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  • Veilid - Tor pour les apps signé Cult of the Dead Cow
    Cult of the Dead Cow , un des plus vieux collectifs hacktivistes encore en activité, ne se contente pas que de balancer des manifestes politiques depuis 1984. Ils codent. Et leur dernier bébé en date s'appelle Veilid , et c'est un framework P2P qui veut faire à vos apps ce que Tor a fait à votre navigateur. Histoire de vous expliquer, vous prenez Veilid, vous l'intégrez dans votre app mobile ou web, et d'un coup tout votre trafic passe par un réseau pair-à-pair (P2P) chiffré de bout en bout. Ce

Veilid - Tor pour les apps signé Cult of the Dead Cow

Par : Korben ✨
18 mai 2026 à 09:00

Cult of the Dead Cow , un des plus vieux collectifs hacktivistes encore en activité, ne se contente pas que de balancer des manifestes politiques depuis 1984. Ils codent. Et leur dernier bébé en date s'appelle Veilid , et c'est un framework P2P qui veut faire à vos apps ce que Tor a fait à votre navigateur.

Histoire de vous expliquer, vous prenez Veilid, vous l'intégrez dans votre app mobile ou web, et d'un coup tout votre trafic passe par un réseau pair-à-pair (P2P) chiffré de bout en bout. Cela veut dire qu'il n'y a pas de serveur central qui stocke vos messages.

Concernant votre IP, celle-ci n'apparaît alors plus au niveau applicatif (le routage privé l'obfusque entre pairs), et chaque nœud est identifié par une clé publique Ed25519 256-bit. Donc autant dire un truc carrément impossible à brute-force.

Le projet a été annoncé à DEF CON 31 en août 2023 par Christien "DilDog" Rioux et Katelyn "Medus4" Bowden, 2 membres historiques de cDc, et près de trois ans plus tard, ça continue d'évoluer toujours à un rythme régulier.

L'idée technique vous la connaissez si vous avez déjà touché à du décentralisé : Une table de hachage distribuée (DHT, en fait un annuaire éclaté entre tous les nœuds du réseau) gère le routage, chaque nœud relaie du trafic chiffré qu'il ne peut pas lire, et les pairs s'échangent des données sans jamais révéler leur IP.

Perso, c'est l'approche qui me semble vachement plus saine pour faire du social sans Mark Zuckerberg dans la boucle. C'est dans le même esprit que Tor et qu' IPFS , sauf que Veilid est pensé dès le départ pour les développeurs d'applications. Donc c'est pas fait pour anonymiser de la navigation web ou stocker des fichiers. C'est un Tor des applications si vous préférez...

Le framework est codé en Rust avec des bindings Flutter et Dart pour le mobile ainsi qu'une cible WebAssembly pour le navigateur. Vous pouvez donc carrément déployer une app Veilid sur Linux, macOS, Windows, Android, iOS, et même directement dans Chrome ou Firefox via WASM.

Le code, lui, est découpé en plusieurs composants : veilid-core pour le moteur, veilid-tools pour les utilitaires, veilid-flutter pour le mobile, veilid-wasm pour le navigateur et veilid-server qu'on installe sur un VPS Debian ou Fedora pour faire tourner un nœud public. Voilà, et le tout est sous licence Mozilla Public License 2.0, donc copyleft mais compatible si vous y ajoutez du code propriétaire par dessus.

L'app phare qui tourne déjà sur ce framework, c'est VeilidChat , une messagerie type Signal mais sans aucun serveur, sans numéro de téléphone et sans annuaire centralisé. Vous échangez votre clé publique avec un pote, et hop, c'est parti.

Si ça vous dit d'y jeter un oeil, sachez que le code de Veilid n'est pas sur GitHub mais sur GitLab . Après c'est encore assez nouveau, ce qui veut dire que ça bouge beaucoup de release en release. Donc si vous voulez coder votre prochaine app par dessus ce framework, va falloir vous accrocher car ça cassera souvent.

Mais si vous codez du décentralisé et que vous en avez franchement marre de bricoler libp2p à coup de colle forte Python, Veilid mérite un sérieux coup d'œil. Et même si vous codez pas, gardez l'œil sur VeilidChat car le jour où une appli grand public sortira là-dessus, ça va vraiment envoyer du lourd.

Beaucoup plus que Signal ou Telegram, je pense !

