entreprises internet ont ainsi plus d’incitation à la « sur-censure ».

Capture d'écran du site Unofficial Archives

Des actions de résistance

Face à cette menace croissante, des efforts sont déployés pour préserver le contenu en ligne. Des sites comme archive.org, un lieu d’archivages des sites internet, offrent une bouée de sauvetage pour le matériel menacé.  En Chine, le journaliste Ian Johnson a fondé le site web Unofficial Archives, qui cherche à préserver les blogs, les films et les documents en dehors de l’internet chinois. Cependant, ces efforts restent marginaux par rapport à la masse de données effacées quotidiennement.

Cette érosion rend internet moins reconnaissable, un espace qui « n’est plus pour les humains, par les humains », ont récemment alerté les universitaires Jake Renzella et Vlada Rozova sur The Conversation. Les interactions en ligne deviennent dès lors de plus en plus « artificielles » à mesure que l'intelligence artificielle et le contenu généré par des algorithmes gagnent en importance.

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Des fausses nouvelles et des vidéos cherchent à saper les Jeux olympiques de Paris (New York Times)
  • La Russie vise les Jeux olympiques de Paris avec une fausse vidéo de Tom Cruise (The Guardian)
  • Grève de vingt-quatre heures au sein de l’Agence France-Presse jeudi, au sujet du statut des journalistes hors de France (Le Monde)
  • Plus d’un million d’euros ont été récoltés suite à la mobilisation Twitch “Streamers 4 Palestinians” (Ouest France)
  • La Sacem atteint un nouveau record de collecte à 1,49 milliard d'euros (Correspondance de la Presse)
  • « Il est de plus en plus difficile pour la presse judiciaire d’accomplir son travail » (Le Monde)
  • Ten Ten : tout comprendre à l’application au succès surprise, qui inquiète jusqu’au ministère de l’intérieur (Le Monde)
  • Européennes : mobilisation contre les violences numériques de genre (Next)

Visuel tiré du faux documentaire «Olympics Has Fallen»

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Le coût de la plupart des grands services de streaming a augmenté de plus de 40 % depuis leur lancement

Source : Axios

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • OpenAI ressemble de plus en plus à Facebook (The Atlantic)
  • Alerte rouge pour les médias de services publics", selon Tim Davie, le patron de la BBC (Deadline)
  • La vie, la mort et la renaissance d'un média généré par une intelligence artificielle (New York Times)
  • À mesure que l'Internet chinois disparaît, "nous perdons des parties de notre mémoire collective"(New York Times)

Capture d'écran du New York Times sur la disparition progressive des contenus sur internet en Chine

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Le moteur de recherche DuckDuckGo a lancé son propre AI Chat, agent conventionnel anonyme et sécurisé (JustGeek)
  • Nvidia, Microsoft et Apple sont plus gros que le marché boursier chinois (Bloomberg)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION 

  • Les utilisateurs de TikTok reçoivent des informations trompeuses sur les élections, selon la BBC (BBC)
  • Israël cible secrètement les législateurs américains avec une campagne d'influence sur la guerre de Gaza (New York Times)
  • Elon Musk ne comprend pas les craintes de l'UE concernant la désinformation sur X, selon une fonctionnaire (The Guardian)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Italie : Meta écope d'une amende de 3,5 millions d'euros pour « pratiques commerciales déloyales » (La Repubblica)

JOURNALISME

  • Le groupe français Keleops (01Net, Journal du Geek, Presse Citron) va racheter le site américain Gizmodo (Les Echos)
  • Will Lewis défend sans détour le remaniement du Washington Post (Vanity Fair)
  • Facebook supprime les publications d'informations locales et les qualifie de spam (Press Gazette)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Facebook et Instagram sont officiellement des plateformes vidéo (Marketing Brew)

ENVIRONNEMENT

  • Près de la moitié des journalistes couvrant la crise climatique à l'échelle mondiale ont reçu des menaces (The Guardian)


Capture d'écran du rapport Covering The Planet

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Donald Trump rejoint TikTok, l'application qu'il avait tenté d'interdire en tant que président (Variety)
  • Instagram confirme le test des publicités « inskippables » (TechCrunch)
  • X autorise officiellement la pornographie sur sa plateforme (Twitter)
  • Le bouton « J'aime » de YouTube ne s'affiche pas pour certains utilisateurs (The Verge)
  • Les professionnels des relations publiques abandonnent X pour LinkedIn (Axios)

Source : Axios

STREAMING, OTT, SVOD

  • Cauchemar à Hollywood ? Un nouveau service de streaming permet aux spectateurs de créer leurs propres émissions grâce à l'IA (The Hollywood Reporter)
  • Le Canada contraint les plateformes de streaming à participer aux contenus locaux (L’Humanité)
  • La NBA est proche d'un accord télévisé de 76 milliards de dollars, un moment décisif pour les médias et le sport (Wall Street Journal)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Les clients de Spotify sont les moins susceptibles d'annuler leur abonnement (Bloomberg)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Kling, le Sora chinois proposé par Kuaishou (SCMP)
  • Un groupe d'ex ou actuels collaborateurs d'OpenAI dénonce ce qu'ils considèrent comme une culture de désinvolture (New York Times)
  • Future you, un chatbot permettant aux utilisateurs de parler à une version “future” d’eux-mêmes (The Guardian)
  • Comment diriger une armée de détectives numériques à l'ère de l'IA ? (Wired)
  • L'entreprise xAI d'Elon Musk prévoit de construire un supercalculateur d'IA à Memphis (Wall Street Journal)
  • Le nouveau conseil de l'IA de Meta est entièrement composé d'hommes blancs (TechCrunch)
  • À quoi ressemble une belle femme selon l'IA (Washington Post)
  • Le PDG de Zoom veut des clones d'IA en réunion (The Verge)
  • OpenAI a corrigé un problème qui a causé une panne globale pour les utilisateurs de ChatGPT, qui a duré plusieurs heure (TechCrunch)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • L'activité de licence d'IA de Shutterstock a généré 104 millions de dollars l'année dernière (Bloomberg)

 

Kati Bremme et Alexandra Klinnik

 

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  • Liens vagabonds : News Corp, un deal de plus entre la presse et OpenAI
    A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ?  News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un jo

Liens vagabonds : News Corp, un deal de plus entre la presse et OpenAI

A chaque mois son nouvel accord entre un média et OpenAI. Le mois dernier, l’accord avec le Financial Times faisait la surprise, aujourd’hui, c’est au tour de News Corp. Que faut-il retenir ? 

  • News Corp a annoncé dans un communiqué de presse ce jeudi 22 mai, la signature d’un partenariat historique de plusieurs années avec OpenAI. Le ton de la déclaration se veut enthousiaste : « Les entreprises unissent leurs forces pour enrichir les produits et plateformes d'IA générative d'OpenAI avec un journalisme de qualité ».
     
  • Les PDG de News Corp et d’OpenAI se sont tous deux félicités de cet accord : « Nous croyons qu'un accord historique établira de nouvelles normes de véracité, de vertu et de valeur à l'ère numérique » a déclaré Robert Thomson, PDG de News Corp. Sam Altman a quant à lui déclaré : « Ensemble, nous posons les bases d'un avenir où l'IA respecte profondément, améliore et soutient les normes du journalisme de classe mondiale ».
     
  • L'accord qui pourrait valoir jusqu'à 250 millions de dollars sur cinq ans, permettra à OpenAI d'accéder au contenu actuel et archivé de toutes les publications de News Corp. Il s’agit notamment du Wall Street Journal, du New York Post, du Times et du Sunday Times.
     
  • Faute d'accord global sur les droits des éditeurs, Ils sont de plus en plus nombreux à établir des accords financiers avec OpenAI. A la fin de l’année dernière, OpenAI a conclu un contrat similaire avec Axel Springer, la société mère de Business Insider et Politico. Du côté français, Ouest France et Le Monde ont également passé des accords« Il est dans mon intérêt de trouver des accords avec tout le monde », a déclaré Louis Dreyfus, PDG du journal Le Monde, lors d'une interview. « Sans accord, elles utiliseront nos contenus de manière plus ou moins rigoureuse et plus ou moins clandestine, sans aucun bénéfice pour nous ».
     
  • Le New York Times a adopté l’approche inverse, et a porté plainte contre OpenAI en décembre dernier pour violation des droits d’auteur.
     
  • Cette série d'accords reflète le principe du « winner takes it all », où les principaux éditeurs concluent des accords avec les géants de l'IA, alors que les médias plus modestes et sans intérêt pour OpenAI, restent vulnérables au pillage de leur contenu sans compensation financière. 
  • Toutefois, le journaliste Hamilton Nolan souligne que même les médias passant ces accords pourraient ne pas y trouver leur compte. « Les montants d'argent que les entreprises de médias obtiennent dans ces accords semblent intéressants au départ, mais ce sont des cacahuètes pour OpenAI, qui vaut probablement déjà plus de 100 milliards de dollars ». Il illustre : « C’est l'équivalent d'être satisfait de soi pour avoir gagné cinq dollars en vendant vos clés de maison à des cambrioleurs ».  

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une dotation de 70 millions pour la formation de l'élite de l'IA en France  (Les Echos)
  • Pourquoi des groupes médias français vont attaquer Google devant le tribunal de commerce (mindmedia)
  • Le groupe Lagardère annonce un protocole d'accord préliminaire en vue de céder Paris Match à LVMH (Le Figaro)
  • Elections européennes : une couverture médiatique en nette baisse (Libération)
  • Droits voisins : une première victoire en justice pour les médias et l’AFP face à X (mindmedia)
  • Lettre ouverte à Squeezie : “Tu as les moyens financiers et humains de sortir de ce cercle infini d’entre-soi masculin sur YouTube” (Causette)
  • Cafeyn s’enrichit d’une vingtaine de titres (The Media Leader)
  • Meredith Whittaker, présidente de Signal : « L’IA concentre le pouvoir dans les mains des géants de la tech » (Le Monde)
  • L'intelligence artificielle, star de la 8e édition de VivaTech (France 24)

    If you are a student interested in building the next generation of AI systems, don't work on LLMs https://t.co/H1qX3gClEu

    — Yann LeCun (@ylecun) May 22, 2024

3 CHIFFRES

  • News Corp signe un accord avec OpenAI pour un montant qui s'élèverait à plus de 250 millions de dollars sur cinq ans, selon le Wall Street Journal.
  • Spotify a reversé 253 millions d’euros aux ayants droit français de la musique en 2023, selon la filiale française de la compagnie.
  • 39 % des Américains estiment qu'il est important, au moins dans une certaine mesure, que les journalistes dont ils obtiennent leurs informations partagent leurs croyances politiques, d’après Pew Research Center.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

L'internet est éphémère


Source: Pew Research Center 

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Quand la thérapie sur TikTok est plus lucrative que de voir des clients (The Cut)
  • Ces faux articles flatteurs qui cachent de vraies publicités (60 millions de consommateurs)
  • Apocalypse Google (Arrêt sur Images)
  • Les chaînes de télévision accueillent leur public vieillissant avec un nouveau mantra : l'âge ne compte pas (Wall Street Journal)
  • Meta a abandonné les actualités. Maintenant, l'entreprise les utilise pour du contenu IA (Washington Post)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Céline Galipeau entrevoit la fin des téléjournaux (Le Devoir)
  • Selon des chercheurs britanniques, les garde-fous des chatbots d'IA peuvent être facilement contournées (The Guardian)
  • Le pape ouvre la voie à la canonisation de « l’influenceur de Dieu »  (BBC News)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Tellement facile de diffuser de la désinformation pour les bots d'IA (New York Times)
  • Meta soutient que le contenu électoral généré par l'IA n'atteint pas un « niveau systémique » (MIT)
  • Les journalistes indiens sont en première ligne dans la lutte contre les « deepfakes » électoraux (NiemanLab)

JOURNALISME

  • Google menace de suspendre le financement de Google News Initiative aux États-Unis (Axios)
  • Jim VandeHei a eu une vie plutôt agréable. Mais qu'est-ce qu'il faut en retenir ? (Washington Post)
  • Newscorp conclut un accord avec OpenAI (Newscorp)
  • Vivek Ramaswamy, anti-woke et climatosceptique, prend des parts dans BuzzFeed (Bloomberg)
  • Le poids croissant d’Apple News dans le trafic et les revenus des sites d’info américains (Semafor)
  • Les médias concluent des accords avec OpenAI qu'elles regretteront (Nolan Hamilton)
  • Israël fait marche arrière sur la saisie du matériel vidéo de l'Associated Press après une vive contestation (CNN)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

ENVIRONNEMENT

  • Avec l’IA, les émissions carbone de Microsoft ont augmenté de 30% (Bloomberg)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Linktree dépasse les 50 millions d'utilisateurs (TechCrunch)
  • Snap vise la croissance alors que TiKTok est confronté à un avenir incertain aux États-Unis (Digiday)
  • YouTube sert toujours d'hôte aux communautés extrémistes (TechTimes)
  • TikTok prend des mesures pour limiter la portée des médias russes et chinois en une année électorale importante (New York Times)
  • X devrait rétablir les étoiles, et non cacher les « j'aime » (Techcrunch)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Pixar licencie 175 personnes et se recentre sur le cinéma (New York Times)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Microsoft Edge traduira et doublera les vidéos d'actualité pendant que vous les regardez (The Verge)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Microsoft va bientôt enregistrer toutes vos actions sur votre PC ! (The Guardian)
  • Le monde est mal préparé aux percées de l'intelligence artificielle, selon un groupe d'experts de haut niveau (The Guardian)
  • Selon le responsable de Meta AI, les grands modèles linguistiques n'atteindront pas l'intelligence humaine (Financial Times)
  • La Chine crée son propre chatbot ChatGPT basé sur Xi Jinping (Readwrite)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

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  • Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie
    « Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière.  Cha

Liens vagabonds : Google veut révolutionner notre travail, OpenAI, notre vie

« Les robots conversationnels ont-ils franchi une nouvelle frontière cette semaine ? » Pour la communauté commentatrice de l'actualité IA, il n'y a aucun doute. Lundi et mardi, les deux géants de l’IA générative se sont affrontés en dévoilant leurs nouveautés lors de leurs conférences de presse respectives. Les objectifs des deux entreprises diffèrent légèrement. Bien que ces outils soient destinés à s’immiscer encore plus dans notre quotidien, ce ne sera sans doute pas de la même manière. 

