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  • Quoi de neuf du côté de Wero ?
    Lors de sa création en 2020, l'EPI promettait de révolutionner les paiements dans la zone Euro à l'horizon 2022. Six ans et bien des péripéties plus tard, une nouvelle étape commence à être franchie avec le lancement officiel en France, par BPCE, de fonctions de règlement des achats en ligne, dans la foulée de l'Allemagne et la Belgique.Concrètement, le groupe bleu et rouge a validé une expérimentation et peut désormais entamer le déploiement généralisé. Celui-ci se déroulera par paliers, avec u

Quoi de neuf du côté de Wero ?

Par : Patrice
30 avril 2026 à 21:30
WERO
Lors de sa création en 2020, l'EPI promettait de révolutionner les paiements dans la zone Euro à l'horizon 2022. Six ans et bien des péripéties plus tard, une nouvelle étape commence à être franchie avec le lancement officiel en France, par BPCE, de fonctions de règlement des achats en ligne, dans la foulée de l'Allemagne et la Belgique.

Concrètement, le groupe bleu et rouge a validé une expérimentation et peut désormais entamer le déploiement généralisé. Celui-ci se déroulera par paliers, avec une ouverture début mai à un premier lot de 500 000 clients qui s'étendra ensuite à l'ensemble du parc d'ici cet été. L'enrôlement des commerçants est également en cours afin de développer le réseau d'acceptation, initialement représenté uniquement par l'École du Ski Français, avec qui les tests préliminaires ont été organisés.

Le mode opératoire d'une transaction paraît relativement simple. Au moment de passer en caisse (virtuelle), l'utilisateur choisit l'option Wero et se voit alors invité à numériser un QR code depuis son application mobile bancaire (qui intègre le porte-monnaie électronique) afin de valider le règlement. Sa déclinaison dans le m-commerce exploite en revanche un lien direct, permettant de court-circuiter la capture d'image. Le transfert de fonds est enfin exécuté à travers un virement instantané de compte à compte.

Selon les vidéos de démonstration, la qualité de l'expérience semble correcte (encore plus sur téléphone, ce qui est certainement le plus important, de nos jours) sans être renversante, notamment en comparaison avec un système tel qu'Apple Pay. Il est tout de même prévu de faciliter les achats récurrents, avec une option classique de rétention des préférences de paiement et de livraison pour les visites ultérieures.

BPCE x WERO

Alors que, jusqu'à maintenant, Wero se contentait d'hériter des capacités de transfert entre proches de PayLib, il entre aujourd'hui dans le dur de ses ambitions d'origine et va se confronter directement au défi qui transformera ou non l'essai, à savoir la conquête des e-commerçants. Ceux-ci étant débordés par le nombre de moyens de paiement que leurs prestataires de service leur proposent, il va falloir développer un puissant argumentaire pour les convaincre de privilégier celui-ci. Le niveau actuel d'équipement de la population pourrait en faire partie mais BPCE ne précise pas combien, parmi ses 13 millions de clients, sont des utilisateurs actifs du « wallet ».

Et ce n'est qu'un début dans la feuille de route de l'EPI. Les autres banques hexagonales devront d'abord suivre l'exemple afin de compléter la promesse de valeur (d'universalité, spécifiquement). Puis, il faudra travailler sur la dimension transfrontalière, pour l'instant réduite à la Belgique et l'Allemagne, où le choix de l'interopérabilité avec les autres solutions en vigueur introduira ses propres complexités d'implémentation. Enfin, surtout, il restera à intégrer les paiements de proximité, sur lesquels les enjeux de fluidité de l'expérience seront probablement les plus difficiles à appréhender. Et peut-être faudra-t-il ajouter entretemps les nouvelles exigences du commerce agentique !

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  • Amazon généralise son IA médicale
    Déployé d'abord sur sa plate-forme de téléconsultation médicale, au début de cette année, l'agent IA de santé d'Amazon prend désormais place dans ses applications web et mobile d'e-commerce et propose ainsi à tous leurs utilisateurs d'obtenir des réponses à leurs questions et une assistance pour la prise de rendez-vous avec un praticien.L'initiative s'inscrit dans une tendance généralisée, à laquelle OpenAI, entre autres, a déjà sacrifié, consistant à exploiter l'intelligence artificielle dans

Amazon généralise son IA médicale

Par : Patrice
11 mars 2026 à 21:30
Amazon
Déployé d'abord sur sa plate-forme de téléconsultation médicale, au début de cette année, l'agent IA de santé d'Amazon prend désormais place dans ses applications web et mobile d'e-commerce et propose ainsi à tous leurs utilisateurs d'obtenir des réponses à leurs questions et une assistance pour la prise de rendez-vous avec un praticien.

L'initiative s'inscrit dans une tendance généralisée, à laquelle OpenAI, entre autres, a déjà sacrifié, consistant à exploiter l'intelligence artificielle dans le but de fournir les informations de santé que les consommateurs recherchent massivement en ligne, dans un contexte presque universel de difficultés à accéder aux professionnels, que ce soit en raison des coûts des soins, des restrictions imposées par les assurances ou des délais d'attente. Cependant, Amazon lui ajoute une dimension assez spécifique.

Le fonctionnement du service – entièrement gratuit et disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 – est classique. Les visiteurs « anonymes », qui devront tout de même créer un profil, peuvent interroger le chatbot en langage naturel sur des sujets plus ou moins complexes, sur lesquels il restituera des résultats génériques. Mais sa véritable valeur se révèle une fois que la personne a accepté de partager avec Amazon son dossier médical, via une connexion au système d'échange national de données de santé.

En premier lieu, les explications et les conseils sont alors contextualisés à partir de la connaissance du patient dérivée de son historique, par exemple pour préciser les risques d'une pathologie selon ses affections existantes ou affiner un diagnostic selon ses antécédents. L'outil pourra aussi traduire un compte-rendu d'analyses biologiques en termes simples, préparer un renouvellement d'ordonnance… et, dès qu'il « prend conscience » de ses limites, recommander un rendez-vous avec un médecin.

Amazon Health AI

À ce stade, commence l'entrée dans un autre domaine. Car ces suggestions établissent ensuite un lien direct, sans rupture dans le parcours, avec la solution One Medical d'Amazon, permettant de consulter un docteur par tchat, en visioconférence ou en face à face pour la plupart des besoins de la vie quotidienne, tels que rhumes et grippes, COVID, allergies…, y compris d'ordre cosmétique : perte de cheveux, traitements anti-rides… Le lien entre les deux offres est tellement important pour la marque que ses abonnés Prime bénéficient d'une promotion inaugurale sur la seconde.

D'autre part, les prescriptions éventuellement rédigées par les praticiens, à l'issue d'un rendez-vous comme dans le cas d'un renouvellement piloté par l'assistant IA, peuvent être transmises instantanément à l'espace de pharmacie de l'enseigne, sans frictions. Et, afin de boucler la boucle, toutes les commandes prises en charge par cette boutique spécialisée, sur ordonnance ou non, viennent naturellement compléter le profil médical du client et enrichissent de la sorte les capacités de personnalisation de l'automate.

Ironiquement, Amazon promet de protéger confidentialité des données de ses utilisateurs et notamment qu'elles ne seront jamais vendues à des tiers. On comprend aisément pourquoi une telle option ne fait pas partie de son plan : la firme préfère développer son propre écosystème de santé, dont elle contrôle toutes les composantes en circuit fermé. Et la promesse d'ultra-personnalisation qu'autorise une telle centralisation constitue un argument susceptible de séduire les consommateurs…

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  • Le BNPL de Klarna s’ouvre aux agents IA
    La faculté pour les consommateurs de déléguer entièrement leurs achats en ligne à des agents intelligents, jusqu'au règlement, commence à se répandre et, avant même qu'en soient identifiés et maîtrisés tous les risques, Klarna collabore avec Stripe afin d'intégrer ses facilités de paiement parmi les options accessibles aux IA.Dans son principe, l'initiative fait sens. Aujourd'hui, le commerce agentique s'appuie en général – et, en particulier, dans l'implémentation dédiée que propose Stripe – s

Le BNPL de Klarna s’ouvre aux agents IA

Par : Patrice
4 mars 2026 à 21:30
Klarna
La faculté pour les consommateurs de déléguer entièrement leurs achats en ligne à des agents intelligents, jusqu'au règlement, commence à se répandre et, avant même qu'en soient identifiés et maîtrisés tous les risques, Klarna collabore avec Stripe afin d'intégrer ses facilités de paiement parmi les options accessibles aux IA.