  • ✇Korben
  • Une hacktiviste déguisée en Pink Ranger supprime des sites de nazis en live au 39C3
    Vous savez ce qui est encore mieux qu'un bon film de super-héros ? Une hacktiviste déguisée en Pink Ranger des Power Rangers qui supprime en direct des sites de nazis devant une salle comble de hackers en délire. Et ce moment de liesse s'est passé fin décembre au 39C3 , le Chaos Communication Congress à Hambourg. Mais avant d'en arriver là, il a fallu une sacrée investigation. Tout commence avec WhiteDate, une sorte de Tinder pour suprémacistes blancs. À côté, deux autres sites du même acabit :

Une hacktiviste déguisée en Pink Ranger supprime des sites de nazis en live au 39C3

Par : Korben
6 janvier 2026 à 18:47

Vous savez ce qui est encore mieux qu'un bon film de super-héros ?

Une hacktiviste déguisée en Pink Ranger des Power Rangers qui supprime en direct des sites de nazis devant une salle comble de hackers en délire. Et ce moment de liesse s'est passé fin décembre au 39C3 , le Chaos Communication Congress à Hambourg. Mais avant d'en arriver là, il a fallu une sacrée investigation.

Tout commence avec WhiteDate, une sorte de Tinder pour suprémacistes blancs. À côté, deux autres sites du même acabit : WhiteChild (un truc glauque pour matcher des donneurs de sperme et d'ovules "de race pure") et WhiteDeal (une marketplace pour embaucher uniquement des racistes). Ça devait être sympa l'ambiance, n'empêche !

Les stats de WhiteDate parlent d'elles-mêmes puisque le site comptait environ 3600 profils aux USA, 600 en Allemagne, et la France, le Canada et le UK loin derrière. Et surtout 86% d'hommes. On imagine bien le niveau des conversations sur ce site de losers qui cherchent l'âme sœur aryenne dans un océan de testostérone frustrée.

Les trois sites étaient gérés par une certaine "Liff Heide". Un pseudo un peu trop allemand pour être vrai. Deux journalistes, Eva Hoffmann (investigatrice freelance) et Christian Fuchs (qui couvre l'extrême droite depuis 20 ans), ont mené l'enquête pour Die Zeit et ont fini par identifier la vraie personne : Christiane Haar, 57 ans, qui vit près de Kiel en Allemagne.

Et comment l'ont-ils trouvée ? Hé bien par l'enregistrement de la marque déposée "WhiteDeal" au registre du commerce allemand. Parce que oui, quand tu montes un réseau clandestin de nazis, tu n'oublies pas de déposer ta marque à l'INPI local.

Le souci du détail administratif, c'est toujours magique.

Le parcours de Christiane Haar est d'ailleurs assez dingue. Ancienne pianiste prodige, elle a vécu à Paris dans les années 2000 où elle a épousé un banquier... dont le père avait survécu à la Shoah. Oui, vous avez bien lu... Son ex-mari a raconté aux journalistes qu'elle s'était radicalisée après 2014, persuadée que l'attentat de Charlie Hebdo était une "opération false flag". La descente aux enfers conspirationniste classique. Et le brave homme a fini par divorcer "pour raisons politiques" après qu'elle ait pété un câble antisémite lors d'un dîner avec des amis.

Côté autorités allemandes, c'est la lose totale par contre. Le Verfassungsschutz (les services de renseignement intérieur) surveillait le dossier depuis 2019... sauf qu'ils ont passé des années à traquer la mauvaise personne. Il existe en effet une romancière qui s'appelle vraiment Liff Heide, et ces brillants enquêteurs ont confondu les deux femmes malgré des différences flagrantes : pas le même âge, pas la même couleur de cheveux, l'une vivait à Paris depuis des décennies, l'autre à Berlin. Résultat, la pauvre romancière a perdu son job dans une université berlinoise à cause de cette bourde monumentale.

C'est là qu'entre en scène Martha Root (un pseudo, évidemment), une hacktiviste qui a décidé de faire ce que les services de renseignement n'avaient pas réussi en six ans.

Pour infiltrer ces plateformes, elle a utilisé des chatbots IA (Llama et compagnie). Elle a créé un faux profil avec une photo générée par IA, et quand son compte a bugué à force de bidouiller les champs de texte, elle a contacté le support. Ces génies lui ont non seulement débloqué son compte, mais lui ont offert 3 mois de premium gratuit. Merci les gars.