ChatGPT veut révolutionner notre vie  

  • De son côté, OpenAI a dévoilé lundi 13 mai la nouvelle version de son assistant : ChatGPT-4o. Et surprise, il ne s’agit pas d’un chatbot ordinaire. Son abréviation « o » provient du mot anglais « omni », c’est-à-dire multimodal en français. Il s’agit donc d’un modèle capable de traiter du texte, de l'audio et des images en temps réel. 
  • Toutefois, il ne s’agit pas d’un nouvel outil comme Alexa ou Siri. La véritable révolution réside dans sa capacité à tenir une véritable conversation comme utiliser des onomatopées, faire des blagues, imiter une émotion (à la façon du film Her), permettre à l'utilisateur d'interrompre ou de changer totalement de sujet. « Parler à un ordinateur ne m'a jamais semblé vraiment naturel ; maintenant, c'est le cas », s’est félicité Sam Altman, PDG d'OpenAI. 
  • Auparavant, les assistants vocaux, y compris ChatGPT, pouvaient déjà répondre à des questions. Aujourd'hui, elle est fait en temps réel, et avec le sourire (en tout cas dans la vidéo démo).
  • S’il était déjà possible de prendre une photo de notre frigo avec ChatGPT4, il est désormais possible de prendre son téléphone pour filmer directement notre environnement et le montrer à l’IA. Elle comprend le contexte et peut décrire des scènes en temps réel, comme « décris-moi la ville ». 
  • La version de ChatGPT-4o est progressivement déployée pour les utilisateurs gratuits. Toutefois, le nouveau mode vocal n’est pas encore intégré à l’application. Difficile donc de vérifier s’il est à la hauteur des promesses marketing de la start-up. Sam Altman a en effet expliqué dans un tweet : « le nouveau mode vocal n'a pas encore été livré (bien que le mode texte de GPT-4o l'ait été). Ce que vous pouvez actuellement utiliser dans l'application est l'ancienne version ». 
  • Demain, ce sympathique assistant nous lira-t-il une sélection de news (fabriquées elles-mêmes par une IA ?)

Démonstration des capacités de ChatGPT-4o par OpenAI 

Gemini 1.5 veut révolutionner notre travail 

  • Mardi 14 mai, c’est au tour de Google de montrer une série de nouveautés au cours de sa conférence de presse. La promesse ? intégrer son IA Gemini 1.5 dans toutes ses gammes d’outils.
  • Cette innovation révolutionnera notre façon de travailler. Google bénéficie de l'avantage (comme Microsoft) d'avoir déjà des outils déployés dans les entreprises et sur les ordinateurs personnels. L'IA pourra analyser nos courriels et nous aider à organiser notre agenda par exemple. 
  • À partir de cette semaine, les utilisateurs aux États-Unis découvriront les résumés par IA dans leur moteur de recherche Google au-dessus des liens vers les sites web. Une nouveauté qui risque d’accentuer encore plus les inquiétudes des éditeurs de site web (une bataille des droits voisins puissance 10 est déjà en cours).
  • Enfin, Google a dévoilé son projet « Astra », assistant vocal multimodal voulant faire concurrence ChatGPT-4o. Si Astra ne montre pas encore d’émotion, Google souhaite améliorer son agent dans les prochaines semaines. 

Démonstration du projet Astra par Google 

Révolution technologique ou simple coup de communication ? 

Alors, demain, rira-t-on avec les robots pour mieux vivre avec eux, comme nous l'annonçait Laurence Devillers déjà en 2015 ? Ce qui semble être une promesse technologique révolutionnaire doit néanmoins être nuancé. Les assistants conversationnels d’OpenAI et de Google affichent toujours un taux d’erreur d’environ 20 %. Il reste donc primordial de vérifier les informations fournies avec d'autres sources. De plus, pour Benoit Raphael, journaliste expert en IA, « la hype de l'IA générative semble avoir atteint un plateau », tant en termes d’utilisateurs qu’en termes techniques. Il explique : « GPT-4o, le nouveau modèle d'OpenAI, est à peine meilleur que GPT-4, même s'il est plus rapide. Aujourd'hui, la plupart des modèles se valent ». Le principal enjeu est maintenant le marketing (plusieurs vidéos sur YouTube ont d'ailleurs transformé cette semaine en battle entre les deux géants)...

Mais ces entreprises sont bien en train de construire un avenir où les modèles d'IA recherchent, vérifient et évaluent les informations pour nous fournir une réponse concise à nos questions. Et pour Melissa Heikkilä, journaliste experte IA au MIT, "Encore plus qu'avec des chatbots plus simples, il est judicieux de rester sceptique par rapport à ce qu'ils vous disent".

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Une future entreprise unique de l’audiovisuel public sans France Médias Monde (Le Monde)
  • Le journal gratuit «20 Minutes» va supprimer son édition papier, 56 postes menacés (Libération)
  • Fréquences TNT ; plusieurs nouveaux entrants veulent lancer leur chaîne télé (Les Echos)
  • Streaming vidéo, IA... La France veut réduire le coût environnemental des services des géants du numérique (Le Figaro)
  • Le blocage de TikTok dans un territoire d'outre-mer crée un « dangereux précédent », avertissent les critiques (Politico)
  • Cannes : TikTok sur le tapis rouge (France Culture)

3 CHIFFRES

  • Selon des données collectées par Ecoprod, l’impact moyen d’un long-métrage de cinéma est de 188,7 tonnes CO2-équivalent, soit une centaine de voyages aller-retour en avion entre Paris et New York.
  • Au premier trimestre 2024, les recettes publicitaires nettes de l’ensemble des médias s’élèvent à 3,996 milliards d’euros, soit une hausse de 3,8 % par rapport au premier trimestre 2023, selon le Baromètre unifié du marché publicitaire (BUMP).
  • Les responsables de l'information sont légèrement plus optimistes quant à l'impact de l'IA. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) ont déclaré être « optimistes » ou « très optimistes » quant à l'effet qu'aura l'IA sur leur entreprise d'ici quelques années, d'après WAN-IFRA.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Les renvois vers les sites d'infos en provenance de Facebook ont chuté de 50 % en un an

Source : Mediapost

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • « Au début, on se fait agresser et à 45 ans, on est trop vieille pour travailler » - la misère secrète des femmes travaillant à la télévision (The Guardian)
  • Les moteurs de réponses remplacent les moteurs de recherche : carnage attendu pour les éditeurs (Washington Post)
  • Les liens rompus de Google avec le web (Platformer)
  • Comment les streamers de Twitch pourraient influencer les élections de 2024 (Wired)

Capture d'écran : Washington Post

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Les adolescents qui se lient d'amitié avec les chatbots d'IA (The Verge)
  • Le PDG de YouTube : il est temps que les Emmys s'intéressent aux créateurs (Hollywood Reporter)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • L'IA me ment-elle ? Les scientifiques mettent en garde contre une capacité de tromperie croissante (The Guardian)
  • « Goodbye, Delhi » : forcée à partir après 25 ans en Inde, la correspondante de « La Croix » raconte (La Croix)
  • Un tribunal guatémaltèque ordonne la libération d'un journaliste emprisonné depuis près de deux ans pour blanchiment d'argent (AP)
  • Comment le gouvernement indien utilise les lois pour réduire au silence et intimider les journalistes (ijnet)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Le gouvernement français a-t-il le droit d’interdire TikTok en Nouvelle-Calédonie? (Le Figaro)
  • La Quadrature du Net attaque en justice le blocage de TikTok en Nouvelle-Calédonie (Quadrature du Net)
  • Après TikTok et X, Facebook et Instagram accusés par Bruxelles d'attenter à la santé mentale des enfants (Les Echos)

JOURNALISME

  • La nouvelle série spin-off de The Office prendra place dans un journal local en difficulté (Washington Post)
  • Sous-payé et sous-évalué : Ce que c'est que d'être un étudiant journaliste palestinien à l'heure actuelle (Teen Vogue)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • TikTok teste le téléchargement de vidéos de 60 minutes et continue de s'attaquer à YouTube (TechCrunch)

ENVIRONNEMENT

  • « Permacomputing » : la discrète communauté qui défend des outils numériques libres, sobres et décroissants (Le Monde)
  • Sous l'eau, Correio do Povo couvre la tragédie humaine des inondations dans le sud du Brésil (Latin American Journalism Review)
  • Comment les compagnies pétrolières manipulent les journalistes (Drilled)
  • Les déserts d'information occultent l'ampleur des catastrophes climatiques (The Nation)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • L'utilisation d'Internet est statistiquement associée à un plus grand bien-être, selon une nouvelle étude mondiale d'Oxford (University of Oxford)
  • Threads teste un flux semblable à TweetDeck (The Verge)
  • Pourquoi Jack Dorsey a abandonné Bluesky (The Washington Post)
  • Les réseaux sociaux chinois effacent les messages « ostentatoires de richesse et de glorification de l'argent » (The Guardian)
  • Comment WhatsApp est devenu une machine de campagne en Inde (Rest of World)
  • Reddit et OpenAI créent un partenariat (Reddit)
  • Twitter est officiellement X. com maintenant (The Verge)

 

Publié par @zuck
Voir dans Threads

 

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Stanford vient-il de créer le prototype des lunettes AR du futur ? (The Verge)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Qu'est-ce qu'on regarde à la télé ? Pour de nombreux Américains, c'est YouTube (Wall Street Journal)
  • Le retour des bouquets (The Atlantic)
  • Pour le marché du film de Cannes, les conditions sont mûres pour le succès après les premières années de pandémie (Reuters)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Sony Music met en garde les entreprises technologiques et les diffuseurs de musique contre l'utilisation de ses artistes par l'IA (Financial Times)
  • Spotify est accusé de violation du droit d’auteur par une association américaine (Billboard)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • L'Oklahoma adopte un projet de loi historique protégeant les droits des utilisateurs de Bitcoin (Forbes)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Le cofondateur d'OpenAI, Ilya Sutskever, annonce son départ (New York Times)
  • Claude d’Anthropic propose maintenant son propre générateur de prompts (Anthropic)
  • Google et OpenAI se livrent une bataille pour remodeler Internet (The Verge)
  • ChatGPT sera capable de vous parler comme Scarlett Johansson dans Her (The Verge)

You can now generate production-ready prompts in the Anthropic Console.

Describe what you want to achieve, and Claude will use prompt engineering techniques like chain-of-thought reasoning to create more effective, precise and reliable prompts. pic.twitter.com/TqylVRkfP5

— Anthropic (@AnthropicAI) May 10, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Comment la publicité télévisée a perdu de son importance (Wall Street Journal)
  • Les groupes de presse britanniques mettent en garde Apple contre les projets de blocage des publicités (Financial Times

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

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  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : TikTok face aux contradictions de l’administration Biden
    Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adop

Liens vagabonds : TikTok face aux contradictions de l’administration Biden

Les choses se précipitent pour TikTok - Le Sénat américain a approuvé la loi qui contraint TikTok à être vendu à des propriétaires américains ou à être interdit, ce 23 avril. Approuvé mi-avril par la Chambre des représentants, le texte a été intégré à une initiative d'aide étrangère plus vaste afin d'en faciliter l'adoption par le Sénat. Outre la disposition relative à TikTok, la loi inclut donc un plan d'aide de 95 milliards de dollars destiné à l'Ukraine, à Israël et à Taïwan. Elle a été adoptée par un vote de 79 voix pour et 18 voix contre, puis promulguée par le président Joe Biden le mercredi 24 avril.  