Dans son principe, l'initiative fait sens. Aujourd'hui, le commerce agentique s'appuie en général – et, en particulier, dans l'implémentation dédiée que propose Stripe – sur l'instrument de paiement enregistré par l'utilisateur, à l'origine pour s'éviter la ressaisie de ses informations de carte bancaire. Cette restriction est évidemment gênante pour tous ceux, de plus en plus nombreux partout dans le monde, qui recourent régulièrement, voire systématiquement, au paiement fractionné, ou à un autre mode de financement.

On peut noter à ce stade que la question est d'autant plus importante pour Klarna qu'elle ne se pose pas pour ses concurrents, notamment les institutions financières traditionnelles, qui distribuent des cartes de paiement embarquant nativement la flexibilité du BNPL. En effet, pour ceux-ci, le mécanisme existant permet l'application automatique des préférences du porteur y compris quand c'est un agent autonome qui exécute la transaction, ce qui leur procure pour l'instant un avantage indéniable.

A priori, le dispositif mis en place par Stripe fonctionne exclusivement sur la base du moyen de paiement habituel du client, si ce dernier a accepté sa mémorisation. En conséquence, la connexion de Klarna ne vaudra, normalement, que pour ceux qui en font leur mode de règlement permanent. Mais il est facile d'imaginer que, à court terme, les instructions données à l'intelligence artificielle puissent inclure des directives spécifiques sur ce point… ou que des règles de sélection puissent être configurées.

En théorie, la démarche paraît logique. Si les agents IA doivent prendre la responsabilité de nos emplettes, il n'y a aucune raison qu'il n'aient pas accès à tous les outils que nous exploitons quotidiennement (il faudra également parler un jour des programmes de fidélité et autres promotions). Pourtant les dangers de l'automatisation (par exemple la fraude amicale) sont suffisamment inquiétants quand il n'est question « que » de dépenser de l'argent présent sur un compte – ce qui n'est déjà plus tout à fait vrai avec une carte de crédit, il est vrai – pour commencer immédiatement à confier à des robots la capacité de souscrire ce qui, au final, relève d'un crédit. Au moins tant que les risques ne sont pas finement analysés et que des solutions ne sont pas esquissées.

Klarna

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  • Garanti, toujours sur la voie de la super app
    Poursuivant sans relâche sa stratégie de développement de fonctions extra-bancaires, pourtant en perte de vitesse dans le secteur, Garanti BBVA ajoute maintenant des services de planification de voyages au sein de son application mobile. Ses promesses sont classiques mais sont-elles toujours susceptibles de séduire les consommateurs ?La première partie de la nouvelle expérience, conçue et développée en collaboration avec ce que j'imagine être un spécialiste du domaine, Jolly, consiste à propose

Garanti, toujours sur la voie de la super app

Par : Patrice
17 janvier 2026 à 22:20
Garanti BBVA
Poursuivant sans relâche sa stratégie de développement de fonctions extra-bancaires, pourtant en perte de vitesse dans le secteur, Garanti BBVA ajoute maintenant des services de planification de voyages au sein de son application mobile. Ses promesses sont classiques mais sont-elles toujours susceptibles de séduire les consommateurs ?

La première partie de la nouvelle expérience, conçue et développée en collaboration avec ce que j'imagine être un spécialiste du domaine, Jolly, consiste à proposer aux clients de l'établissement l'équivalent d'une véritable agence de voyages à distance. La section « Plan Your Trip » désormais intégrée dans leur app de suivi financier leur permet ainsi de préparer leurs itinéraires et leurs séjours, incluant la recherche et la réservation de vol, d'hôtel, de location de voiture, de visites, de tours…

Une autre rubrique, « Add Trip », leur procure en outre un espace au sein duquel il vont pouvoir gérer tous les détails de l'organisation de leur escapade, depuis les formalités administratives, indispensables pour les déplacements à l'étranger, jusqu'au pense-bête des affaires à inclure dans la valise, en passant par les éventuels vaccins et, peut-être (?) les guides touristiques, les outils du quotidien (lexique, convertisseur de devises…), les conseils pratiques… qu'on retrouve fréquemment dans des solutions dédiées.

Le premier argument que brandit Garanti afin de convaincre les turcs de passer par leur banque, plutôt que par un acteur traditionnel, pour la programmation de leurs vacances concerne les moyens de paiement, qui non seulement sont mieux sécurisés, affirme-t-elle, mais apportent également plus de flexibilité (des options de financement sont probablement disponibles). Il est aussi question de campagnes promotionnelles… mais quelle entreprise n'use pas aujourd'hui de ce genre de gadgets de marketing ?

Garanti BBVA – Plan Your Trip

De toute évidence, l'institution financière est économiquement intéressée à la réussite de sa boutique, à la fois à travers les commissions qu'elle perçoit vraisemblablement sur les ventes mais aussi, et surtout, par le recours obligatoire à ses instruments et ses facilités de paiement, alors que sur le marché « libre » du voyage, elle est exposée à une concurrence particulièrement féroce en Turquie. Cet avantage explique certainement, au moins en partie, sa générosité sur les réductions consenties.

Sauf exception culturelle, il reste toutefois difficile d'imaginer pourquoi les clients de Garanti se laisseraient conquérir par des bénéfices somme toute modestes, de la part d'une firme qui ne peut se prévaloir d'aucune compétence dans les métiers du voyage. A contrario, l'ajout de fonctions aussi diverses dans leur application bancaire risque de rendre celle-ci plus confuse que ne l'est déjà le foisonnement de services financiers qu'elle inclut. Le risque de dégrader leur satisfaction en vaut-il donc la peine ?

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  • CaixaBank croit au paiement fractionné
    Décidément, CaixaBank devient inconditionnelle du paiement fractionné : elle en présente sa troisième variante, dédiée à sa place de marché Facilitea, et elle profite de l'occasion pour lui ajouter quelques avantages supplémentaires. Cependant, cette multiplication des options de financement soulève la question de leur suivi…Outre les classiques cartes de crédit, l'institution espagnole propose depuis quelques temps une facilité de règlement en plusieurs échéances (gratuite ou payante selon la

CaixaBank croit au paiement fractionné

Par : Patrice
31 décembre 2025 à 21:30
CaixaBank
Décidément, CaixaBank devient inconditionnelle du paiement fractionné : elle en présente sa troisième variante, dédiée à sa place de marché Facilitea, et elle profite de l'occasion pour lui ajouter quelques avantages supplémentaires. Cependant, cette multiplication des options de financement soulève la question de leur suivi…

Outre les classiques cartes de crédit, l'institution espagnole propose depuis quelques temps une facilité de règlement en plusieurs échéances (gratuite ou payante selon la durée), complétée depuis cette année avec une intégration au sein du porte-monnaie mobile Apple Pay, après que la marque à la pomme ait abandonné ses ambitions directes en la matière. La dernière née est réservée aux clients de l'établissement qui font leurs emplettes dans la boutique en ligne associée à son portail de l'immobilier.

Strictement limitée à une solution de paiement en quatre mensualités sans frais et sans intérêts accessible uniquement à ceux qui ont domicilié leurs revenus auprès de la banque, l'offre introduit un « cashback » de 5 à 10% sur les achats concernés. Dans une pure logique de fidélisation réminiscente de la carte de crédit, le niveau le plus haut est réservé à certains produits et assorti de conditions spécifiques, en termes de solde du compte courant ainsi que de montant de dépôts et de dépenses récurrents.

La démarche de CaixaBank laisse entrevoir que la pression de la concurrence de nouveaux entrants, tels que Klarna, la conduit à chercher par tous les moyens à reprendre le contrôle sur une ligne d'activité où ses méthodes traditionnelles (la carte de crédit, en particulier) ne sont plus aussi efficaces qu'autrefois et où elle peine à s'aligner sur les standards émergents. Et, dans ce contexte, le choix d'une riposte défensive par la concession d'avantages pécuniaires reflète un certain manque d'imagination.

CaixaBank – Facilitea BNPL

Dans un registre différent, l'initiative m'incite surtout à me préoccuper des consommateurs qui succombent aux sirènes de ces propositions de financement. J'ai déjà eu l'occasion de souligner combien il serait important de les accompagner d'une assistance sérieuse au bien-être financier, permettant, a minima, de s'assurer que l'emprunteur se trouve dans une position d'assumer ses futurs remboursements et, idéalement, de prendre soin de lui éviter un stress inutile avec ses engagements.