Mais le meilleur c'est quand Martha a demandé à une connaisseuse plus calée qu'elle de jeter un œil. Cinq minutes plus tard (pour de vrai), sa pote lui envoie la faille. Il suffisait de taper WhiteDate.net/download-all-users dans la barre d'adresse. C'est tout. Pas d'injection SQL sophistiquée, pas d'exploit zero-day... juste une URL en clair dans l'API WordPress. La "race supérieure" a oublié de protéger son endpoint JSON.

Comme l'a dit Martha Root : "Avant de vouloir dominer le monde, apprenez déjà à sécuriser un WordPress". C'est drôle ^^.

Martha Root est donc montée sur scène au 39C3, déguisée en Pink Ranger, aux côtés des deux journalistes. Et au lieu de se contenter de slides PowerPoint bien sages, elle a décidé de passer à l'action : une suppression en direct des trois sites devant une salle en délire.

Les données récupérées (100 Go quand même) ont été transmises à DDoSecrets, le collectif qui a pris la relève de WikiLeaks pour ce genre de fuites. Ils ont baptisé ça "WhiteLeaks" et le partagent avec les journalistes et chercheurs vérifiés. Comme le faisait Anonymous à la grande époque, le hacktivisme continue de faire le ménage là où les autorités traînent des pieds.

L'admin des sites a réagi sur X en pleurnichant que c'était du "cyberterrorisme" et en promettant des représailles. Elle envoie même chaque mois un fax (oui, un fax) aux journalistes pour réclamer de la thune en dédommagement. Ah oui, parce que supprimer des sites de nazis, c'est du terrorisme, mais matcher des donneurs de sperme pour la pureté raciale, c'est juste un hobby sympa entre amis.

Pour couronner le tout, le site WhiteDate était développé par une boîte IT en Inde, avec la comptabilité gérée depuis Madagascar. L'internationale brune qui sous-traite à l'étranger, ça ne s'invente pas, les amis...

Bref, ce que Martha a trouvé en quelques jours, toute l'infrastructure de renseignement allemande n'a pas réussi à le faire en six ans.

Encore raté.

Source | Vidéo du talk au 39C3

  • ✇Korben
  • Le Great Firewall chinois vient de fuiter
    Près de 600 Go, c’est le poids de la plus grosse fuite de l’histoire du Great Firewall chinois. Il y a quelques jours, un collectif hacktiviste du nom de Enlace Hacktivista a balancé sur le net tout le code source, les documents internes, les logs de travail et même les communications privées du système de censure le plus sophistiqué au monde. C’est à ce jour la plus grosse fuite de l’histoire du Great Firewall chinois ! Le Great Firewall est un système qui permet à la Chine de filtrer internet

Le Great Firewall chinois vient de fuiter

Par : Korben
15 septembre 2025 à 09:38

Près de 600 Go, c’est le poids de la plus grosse fuite de l’histoire du Great Firewall chinois. Il y a quelques jours, un collectif hacktiviste du nom de Enlace Hacktivista a balancé sur le net tout le code source, les documents internes, les logs de travail et même les communications privées du système de censure le plus sophistiqué au monde. C’est à ce jour la plus grosse fuite de l’histoire du Great Firewall chinois !

Le Great Firewall est un système qui permet à la Chine de filtrer internet pour toute sa population. Un système tellement efficace qu’il bloque non seulement Google, Facebook ou Twitter, mais qui arrive aussi à détecter et neutraliser les VPN les plus sophistiqués. Et aujoud’hui, tout son fonctionnement interne est accessible à qui veut bien se donner la peine de télécharger un fichier torrent de 571 Go.

Les documents proviennent de deux sources principales : Geedge Networks, une boîte dirigée par Fang Binxing (surnommé le “père du Great Firewall”), et le laboratoire MESA de l’Académie chinoise des sciences. En gros, on a là les architectes principaux de la censure numérique chinoise qui se retrouvent à poil sur internet.

Mais le plus dingue dans cette histoire, c’est pas tant la fuite elle-même. C’est ce qu’elle révèle sur l’export de cette technologie. Les documents montrent que la Chine ne se contente pas de censurer son propre internet, non… elle vend clé en main son système de censure à d’autres pays autoritaires.

