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Votre vieux Morrowind se relance dans le navigateur

Si vous êtes fan de The Elder Scrolls III: Morrowind, j'ai une bonne nouvelle pour vous : vous allez pouvoir y jouer directement dans un onglet de navigateur ! En effet, c'est ce que nous propose openmw-web , signé Virtastic et sorti il y a quelques jours !

openmw-web fait donc tourner Morrowind dans un browser en recompilant OpenMW vers WebAssembly avec Emscripten. OpenMW, c'est le moteur libre qui réimplémente de zéro celui du jeu, et l'avoir en WebAssembly, ça permet de le faire tourner localement sur votre machine dans le navigateur.

Si vous voulez tester, il y a deux façons de vous lancer. Soit via le monde de démo livré avec OpenMW qui est jouable direct avec un petit village, ses PNJ, ses gardes et des créatures qui rôdent autour.

Ou alors vous pointez le navigateur vers le dossier Data Files de votre propre installation. Les fichiers sont alors lus en streaming depuis le disque via la File System Access API, rien n'est uploadé nulle part, et Tribunal, Bloodmoon et vos mods en .esp, .esm ou .bsa sont détectés tout seuls.

Dans ce mode, les sauvegardes atterrissent ensuite sous la forme de vrais fichiers dans un sous-dossier openmw-web-saves, donc vider le cache du navigateur ne les effacera pas. Alors que sur le monde de démo, elles resteront dans le stockage du navigateur, et là si vous videz votre cache en mode bourrin, vous perdrez votre avancement.

J'ai lancé la démo, et je dois dire que ça tourne plutôt bien.

Ce clic autorise une connexion à Google : adresse IP transmise et traceurs possibles. En savoir plus Voir cette vidéo sur YouTube

Virtastic est une boîte dont c'est le métier de recompiler des logiciels desktop en applis web. Ils vendent la prestation de conversion, la maintenance et l'hébergement, et licencient leur bibliothèque de dépendances déjà cross-compilées vers WebAssembly, genre Qt, CPython, OpenCASCADE ou FFmpeg.

Donc Morrowind c'est leur vitrine, avec FreeCAD et Jagged Alliance 2 en preview et Blender annoncé. Ça explique la finition du truc, car le gros du travail était surtout dans la chaîne de dépendances, et pas forcément dans le jeu.

Notez que de ce que j'ai lu dans la doc, sous Windows, visiblement le navigateur refuse d'ouvrir un dossier situé dans Program Files, là où Steam installe par défaut. Il faut donc copier Data Files sur le Bureau ou dans Documents avant de le sélectionner.

Le développeur a évoqué également un mode multijoueur parmi les fonctions à venir, ce que le jeu n'a jamais eu d'origine. Et sur le dépôt, il tient sa roadmap sous forme de tickets qu'il s'ouvre à lui-même.

Je vous parlais d'OpenMW en 2012 , quand c'était encore un moteur prometteur en cours d'écriture et nous voilà 14 ans plus tard, et ce même moteur tourne dans un Chrome OKLM. C'est beau non ? Dans le genre vieux logiciel qui déménage dans le navigateur, y'a aussi ce émulateur x86 en WebAssembly qui reste mon autre chouchou.

Amusez-vous bien !

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Firefox ressort le mode compact du placard, 5 ans après

En 2021, Mozilla a estimé que le mode compact de Firefox intéressait trop peu de monde pour mériter sa place dans l'interface. Le bug qui actait sa suppression a énervé pas mal de monde, mais la justification à l'époque, c'était que cette densité est "difficile à découvrir, et on suppose qu'elle est peu utilisée".

Faut dire que ce mode compact réduit sacrément l'espacement des barres d'outils et des onglets pour gagner de la place à l'écran. Mozilla le destine explicitement aux petits écrans.

Mais devant la levée de boucliers, Mozilla a dû faire machine arrière mais à moitié ^^. En avril 2021, un second bug acte le compromis : ceux qui utilisaient déjà le mode compact le gardent, les autres doivent aller l'activer à la main dans about:config via browser.compactmode.show.

Puis au bout d'un moment dans le menu de personnalisation, l'option réapparaît en juin 2021 dans Firefox 89 sous le doux nom de "Compact (not supported)". C'est la version qui embarquait la refonte Proton dont je vous parlais à l'époque .

Nous sommes 5 ans plus tard, et Mozilla remet le couvert avec le mode compact ! En effet, le nouveau design de Firefox est arrivé aujourd'hui dans Nightly, et ce mode compact fait partie du package. "Les gens nous ont dit que ça leur manquait, et on les a écoutés", explique l'équipe.