Avec la prolifération de solutions en tout genre, issues de fournisseurs divers et variés, chacune avec ses propres modalités de fonctionnement, il devient maintenant critique de procurer aussi aux usagers les moyens de consolider une vision globale de leurs finances personnelles. À défaut, ils seront contraints de jongler en permanence entre leurs multiples obligations et perdront potentiellement toute capacité à anticiper l'avenir. Les outils de PFM, tombés en désuétude, mériteraient de revenir au premier plan…

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  • Apple Pay devient accessible par QR code
    Ecommpay devient une des premières plates-formes de paiement à implémenter la capacité de régler les achats en ligne avec Apple Pay dans les environnements incompatibles, grâce à une nouvelle option de validation des transactions par QR Code. Elle promet de la sorte une meilleure rétention d'une clientèle particulièrement attractive.Jusqu'à maintenant, le porte-monnaie mobile de la marque à la pomme est disponible selon deux modes : via une interface sans contact sur le téléphone, pour les opéra

Apple Pay devient accessible par QR code

Par : Patrice
25 novembre 2025 à 21:30
Ecommpay
Ecommpay devient une des premières plates-formes de paiement à implémenter la capacité de régler les achats en ligne avec Apple Pay dans les environnements incompatibles, grâce à une nouvelle option de validation des transactions par QR Code. Elle promet de la sorte une meilleure rétention d'une clientèle particulièrement attractive.

Jusqu'à maintenant, le porte-monnaie mobile de la marque à la pomme est disponible selon deux modes : via une interface sans contact sur le téléphone, pour les opérations de proximité, ou à travers l'intégration au cœur du système et/ou du navigateur web, pour les achats à distance. Malheureusement, cette dernière possibilité n'est offerte que sur les équipements maison (iPhone, iPad et Macbooks) et dans le logiciel Safari, laissant à l'écart les nombreux utilisateurs de systèmes Windows ou Linux.

C'est donc cette population qu'Ecommpay veut aider les marchands à séduire avec la solution d'Apple, automatiquement activée chez ses clients. En pratique, le mécanisme consiste, pour le consommateur, à sélectionner Apple Pay parmi les différentes méthodes de paiement proposées lors de son passage en caisse, ce qui déclenche l'affichage du fameux QR code. Il lui suffit alors de capturer ce dernier avec son iPhone ou son iPad pour exécuter le règlement, avec la sécurité renforcée du m-wallet.

Ecommpay – Apple Pay par QR Code

La communication officielle vante l'intérêt pour les e-commerçants de proposer leur moyen de paiement préféré aux nombreux adeptes d'Apple Pay qui ne peuvent aujourd'hui l'utiliser pour leurs emplettes en ligne, alors que des études montrent qu'ils sont plus dépensiers que la moyenne. Mais l'argument est spécieux car non seulement cet écart est largement dû à une surreprésentation des catégories aisées, il serait aussi naïf de penser que le fait de devoir recourir à leur carte de paiement pour leurs règlements (sur leur matériel usuel) soit un facteur majeur de renoncement à l'achat…

La réalité est plutôt qu'Apple et, dans une moindre mesure, ses partenaires essaient de combler un vide dans leur couverture du marché, synonyme de revenus manqués et de ruptures dans les velléités de faire du porte-monnaie mobile un réflexe universel pour toutes les transactions de la vie courante. La technologie retenue rend son déploiement et son usage simples, ce qui constitue la seule vraie force de l'initiative : l'approche autorise une expérience plus fluide et mieux sécurisée en comparaison de la saisie d'informations de carte bancaire, ce qui reste l'atout principal de l'enseigne.

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  • Un rappel utile de Lloyds aux consommateurs
    Pendant que certaines banques recyclent d'anciennes (et fades) actualités à seule fin de communication, Lloyds Bank profite de la semaine internationale de la sensibilisation à la fraude et de l'approche des fêtes de fin d'année pour rappeler à ses clients un moyen d'action simple dans le cas où ils seraient victimes d'arnaques en ligne.À la fin du mois de novembre arrivent le traditionnel « vendredi noir » et la frénésie d'emplettes qu'il suscite chez les personnes avides de bonnes affaires. A

Un rappel utile de Lloyds aux consommateurs

Par : Patrice
22 novembre 2025 à 18:00
Lloyds Banking Group
Pendant que certaines banques recyclent d'anciennes (et fades) actualités à seule fin de communication, Lloyds Bank profite de la semaine internationale de la sensibilisation à la fraude et de l'approche des fêtes de fin d'année pour rappeler à ses clients un moyen d'action simple dans le cas où ils seraient victimes d'arnaques en ligne.

À la fin du mois de novembre arrivent le traditionnel « vendredi noir » et la frénésie d'emplettes qu'il suscite chez les personnes avides de bonnes affaires. Au Royaume-Uni, ce week-end, qui permet d'anticiper les cadeaux de Noël à moindre coût, génère un niveau de dépenses (par carte) global d'environ 600 millions de livres sterling, soit presque le double d'une fin de semaine normale. Mais cette période est évidemment propice aux escroqueries, sous couvert de promotions mirobolantes.

Comme toutes les institutions financières, Lloyds Bank tente en premier lieu de sensibiliser les consommateurs avec une série de conseils pratiques de prudence afin d'éviter les pièges qui leur sont tendus sur le web. Elle explique donc les mécanismes les plus couramment employés et fournit une liste d'indices (classiques) qui devraient éveiller les soupçons (avis positifs irréalistes, prix totalement invraisemblables, messages soulignant une urgence…), en particulier sur les médias sociaux.

Naturellement, tout le monde sait que ces communications ne résoudront jamais le problème et qu'une partie de la population continuera à se laisser berner par des offres miraculeuses. À l'intention de ceux qui, parmi ces derniers l'ignoreraient ou l'oublieraient, l'établissement rappelle donc qu'ils ont toujours la faculté, en quelques gestes sur leur téléphone, de demander un remboursement si l'article commandé n'est pas livré ou s'il ne correspond pas à sa description (par exemple s'ils reçoivent une contrefaçon).

Lloyds Bank – Black Friday Red Flags

Du point de vue de la banque, l'initiative s'impose en raison d'une croissance soutenue des e-boutiques frauduleuses signalées depuis le début 2025, telle qu'elle ressort des quelques 44 000 signalements reçus à date (pour quelques 2 millions de livres versées en dédommagement), avec un doublement observé entre le premier et le troisième trimestre. En revanche, les chiffres évoqués (par exemple 102 sites nocifs pour octobre) suggèrent que ces alertes ne concernent qu'une infime partie du phénomène.

Il semble donc que les consommateurs ne recourent pas suffisamment à l'option de secours disponible sur leur carte… ce qui représente aussi un handicap pour l'industrie. En effet, les réclamations des clients constituent une source importante d'identification des activités criminelles, à partir de laquelle des mesures de répression peuvent être engagées, entre autres pour l'enrichissement des moteurs de détection de fraude existants, voire, à l'extrême, pour effectuer des signalements aux autorités.

Même si elle a de la sorte une certaine utilité pour ses besoins propres, il faut reconnaître dans la démarche de Lloyds Bank la préoccupation inaccoutumée de celle-ci pour les dangers auxquels ses clients sont confrontés. Elle la conduit à mettre en avant une possibilité (universelle, en pratique) fréquemment passée sous silence, vraisemblablement parce qu'elle engendre des coûts conséquents, non seulement en termes de restitution directe mais aussi par les traitements administratifs impliqués.

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  • OpenAI veut s'infiltrer dans l'e-commerce
    Les coûts faramineux de mise au point et d'exploitation de ses plates-formes d'intelligence artificielle – qui laissent ses comptes dans le rouge à hauteur de 5 milliards de dollars à la fin de 2024, pour un chiffre d'affaires de 10 milliards – conduisent OpenAI à explorer différentes pistes afin de générer des revenus. Sa prochaine tentative ? Un système d'encaissement intégré à ChatGPT.Selon l'agence Reuters, il ne s'agirait pour l'instant que d'un projet, dont les premières itérations seraie

OpenAI veut s'infiltrer dans l'e-commerce

Par : Patrice
18 juillet 2025 à 21:45
OpenAI
Les coûts faramineux de mise au point et d'exploitation de ses plates-formes d'intelligence artificielle – qui laissent ses comptes dans le rouge à hauteur de 5 milliards de dollars à la fin de 2024, pour un chiffre d'affaires de 10 milliards – conduisent OpenAI à explorer différentes pistes afin de générer des revenus. Sa prochaine tentative ? Un système d'encaissement intégré à ChatGPT.

Selon l'agence Reuters, il ne s'agirait pour l'instant que d'un projet, dont les premières itérations seraient en cours avec quelques partenaires, parmi lesquels apparaît le nom du géant du e-commerce Shopify. Le principe consisterait à proposer aux consommateurs un dispositif complet leur permettant de passer commande et régler leurs emplettes via l'assistant intelligent, cette dernière étape permettant à OpenAI de prélever une commission auprès des marchands auxquels il apporte des clients.