Joe Biden et TikTok, l’amour vache 

Malgré la signature de la loi interdisant l'application, Joe Biden continue d'utiliser TikTok pour promouvoir sa campagne présidentielle. À peine une heure après le vote du Sénat mardi soir, la campagne de réélection de Biden publiait de nouveaux contenus sur la plateforme. « Un environnement médiatique fragmenté nous oblige à nous présenter et à rencontrer les électeurs là où ils se trouvent », a déclaré un responsable de la campagne Biden. Un comportement paradoxal qui n'a pas échappé aux électeurs : « Si [Biden] veut regagner la confiance des jeunes, il doit être ouvert et transparent sur le raisonnement derrière cette interdiction », souligne Luke Mullen, acteur, cinéaste et activiste avec plus de 100 000 abonnés sur TikTok. « Jusqu’à présent, il n’a rien dit, ce qui ressemble à une dépréciation de notre intelligence. Les jeunes Américains ne sont pas stupides », poursuit-il. Nombreux ont été les utilisateurs à supplier le président de « garder TikTok » dans les commentaires de ses vidéos. Un internaute ironise même : « Je me demande quelle application vous a permis de poster cette vidéo ». Joe Biden a-t-il lancé un boomerang qui pourrait lui revenir en plein visage à six mois de l’élection présidentielle ? Cette mesure pourrait s'avérer être un cadeau inespéré pour Donald Trump, qui s’est empressé le mois dernier de critiquer la loi… 


Capture d’écran sous une vidéo TikTok de Joe Biden.  

Que dit TikTok ?  

ByteDance de son côté serait prêt à retirer l'application plutôt que de la céder, si les tentatives pour contester la législation échouent. La raison ? Les précieux algorithmes permettant le fonctionnement de TikTok sont considérés comme vitaux et confidentiels pour les opérations globales de ByteDance. Leur licence de propriété intellectuelle est enregistrée sous ByteDance en Chine et donc difficile à séparer de la société mère, ont déclaré des sources anonymes. Une vente pourrait également révéler à quel point ByteDance est lié à TikTok, supposément indépendant. Malgré toute la communication sur l'autonomisation accrue de TikTok, un rapport du Financial Times indique qu'ils sont plus liés que jamais.

Autre argument contre une vente : les utilisateurs actifs quotidiens de TikTok aux États-Unis ne représenteraient que 5% des utilisateurs actifs quotidiens de ByteDance dans le monde. TikTok pourrait donc survivre à la fermeture de ses opérations aux États-Unis, d’où son pari de fermer l’application plutôt que de vendre ses algorithmes. Les sources ont également souligné que la séparation des algorithmes des actifs américains de TikTok serait une procédure extrêmement complexe, et il est peu probable que ByteDance considère sérieusement cette option. En attendant, la réaction du gouvernement chinois ne se fait pas attendre : Un article dans un journal proche du régime qualifie la décision de « vol » qui « détruirait complètement la crédibilité nationale américaine, déjà entachée ».

Les auto-entrepreneurs européens également sous pression  

Si les entrepreneurs aux Etats-Unis s’inquiètent, l’impact sur le marché pourrait être beaucoup plus global. En Europe, les créateurs s’inquiètent d’une potentielle interdiction de TikTok outre-Atlantique. Isobel Perl, fondatrice de Perl Cosmetics, et Kyle Frank, fondateur de Franks Remedies, soulignent à la BBC l'importance des ventes réalisées aux États-Unis pour leurs entreprises. « Certains mois, 60 à 70 % de nos ventes mensuelles proviennent des États-Unis » explique Kyle Frank. Isobel Perl rajoute : « J'utilise principalement TikTok pour générer des ventes sur notre site web, parmi toutes les applications de médias sociaux, c'est celle qui génère le plus de trafic ».Se rendre dépendant d'une plateforme tierce expose à un risque de perte de contrôle, un problème courant pour ceux qui s'y engagent pleinement (les médias se souviennent encore bien du changement de cap de Facebook sur la mise en avant des l'actualité).

Récompenser l'addiction 

TikTok fait également face à des défis sérieux ailleurs. Par exemple, il est sous pression à cause de TikTok Lite dans l'UE (pour sa fonctionnalité désomais retirée de récompense qui permet de gagner une petite somme contre une présence et des interactions sur l'appli), il a été interdit au Kirghizistan pour "protéger les enfants", et il lutte contre une interdiction potentielle au Kenya.

Cela pourrait être la fin de TikTok tel que nous le connaissons. Affaire à suivre également pour les autres applis chinoises qui commencent à arriver sur les réseaux de l'Occident : Temu, l'appli de shopping, ou encore Xiaohongshu, l'Instagram chinois... 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Rachat de Marianne : l’hypothèse Pierre-Édouard Stérin se précise (Challenge)
  • Albert, l’intelligence artificielle française déployée par le gouvernement (DINUM)

Le code source d'Albert, l'IA générative réentrainée par l'Etat est dispo ici : https://t.co/Cc1GBmLkIr

— Emile Marzolf (@emile_marzolf) April 23, 2024

  • Christophe Jakubyszyn obtient le soutien des journalistes pour diriger « Les Echos » (Les Echos)

Avec 86 % de votes positifs pour sa nomination à la direction de la rédaction, @chrisjaku va prendre ses fonctions aux Echos dans des conditions confortables. 213 votes pour, 20 contre, sur un corps électoral de 251 journalistes. pic.twitter.com/nY8oZCnHRK

— Jean-Michel De Marchi (@JM_De_Marchi) April 25, 2024

  • Qui est David Larramendy, le successeur de Nicolas de Tavernost à la tête de M6 ? (Télérama)
  • Publicité dans les médias : entre solidarité et “rôle politique” des annonceurs (CBNews)
  • Le média en ligne « Factuel » est en cessation de paiement (Le Monde)
  • Les journalistes de La Voix du Nord saisissent le médiateur sur la question des droits voisins (La Lettre)
  • Le Groupe Le Monde sanctuarise la majorité de son capital dans un fonds d’intérêt général à but non lucratif (Télérama)
  • Le cinéma UGC Normandie des Champs-Élysées va fermer : la fin d'un « joyau » (Le Parisien)

Après le 13 juin il n'y aura plus aucune salle de cinéma sur les Champs-Elysées. Je ne pensais pas voir ça un jour. #UgcNormandie pic.twitter.com/q1stqM0QPp

— Laurent Vachaud (@Laurent76300739) April 22, 2024

QUELQUES CHIFFRES

  • Alphabet, Microsoft et Meta ont tous enregistré une forte croissance des bénéfices d'exploitation pour le premier trimestre. Alphabet a augmenté de 46%, Microsoft de 23%, et Meta a connu un bond impressionnant de 91%, selon The Information.
  • La couverture médiatique des sujets consacrés à l'intelligence artificielle est en progression de 257 % en 24 mois dans les médias français avec 54 097 sujets ou articles par mois en moyenne, selon une étude Tagaday.
  • Le visionnage de la télévision en direct reste le premier usage des Français, quel que soit le mode de réception de la télévision, selon l'Arcom. Le téléviseur (90 %) et le smartphone (89,1 %) sont les équipements les plus répandus au sein du foyer.

 LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Quel est le coût associé à l'entraînement d'un modèle d'intelligence artificielle générative ?

Source : Chief AI Office

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Ce que les journalistes et les créateurs indépendants peuvent apprendre les uns des autres (NiemanLab)
  • C'est la fin du Web tel que nous le connaissons (The Atlantic)
  • Jim VandeHei sur la nouvelle génération d'entreprises de médias (Puck)
  • Il y a beaucoup de publicistes puissants. Mais un seul travaille pour Taylor Swift (Wall Street Journal)
  • L'homme qui a tué Google Search (Ed Zitron)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • En Italie, la RAI censure l’écrivain Antonio Scurati (Le Monde)
  • La FIFA sur le point de conclure un accord télévisé avec Apple pour un nouveau tournoi (New York Times)
  • Pourquoi les Japonais aiment les CD ? (Economist)
  • TikTok pourrait bientôt utiliser votre voix clonée (Android Police)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Les fact-checks bénéficient d'une plus grande visibilité dans Google Web Search que les articles qu'ils cherchent à corriger (ACM Digital Library)
  • Mali, Burkina Faso, Niger… Le Sahel, « vaste trou noir de l’information » (La Croix)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Les fournisseurs d'accès internet ne peuvent plus manipuler la vitesse de navigation et de téléchargement de leurs clients (CBS News)
  • Elon Musk répond à l'ordonnance d'un tribunal australien contre les images X d'une agression à l'arme blanche (The Guardian)

JOURNALISME

  • 404 Média et les espoirs du journalisme en auto-gestion (CJR)
  • Biden a évité  les questions des journalistes indépendants au cours de son mandat, ce qui entraîne un dangereux précédent (New York Times)
  • Les équipes de campagne ont une nouvelle approche favorite pour répondre aux journalistes : l'humiliation publique (Notus)
  • Le journalisme indépendant est-il encore viable ? Pour la plupart des journalistes, ce n'est pas le cas (Reuters Institute)
  • Les journalistes slovaques portent du noir pour protester contre la refonte des médias (The Guardian)
  • Rio, un présentateur d'un nouveau genre (Curio)

 STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Rest of World lance un observatoire de la désinformation électorale dans le monde (Rest of World)

 ENVIRONNEMENT 

  •  Face à l'urgence climatique, scientifiques et humoristes sonnent l'alarme ensemble (The Guardian)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Threads compte aujourd'hui plus d'utilisateurs quotidiens aux États-Unis que X (Business Insider)
  • Selon une étude norvégienne, l'interdiction des téléphones au collège améliore les résultats scolaires et la santé mentale des filles (NHH)
  • TikTok Lite suspend dans l’UE son système de récompenses, accusé de susciter de l’addiction (Le Monde)

 

  • L'Indonésie fait appel à des influenceurs pour convaincre les habitants de s'installer dans sa nouvelle capitale en construction (Rest of World)
  • Les matchs de football européens qui attirent le plus grand nombre de personnes sur les réseaux sociaux (Sporting Pedia)
  • TikTok et Meta ne signalent pas la propagande étatique concernant la guerre à Gaza (Forbes)

 IMMERSION, 360, VR, AR

  • Meta lance MetaHorizon OS, un nouveau système d'exploitation destiné aux casques de réalité virtuelle et mixte, notamment la gamme Quest (Meta)
  • Les lunettes intelligentes Ray-Ban Meta sont désormais dotées d'une IA multimodale (The Verge)

 STREAMING, OTT, SVOD

  • La nouvelle habitude télévisuelle des Américains : S'abonner. Regarder. Annuler. Répéter (New York Times)
  • Elon Musk lance X TV (Bloomberg)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Le nouveau pari audio du New York Times, "The Interview", de l'intérieur (The Hollywood Reporter)
  • Audible va transformer les sept livres de Harry Potter de JK Rowling en livres audio complets (Audible)

 Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  •  La société de paiement de Jack Dorsey, Block, construit son propre système de minage de Bitcoin (CNBC)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • GPT-4 Turbo dans l'API OpenAI (OpenAI)
  • L'assistant d'IA de Meta est amusant à utiliser, mais on ne peut pas lui faire confiance (New York Times)
  • Le Washington Post développe un outil de réponse alimenté par l'IA (Technical.ly)
  • OpenAI, Meta et Google s’engagent pour la protection de l’enfance (Wall Street Journal)
  • 48 % des sites d'actualités les plus utilisés bloquent les robots d'OpenAI (Reuters Institute)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • L'un des plus grands best-sellers s'est vendu à plus de 600 000 exemplaires sur TikTok Shop (The Atlantic)
  • La dernière initiative de Google pour retarder l'apocalypse des cookies (Digiday)
  • Les agences de relations publiques prennent en charge les profils LinkedIn des cadres dirigeants — et transforment le ghostwriting en une activité lucrative (Business Insider)

 Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

 

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  • ✇Méta-media | La révolution de l'information
  • Liens vagabonds : TCL, un cas d'école de la diversification
    Des écrans aux contenus -  TCL, le fabricant chinois de téléviseurs et smartphones, a annoncé l'élargissement de son offre avec le lancement de son studio de production. La société basée à Hong Kong suit l'exemple d'autres fabricants de matériel, dont Apple (avec Apple Studios) et Roku (qui avait profité de la mort subite de Quibi), qui produisent du contenu prêt-à-diffuser directement pour leurs propres services. La première production originale issue du studio TCL, "Next Stop Paris", prévue p

Liens vagabonds : TCL, un cas d'école de la diversification

Des écrans aux contenusTCL, le fabricant chinois de téléviseurs et smartphones, a annoncé l'élargissement de son offre avec le lancement de son studio de production. La société basée à Hong Kong suit l'exemple d'autres fabricants de matériel, dont Apple (avec Apple Studios) et Roku (qui avait profité de la mort subite de Quibi), qui produisent du contenu prêt-à-diffuser directement pour leurs propres services. La première production originale issue du studio TCL, "Next Stop Paris", prévue pour une diffusion cet été sur TCLtv+, a été moquée sur les réseaux sociaux pour son aspect "Made in AI". Etrangement, le court métrage met en scène des voix de doublage professionnels et un scénario original, mais est incarné par des acteurs entièrement animés par l'IA, qui portent tous les défauts d'une technologie débutante, avec "des visuels sur-saturés aux visages et arrière-plans non naturels qui bougent constamment" et une "jeune femme qui a un visage nettement différent dans certaines scènes"... 

TCL is launching its own content production studio tasked with creating original TV content for its free, ad-supported TV service, TCL TV Plus.