Le produit star ? Un truc appelé Tiangou, décrit dans les documents comme une solution tout-en-un pour dictateur pressé : vous branchez, vous configurez, et hop, vous pouvez surveiller et censurer votre population comme en Chine. Le système inclut plusieurs modules aux noms poétiques : le Tiangou Secure Gateway qui bloque les VPN et peut injecter du code malveillant, le Cyber Narrator qui surveille l’activité internet par région, et les systèmes TSG Galaxy et Network Zodiac pour stocker et analyser les données des utilisateurs.

D’après les documents qui ont fuité, le Myanmar a déployé ce système dans 26 centres de données, avec des tableaux de bord capables de monitorer 81 millions de connexions TCP simultanées ! C’est pas rien ! Ce système est d’ailleurs intégré directement dans les points d’échange internet du pays, permettant un filtrage massif et sélectif du trafic.

Le Pakistan n’est pas en reste car d’après les documents, Geedge a installé son infrastructure DPI (Deep Packet Inspection) dans le cadre d’un système plus large appelé WMS 2.0. Amnesty International parle d’une surveillance de masse en temps réel sur les réseaux mobiles pakistanais où en gros, chaque SMS, chaque appel, chaque connexion internet peut être intercepté et analysé.

Les documents révèlent aussi que l’Éthiopie et le Kazakhstan ont acquis des licences pour le système Tiangou et apparemment, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Au début, Geedge utilisait des serveurs HP et Dell pour faire tourner son système, mais face aux sanctions occidentales, ils sont passés à du matériel 100% chinois. Le système s’adapte donc, évolue, contourne les obstacles, exactement comme les utilisateurs qu’il est censé bloquer, sauf qu’il a plus de moyens.

Les chercheurs qui analysent actuellement les données étudient le code pour mieux comprendre le système car maintenant que celui-ci est public, les développeurs d’outils de contournement peuvent potentiellement y trouver des faiblesses.

Enlace Hacktivista, le groupe à l’origine de la fuite, n’en est pas à son coup d’essai mais là, ils ont frappé un grand coup et pour ceux qui voudraient jeter un œil aux documents (attention, c’est à vos risques et périls), Enlace Hacktivista a mis le tout à disposition via torrent et téléchargement direct. Les chercheurs recommandent fortement d’utiliser des machines virtuelles isolées ou des environnements sandboxés pour analyser ces fichiers. Pas question de lancer ça sur votre PC principal, on ne sait jamais ce qui peut se cacher dans ces giga octets de code chinois.

Voilà en tout cas, cette technologie de censure et de surveillance est devenu un business global pour contrôler les populations. Merci la Chine ! Et maintenant que le code est dans la nature, on peut s’attendre à ce que d’autres états tentent de créer leurs propres versions du Great Firewall.

Maintenant, est-ce que ça va permettre de mieux contourner la censure ? Est-ce que ça va dissuader certains pays d’acheter cette technologie ? Ou est-ce que la Chine va simplement développer une version 2.0 encore plus sophistiquée ?

On verra bien…

Source

  • ✇Korben
  • Anonymous - De 4chan aux cyberattaques mondiales
    Cet article fait partie de ma série de l’été spécial hackers. Bonne lecture ! Si vous pensiez que les pires trolls d’internet étaient sur Twitter, vous n’avez clairement jamais mis les pieds sur 4chan en 2003. C’est pourtant dans ce laboratoire du chaos numérique qu’est né l’un des collectifs les plus redoutables de la planète. Qui aurait cru qu’un simple protocole d’anonymisation allait engendrer une hydre capable de faire trembler la Scientologie, les banques et même la Russie de Poutine ?

Anonymous - De 4chan aux cyberattaques mondiales

Par : Korben
28 juin 2025 à 13:37

Cet article fait partie de ma série de l’été spécial hackers. Bonne lecture !

Si vous pensiez que les pires trolls d’internet étaient sur Twitter, vous n’avez clairement jamais mis les pieds sur 4chan en 2003. C’est pourtant dans ce laboratoire du chaos numérique qu’est né l’un des collectifs les plus redoutables de la planète.

Qui aurait cru qu’un simple protocole d’anonymisation allait engendrer une hydre capable de faire trembler la Scientologie, les banques et même la Russie de Poutine ?

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