Au premier abord, le raisonnement se tient : la capacité de l'IA à réaliser des actions sur le web pour le compte de son utilisateur peut facilement être exploitée pour simplifier l'expérience d'achat en ligne, en passant par une interface conversationnelle universelle. Cette seule qualité justifie potentiellement une rémunération pour les boutiques qui en bénéficient. Pourtant l'idée laisse rapidement apparaître un certain nombre d'obstacles et autres difficultés, à la fois techniques et opérationnels.

En premier lieu, l'outil envisagé requiert un enregistrement préalable par les commerçants, qui doivent en effet mettre en place le nouveau module de paiement et l'intégration de leur site avec ChatGPT. La collaboration avec les places de marché (dont Shopify) rend ce préalable plus aisé à remplir mais ne couvre qu'une partie du marché… ce qui risque de créer un déséquilibre, voire un conflit d'intérêt, si l'IA censée être objective, se met à n'interagir qu'avec les fournisseurs ayant adopté sa technologie.

D'autre part, comme à chaque fois qu'une option supplémentaire d'encaissement est offerte aux distributeurs, elle ajoute à une accumulation déjà complexe à gérer (avec ses problématiques de suivi des versements, des demandes de remboursement, de contrôle de la fraude…), que la prolifération de solutions d'intelligence artificielle destinées au grand public risque encore de démultiplier. Il va falloir déployer quelques efforts en vue de convaincre les intéressés de se disperser de la sorte.

La démarche est similaire à celle qu'ont essayé d'emprunter, pendant un temps, les réseaux sociaux… dont on sait qu'elle n'a pas rencontré un grand succès. Et encore, dans ce dernier cas, les entreprises étaient encouragées à développer leur activité sur ces médias, en même temps que leur présence, en toute autonomie. En comparaison, la proposition de valeur d'OpenAI a de quoi inquiéter puisqu'elle implique également la désintermédiation des marchands. En réalité, il est plutôt question d'un modèle d'e-commerce totalement réinventé, qui peinera donc à séduire les acteurs en place.

OpenAI – Thinking

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  • Chase cède aux sirènes du e-commerce
    Comme tant d'autres banques autour du monde recherchant des opportunités de croissance hors de leurs métiers d'origine, Chase présente sa propre boutique d'e-commerce. Elle adopte cependant un positionnement très spécifique qui rend l'initiative moins hasardeuse que ses prédécesseurs et lui laisse peut-être une chance de succès.En synthèse, The Shops at Chase est exclusivement réservé aux porteurs des principales cartes de paiement distribuées par l'établissement et son fonctionnement est étroi

Chase cède aux sirènes du e-commerce

Par : Patrice
13 juin 2025 à 22:00
Chase
Comme tant d'autres banques autour du monde recherchant des opportunités de croissance hors de leurs métiers d'origine, Chase présente sa propre boutique d'e-commerce. Elle adopte cependant un positionnement très spécifique qui rend l'initiative moins hasardeuse que ses prédécesseurs et lui laisse peut-être une chance de succès.

En synthèse, The Shops at Chase est exclusivement réservé aux porteurs des principales cartes de paiement distribuées par l'établissement et son fonctionnement est étroitement lié aux programmes de récompense qui leur sont associés.

La galerie marchande, intégrée dans les applications web et mobile de la banque, n'accueille qu'une sélection d'enseignes – plutôt de haut de gamme, voire de luxe : Baccarat, Bang & Olufsen, Breitling, Dyson, Ray-Ban… – dans une variété de domaines différents. La liste a vocation à évoluer au fil du temps. Première particularité à signaler, le visiteur se voit régulièrement recommander des produits correspondant à ses préférences, vraisemblablement identifiées à travers son historique de transactions.

En guise d'appât, les acheteurs bénéficieront de promotions, portant sur des articles renouvelés fréquemment, en complément des points qu'ils accumulent normalement selon leur contrat de carte. À l'inverse, ils peuvent également utiliser leurs primes disponibles pour régler entièrement ou partiellement leurs commandes. S'ils recourent à leur carte, pour tout ou partie du montant, leur parcours est simplifié, les informations de paiement étant transmises automatiquement et leur adresse étant pré-remplie.

The Shops at Chase

La différence avec d'autres dispositifs du genre n'est pas extraordinaire, mais la mise en miroir de la plate-forme marchande avec l'activité de cartes de Chase (et l'ensemble de ses capacités en lien avec le commerce de détail) lui procure une légitimité supplémentaire. Par exemple, la faculté de « dépenser » directement les avantages acquis, sans aucune étape de conversion et sur une vaste gamme de produits, constitue un facteur d'attractivité, au moins pour en franchir la porte d'entrée (virtuelle).

Du point de vue de l'institution financière, les bénéfices espérés sont probablement toujours les mêmes. A priori, le rôle de distributeur n'offre pas un intérêt économique en soi. La captation des clients dans son écosystème, y compris pour l'usage privilégié de ses cartes, représente l'essentiel de la valeur qu'elle peut espérer dégager.

Rien ne dit que les consommateurs seront séduits par cette variante d'un concept « extra-bancaire » qui n'a, pour l'instant, pas débouché sur des résultats mirobolants, mais, entre ses promotions exceptionnelles, son inscription dans un contexte cohérent (par rapport au e-commerce) et son approche de ciblage comportemental – inédit, à ma connaissance –, Chase prend soin d'assurer une légitimité à sa démarche dans l'esprit de ses clients… ce qui est loin d'être le cas chez la plupart de ses concurrents.

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  • Payer en ligne en mode « carte présente »
    Depuis la naissance du commerce sur internet, le paiement représente un défi auquel le recours à la carte conçue pour un monde d'interactions en face à face ne répond que très imparfaitement, malgré tous les progrès accomplis au fil des ans. En réponse, Burbank propose de répliquer en ligne le principe des transactions physiques.L'instrument le plus utilisé aujourd'hui, dans les pays occidentaux, pour régler les achats à distance remplit un bien piètre office, entre, notamment, ses taux de frau

Payer en ligne en mode « carte présente »

Par : Patrice
18 mars 2025 à 22:00
Burbank
Depuis la naissance du commerce sur internet, le paiement représente un défi auquel le recours à la carte conçue pour un monde d'interactions en face à face ne répond que très imparfaitement, malgré tous les progrès accomplis au fil des ans. En réponse, Burbank propose de répliquer en ligne le principe des transactions physiques.

L'instrument le plus utilisé aujourd'hui, dans les pays occidentaux, pour régler les achats à distance remplit un bien piètre office, entre, notamment, ses taux de fraude élevés, ses coûts de protection exorbitants et ses frais d'interchange amplifiés. Tout cela parce que le fonctionnement retenu consiste à fournir des informations relativement aisées à détourner, à l'inverse de ce qui se passe dans une boutique, où il faut présenter le support en plastique, avec sa puce de sécurité, et saisir un code secret.

Afin d'éliminer les défauts que personne n'a encore réussi à maîtriser malgré le déploiement de multiples gadgets (au détriment de l'expérience utilisateur, en général), la startup galloise a donc imaginé un moyen de reproduire dans une application d'e-commerce le mode bien connu du commerce « en dur ». Et il lui « suffit » pour ce faire de transformer le téléphone du client en un terminal d'encaissement, auprès duquel il devra simplement approcher sa carte et, si nécessaire, saisir son code PIN.

Les bénéfices pour les marchands sont considérables, à commencer, évidemment, par la diminution drastique des risques de fraude et la baisse des coûts des contrats d'acquisition en contrepartie de l'intégration, simple, d'un module dédié au sein de leur logiciel. Mais ce ne sont pas les seuls et, en arrière-plan, Burbank souligne, entre autres, la réduction de la complexité des systèmes de sécurité et, par conséquent, des rejets indus (les « faux positifs ») ou encore l'impact sur les ruineuses demandes de remboursement (que sont contraints d'honorer les vendeurs en ligne).

Burbank – Card Present over Internet

La jeune pousse estime en outre que les consommateurs réticents à partager leurs coordonnées de paiement sur le web apprécieront sa solution, parce qu'elle leur semblera plus conforme à leurs habitudes. Encore faudra-t-il qu'ils prennent confiance dans le fait de laisser leur smartphone décoder leur carte et leur demander de saisir leur précieux sésame, d'autant que l'encaissement sur mobile est à ce jour peu répandu.