The first film, "Next Stop Paris," uses real voiceover actors to provide dialogue to AI-created characters.https://t.co/Mv9WZ1Zr54 pic.twitter.com/KM9lRHMi4f

— TheDesk.net (@TheDeskDotNet) April 12, 2024

De prochaines collaborations incluront des talents clés d'Hollywood, annonce cependant TCL. Passé de l'accroche "Electronics" à "The Creative Life", TCL suit aussi le chemin de la plupart des marques d'électronique grand public qui souhaitent remplir nos vie de créativité à l'ère de l'IA générative (à l'instar de Sony, qui vend un "monde d'émotion, grâce au pouvoir de la créativité et de la technologie".)  Les entreprises chinoises sont connues pour leur capacité d'adaptation, soutenue bien-sûr par un gouvernement volontariste d'un côté, mais aussi par de fortes capacités de R&D (23 centres de recherche avec 7000 employés dédiés à la R&D dans le monde entier pour TCL). L'innovation ne se situe d'ailleurs pas seulement du côté du matériel, mais aussi du côté du modèle économique.

TCL est capable de proposer en même temps le plus grand téléviseur du monde et un device qui signe la fin des écrans : les lunettes connectées TCL NXTWEAR S XR Glasses, présentées au CES en janvier, parfaitement adaptées aux nouveaux nomades (quand on aura réglé le problème de la gestion de la luminosité). Le TCL Design Innovation Center (DIC)  tend à unifier l'expérience utilisateur entre barres de son, machines à laver, climatiseurs et téléviseurs, qui - dans un futur proche - seront tous connectés. Ne reste plus qu'à espérer que tous ces écrans, qu'ils soient réels ou virtuels, diffuseront autre chose que de vulgaires créations sans valeur générées par l'IA et que nous parviendrons à démentir la loi de Sturgeon, qui prétend que 90% de tout est de piètre qualité quand tout le monde peut tout faire, partout, tout à la fois, grâce à l'IA...

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • Daniel Kretinsky cherche à vendre l’hebdomadaire Marianne (La lettre)
  • Audiovisuel public : une réforme en mal d’objectif défini (Le Monde)
  • Le monde du livre vent debout contre la publicité à la télévision (Les Échos)
  • Médiamétrie intègre désormais à ses audiences les séquences issues des émissions de télé qui circulent en masse sur les réseaux sociaux (Le Parisien)

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Source : Ofcom

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • Le retour du téléachat avec une nouvelle chaîne FAST sur Amazon Prime et Freevee (CP Amazon)
  • Le retour du téléphone à clapet n'est pas qu'une mode ! (The New Yorker)
  • Polémique autour de la promotion du film ‘Civil War’ du producteur A24, fabriquée par l'IA (The Hollywood Reporter)
  • Apple retire WhatsApp, Threads, Signal et Telegram de son App Store en Chine, suite aux ordres des régulateurs du pays concernés par la "sécurité nationale" (WSJ)
  • Robinhood l'appli de trading pour (jeune) particulier, lance Sherwood News, un média dédié à l'information financière (Axios) (encore un peu de diversification...)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • En Ukraine, la désinformation en ligne inquiète les autorités (Le Monde)
  • Un journaliste tunisien critique envers le président a été emprisonné pour diffamation (Bloomberg)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Vos ondes cérébrales sont à vendre. Une nouvelle loi veut changer cela (New York Times)
  • Des éditeurs de presse demandent au gouvernement d'enquêter sur Google pour avoir bloqué certains médias californiens (CNN)
  • Le projet de loi sur TikTok prolonge le délai de vente de l'application (Axios)
  • Les préoccupations d'Hollywood en matière d'IA posent des problèmes nouveaux et complexes que les juristes doivent démêler (Variety)

The EDPB has adopted an Art. 64(2) opinion on consent or pay models. The EDPB considers that, in most cases, it will not be possible for large online platforms to comply with the requirements for valid consent, when offering only a binary choice
➡https://t.co/uHq6CCQFja pic.twitter.com/0oCXLJExJO

— EDPB (@EU_EDPB) April 17, 2024

JOURNALISME

  • Newsweek accélère l'utilisation de l'IA dans sa rédaction (NiemanLab)
  • La société mère d'Essence rachète Refinery29 à Vice Media (Axios)
  • The Intercept est à court d'argent (Semafor)
  • Une note de service du New York Times sur Gaza indique aux journalistes d’éviter les mots “génocide”, “nettoyage ethnique” et “territoire occupé” (The Intercept)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • LinkedIn a publié un document sur les meilleures pratiques en matière de vidéos verticales (LinkedIn)

ENVIRONNEMENT 

  • « Le bavardage politique des plateaux étouffe et dépolitise les préoccupations environnementales » (Le Monde)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Google bloque les liens vers les médias californiens dans les résultats de recherche (The Guardian)
  • Elon Musk prévoit de faire payer les nouveaux utilisateurs de X pour poster (TechCrunch)
  • Reddit prend le dessus sur Google (Business Insider)
  • Telegram revendique près de 900 millions d’utilisateurs (Financial Times)
  • TikTok lutte contre une interdiction potentielle au Kenya (Semafor)

STREAMING, OTT, SVOD

  • L'avenir dystopique de la télévision : des déchets générés par l'IA (404media)
  • Truth Social, le réseau social de Trump, lance un service de streaming vidéo (The Guardian)
  • Amazon lance son service "Amazon Live" (TechCrunch)
  • Netflix va arrêter de publier ses chiffres trimestriels d’abonnés à partir de 2025 (Variety)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Airchat est la dernière obsession de la Silicon Valley (Wired)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • VASA-1 : Microsoft lance sa propre IA de "visages parlants" (Venture Beat)
  • L'absence de mesures et d'évaluations de qualité pour les systèmes d'IA constitue un problème majeur (New York Times)
  • Les articles collaboratifs de LinkedIn, alimentés par l'IA, donnent un aperçu inquiétant de l'avenir du contenu (Fortune)
  • Meta lance Llama 3 sur Facebook (The Verge)

🥁 Llama3 is out 🥁
8B and 70B models available today.
8k context length.
Trained with 15 trillion tokens on a custom-built 24k GPU cluster.
Great performance on various benchmarks, with Llam3-8B doing better than Llama2-70B in some cases.
More versions are coming over the next… pic.twitter.com/a2Koge2R5U

— Yann LeCun (@ylecun) April 18, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • Marketplace est une réussite pour Facebook (Sherwood)
  • Les leaders de l'industrie veulent que les marques évitent les sites web "faits pour la publicité" (Wall Street Journal)
  • Pourquoi le New York Times noue des liens avec les gamers tout en diversifiant son public (Digiday)

Kati Bremme et Alexandra Klinnik 

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  • Assises du journalisme : « Le journalisme, c’est du sport »
    Être journaliste requiert aujourd'hui une endurance sans faille. Confrontés à des pressions économiques et politiques croissantes, les professionnels de l'information doivent naviguer avec habileté à travers un océan de contraintes et de fake news. Les Assises internationales du journalisme et de l'information de Tours se sont affichées sous l'étendard du journalisme sportif. Un choix symbolique, anticipant la fièvre des Jeux Olympiques mais soulignant surtout le défi de taille que représente la

Assises du journalisme : « Le journalisme, c’est du sport »

Être journaliste requiert aujourd'hui une endurance sans faille. Confrontés à des pressions économiques et politiques croissantes, les professionnels de l'information doivent naviguer avec habileté à travers un océan de contraintes et de fake news. Les Assises internationales du journalisme et de l'information de Tours se sont affichées sous l'étendard du journalisme sportif. Un choix symbolique, anticipant la fièvre des Jeux Olympiques mais soulignant surtout le défi de taille que représente la navigation dans les eaux tumultueuses de l'information en 2024.

Par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions 

La 17ème édition des Assises internationales du journalisme et de l'information, qui s'est déroulée du 25 au 30 mars à Tours, a été le théâtre de discussions vives autour des défis majeurs auxquels sont confrontés les journalistes. Des sujets aussi divers que l'utilisation de l'IA par les rédactions, le rôle prépondérant de la communication dans le traitement médiatique du sport à l'approche des Jeux Olympiques, les attentes du public français en matière d'information. Sans oublier la place des femmes dans journalisme sportif, trop souvent négligée. Résumé des principaux points.

Le journalisme et l’IA : concrètement, on fait quoi ?

Comment profiter du potentiel de l’IA sans se faire dévorer ? La question a animé de nombreux débats. « Il n’y aura bientôt plus aucun contenu sans IA », a carrément prophétisé Sébastien Soriano, membre du comité de pilotage des États généraux de l’information. Quelle attitude adopter face à cet enjeu majeur et encore mal circonscris ? Florent Rimbert, responsable du développement numérique de l’Alliance de la Presse d’Information Générale (APIG), conseille de conserver « un regard critique » sans tomber dans le « rejet d’office ».

D’abord, les pratiques concrètes

Dans une volonté de démystifier l’arrivée de l’IA dans les médias français, l’événement s’est d’abord centré sur l’échange de pratiques concrètes et les précautions à prendre. 

Conférence « Le journalisme et l'IA : concrètement on fait quoi ? », animée par Xavier Eutrope, rédacteur La revue des médias INA

Chez Contexte, un hackathon interne a été organisé au sein des équipes pour imaginer de nouveaux produits utiles aux journalistes et aux abonnés. Au sein du média spécialisé dans les politiques publiques françaises et européennes, les journalistes ont toujours l’œil rivé sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Le site diffuse régulièrement des avis sur des personnalités souhaitant quitter le secteur public pour le privé. Seulement, il n’envoie jamais d’alertes, ni de mail quand un avis est prononcé. « On doit créer un système d’alertes nous-mêmes, par le biais d’un script informatique. Cette pratique nécessite du temps et de faire appel à un développeur », explique Yann Guégan, chargé de l’innovation éditoriale chez Contexte et vice-président du Conseil de déontologie journalistique et de médiation. Lors du hackathon, la rédaction a donc imaginé une IA, s’appuyant sur l’API de ChatGPT capable de créer automatiquement les alertes. « On lui donne l’url de la page à récupérer, lui décrit le tableau qu’on aimerait obtenir, et on lui demande de créer une alerte dès que ce tableau change », poursuit le journaliste. 

Au sein du Consortium international des journalistes d’investigation, une organisation derrière les enquêtes cross borders comme les Panama Papers, l’IA est utilisée depuis 2016. « Lors des Panama Papers, il y a eu une fuite de données de plusieurs millions de données d’une complexité folle. Même quand vous impliquez des centaines de journalistes, vous ne pouvez pas tout déchiffrer », explique Pierre Romera Zhang, chef de la technologie du consortium. L’équipe a donc mis en place des outils dit de vision par ordinateur. Ils ont confié à l’ordinateur la mission de décrire des éléments visuels, d’extraire du texte des images. Pour eux, l’intelligence artificielle doit permettre d’automatiser des tâches que les journalistes ne sont physiquement pas capables d’exécuter. « A partir du moment où on sait que les journalistes sont capables de lire tous les documents, on ne va pas demander aux algorithmes de le faire pour nous », poursuit-il. L’utilisation de l’IA entraîne un processus très lourd de fact-checking. Les résultats sont vérifiés par trois personnes différentes. Une quatrième personne est chargée de prendre la décision de publier ou non.

Chez Franceinfo, des outils de détection IA ont été mis en place pour repérer des anomalies dans le flot d’informations. Par exemple, des internautes qui soudainement se mettent à tweeter frénétiquement. « Cette initiative nous a permis de détecter les attentats à l’aéroport de Bruxelles et de Strasbourg avant la sortie de la moindre dépêche AFP », souligne Estelle Cognacq, directrice adjointe Franceinfo.

La déferlante de fake news

Si la désinformation ne date pas de l’arrivée de l’IA, elle a pris une ampleur inédite avec le développement de nouveaux outils. Au cours des neufs derniers mois, il est ainsi devenu pratiquement impossible, même pour les meilleurs experts de distinguer les données réelles de celles générées par l’IA, « nous avons besoin d’une solution logicielle pour ça » rappelle ainsi un récent article de la BBC. Carole Chatelain, ex-directrice de Sciences et Avenir et présidente de l’association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI) s’inquiète notamment des conséquences sur les publications scientifiques. Elle cite ainsi les travaux de Guillaume Cabenac, surnommé deception sleuth (« fin limier de la supercherie » en français), membre de l’Institut de recherche en informatique de Toulouse. Ce dernier a constaté que 3 articles sur 10 000 sont générés par l’IA. « Si cela peut paraître anecdotique, imaginez que sur les 100 000 avions qui volent dans le ciel chaque jour, il y en ait chaque fois 30 qui s’écrasent », contextualisait Guillaume Cabenac dans le Point.

Des fractures à venir

Si le secteur informationnel s’est donné comme objectif la réduction des barrières à l’entrée, l’utilisation de l’IA en tant qu’outil journalistique nécessite certaines ressources financières. Carole Chatelain mentionne ainsi les difficultés pour les journalistes indépendants, moins privilégiés pour accéder aux outils les plus perfectionnés. « Lorsque vous êtes journaliste dans une rédaction, vous bénéficiez des outils que l'entreprise met à disposition. Quand vous êtes un journaliste indépendant, qu’est-ce que vous faites quand ces abonnements coûtent 20 dollars par mois ? », alerte-t-elle.