Parmi les limitations que j'entrevois à l'approche retenue et à défaut de toute précision claire, il paraît probable que le dispositif, compatible uniquement avec les téléphones (dont il profite évidemment des capacités de lecture des interfaces sans contact, ouvertes depuis peu côté Apple), n'est opérationnel que pour les achats réalisés sur ces derniers, laissant de côté les internautes plus « traditionnels ». Enfin, je me demande si son arrivée n'est pas un peu tardive face à la popularité grandissante des porte-monnaie mobiles des géants technologiques qui, je crois, comblent les mêmes faiblesses.

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  • Amazon adopte le paiement par compte bancaire
    La domination écrasante des cartes – Visa et Mastercard, en particulier – dans l'univers des paiements en ligne serait-elle désormais menacée ? Si les méthodes alternatives à base de transfert bancaire peinent apparemment à s'imposer, l'adoption de l'une d'elles par Amazon, en Australie, pourrait contribuer à leur accélération.Naturellement, le géant du e-commerce a depuis longtemps mis en place des options de règlement par prélèvement (selon les normes et habitudes en vigueur dans chaque pays)

Amazon adopte le paiement par compte bancaire

Par : Patrice
2 février 2025 à 22:00
NAB
La domination écrasante des cartes – Visa et Mastercard, en particulier – dans l'univers des paiements en ligne serait-elle désormais menacée ? Si les méthodes alternatives à base de transfert bancaire peinent apparemment à s'imposer, l'adoption de l'une d'elles par Amazon, en Australie, pourrait contribuer à leur accélération.

Naturellement, le géant du e-commerce a depuis longtemps mis en place des options de règlement par prélèvement (selon les normes et habitudes en vigueur dans chaque pays), mais elles n'offrent pas le confort d'utilisation de la carte, sans même parler de leur familiarité. C'est justement afin de pallier ces frictions que, presque partout dans le monde, émergent de nouvelles solutions, faciles à mettre en œuvre, sécurisées et instantanées, reposant généralement sur des interfaces de finance ouverte.

PayTo en est la déclinaison australienne qu'implémente dorénavant la boutique Amazon locale, grâce à une collaboration avec NAB. Compatible avec 95% des comptes détenus par le grand public, elle garantit une expérience client transparente, surtout en association avec le système d'identification PayID par adresse de courriel ou numéro de téléphone (sans toutefois interdire le recours aux classiques coordonnées bancaires).

Concrètement, la plate-forme commercialisée par l'institution financière auprès des acteurs du e-commerce invite d'abord le consommateur à enregistrer son compte, de la même manière qu'une carte : il en fournit l'identifiant puis valide l'opération via son application de banque à distance. Cette dernière maintient une liste des accès préalablement autorisés, révocables à tout moment. Dès lors, quand il souhaite payer un achat, il lui suffit de confirmer son accord, d'un geste, à travers le même média.

NAB x Amazon

La promesse de PayTo, comme celle de tous les dispositifs équivalents, est évidemment attractive pour les commerçants. Entre l'immédiateté des versements, directement sur le compte du bénéficiaire, et – sujet éminemment sensible dans la distribution (même chez les plus gros) vis-à-vis des pratiques des réseaux de paiement qu'ils considèrent monopolistiques – les coûts de transaction réduits, en passant par une protection renforcée contre la fraude, ils ne sont pas les plus difficiles à convaincre.

La tâche est plus ardue du côté de leurs clients. En effet, d'une part, ils sont accoutumés aux parcours de paiement par carte, relativement simples, dont il sera rigoureusement impossible de les détourner avec une procédure paraissant un tant soit peu plus complexe. D'autre part, ils sont en majorité réticents aux changements, notamment s'ils n'en perçoivent pas les bénéfices (qui, en l'occurrence sont extrêmement minces pour eux). C'est sur ce point que l'introduction du paiement via le compte bancaire par une enseigne aussi populaire qu'Amazon peut constituer un catalyseur de conversion des comportements pour l'industrie. Et il le sera encore plus s'il est mis en avant…

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  • Amazon vend (et finance) des voitures
    Ce n'est pas tout à fait une surprise puisque l'annonce en avait été faite l'année dernière, c'est désormais une réalité : Amazon vend des voitures (neuves), introduisant dans ce marché très spécifique les qualités, notamment en termes d'expérience utilisateur, qui ont bâti son succès au fil des ans. Une révolution est probablement en gestation.Pour l'instant, seuls des véhicules de la marque Hyundai sont proposés, dans 48 villes américaines, et les concessionnaires restent impliqués, pour la g

Amazon vend (et finance) des voitures

Par : Patrice
11 décembre 2024 à 21:30
Amazon
Ce n'est pas tout à fait une surprise puisque l'annonce en avait été faite l'année dernière, c'est désormais une réalité : Amazon vend des voitures (neuves), introduisant dans ce marché très spécifique les qualités, notamment en termes d'expérience utilisateur, qui ont bâti son succès au fil des ans. Une révolution est probablement en gestation.

Pour l'instant, seuls des véhicules de la marque Hyundai sont proposés, dans 48 villes américaines, et les concessionnaires restent impliqués, pour la gestion opérationnelle des commandes et la livraison. De son côté, le géant de l'e-commerce déploie tout son savoir-faire, dans la présentation du catalogue (avec recherche par modèle, finition, couleur, accessoires…), la garantie de prix ajustés (finis les marchandages, promet-il !), le parcours fluide jusqu'au règlement et à la signature électronique…

Ce dernier intègre notamment la reprise d'une voiture précédente – à des conditions établies par un partenaire dédié et dont le montant est immédiatement déduit de la facture finale – et, naturellement, une option de financement pour ceux qui ne peuvent payer comptant. Le processus, entièrement en ligne et sans rupture, se déroule en quelques clics, sans préalablement exiger de paperasse inutile, en s'appuyant entre autres, je suppose, sur des mécanismes de qualification de crédit avancées.

Pour les constructeurs, le premier bénéfice est une exposition à une audience de millions d'acheteurs potentiels. Pour leurs distributeurs, Amazon prend soin de souligner sa prise en charge des différentes étapes de la vente – son domaine d'expertise –, ne laissant sous leur responsabilité que le moment le plus précieux de la remise des clés à l'acquéreur… et les commissions qui leur restent attribuées (peut-être diminuées d'une quote-part prélevée par la plate-forme, mais il n'en est pas question).

Amazon Autos

L'initiative n'en est qu'à ses débuts et on peut même supposer qu'il s'agit d'un galop d'essai. Si tout se déroule comme prévu, dans les prochains mois, la couverture géographique sera étendue à d'autres villes et des marques supplémentaires seront accueillies. Et, pour les thématiques qui nous concernent plus particulièrement, les modalités de financement devrait s'enrichir rapidement, au-delà du simple prêt classique, avec, par exemple, une possibilité de leasing d'ores et déjà évoquée.

Avec son expérience client optimale et ses particularités (maintes fois copiées), telles que les commentaires des acheteurs sur leur automobile et leurs appréciations sur les vendeurs, Amazon entend redéfinir les habitudes d'un secteur qui a peu évolué avec l'ère « digitale ». Incidemment, il en est de même pour les aspects financiers des transactions : l'émergence d'un nouvel acteur, prenant la place de celui qui est présent aujourd'hui en concession, risque de rebattre les cartes d'un vaste marché.

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  • Un quart de siècle pour intégrer une innovation
    En 2013, je me moquais du lancement par les banques françaises de Paylib, qui ne faisait guère que répliquer ce que propose PayPal depuis le début du siècle. Une décennie plus tard, ce sont les banques américaines qui s'éveillent à la même opportunité… Bank of America n'hésitant pas à la présenter comme une innovation majeure !Appréciez donc la révolution du paiement en ligne portée par la solution Paze, développée par Early Warning System, l'entreprise détenue par un consortium d'institutions

Un quart de siècle pour intégrer une innovation

Par : Patrice
8 décembre 2024 à 21:30
Bank of America
En 2013, je me moquais du lancement par les banques françaises de Paylib, qui ne faisait guère que répliquer ce que propose PayPal depuis le début du siècle. Une décennie plus tard, ce sont les banques américaines qui s'éveillent à la même opportunité… Bank of America n'hésitant pas à la présenter comme une innovation majeure !

Appréciez donc la révolution du paiement en ligne portée par la solution Paze, développée par Early Warning System, l'entreprise détenue par un consortium d'institutions financières qui gère le système de paiement entre pairs Zelle (qui n'était lui-même pas très en avance sur son temps). Après sélection sur la page de règlement d'un site d'e-commerce partenaire, vous saisissez votre adresse de courriel, vous confirmez votre identité via un code à usage unique reçu sur votre téléphone, vous choisissez la carte à laquelle vous souhaitez affecter la transaction… et voilà !