Elle exprime également son inquiétude quant à la perte d’emploi potentielle due à l’automatisation par l’IA et appelle à des garanties pour préserver les postes. Selon un récent rapport, alertant sur une potentielle “apocalypse de l’emploi”, près de 8 millions d’emplois britanniques pourraient être supprimés perdus au profit de l’intelligence artificielle.

La question de la fracture générationnelle est également soulevée : quel sort pour les journalistes plus âgés, moins familiers de ces nouvelles technologies ? Seront-ils condamnés à être remplacés, ou pourront-ils être formés ? 

Le traitement du sport – entre poids de la communication et attente des supporters

La communication, « l’éléphant dans la pièce »

A l’approche des Jeux Olympiques, Jérôme Bouvier, président de Journalisme & Citoyenneté s’interroge : comment la liberté d’informer s’exerce « quand le sport spectacle, proie à des marques privées, édicte des règles de communication bien éloignées de l’olympisme ? ». 

La réponse ? Elle s’exerce difficilement. Surtout que le monde sportif obéit à des règles bien spécifiques qu’il est périlleux de contourner.  « Le sport est un monde à part. En politique, si vous voulez lever un lièvre, vous allez dans un parti, vous allez voir le copain d’a-côté qui va certainement vous filer des photocopies sur l’autre copain, du même parti. Je ne dis pas que c’est facile, mais il y a des points d’entrée. En sport, il y a une règle, c’est la fameuse phrase : ce qui se passe dans les vestiaires reste dans les vestiaires », analyse Thierry Vildary, journaliste France Télévisions, dans une conférence intitulée Violences, corruption, dopage, quelle investigation dans le journalisme de sport ? « C’est une règle d’omerta qui est encore plus solide que dans la mafia. Il n’y a pas de repenti dans le sport. On se tait ».  Et pour les journalistes qui dénoncent les dysfonctionnements dans le monde sportif, les pressions sont nombreuses. « J’ai eu 15 actions en justice en dix ans. Je n’ai jamais perdu », précise Marc Leplongeon, journaliste à l’Équipe. Emmanuelle Anizon, journaliste à l’Obs et autrice de Un si long silence sur la patineuse française Sarah Abitbol, violée par son entraîneur Gilles Beyer à l’âge de 15 ans, confirme : « La pression juridique est forte. Les coups de fil à la direction sont nombreux. On me promet de balancer des boules puantes sur internet. Il m’arrive de ne pas en dormir de la nuit ».

Conférence « Journalistes ou supporters » animée par Louise Audibert, journaliste indépendante

Au-delà de l’investigation, le journalisme sportif se heurte à bien d’autres obstacles. Aujourd’hui, la communication a verrouillé l’accès à l’info spontanée et même les conférences de presse sont accessibles aux seuls incrits – et… aux joueurs eux-mêmes. Surtout dans le milieu du football, le sport le plus regardé en France. Les stars du ballon rond, très présents sur leurs propres réseaux sociaux n’ont pas besoin de relais médiatiques et se suffisant à eux-mêmes. «Le football est l’un des secteurs les plus difficiles. Tout est très encadré. Il est plus facile de faire parler un homme politique, qui aura toujours quelque chose à dérouler, ou un acteur qui devra faire la promotion de son film… Un footballeur de très haut niveau n’a pas grand-chose à vendre. Il a peu d’intérêt à s’exprimer dans les médias », résume Lionel Dangoumau, directeur de la rédaction de l’Équipe. Une armée l’entoure : un communiquant, un juriste, un agent sportif… Difficile d’accéder « à la star » si une relation ne s’est pas nouée avant la célébrité. L’Équipe suit d’ailleurs les athlètes dès le plus jeune âge, pour contourner cet écueil. 

Et gare à celui qui voudrait court-circuiter la com’, et ne pas respecter les règles du jeu. Clément Gavard, journaliste chez Sofoot, en a ainsi fait les frais. Après six mois sans réponse positive du service com’ pour l’interview d’un joueur, il le contacte par ses propres moyens et obtient l’interview. Le service com’ est prévenu dès la fin de l’entretien. Et lui promet qu’il n’aura plus aucun joueur en interview. 

Les attentes contradictoires des « supporters »

Si les journalistes doivent gérer la muraille de la communication, ils sont également attentifs aux attentes contradictoires de « leurs supporters ». Selon la 7ème édition du baromètre Viavoice Les Assises 2023, qui se penche sur les attentes des citoyens envers les médias et l’utilité du journalisme, plus d’un Français sur deux estime que les journalistes de sport ne sont pas assez neutres et qu’ils affichent leurs préférences.  Des attentes qui changent quand l’équipe nationale est sur le terrain. Près d’un Français sur deux (45%) estime que les commentateurs doivent alors montrer leur 'supportérisme' national. Un chiffre qui monte à 65% parmi ceux qui s’informent très régulièrement.

Résultats de la 7ème édition du baromètre Viavoice Les Assises 2023

Pour les journalistes, il s’agit d’un travail d’équilibriste permanent. « L’émotion fait partie du sport. On se doit de le retranscrire. Si on enlève cette part d’émotion, le traitement est un peu dénaturé. Il doit y avoir de l’empathie, mais cela ne doit pas déborder », considère Lionel Dangoumau. 

 Où sont les femmes ?

Présentation des résultats de l'édition 2024 du Baromètre Viavoice

Des effectifs exclusivement masculins

Le journalisme de sport reste encore une profession et une activité largement occupée par des hommes. Selon une étude de l’Arcom, les femmes ne sont représentées qu’à hauteur de 20% sur les plateaux des émissions consacrées au sport et leur temps de parole y est seulement de 11%. Lors de la présentation du Baromètre, Frédérique Misslin, directrice adjointe RFI, constate que le chemin est encore long pour féminiser les rangs du journalisme sportif : « On a encore de gros progrès à faire. Dans notre service sport, il n’y a que des hommes. Ça fait mal. Peu de femmes tapent à la porte pour participer au service, que ce soit pour des CDD, des piges, un stage ou encore pour une mobilité interne. On fait appel à des consultantes pour les JO pour compenser. On a seulement une émission de foot présentée par une femme. C’est une vitrine ». Si le constat est amer, aucune initiative concrète pour résoudre ce problème n'a été avancée. 

Les médias doivent porter le changement

A la question du Baromètre, « à l’avenir, souhaiteriez-vous que davantage de femmes puissent faire ce métier », les Français ont répondu oui à 75%, 9% non et ils sont 16% à ne pas avoir répondu. Pour Cyril Petit, rédacteur en chef délégué au développement éditorial national Ouest France, ces résultats ne sont pas encourageants : « Je trouve inquiétant que 25% des personnes ne disent pas distinctement « oui ». C’est un mouvement global de la société qu’il faut enclencher et nous devons le porter. Le service public le fait par exemple en diffusant des compétitions féminines. »Il faut également encourager le changement, par le choix du vocabulaire employé. « Pourquoi on parle de ligue 1 féminine et simplement de ligue 1 quand il s’agit de joueurs masculins ? Est-ce que demain on ne devrait pas dire ligue 1 masculine ? ».

Conclusion

Les Assises devraient être un endroit propice pour l’introspection et les échanges constructifs. Pour le sociologue Jean-Marie Charon, « l’une des vertus des Assises, c’est que contrairement à nombre d’événements concernant les médias, il n’y a aucune volonté d’évacuer à priori les problèmes et les sujets de débat ». Les sujets qui n’ont pas été suffisamment débattus lors « de procédures très cadrées à l’initiative de l’État », sont « traités à ciel ouvert » aux Assises. Face à des discussions parfois vives, on a parfois eu l’impression d’assister à un festival de langues de bois. Si de nombreux médias sportifs ont assuré s’intéresser au traitement des violences sexuelles dans leurs colonnes, par exemple, aucun n’a instauré de dispositif concret. « Un groupe de réflexion va être mis en place », nous a assuré un dirigeant d’un grand média sportif, sans plus de précision. « Les femmes journalistes qui s’intéressent au sport s’auto-censurent, c’est malheureux, elles n’osent pas venir dans les services », déplore un autre. « Il faut être pro-actif ». A quand une vraie politique d’intégration et de réflexion sur la place des femmes dans le sport ?

 

Crédit photo de titre : Gaël Turpo

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  • Liens vagabonds : TikTok sur le banc des accusés
    États-Unis VS TikTok – Ce mercredi 13 mars, la Chambre des représentants a voté une potentielle interdiction de l’application chinoise dans le pays. Si le sujet est sur la table depuis quelques années (Donald Trump avait lancé les hostilités en 2020, avant de changer d'avis récemment), la menace est cette fois prise très au sérieux par ByteDance, société mère de l’application. Phénomène assez rare, les Démocrates et Républicains semblent s’accorder sur la décision à prendre : « L'impulsion bipa

Liens vagabonds : TikTok sur le banc des accusés

États-Unis VS TikTok – Ce mercredi 13 mars, la Chambre des représentants a voté une potentielle interdiction de l’application chinoise dans le pays. Si le sujet est sur la table depuis quelques années (Donald Trump avait lancé les hostilités en 2020, avant de changer d'avis récemment), la menace est cette fois prise très au sérieux par ByteDance, société mère de l’application. Phénomène assez rare, les Démocrates et Républicains semblent s’accorder sur la décision à prendre : « L'impulsion bipartite récente pour forcer l'entreprise à se désinvestir marque le défi le plus sérieux pour l'application jusqu'à présent, et elle est maintenant confrontée à un vote incertain au Sénat » analyse the Guardian.

Contexte d’une guerre froide numérique

Mercredi, la Chambre a voté massivement en faveur d'une interdiction, avec 352 membres du Congrès votant pour le projet de loi et seulement 65 s'y opposant. Le Sénat a cependant freiné en proposant d'éventuelles modifications à la mesure, brisant les espoirs des partisans d'une adoption rapide et offrant un sursis potentiel à l'application populaire de courtes vidéos. L’entreprise chinoise a quant à elle qualifié le projet de loi « d'inconstitutionnel ». Dans cette guerre froide numérique, il est loin d'être évident que les États-Unis sortiraient vainqueurs.

La vente de TikTok serait rendue obligatoire dans un délai de six mois à un acheteur approuvé par le gouvernement américain. Si ByteDance refuse de vendre TikTok, il serait illégal pour les magasins d'applications et les sociétés d'hébergement web de distribuer ou de mettre à jour l'application aux États-Unis. Celles qui dérogeraient à la règle s’exposeraient à des pénalités. Une interdiction totale semble donc difficile à mettre en place, mais l’accès pourrait être drastiquement limité. La raison ? Les législateurs craignent un risque pour la sécurité nationale des États-Unis et les données de ses utilisateurs.

reminder why lawmakers are considering a tiktok ban:

-bytedance answers to the ccp
-beijing can weaponize americans’ data
-it's in xi’s best interest to control the algorithm + further polarize americanshttps://t.co/KWCf8dxjD4

— ian bremmer (@ianbremmer) March 14, 2024

La réponse de ByteDance

De son côté Bytedance affirme que « 60% de l'entreprise appartient à des investisseurs institutionnels mondiaux ». L'entreprise indique également avoir investi plus de 1 milliard de dollars dans un plan visant à stocker les données sensibles des utilisateurs américains sur des serveurs exploités par Oracle, société américaine de cloud computing. Lors de la récente audition des géants de la tech au Congrès, Shou Zi Chew, le CEO de TikTok, avait insité sur ses origines singapouriennes. Pour Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, le vote de la Chambre suivrait une « logique du voleur ». Il souligne : « Quand vous voyez les bonnes choses des autres, vous tentez de vous les approprier ».

Un rachat est-il réellement possible ?

Avec ses 170 millions d'utilisateurs aux États-Unis, TikTok est une acquisition hors de portée pour la plupart des entreprises. Microsoft, Google et Meta sont sous le coup de la loi antitrust, ce qui limite leurs possibilités d'achat. Steven Mnuchin, ancien secrétaire au Trésor controversé sous Donald Trump, a cependant manifesté son intérêt « C'est une excellente entreprise et je vais constituer un groupe d’investisseurs pour acheter TikTok ».

L’hécatombe pour les créateurs de contenu

Face à la perspective d'une interdiction imminente, plusieurs créateurs expriment leur crainte : « J'achète des articles à des petites entreprises et je les présente sur ma plateforme - je les mets en valeur », a déclaré Ophelia Nichols, une créatrice basée en Alabama aux 12 millions d’abonnés. En Inde où l’application a été interdite en 2020, de nombreux créateurs peinent à faire repartir leur modèle économique : « La manière dont on gagnait en visibilité et en abonnés sur TikTok est [encore] incomparable à toute autre plateforme disponible pour le moment », a déclaré Clyde Fernandes, directeur exécutif chez Opraahfx, une agence de marketing et de gestion d'influenceurs.

De son côté, Jason Koebler, le cofondateur de 404 Media se demande comment le gouvernement américain peut supprimer TikTok « sans violer les droits de liberté d'expression de millions d'Américains et nous mettre sur la voie où un internet relativement ouvert et mondial devient de plus en plus géographiquement cloisonné ».

Affaire à suivre…

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • L'AI Act : un premier texte qui omet les enjeux informationnels (RSF)
  • Le marché français de la musique pénalisé par la faiblesse des abonnements en streaming (Le Monde)
  • Intelligence artificielle : un accord de partenariat entre « Le Monde » et OpenAI (Le Monde)
  • 25 recommandations pour l'IA en France (Élysée)
  • BFM-TV et RMC vendus à l'armateur Rodolphe Saadé (Le Figaro)

Le message envoyé ce matin par Rodolphe Saadé aux collaborateurs de CMA CGM pour annoncer son rachat de BFM-TV et RMC. https://t.co/ifm6CHtSv0 pic.twitter.com/bfqv7kLCBH

— Alexandre Berteau (@aberteau_) March 15, 2024

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Les Français préfèrent les journalistes aux algorithmes

Source : Arcom 

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Comment lutter contre la pollution du web ? (The Atlantic)
  • Bernard Arnault rivalise avec Bezos et Musk en termes de richesse et d'influence sur les médias (Wall Street Journal)
  • L'IA au service de l'information : le nouveau responsable de l'IA du New York Times explique ce que cette technologie puissante peut apporter au journalisme (Reuters Institute)
  • Kate Middleton et la fin de la réalité partagée (The Atlantic)
  • Mettre fin à l’enfance basée sur le téléphone dès maintenant (The Atlantic)
  • Lueurs d’espoirs dans un paysage médiatique morose (New York Times)
  • Kate Middleton et l'espoir dans l'enfer de l'information (CJR)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

    • L'IA pourrait constituer une menace d'extinction pour l'homme, selon un nouveau rapport commandé par le département d'État américain (CNN)
    • OpenAI a signé avec le plus grand groupe de média espagnol Prisa et le Monde (OpenAI)

Le Monde devient le premier média français à signer un partenariat avec OpenAI.

🧠 ChatGPT utilisera les contenus du journal pour plus de pertinence.
💸 Le Monde touchera des revenus conséquents en contrepartie et pourra développer des fonctionnalités IA.https://t.co/WpA6UEuBdw

— François d’Estais  (@fdestais) March 14, 2024

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Le projet de filigrane d'IA de Meta est fragile, au mieux (Spectrum)
  • Google interdit au chatbot Gemini de répondre à des questions sur les élections de 2024 (The Guardian)
  • Midjourney a interdit l'accès à son service à tous les employés de Stability AI, les accusant de collecte de données (The Verge)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Les régulateurs ont besoin d'une expertise en IA. Ils n'en ont pas les moyens (Wired)
  • L'AI Act a été voté au Parlement Européen (European Parliament)
  • Une « loi sur la liberté des médias » en UE, pour protéger les journalistes et lutter contre les ingérences politiques, a été votée par le Parlement (Le Monde)

🚨BREAKING: The European Commission sent formal requests to Bing, Facebook, Google Search, Instagram, Snapchat, TikTok, YouTube, and X:

Following these companies' designation as Very Large Online Platforms (VLOPs) or Very Large Online Search Engines (VLOSEs) by the DSA, the… pic.twitter.com/OTeFS3OeWC

— Luiza Jarovsky (@LuizaJarovsky) March 15, 2024

JOURNALISME

  • La baisse de la diffusion des quotidiens britanniques s'élève en moyenne à 19 % au second semestre 2023 (Press Gazette)
  • Les gens se font plus confiance qu'ils ne font confiance aux informations. Ils ne devraient pas (Columbia Review)
  • Meta est prêt à abandonner l'information dans l'Illinois s'il est contraint de payer les éditeurs locaux (The Verge)
  • Une liste de subventions et de bourses destinées spécifiquement aux personnes qui s’identifient comme femmes et / ou à la réalisation de reportages sur les femmes (GIJN)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Mona Chalabi parle de la narration, du pouvoir des données et de la couverture de la Palestine (The Verge)

ENVIRONNEMENT 

  • Les réparations de téléphones et d'ordinateurs portables deviennent mainstream, grâce à l'action d'iFixit (Cnet)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Comment ByteDance pourrait sauver TikTok d'une interdiction aux États-Unis (Axios)
  • Le long et difficile chemin de Reddit vers l'introduction en bourse (New York Times)
  • L'ancien secrétaire au Trésor Steven Mnuchin est intéressé par le rachat de TikTok (CNN)
  • L'autorité de régulation italienne inflige une amende de 11 millions de dollars à TikTok (Reuters)
  • Les contenus violents en ligne sont "inévitables" pour les enfants britanniques, selon l'Ofcom (The Guardian)
  • Le New York Times rejette l'allégation de "piratage" de l'OpenAI dans le cadre de la lutte contre le droit d'auteur (Reuters)
  • Ces enfants ont enrichi leurs parents influenceurs. Verront-ils un centime de cet argent ? (Cosmopolitan)
  • Qui pourrait acheter TikTok ? Découvrez les personnes susceptibles d'acquérir l'application (NBC News)
  • Instagram joue la carte du long terme face à TikTok, et est en train de gagner (Business Insider)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • L'ancien directeur d'Oculus chez Meta (et auparavant cadre chez Google) donne son avis sur le Vision Pro (Hugo’s Blog)

STREAMING, OTT, SVOD

  • YouTube remanie son application TV pour faciliter les achats (The Verge)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Neil Young reviendra sur Spotify après un boycott de deux ans en raison de Joe Rogan (Wall Street Journal)
  • Spotify ajoute des vidéos musicales en version bêta dans certains pays - les Etats-Unis n'en font pas partie (TechCrunch)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • Un juge estime qu'un informaticien n'est pas l'inventeur du bitcoin (BBC)
  • Ce que l'histoire de Kate Middleton nous apprend sur le bitcoin (Financial Times)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Entretien avec Mira Murati, directrice technique d'OpenAI, à propos de Sora et de son plan de déploiement (Wall Street Journal)
  • Les vidéos IA de Sora sont facilement confondues avec des images réelles lors d'un test auprès de consomateurs US (Variety)
  • Les journalistes alimentent l'engouement pour l'IA (BBC)
  • Les accords d'OpenAI avec les éditeurs pourraient poser des problèmes à ses rivaux (TechCrunch)
  • Oubliez les chatbots. Les agents d'intelligence artificielle sont l'avenir (Wired)
  • Apple a discrètement acheté la startup canadienne d'IA DarwinAI (Bloomberg)
  • Google Deep Mind présente SIMA : un agent d'intelligence artificielle polyvalent pour les environnements 3D (DeepMind)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • NewsGuard propose aux marques une veille sur les “fake news” (CBNews)
  • L'éventuelle interdiction de TikTok aux États-Unis préoccupe les spécialistes du marketing (Digiday)
  • AP lance un site de commerce électronique avec Taboola (Axios)

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

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  • RT, ex-Russia Today : Le cheval de Troie de l'influence russe
    Propagande, désinformation, manipulation... Tels sont les termes qui reviennent lorsqu'il s'agit de la chaîne russe RT (anciennement Russia Today). Mais quelle est la réalité derrière cette machine médiatique au service du Kremlin ? Dans son essai "Un média d'influence d'état : enquête sur la chaîne russe RT", Maxime Audinet, chercheur à l'IRSEM, Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire, sonde les stratégies de propagande employées par la chaîne et son impact sur l'opinion publique

RT, ex-Russia Today : Le cheval de Troie de l'influence russe

Propagande, désinformation, manipulation... Tels sont les termes qui reviennent lorsqu'il s'agit de la chaîne russe RT (anciennement Russia Today). Mais quelle est la réalité derrière cette machine médiatique au service du Kremlin ? Dans son essai "Un média d'influence d'état : enquête sur la chaîne russe RT", Maxime Audinet, chercheur à l'IRSEM, Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire, sonde les stratégies de propagande employées par la chaîne et son impact sur l'opinion publique. Interdite sur le territoire européen depuis la guerre en Ukraine, RT retrouve aujourd'hui un nouveau souffle sur le continent africain dans ses versions anglaise et française. 

Propos recueillis par Alexandra Klinnik du MediaLab de l'Information de France Télévisions

"Mégaphone de propagande du Kremlin", "Fox News en miroir", RT s'est imposé en près de deux décennies comme le principal acteur de l'influence informationnelle de la Russie à l'étranger. Son objectif affiché ? Briser le monopole des médias "anglo-saxons" et se poser en "média alternatif" face aux médias "mainstream". Derrière cette façade se cache un puissant outil de propagande "poutinien", comme le montre le spécialiste de la Russie, Maxime Audinet dans son essai "Un média d'influence d'état : enquête sur la chaîne russe RT". Interview.

En quoi RT est l’instrument le plus emblématique de la propagande contemporaine russe ? 

Il s’agit de l’instrument le plus connu à l’étranger et le plus subventionné par l’État russe. Fondé en 2005, ce média transnational – c’est-à-dire un média pensé et créé pour communiquer avec des audiences à l’étranger – a acquis une certaine notoriété dans les pays où il s’est établi. RT France, par exemple est devenu la filiale délocalisée la plus importante du réseau avec sa rédaction parisienne. Chaque année, RT reçoit environ de 300 millions d’euros du budget fédéral russe. Sputnik, l’autre média transnational russe, bénéficie d’un peu plus de cent millions d’euros. Par comparaison, France Médias Monde, l’agence qui coordonne France 24 et RFI, reçoit 250 millions d’euros de subventions publiques. Contrairement aux médias français transnationaux, qui sont des médias de service public, RT est un média d’État sur lequel le gouvernement russe exerce un contrôle important. Il existe une forte dépendance éditoriale vis-à-vis du discours officiel. L’un des particularités d’un média comme RT est autant de légitimer les positions de la Russie à l’étranger que de discréditer le modèle démocratique libéral et renforcer la polarisation des sociétés occidentales.  

Alors même que RT est un média financé par le gouvernement russe, il ne s’affiche aujourd’hui plus comme une source d’information russe à l’étranger… Comment sa ligne éditoriale a-t-elle évolué  depuis 2005 ?  

RT a abandonné son approche russocentrée à la fin des années 2000 face au manque de succès de cette orientation éditoriale. En 2005, lors de sa création, l’objectif était de renforcer la « puissance d’attraction » de la Russie, d’améliorer sa réputation à l’étranger. Cela a été un flop. Le conflit survenu en Ossétie du Sud en août 2008 entre la Russie et la Géorgie constitue un moment charnière dans ce changement de ligne éditoriale. RT décide alors de se présenter comme un média global « alternatif ». Cette posture consiste pour les différentes branches de RT à remettre en question la norme dominante incarnée par des grands médias occidentaux supposément univoques et hostiles aux intérêts russes, comme la BBC ou CNN. Lors d’une visite dans les locaux de RT en 2013, Vladimir Poutine affirmait d’ailleurs que ce média avait été créé, je cite, pour « briser le monopole des médias anglo-saxons ». RT cherche à se poser en contre-pouvoir médiatique capable de concurrencer de manière asymétrique les récits diffusés par les médias « mainstream » occidentaux. Cette approche négative du soft power consiste à déprécier la puissance d’attraction de l’adversaire plutôt qu’à renforcer celle de la Russie.  

En France, la devise de RT, c’est « osez questionner ». Il s’agit d’une de devise sceptique qui incite les téléspectateurs et les lecteurs de RT à remettre en cause la version imposée par les « médias mainstream », là où RT dévoilerait « l’envers du récit ». Derrière cette posture contre-hégémonique se dessine en réalité une ligne éditoriale totalement compatible avec les intérêts officiels de la Russie, voire alignée sur le discours officiel lorsqu’il s’agit de traiter des événements sensibles comme la guerre en Syrie, l’affaire Skripal, l’invasion de l’Ukraine ou la mort de l’opposant Alexeï Navalny. 

Quelle était la stratégie de recrutement de RT France ? Vous expliquez que la rédaction ne cherche pas recruter des membres de la diaspora russe ou des spécialistes de l’espace post-soviétique… 

La connaissance effective de la Russie ou de la politique étrangère russe n’était en effet absolument pas une condition de recrutement. Certains de mes enquêtés chez RT France ne connaissaient strictement rien à la Russie, sa société ou son système politique. On peut supposer que cette méconnaissance permettait un contrôle éditorial accru de la direction sur les actualités russes. Cela se traduit par un puissant relativisme. Dans un contexte de crise de la presse, les journalistes recrutés, souvent tout juste sortis d’école, bénéficiaient aussi de conditions optimales : des CDI payés entre 2500 et 3000 euros net par mois. Cela a été une motivation importante pour nombre d’entre eux. Beaucoup témoignent d’une grande difficulté à se reconvertir après la fermeture de RT France consécutive aux sanctions européennes adoptées en 2022. Certains ont changé de métier, d’autres trouvent progressivement des emplois dans l’écosystème médiatique « alternatif », de droite radicale et d’extrême droite (CNews, Journal du Dimanche, Omerta, Sud Radio, Prisma, Europe 1, etc.) Un de mes enquêtés, ancien de RT France, parle d’un « effet vase communicant » et de « passerelle » avec la chaîne d’opinion CNews, et plus largement des médias détenus par le groupe Vivendi de Vincent Bolloré. 