Vous ne serez pas seuls à reconnaître dans cette description le fonctionnement, entre autres, de PayPal. Les bénéfices mis en avant sont d'ailleurs identiques, sans surprise, entre la simplification de l'expérience utilisateur (il n'est plus nécessaire de saisir les informations de sa carte) et le surcroît de sécurité (les données sensibles n'étant jamais transmises). Seules différences ? L'intégration dans les applications bancaires existantes, autorisant tout au plus l'actualisation automatique lors du renouvellement de carte, et l'absence de commissions pour les marchands… mais jusqu'à quand ?

Meet Paze

Naturellement, la gratuité est le seul argument envisageable pour quiconque tente de s'infiltrer dans un marché occupé depuis 25 ans, sur lequel n'est apportée aucune différentiation concurrentielle (comment comprendre que le support sous-jacent soit la carte et non un virement bancaire, assorti, éventuellement, d'un option fractionnée ou de crédit ?). Et les banques qui soutiennent directement l'initiative ont les poches suffisamment profondes pour assumer une telle tactique. Mais les e-commerçants vont-ils se laisser convaincre aussi facilement par une énième option de paiement, qui, même si elle promet plus de fluidité à leurs clients, introduit d'abord un supplément de confusion devant la multiplication des choix disponibles ?

Cependant, le plus étonnant, selon mon point de vue, est la manière dont Bank of America essaie avec cet ajout de Paze à sa panoplie de services de se donner une image d'innovatrice qui ne peut tromper personne. À moins de considérer que la faculté pour un acteur traditionnel de rattraper son retard sur ce qui n'est plus une startup, après 25 ans d'observation… émaillée de collaborations, reste un exploit. C'est peut-être le même raisonnement qui prévalait aux débuts de Paylib et qui semble devoir encore jouer pour le démarrage balbutiant de son successeur européen Wero.

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  • Shopify intègre la banque dans l'e-commerce
    Les banques rendent inutilement complexe la gestion financière des petits commerces. C'est le constat qui conduit la plate-forme Shopify à offrir à ses marchands une solution unifiée de pilotage intégrée au cœur de leur outil du quotidien, combinant une facilité d'utilisation incomparable avec des avantages spécialement conçus pour eux.En synthèse, Shopify Finance, c'est comme si une véritable banque s'était installée dans le tableau de bord d'administration universelle de votre boutique, aux c

Shopify intègre la banque dans l'e-commerce

Par : Patrice
30 octobre 2024 à 21:30
Shopify
Les banques rendent inutilement complexe la gestion financière des petits commerces. C'est le constat qui conduit la plate-forme Shopify à offrir à ses marchands une solution unifiée de pilotage intégrée au cœur de leur outil du quotidien, combinant une facilité d'utilisation incomparable avec des avantages spécialement conçus pour eux.

En synthèse, Shopify Finance, c'est comme si une véritable banque s'était installée dans le tableau de bord d'administration universelle de votre boutique, aux côtés du suivi du catalogue, des stocks, des commandes, des clients… Dans le même espace qui vous permet d'organiser votre activité, vous disposez désormais de toutes les fonctions nécessaires à la maîtrise de vos finances d'entreprise (dont, précisons-le, la plupart existaient auparavant mais se trouvaient disséminées à droite et à gauche).

La première d'entre elles est, bien entendu, le compte courant (gratuit dans sa version de base) sur lequel les revenus des ventes réalisées sont en général versés sous 24 heures… et qui porte maintenant rémunération (à hauteur de 3,39% minimum, à ce jour). Outre ses options classiques – consultation de solde et d'opérations, virements… –, il supporte aussi une facilité de règlement de factures autorisant le recours à n'importe quel moyen de paiement indépendamment de ceux qu'accepte le créancier.

Parce qu'il s'agit d'une des procédures les plus pénibles des métiers de la distribution, un module dédié prend en charge la gestion des taxes (américaines) de bout en bout. Non seulement les calculs sont effectués automatiquement, en appliquant tous les critères requis, mais, de plus, le service prépare et envoie les différentes déclarations… et met systématiquement de côté, sur le compte courant, les sommes dues.

Introducing Shopify Finance

Enfin, il reste les produits de financement, avec, d'un côté, une carte de crédit pour esquiver les aléas de trésorerie, assortie des promotions (de type cashback) habituelles, et, de l'autre, Shopify Capital pour les investissements plus lourds, jusqu'à deux millions de dollars, selon l'éligibilité de l'entreprise (mais sans impact sur le crédit personnel du dirigeant). Dans les deux cas, les conditions se veulent flexibles, incluant notamment la possibilité de rembourser par prélèvement d'une fraction fixe des ventes.

En parallèle des récentes tentatives, fréquemment maladroites, par les banques traditionnelles de développer des solutions mieux adaptées aux PME, les acteurs tels que Shopify – au contact direct des problématiques rencontrées par des clients qui représentent des catégories relativement homogènes – sont naturellement mieux à même de répondre à leurs attentes… tout en capitalisant sur le surcroît de fidélité qu'entraîne leur intégration des aspects financiers de leurs opérations.

En conséquence, pour l'industrie, peut-être vaut-il mieux aborder ces marchés, tellement hétérogènes, via des partenariats avec des spécialistes sectoriels qui comprennent intimement leurs besoins plutôt que de chercher à les couvrir en solitaire…

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  • La finance aussi simple que l'e-commerce
    Depuis plus d'une décennie, MoneyLion accompagne les américains dans leurs décisions financières, grâce à une combinaison de conseil personnalisé et de produits variés. Elle s'attaque désormais à une autre problématique – universelle – de l'industrie : les insupportables frictions de l'entrée en relation et de la souscription.Qui n'a jamais pesté contre ces formulaires sans fin qu'il faut impérativement remplir, toujours avec les mêmes informations, pour ouvrir un compte bancaire, solliciter un

La finance aussi simple que l'e-commerce

Par : Patrice
25 octobre 2024 à 21:30
MoneyLion
Depuis plus d'une décennie, MoneyLion accompagne les américains dans leurs décisions financières, grâce à une combinaison de conseil personnalisé et de produits variés. Elle s'attaque désormais à une autre problématique – universelle – de l'industrie : les insupportables frictions de l'entrée en relation et de la souscription.

Qui n'a jamais pesté contre ces formulaires sans fin qu'il faut impérativement remplir, toujours avec les mêmes informations, pour ouvrir un compte bancaire, solliciter un prêt, obtenir une carte de crédit, mettre en place un portefeuille d'investissement…? Et, si vous parvenez à comprendre pourquoi la corvée se rejoue quand vous vous adressez à un fournisseur qui ne vous connaît pas, quelle animosité entretenez-vous à l'égard de votre interlocuteur habituel répétant le même supplice lors de chaque opération ?

Avec MoneyLion Checkout, ces désagréments appartiennent au passé et, comme son nom le sous-entend, l'expérience utilisateur se fait aussi simple et rapide que pour un achat en ligne. Pour ce faire, après une unique validation d'identité, la jeune pousse collecte les données nécessaires en amont, à partir de sources diverses : le client lui-même pour quelques éléments essentiels et, surtout, les agences de notation, les comptes bancaires… (moyennant autorisation explicite de l'intéressé).

Dès lors, la solution se charge de compléter automatiquement les documents exigés lors d'une demande de devis comme pour la signature d'un contrat. En outre, afin d'apporter un surcroît de valeur aux établissements qui commercialisent leurs offres par son intermédiaire, au-delà de la fluidité du processus, elle propose également à ces derniers d'établir un filtrage préalable sur la base de ces mêmes données, de manière à ne proposer leurs services qu'à une cible appropriée et éligible, pour plus d'efficacité.

MoneyLion Checkout

Le nouveau dispositif est, bien sûr, embarqué au sein de la plate-forme historique de MoneyLion destinée directement aux consommateurs. Mais il se trouve aussi intégré – avec un accès aux informations des millions d'utilisateurs enregistrés (sous leur contrôle) – dans le socle technique distribué, sous la marque Engine, auprès des institutions financières et autres acteurs du secteur. Plus de 500 d'entre eux bénéficient ainsi dès maintenant de ses avantages dans leurs parcours d'acquisition.

Dans une large mesure, la démarche de rationalisation engagée par MoneyLion est une évidence face au défi que représente son catalogue élaboré avec 1 200 partenaires aux pratiques hétérogènes. Mais elle devrait l'être autant pour des banques qui, même avec une poignée de lignes d'activité, totalement isolées les unes des autres, semblent incapables d'assurer leur cohérence au niveau de l'expérience client. Faut-il vraiment en arriver à déployer une plate-forme tierce pour remédier à une telle absurdité ?

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  • TD distribue une plate-forme e-commerce
    Quand 80% des canadiens font des emplettes en ligne, qui, après l'accélération due à la crise sanitaire, représentent désormais 12% des ventes de détail du pays, les entreprises sont sous pression pour établir leur présence sur le web. Alors TD Bank se propose de les accompagner dans leur démarche grâce à une plate-forme dédiée.Le principe n'est pas très original et de nombreux établissements, un peu partout dans le monde, ont déployé des offres du même genre. En l'occurrence, il s'agit d'une a

TD distribue une plate-forme e-commerce

Par : Patrice
10 septembre 2024 à 22:05
TD Bank
Quand 80% des canadiens font des emplettes en ligne, qui, après l'accélération due à la crise sanitaire, représentent désormais 12% des ventes de détail du pays, les entreprises sont sous pression pour établir leur présence sur le web. Alors TD Bank se propose de les accompagner dans leur démarche grâce à une plate-forme dédiée.

Le principe n'est pas très original et de nombreux établissements, un peu partout dans le monde, ont déployé des offres du même genre. En l'occurrence, il s'agit d'une adaptation aux couleurs de la banque de la solution de BigCommerce, qui permet aux PME de concevoir facilement un site e-commerce, pour tout secteur d'activité (alimentation, loisirs, services professionnels…), intégrant toutes les fonctions nécessaires : gestion des stocks et des commandes, encaissement, logistique des livraisons…

Le produit, accessible à toutes les entreprises indépendamment de leur détention d'un compte dans la banque, existe en trois versions distinctes, plus ou moins riches, avec des options telles que l'enregistrement des cartes de paiement, le panier persistant, des outils de marketing avancés, la comptabilité… Les coûts d'abonnement ne sont pas publiés mais rien ne laisse entrevoir un avantage quelconque sur ce plan. Et la question de fond se pose alors : en quoi TD Bank est-elle légitime sur ce positionnement ?

TD eCommerce Solutions

Que des pionniers de tous horizons se soient lancés dans la création de sites marchands quand l'e-commerce était balbutiant est admissible. Mais la même initiative en 2024, alors que les professionnels ont désormais à leur disposition des places de marché incontournables, telles que celle d'Amazon, et des socles techniques flexibles et éprouvés aux millions d'adeptes, à l'instar de Shopify, ressemble à une erreur stratégique : une réponse à un besoin déjà satisfait, sans différenciation perceptible, via un intermédiaire qui ne possède pas d'expertise du domaine.

Comme toujours, la dérive serait sans importance si elle ne s'opérait aux dépens de sujets beaucoup plus critiques pour les clients de la banque. Sans m'attarder sur ma thématique favorite de l'assistance au pilotage financier, qui fait toujours cruellement défaut à la plupart des PME, on pourrait par exemple évoquer, pour rester dans le registre du commerce en ligne, l'exploitation des statistiques de ventes, en complément des historiques de transactions, pour enrichir les décisions d'octroi de crédit ou, plus généralement, apporter des conseils financiers personnalisés et contextualisés.

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  • PayPal se met aux offres ciblées
    Il faut parfois combler un vide avant de prendre conscience de son existence jusque-là. Telle est l'impression que me donne l'annonce de la nouvelle offre publicitaire ciblée de PayPal (que, accessoirement, je découvre avec plusieurs mois de retard, à l'occasion de la nomination de son responsable), reprenant un concept vieux de plus de 15 ans et désormais largement répandu dans l'industrie financière.Initialement appliqué aux transactions par carte puis décliné plus généralement aux comptes ba

PayPal se met aux offres ciblées

Par : Patrice
29 mai 2024 à 21:30
PayPal
Il faut parfois combler un vide avant de prendre conscience de son existence jusque-là. Telle est l'impression que me donne l'annonce de la nouvelle offre publicitaire ciblée de PayPal (que, accessoirement, je découvre avec plusieurs mois de retard, à l'occasion de la nomination de son responsable), reprenant un concept vieux de plus de 15 ans et désormais largement répandu dans l'industrie financière.

Initialement appliqué aux transactions par carte puis décliné plus généralement aux comptes bancaires, le principe que PayPal retient (tel quel) consiste à proposer aux marchands (américains uniquement) une plate-forme en libre service sur laquelle ils choisissent précisément les destinataires de leurs promotions, à partir de critères dérivés – grâce à l'intelligence artificielle (il faut bien une touche de modernité !) – de l'analyse de l'historique d'achats de chaque utilisateur de ses outils de paiement.

La promesse est attractive pour toutes les parties prenantes. D'un côté, dans la mesure où ils savent piloter leur activité et connaissent leurs clients, les professionnels obtiennent une certain garantie d'efficacité de leurs programmes marketing, validée en outre par une facturation à la transformation (et non à l'impression), tandis que les consommateurs bénéficient de l'assurance de n'être sollicités qu'à bon escient, pour des offres correspondant à leurs habitudes, leurs préférences et leur contexte (?).

Naturellement, PayPal est idéalement positionnée pour une telle approche, entre son immense audience parmi les PME et le gigantesque volume de données accumulées sur près de 3 milliards de dollars de règlements, à un niveau de détail inégalé… Même si ses prétentions d'une connaissance des paniers à l'échelle de la référence de produit n'est probablement pas universelle, elle dépasse largement la fiabilité des catégorisations autorisées par les informations accompagnant les opérations par carte.

PayPal Advanced Offers Platform

La démarche paraît si logique qu'on peut se demander pourquoi elle a pris autant de temps à émerger chez l'ex-trublion, alors que des banques traditionnelles s'en sont emparées depuis des années. Peut-être est-ce un signe de son excès de dispersion dans de multiples directions ? Par ailleurs, l'exécution donne aussi des signes d'hésitations puisque rien n'a avancé depuis la présentation de la solution en janvier… jusqu'au recrutement de son responsable (en provenance d'Uber), cette semaine.

Incidemment, PayPal n'a pas choisi la voie de la facilité pour la mise en œuvre : là où, historiquement, les institutions financières optent pour la collaboration avec des spécialistes, par exemple le pionnier Cardlytics, aux États-Unis, elle préfère développer sa propre plate-forme, cherchant vraisemblablement à maîtriser de la sorte l'ensemble de la chaîne de valeur. Après la manœuvre similaire de Chase – via une acquisition, toutefois – s'agirait-il d'une tendance montante sur un domaine parvenu à maturité ?

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  • L'app de NAB intègre PayPal
    Il y a longtemps, quelques banques, à l'instar de Soon (par AXA Banque), inspirées par l'hégémonie de PayPal, intégraient une partie de ses services dans leurs applications. Dix ans plus tard, le pionnier du paiement en ligne a perdu de son aura et l'approche ne fait plus guère recette. Voilà pourtant son retour chez l'australienne NAB.Le paysage a tout de même bien changé en une décennie. Ainsi, les initiatives d'autrefois concernaient-elles principalement les échanges d'argent entre proches,

L'app de NAB intègre PayPal

Par : Patrice
6 avril 2024 à 22:05
NAB
Il y a longtemps, quelques banques, à l'instar de Soon (par AXA Banque), inspirées par l'hégémonie de PayPal, intégraient une partie de ses services dans leurs applications. Dix ans plus tard, le pionnier du paiement en ligne a perdu de son aura et l'approche ne fait plus guère recette. Voilà pourtant son retour chez l'australienne NAB.

Le paysage a tout de même bien changé en une décennie. Ainsi, les initiatives d'autrefois concernaient-elles principalement les échanges d'argent entre proches, que PayPal avait imaginé très tôt de faciliter en autorisant l'envoi à une adresse de courriel ou un numéro de téléphone. Ce principe est désormais largement répandu, sinon universel, et des outils concurrents ont émergé, émanant parfois de consortiums bancaires (tel que celui qui a développé PayLib en France… à partir de 2013).

En revanche, les solutions d'encaissement en ligne de PayPal, bien qu'elles aient aussi vu naître pléthore d'alternatives, continuent à rencontrer un immense succès, surtout auprès des très petites entreprises (selon les pays). Ce mode d'utilisation constitue depuis toujours une épine dans le pied des institutions financières car, même quand leurs instruments de paiement sont mis en œuvre, in fine, elle perdent dans cette intermédiation les informations qui enrichissent leur connaissance de leurs clients.