 RT développe une posture de « post-vérité », selon laquelle toute vérité est relative et que tous les avis se valent. Comment cette stratégie se traduit-elle ? 

 RT affirme l’absence d’une vérité unique. Les médias russes internationaux cherchent à créer dans cet environnement informationnel un état de confusion narrative, une « cacophonie d’opinions, de perspectives », au prétexte de dévoiler ce que les médias dominants dissimulent. Ce procédé utilisé par la propagande russe porte un nom : la désorientation. C’est une pratique qui consiste non pas à censurer l’information réelle, factuelle, mais à la présenter sous différentes versions. C’est ce qui se passe avec la mort d’Alexeï Navalny : « les conclusions de l’Occident sont toutes trouvées, c’est un assassinat », « le gouvernement russe assure que c’est une mort naturelle ». Ils vont également utiliser en contrepoint l’avis d’un intervenant étranger, tel que le président brésilien Lula, qui a appelé « à ne pas tirer des conclusions hâtives » sur la mort de Navalny. Il devient très difficile pour un lecteur, qui n’est pas forcément informé, de déterminer réellement ce qui s’est passé. On a du mal à discerner le vrai du faux, la réalité du commentaire. Il ne s’agit pas d’une propagande rigide et unilatérale, qui va matraquer un élément de langage, mais d’une pratique de manipulation plus subtile et de modes de désinformations indirects. 

Quel a été l’impact de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 sur RT ? 

Les branches européennes de RT apparaissent au début du conflit en Ukraine en 2014. Le site français de RT est créé en janvier 2015. L’invasion à grande échelle de la Russie en Ukraine en février 2022 a eu d’importantes répercussions sur l’ensemble du dispositif d’influence russe, en particulier sur RT et Sputnik. Concrètement, l’Union européenne n’a dans un premier temps pas interdit à leurs branches délocalisées sur son territoire de continuer à produire des contenus. Mais le règlement du Conseil adopté le 1er mars a conduit à la suspension de l’ensemble des canaux de diffusion numérique et audiovisuelle de RT et Sputnik sur le territoire européen, à leur déréférencement des principaux moteurs de recherche, ainsi qu’à leur « déplateformisation », autrement dit la fermeture de leurs comptes et chaînes sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, Telegram, etc.). De nombreux journalistes des branches de RT et Sputnik en Europe ont quitté les rédactions, certaines faisant face à une véritable hémorragie comme en Allemagne. En France, le massacre de Boutcha, commis par l’armée russe au nord de Kyiv et révélé début avril 2022, a généré un profond malaise au sein de la rédaction. RT a joué un rôle de pure propagande de guerre pour blanchir les soldats russes, en relayant le discours officiel russe qui présente les exactions comme une mise en scène de l’armée ukrainienne. 

Pourtant, ces nouvelles vagues de sanction n’ont pas marqué la mort de l’appareil de propagande médiatique internationale de la Russie. Aujourd’hui, les différentes branches ont été relocalisées pour la plupart en Russie, au siège moscovite. RT France a été placé en liquidation judiciaire au mois d’avril 2023, et sa rédaction est désormais basée à Moscou. Sa ligne nettement plus débridée est incarnée par de nouvelles figures propagandistes comme Xavier Moreau, un homme d’affaires français installé en Russie, proche de l’extrême-droite et considéré comme l’un des promoteurs les plus actifs de la désinformation francophone pro-Kremlin.  

Capture d'écran de RT France, toujours accessible en dehors du territoire européen. On notera l'ordre des onglets : ...International / Afrique / France  ...

Comment RT contourne les sanctions européennes ?  

RT se réoriente en recherchant de nouvelles audiences. L’Afrique subsaharienne et son marché médiatique colossal sont devenus le nouvel espace d’expansion privilégié par les médias russes transnationaux. Les canaux anglophones se mettent à produire beaucoup plus de contenus sur les actualités africaines, tandis que RT et Sputnik en français ont signé une trentaine d’accords de coopération avec des médias et agences de presse du continent.  

Les maisons mères des deux réseaux, Rossia Segodnia et TV-Novosti, ont également fragmenté leur infrastructure numérique. Auparavant, tout était organisé autour des noms de domaine rt.com et sputniknews.com. Accéder à ces noms de domaine bloqués par les fournisseurs d’accès à internet européens est aujourd’hui impossible sans VPN. Ils ont donc mis en place une technique plus sophistiquée. Elle s’appuie sur la création d’un important réseau de sites miroirs, identiques aux sites originels et accessibles sans VPN. RT en allemand dispose à lui seul d’une dizaine de sites miroirs, qui lui permettent de maintenir des audiences importantes en ligne en Allemagne. Son dernier site miroir en date, « freedert.online », a été enregistré en juillet 2023. Les autorités européennes de régulation ont en cela plus de difficulté à faire appliquer les sanctions dans ce jeu du chat et de la souris, bien que celles-ci aient entraîné une baisse significative des audiences de RT et Sputnik en Europe. 

 

 

 

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Liens vagabonds : Le contenu ou la vie, quelle nouvelle économie des médias face à l'IA générative ?

A la Silicon Valley, les accords se multiplient pour permettre aux entreprises technologiques de se servir légalement des contenus disponibles sur Internet pour nourrir leurs IA. Le dernier en date aurait été signé entre Google et Reddit. Le géant du numérique compterait verser 60 millions de dollars par an au réseau social pour entraîner ses modèles. Ce deal s’inscrit dans une tendance croissante qui concerne en priorité les acteurs de l’information. Axel Springer, AP, Semafor, et certains grands médias français font le choix de se lier aux géants de l'IA générative, faute d'accord global sur les droits des éditeurs. Avec, comme effet secondaire, la déstabilisation d'acteurs de moindre envergure. 

Google to pay Reddit $60 million per year for faster access to its content that it has access to already that no one wants to see rank highly in Google Search anyway https://t.co/T3gYvAcBKk pic.twitter.com/pNOoMTDTiq

— Barry Schwartz (@rustybrick) February 23, 2024

Deals entre OpenAI et la presse : un pari risqué ?  

On vous en parlait ici, le géant de l'édition allemand Bild a conclu un partenariat historique avec OpenAI fin décembre. Dans le cadre de cet accord, Axel Springer autorisera OpenAI à utiliser le contenu de ses médias, notamment Bild, Politico et Business Insider, pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle. Le principal objectif du groupe ? Améliorer la qualité des réponses données par ChatGPT grâce à ses articles de presse tout en assurant la pérennité économique de ses médias.  

En juillet, l’agence de presse américaine Associated Press (AP) annonçait également avoir conclu un accord avec la start-up, lui « conférant une licence d'utilisation pour une partie de ses archives de presse ». La publication des contenus n’était cependant pas concerné. Dans cette continuité, le site d’information politique Semafor a récemment développé un outil de recherche en partenariat avec OpenAI piloté par l'IA appelé MISO (pour « multilingual insight search optimizer »). Celui-ci permet aux journalistes de trouver et de résumer efficacement un large éventail d'articles dans différentes langues, facilitant ainsi le processus de curation de contenu. L'entreprise décrit l'outil comme « un robot personnalisé construit sur la plateforme OpenAI et utilisant le moteur de recherche Bing de Microsoft ». 

Selon Mind Media, un partenariat inédit aurait également été noué entre Microsoft et les journaux Ouest France et Le Monde afin de « les aider à appliquer les fonctionnalités de l’intelligence artificielle générative à leurs activités rédactionnelles ». Ce serait le premier accord de ce type entre des médias français et une entreprise technologique de cette envergure. 

Pendant ce temps, le New York Times pourrait peut-être gagner son procès contre OpenAI… 

C’est ce que sous-entendent Timothy B. Lee, journaliste spécialisé dans les droits d’auteur, et James Grimmelmann professeur de droit spécialisé sur la propriété intellectuelle dans un article pour ArsTechnica. Le New York Times intentait fin décembre un procès à Open AI pour violation des droits d’auteur. L’argument principal en faveur d’Open AI serait que « Nous apprenons tous gratuitement ». L’article souligne cependant que : « Le raisonnement semble être que s'il est légal pour un être humain d'apprendre à partir d'un livre protégé par le droit d'auteur, il doit également être légal pour un grand modèle de langage d'apprendre à partir d'un million de livres protégés par le droit d'auteur » avant de poursuivre : « l’utilisation équitable dans un contexte personnel ou universitaire peut ne pas l'être si elle est pratiquée à l'échelle commerciale ».

En effet, la loi mentionne spécifiquement l'enseignement et la recherche comme exemples d'utilisation équitable. Mais pour les deux experts, les entreprises d'IA, comme OpenAI, utilisent des matériaux protégés par des droits d'auteur d'une manière qui pourrait ne pas être considérée comme une utilisation équitable, surtout lorsque les modèles génèrent des contenus qui concurrencent directement les œuvres originales. A l'époque, MP3.com et Texaco avaient perdu leurs arguments concernant l'utilisation équitable, tandis que Google a eu gain de cause. Aujourd'hui, les marchés des licences sont bien plus matures face à l'exploitation numérique des contenus et le problème de "mémorisation" des IA génératives...

En attendant des accords viables, de plus en plus de médias bloquent les robots d’exploration web (crawlers) des IA afin de protéger leurs données. Selon un relevé du Reuters Institute, à la fin de l'année 2023, 48 % des sites d'information les plus utilisés dans dix pays bloquaient les robots d'OpenAI. Un plus petit nombre, 24 %, bloquait le crawler d'IA de Google. Une tentative de protection pour préserver tant bien que mal leur modèle économique et le trafic sur leurs sites.  

Google grand sauveur des éditeurs ?  

Dans un contexte économique difficile, Google se positionne comme sauveur des éditeurs avec son nouvel outil de gestion des paywalls dynamique « Offerwall ». Difficile à croire sachant que le crawler de son IA Gemini participe également à l’absorption des données des médias – et fragilise donc leur modèle économique. L’outil permet aux lecteurs de débloquer l'accès au contenu de leurs sites web en choisissant parmi une série d'options telles que l'achat d'un abonnement, la visualisation d'une publicité vidéo, le partage de données personnelles (en spécifiant leurs intérêts parmi une liste de choix), ou un micropaiement pour un accès à court terme. Google présente Offerwall comme un « moyen pour les éditeurs de diversifier leurs revenus et d'explorer des approches de monétisation alternative ». 

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • « Qui veut voir dormir ma sœur » : l’horreur d’un Discord français à peine caché (Numérama)
  • Pluralisme : l'affaire CNews vire au casse-tête pour l'Arcom (Les Echos)
  • Sciences Po : souffrances en silence à l’école de journalisme (Arrêt sur Images)

3 CHIFFRES

  • À la fin de l'année 2023, 48 % des sites d'information les plus utilisés dans dix pays bloquaient les robots d'OpenAI, d’après une étude du Reuters Institute of Journalism.
  • Substack annonce avoir dépassé les 3 millions d'abonnements payants sur sa plateforme, selon leur communiqué.
  • 1 500 milliards de dollars - la valeur de marché de Nvidia, le fabricant de puces qui alimente l'intelligence artificielle, a bondi de plus de 1 500 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois, d’après CNBC.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

  • YouTube représente 9% du temps TV aux USA

Source : Nielsen

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • Un chatbot qui imite les morts. Est-ce une bonne idée ? (Financial Times)
  • Comment Sora fonctionne (et ce que cela signifie) (Every)
  • Les firmes d'IA contournent vos blocages, devenus inefficaces (The Verge)
  • Les « shukanshi », ces tabloïds racoleurs qui révèlent l’envers du décor au Japon (Le Monde)
  • La course de la Chine pour dominer les IA s'accompagne d'un revers de médaille : elle dépend de la technologie américaine (NYT)
  • Le nouveau métier de l'IA ? Collaborateur polyvalent d'Hollywood (The Hollywood Reporter)
  • TikTok est sur le déclin (Slate)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • L'engouement pour l'IA s'estompe, d'après les résultats des appels d'offres (Yahoo Finance)
  • Google teste la disparition de l’onglet « Actualités » dans ses résultats de recherche (NiemanLab)

help @google where is my "news" tab pic.twitter.com/6ouIaWhwKP

— Sarah Scire (@SarahScire) February 21, 2024

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • OpenAI suspend le développeur d'un chatbot se faisant passer pour un homme politique (AI)
  • Le personnel de Meta a découvert que l'outil d'abonnement à Instagram permettait l'exploitation des enfants. L'entreprise a quand même continué (Wall Street Journal)
  • Une nouvelle étude montre que les gens peuvent changer d'avis sur la théorie du complot (The Conversation)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • Les géants du numérique signent un accord contre l’utilisation trompeuse de l’IA dans le cadre d’élections (Le Monde)
  • Julian Assange risque un "déni de justice flagrant" s'il est jugé aux États-Unis, selon un tribunal londonien (The Guardian)
  • TikTok visé par une enquête de la Commission européenne concernant la protection des mineurs (Commission européenne)

Nous ouvrons une procédure formelle pour déterminer si Tik Tok a pu enfreindre le règlement sur les services numériques (#DSA) dans certains domaines :

▪ protection des mineurs
▪ publicité
▪ accès aux données pour les chercheurs
▪ gestion des risques
▪ contenu préjudiciable

— Commission européenne 🇪🇺 (@UEFrance) February 19, 2024


JOURNALISME

  • Les éditeurs testent le nouvel outil de monétisation Offerwall de Google (ToolKits)
  • AP lance un programme de formation à l'IA et couvre l'expansion grâce à deux nouvelles subventions (AP)
  • Vice Media cesse de publier sur son site web et supprime des centaines d'emplois (BBC)
  • Les éditeurs testent un nouvel outil de monétisation de Google appelé Offerwall (Toolkits)

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • L'ascension incertaine d'Instagram en tant que site d'information (New York Times)
  • Une nouvelle étude se penche sur les effets positifs du croisement du journalisme et de la comédie (NiemanLab)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Les "micro-influenceurs" vont-ils faire basculer les élections américaines ? (Financial Times)
  • Google va payer 60 millions de dollars par an à Reddit pour entraîner ses modèles et se servir de ses contenus (Reuters)
  • Les applications de rencontres Tinder et Hinge sont conçues pour rendre les utilisateurs dépendants, selon une action en justice (CBS news)
  • Les influenceurs de TikTok gagnent beaucoup d'argent grâce aux streams (ABC)
  • Reddit va enfin entrer en Bourse (Les Echos)

Fun to talk Reddit with @andrewrsorkin this morning. Going to be a rough ride for the company as it goes public. $RDDT https://t.co/ADzaxm5s7c

— Alex Kantrowitz (@Kantrowitz) February 23, 2024

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Pleurer avec Apple Vision Pro (Wired)
  • Les fans du jeu Kim Kardashian se préparent à la fin de leur vie virtuelle somptueuse (Wall Street Journal)

STREAMING, OTT, SVOD

  • YouTube domine le streaming TV aux États-Unis, selon le dernier rapport de Nielsen (TechCrunch)
  • Comment Marvel se réinvente discrètement en réponse à la lassitude des superhéros (Hollywood Reporter)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Apple déclare que Spotify veut un accès "illimité" à ses outils sans payer (The Guardian)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Google DeepMind crée une nouvelle organisation axée sur la sécurité de l'IA (TechCrunch)
  • La course à la domination de l'I.A. par la Chine s'accompagne d'un revirement : elle dépend de la technologie américaine (New York Times)
  • Stable Diffusion revient en force avec une toute nouvelle IA : Cascade (lebigdata)
  • Les Émirats arabes unis soutiennent l'idée de Sam Altman de se transformer en terrain d'essai de l'IA (Bloomberg)
  • Google offre une partie de l'intelligence artificielle qui alimente les chatbots (New York Times)
  • Google interrompt la génération d'images de personnes par l'IA à la suite de réactions négatives sur la diversité (Financial Times)

We're aware that Gemini is offering inaccuracies in some historical image generation depictions. Here's our statement. pic.twitter.com/RfYXSgRyfz

— Google Communications (@Google_Comms) February 21, 2024

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • LVMH va à Hollywood pour mettre ses marques à l'écran (Financial Times)

 

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

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Liens vagabonds : Le modèle de Netflix évolue et rabat les cartes du « old streaming »

Dans la course des géants du streaming, Netflix semble avoir une longueur d’avance. La société a conclu cette semaine un accord de 10 ans avec la WWE - une entreprise américaine spécialisée dans l'organisation d'événements de divertissement -  pour les droits de l’émission de catch "Monday Night Raw", un programme hebdomadaire diffusé depuis 31 ans sur le petit écran. Cet accord évalué à 5 milliards de dollars contribue à la diversification des contenus de Netflix en même temps qu’il signe un « changement radical pour l'industrie du divertissement qui passe de la télévision linéaire à la diffusion en continu » analyse Axios. Passage à la loupe de la stratégie de différenciation de la plateforme :

Netflix mise sur le sport en direct pour diversifier ses contenus, mais pas que…

« Notre partenariat modifie et renforce fondamentalement le paysage médiatique, élargit considérablement la portée de la WWE et permet à Netflix d'accéder à des rendez-vous hebdomadaires en direct » a déclaré Mark Shapiro, président et directeur de TKO (société détenant WWE). Netflix n’en est cependant pas à son coup d’essai. En 2023, la société avait annoncé qu'elle organiserait son tout premier événement sportif en direct, avec des pilotes de F1 et des golfeurs professionnels s'affrontant lors d'un tournoi de golf. Quelques mois plus tôt, l’entreprise s’était déjà essayé à la diffusion en direct avec une émission de stand-up du comédien américain Chris Rock. Pour compléter ce portefeuille d’activités, l’accent a été porté sur la création de films originaux et émissions de télé réalité comme « Too hot to handle » ou « Love is Blind ».

« La société s'est lancée dans la télé-réalité, les romans à l'eau de rose et les séries internationales, tout en confiant de grosses sommes d'argent à des scénaristes de renom tels que Shonda Rhimes et Ryan Murphy » explique le Financial Times. En 2021, les dépenses annuelles en contenu avaient dépassé les 17 milliards de dollars.

Les raisons de cette diversification ? Une réaction à la perte de ses licences à l’instar de la série "Friends" au fur et à mesure que la concurrence se multiplie.

Un changement de paradigme porté par une hausse des recettes et des abonnements

Si Netflix a connu une année noire en 2022 caractérisée par une chute de sa marge d’exploitation et un lourd endettement de plus de 14 millions de dollars, l’entreprise a su remonter la pente en 2023. La plateforme a gagné 13 millions d’abonnés supplémentaires, notamment en raison de sa politique de restriction des mots de passe. Elle a augmenté considérablement ses revenus grâce à l’augmentation de ses prix et le lancement d’un abonnement financé par la publicité. Mais le véritable changement est venu de la réduction des coûts, favorisée par une grève des scénaristes à Hollywood qui a interrompu les productions. Alors que le chiffre d'affaires a augmenté de 6,6 % en 2023, le bénéfice net a progressé de 20 %.

Bien que Netflix éclipse les autres plateformes de streaming, il reste encore du chemin à faire pour que la compagnie rivalise avec Youtube qui propose du contenu créé gratuitement par ses utilisateurs.  Ce qui est certain, selon The Wired, c’est que : « l'ancien cahier des charges de Netflix a été mis au placard. Le nouveau - un mélange de programmes originaux et sous licence, de contenus financés par la publicité et d'événements en direct - ressemble de plus en plus au paradigme du câble que le streaming avait l'intention de remplacer ». La télévision traditionnelle perdra-t-elle ce combat de catch ?

CETTE SEMAINE EN FRANCE

  • IA : la France peine à faire entendre sa ligne pro-innovation en Europe (Les Echos)
  • Succès de Squeezie : dans les coulisses des concepts YouTube qui détrônent la télé (Libération)
  • Le Conseil d’Etat pourrait demander à l’Arcom d’être plus intransigeante envers CNews sur le respect du pluralisme (Le Monde)
  • C8 à nouveau sanctionnée par l’Arcom pour une séquence de « Touche pas à mon poste » (Le Monde)
  • Intelligence artificielle : les créateurs en appellent à Rachida Dati (La Croix)
  • Amazon va trop loin dans la surveillance des salariés selon la CNIL (Les Echos)

3 CHIFFRES

  • La consommation linéaire passe sous la barre des 50% de la consommation vidéo totale en France, selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).
  • Les revenus publicitaires de LinkedIn aux États-Unis augmenteront de 14,1% pour atteindre 4,56 milliards de dollars cette année, d’après Business Insider.
  • La CNIL sanctionne Amazon France d’une amende de 32 millions d’euros.

ℹ🔴 La CNIL sanctionne AMAZON FRANCE LOGISTIQUE d’une amende de 32 millions d’euros notamment pour avoir mis en place un système de #surveillance de l’activité et des performances des salariés excessivement intrusif 👉https://t.co/OPxjqboAbz pic.twitter.com/HFk4fGysSI

— CNIL (@CNIL) January 23, 2024

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

La désinformation en tête des risques mondiaux en 2024

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

  • La désillusion des journalistes partout dans le monde (Reuters Institute)
  • Pitchfork va me manquer, mais ce n'est que la moitié du problème (Ezra Klein)
  • Comment les algorithmes des médias sociaux 'uniformisent' notre culture en prenant des décisions à notre place (NPR)
  • L'avenir du journalisme s'assombrit (New York Times)
  • La guerre du streaming est terminée et Netflix a gagné (Financial Times)

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

  • New York est la première ville à déclarer que les médias sociaux constituent un danger pour la santé publique (Washington Post)

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE,DÉSINFORMATION

  • Les deepfakes audio deviennent l'arme de prédilection de la désinformation électorale (Financial Times)
  • Un nombre croissant d'applications facilitent l'automatisation du militantisme pro-israélien en ligne (Washington Post)
  • Elon Musk propage des informations erronées sur les élections, mais les vérificateurs de X sont partis depuis longtemps (New York Times)
  • Clarissa Ward demande à Israël de laisser les journalistes rendre compte librement de l'actualité à Gaza (Washington Post)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

  • DMA : Meta et Google permettent désormais à leurs utilisateurs de pouvoir dissocier les différents plateformes (Correspondance de la Presse)
  • Digital Market Act: Meta et Google livrent un aperçu du big bang qui s'apprête à secouer l'internet européen (Le Figaro)

JOURNALISME

  • Le Los Angeles Times annonce le licenciement d’au moins 115 journalistes (Los Angeles Times)
  • La nouvelle PDG de la radio publique américaine NPR dit qu’elle déteste le mot « contenus » (NPR)
  • Au sein du complexe politico-médiatico-industriel américain en pleine déconfiture (Semafor)
  • Après les licenciements du LA Times, une nouvelle pression pour obliger Google et Facebook à payer pour l'information (San Francisco Chronicle)
  • Le HuffPost U.K. connaît des problèmes de trésorerie qui obligent les pigistes à courir après l'argent pendant des mois (Press Gazette)
  • Business Insider prévoit de réduire son effectif mondial de 8% (Press Gazette)
  • La guerre de l'information en Ukraine se retourne-t-elle contre ses propres journalistes ? (Columbia Journalism Review)
  • Guerre contre Gaza : Le photojournaliste Motaz Azaiza évacué au Qatar (Middle East Eye)
  • Les travailleurs syndiqués de Condé Nast se mettent en grève suite à l'annonce de licenciements (Axios)

L.A. Times began laying off at least 115 people in the newsroom beginning today in an effort to stem deep financial losses. Many cherished colleagues - including some with years of service - are being forced to say good-bye. @latimes https://t.co/rQDX4pFI9x

— Meg James (@MegJamesLAT) January 23, 2024

 

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

  • Le plus grand journal norvégien s'exprime sur ce que les lecteurs aiment - et n'aiment pas - dans les articles audio (INMA)

RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS

  • Le gouvernement flamand veut obliger TikTok et YouTube à partager leurs revenus (The Guardian)
  • Twitch change ses règles de monétisation (The Verge)
  • Meta met en place des limitations de messagerie plus strictes pour les adolescents et des contrôles parentaux (TechCrunch)
  • Les influenceurs TikTok promettent de vous rendre riche. Le calcul n'est pas juste (Rolling Stone)
  • Nous sommes entrés dans l'ère du visage TikTok (Dazed Beauty)
  • BeReal, qui compte maintenant 23 millions d'utilisateurs actifs quotidiens, intègre des marques et des célébrités (TechCrunch)
  • X submergé par des fausses images explicites de Taylor Swift générées par l'IA (The Verge)

IMMERSION, 360, VR, AR

  • Microsoft licencie environ 10% des effectifs de sa branche jeux vidéo (The Verge)
  • Des conférenciers en hologramme enthousiasment les étudiants d'une université britannique novatrice (The Guardian)

STREAMING, OTT, SVOD

  • Netflix débarque dans le sport en direct (CNBC)
  • Les abonnés et les revenus de Netflix augmentent grâce à la politique de répression du partage de mots de passe (Wall Street Journal)

AUDIO, PODCAST, BORNES

  • Cette playlist Spotify qui vous comprend vraiment ? Elle a été écrite par une IA (New York Times)
  • Les réseaux de podcasts testent des outils d'IA pour la traduction des émissions, l'aide à la production et la vente de publicité (Digiday)

Web3, BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT

  • NFT, chaos dans le monde de l’art (Capital)

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION

  • Un nouvel outil logiciel gratuit permet aux artistes d'"empoisonner" les modèles d'IA cherchant à s'entraîner sur leurs œuvres (VentureBeat)
  • Comment l'IA peut trouver les films, les séries télévisées et les livres parfaits pour vous (Wall Street Journal)
  • La plupart des sites d'information bloquent les robots d'intelligence artificielle. Les médias de droite les accueillent à bras ouverts (Wired)
  • Schibsted remporte un franc succès avec l'IA audio (INMA)
  • L'IA annonce la prochaine génération d'escroqueries financières (Financial Times)

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

  • La boutique TikTok est énorme. Est-ce que cela va durer ? (The New Consumer)
  • Les plateformes sociales deviennent des "moteurs de marketing", les créateurs cherchant à conclure des accords directs pour gagner de l'argent (Digiday)
  • Publicis investira 300 millions d'euros dans l'IA pour poursuivre sa transformation (Les Echos)

Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Aude Nevo

 

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