NAB x PayPal

Dans ce contexte, l'offensive de NAB n'est donc pas vraiment surprenante. En effet, derrière l'apparence anodine de son annonce, évoquant la faculté pour ses clients de connecter depuis sa plate-forme mobile (et web ?) la carte de leur choix à leur profil PayPal (ceux qui n'en possèdent pas pouvant s'enregistrer par la même occasion), l'enjeu n'est pas uniquement de faciliter la vie des consommateurs ni de stimuler la sélection d'un support de la marque pour les règlements concernés.

En arrière-plan, la liaison établie de la sorte semble sensiblement différente de celle qui serait configurée dans les propres logiciels de PayPal. Un indice révélateur en est fourni par la discrète mention dans la présentation du dispositif spécifiant que les avantages associés à la carte retenue restent applicables sur les transactions effectués à travers le compte externe. Ceux-ci étant généralement déterminés par catégories de dépenses, des données enrichies sont probablement transmises sur chaque transaction.

Du point de vue de NAB, la démarche se résume en réalité à démultiplier les moyens de paiement « digitaux » qu'elle supporte pour ses clients, dans le prolongement d'Apple Pay, Google Pay et Samsung Pay, ceux-là ayant la particularité d'être aussi adaptés au commerce de proximité. Et, après tout, une fois le premier pas franchi, il n'existe aucune raison objective de ne pas les accepter tous, dans les mêmes conditions, dès lors qu'ils bénéficient de la faveur des consommateurs.

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  • NatWest croit à la banque en services
    Depuis quelques mois, la britannique NatWest entre dans le club encore très fermé des banques qui investissent dans le modèle de la finance enfouie. Elle introduit cependant une particularité dans sa démarche, puisque son offre dédiée s'adresse non seulement aux acteurs de la FinTech mais également (surtout ?) aux commerçants.Évacuons d'emblée la mauvaise nouvelle : sans grande surprise de la part d'une institution historique, accoutumée aux longs délais de réalisation, derrière le site web de

NatWest croit à la banque en services

Par : Patrice
1 avril 2024 à 21:45
NatWest
Depuis quelques mois, la britannique NatWest entre dans le club encore très fermé des banques qui investissent dans le modèle de la finance enfouie. Elle introduit cependant une particularité dans sa démarche, puisque son offre dédiée s'adresse non seulement aux acteurs de la FinTech mais également (surtout ?) aux commerçants.

Évacuons d'emblée la mauvaise nouvelle : sans grande surprise de la part d'une institution historique, accoutumée aux longs délais de réalisation, derrière le site web de présentation de Boxed (c'est le nom retenu pour porter l'initiative), il semblerait que sa mise en œuvre opérationnelle ne soit pas totalement effective à ce jour (peut-être, au mieux, dans une déclinaison expérimentale), les indispensables documentations destinées aux développeurs devant être mises en ligne « prochainement ».

Sur le papier, en tous les cas, la promesse est alléchante. Divisé en quatre domaines à composer selon les besoins de chaque entreprise cliente, le catalogue s'avère extrêmement complet. Par exemple, derrière la dénomination de porte-monnaie « digital », NatWest fournit à la demande, avec son processus d'enrôlement, un compte de dépôt, un compte d'épargne (avec ou sans rémunération), les moyens de paiement… et l'incontournable application mobile de pilotage associée, en marque blanche.

Deux variantes distinctes de financement font naturellement partie de la panoplie, l'une relevant du crédit à la consommation standard et l'autre à déployer sur le terminal d'encaissement, en version classique ou règlement fractionné (BNPL). La dernière catégorie englobe une gamme de cartes de paiement, susceptible de répondre à toutes sortes de besoins, depuis la carte cadeau jusqu'au système fermé pour résidence de vacances, en passant par les solutions pour les dépenses professionnelles…

NatWest Boxed

Bien entendu, ces différentes composantes sont parfaitement adaptées aux jeunes pousses qui souhaitent inclure des capacités financières dans leurs produits, en s'appuyant sur l'expertise et la licence d'un établissement reconnu. Mais NatWest, probablement consciente de la concurrence existante sur ce terrain, sérieuse et organisée bien qu'elle ne soit pas pléthorique, choisit donc de cibler en priorité les marchands, qu'ils exercent en ligne et/ou dans des boutiques physiques.

Outre les résultats de quelques études destinés à les convaincre, notamment sur l'accroissement des taux de transformation et des montants de paniers moyens grâce à l'ajout de services bancaires (plutôt ceux concernant le financement, peut-on supposer), plusieurs fonctions sont conçues spécifiquement pour ces métiers. Tel est le cas, entre autres, pour le porte-monnaie, au sein duquel l'enseigne qui le déploie a la faculté d'intégrer son programme de fidélité, avec ses propres conditions et modalités.

Dans un contexte qui nous a plus habitués aux tentatives d'incursion des banques dans l'univers de la distribution, par l'intermédiaire de « super apps » généralement sans grande inspiration, l'approche de NatWest paraît beaucoup plus sensée. Concentrée sur son cœur d'activité, où il reste manifestement beaucoup à accomplir avant d'atteindre la maturité « digitale », elle combine son développement commercial avec une réflexion sincère sur la valeur qu'elle peut réellement apporter à ses clients, en l'occurrence en leur facilitant le déploiement d'expériences enrichies, sans frictions.

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  • Citi aux frontières de la banque et du commerce
    Quand les banques du monde entier explorent les possibilités de prendre pied dans des métiers périphériques aux leurs, en particulier à travers la création de places de marché (sous prétexte de « super app »), Citi préfère s'aventurer aux frontières du commerce en ligne tout en restant sagement dans son domaine d'expertise.Sa nouvelle initiative consiste donc en une extension pour les principaux navigateurs web qui, une fois connectée à une carte de crédit éligible, repère automatiquement les v

Citi aux frontières de la banque et du commerce

Par : Patrice
29 janvier 2024 à 21:30
Citi
Quand les banques du monde entier explorent les possibilités de prendre pied dans des métiers périphériques aux leurs, en particulier à travers la création de places de marché (sous prétexte de « super app »), Citi préfère s'aventurer aux frontières du commerce en ligne tout en restant sagement dans son domaine d'expertise.

Sa nouvelle initiative consiste donc en une extension pour les principaux navigateurs web qui, une fois connectée à une carte de crédit éligible, repère automatiquement les visites des plus de 5 000 sites internet sur lesquels des offres de remboursement (« cashback ») sont disponibles, puis propose de les appliquer en un geste, lors de la finalisation d'une commande. Voilà qui soulagera les consommateurs se plaignant fréquemment de leurs difficultés à trouver les promotions qui leur sont réservées.

Le programme Citi Shop représente également une aubaine pour les marchands concernés, en développant l'accessibilité aux rabais qu'ils consentent (et financent), dont ils espèrent, légitimement, que leur présentation spontanée dans les parcours utilisateur et le surcroît de visibilité ainsi acquis agiront comme une incitation à confirmer leurs achats et donc, globalement, à réduire leurs taux d'abandon de panier.

La banque soigne aussi naturellement son propre intérêt avec le dispositif. Outre le facteur de séduction supplémentaire vis-à-vis des commerçants partenaires, il devrait améliorer sensiblement la position de ses cartes de crédit parmi les plus utilisées par leurs porteurs. En effet, la suggestion récurrente de leurs bénéfices au cours des emplettes sur internet réduit la propension à recourir à une alternative habituelle.

Citi Shop

Si je faisais, en introduction, le rapprochement avec les démarches « beyond banking » actuellement en vogue dans le secteur, c'est bien sous l'angle du rapprochement de la banque avec les activités de distribution en ligne. Cependant, la méthode de Citi, que je qualifierais de « border banking », bien que moins ambitieuse, est probablement beaucoup plus pragmatique et prometteuse de résultats concrets.

Point n'est besoin de compter sur une hypothétique confiance afin de conquérir les adeptes, aucune concession ni aucun effort n'est exigé des marchands embarqués dans l'aventure, pas d'investissement massif ni de coûts marginaux à consacrer à l'intégration logicielle… Pour un meilleur engagement des clients, une satisfaction accrue des professionnels… et, à n'en pas douter, des revenus en hausse sur le cœur de métier.

Le cas de Citi Shop constitue une parfaite illustration de ce qui justifie ma perplexité face aux velléités des institutions financières d'aborder de nouveaux marchés, dans une perspective de recherche de relais de croissance. Sur le fond, rien ne s'y oppose et, dans certaines niches (parmi lesquelles je ne compte pas l'e-commerce), le principe a peut-être du sens. Mais il reste tellement à faire dans la « digitalisation » des services essentiels et dans l'optimisation des expériences client qu'il paraît assez hasardeux d'entamer aujourd'hui une diversification vraisemblablement prématurée.

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