Sauf que ce n'est pas exactement un retour à la case départ. Dans le code de Nightly 155, le mode compact ne revient pas dans le menu de personnalisation. En réalité, il déménage dans les réglages, sous une rubrique "Window density" qui propose Automatique, Standard, Compact et Tactile.

Mais surtout Firefox sait maintenant basculer en compact tout seul. C'est une préférence fraîchement débarquée, browser.compactmode.auto.threshold, qui fixe le déclencheur à 0.05. Cela veut dire que si la barre d'onglets s'apprête à bouffer plus de 5 % de la hauteur de votre fenêtre, le navigateur passe en densité réduite sans rien vous demander.

Même logique sur la largeur avec la barre latérale repliée avec un garde-fou plutôt propre qui fait que si un utilisateur a choisi lui-même une densité, il ne se fait jamais écraser son réglage.

Le reste de la refonte, baptisée Project Nova en interne , n'est pas mal non plus. Les onglets prennent une forme plus douce avec un léger dégradé sur l'onglet actif, la palette s'inspire du feu avec des violets fumés, et les icônes sont redessinées pour tenir la route en thème clair comme en sombre. Mozilla a d'ailleurs publié les teintes avec leurs codes, du Cream #FFF4EE au Midnight Purple #210340.

Les réglages sont réorganisés au passage, avec une entrée dédiée aux contrôles IA pour couper entièrement ces fonctions, et un réglage du niveau de protection contre le pistage. Mozilla annonce aussi 9 % de gain sur les temps de chargement du contenu principal des pages sur un an.

Bon voilà, ce que je peux vous dire, c'est que comme d'habitude, avec Firefox, les gens vont encore gueuler pour rien. En 2014, la refonte Australis avait provoqué le même genre de problème, au point qu' une extension entière avait été codée pour restaurer l'ancienne apparence .

La différence, cette fois, c'est que Mozilla range la personnalisation du côté des réglages officiels au lieu de la laisser aux extensions et à about:config.

Pour voir tout ça, il vous faut la version Nightly et rien d'autre. Dans le code source, la préférence globale browser.nova.enabled n'est activée que sur les builds Nightly, elle reste à false partout ailleurs. Le déploiement large est annoncé pour cette année, sans date. En attendant, la branche stable continue d'avancer de son côté avec les conteneurs natifs arrivés dans Firefox 153 .

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Chrome tourne enfin sur Raspberry Pi (si vous savez où cliquer)

Si vous avez un Raspberry Pi et que Chromium commence à vous fatiguer, le VRAI Chrome, celui des chads que vous êtes, est enfin dispo en ARM64 !! Enfin, dispo... Si vous savez où chercher, parce que la page de téléchargement de Google vous propose toujours l'installeur amd64, qui ne tournera jamais sur votre machine. C'est Joey Sneddon, d'OMG! Ubuntu, qui a trouvé la combine en bidouillant l'URL depuis son Pi 5.

Avant toute chose, vérifiez que vous êtes bien en 64 bits, parce qu'un système 32 bits refusera le paquet :

dpkg --print-architecture

Si ça répond arm64, le fichier est , 126 Mo. Il s'installe comme n'importe quel .deb local, en laissant apt gérer les dépendances :

wget https://dl.google.com/linux/direct/google-chrome-stable_current_arm64.deb
sudo apt install ./google-chrome-stable_current_arm64.deb

Le RPM existe aussi pour les distributions qui préfèrent, en remplaçant la fin du nom par aarch64.rpm.

J'ai ouvert le paquet pour regarder ce qu'il y avait dedans. Son fichier de contrôle annonce google-chrome-stable en version 150.0.7871.186, architecture arm64, un peu plus de 400 Mo une fois installé. Soit exactement la même version que le paquet x86 poussé le même soir. Le même Chrome, à la même révision.

Et le canal stable n'est pas seul. Le dépôt de Google sert aussi la beta (151.0.7922.47), la dev (152.0.7967.2) et la canary (152.0.7974.0) pour les puces ARM, et son fichier Release déclare noir sur blanc les deux architectures. Les quatre canaux ont été publiés dans la même minute que leurs équivalents x86.

Est-ce qu'on se retrouve coincé sur cette version, à re-télécharger le .deb à la main tous les mois ? Non. Le script de post-installation contenu dans le paquet ajoute le dépôt Google en précisant l'architecture, et les cinq paquets y sont indexés en arm64 exactement comme en x86. Les mises à jour ont donc de quoi arriver par apt, comme d'habitude.

Alors pourquoi s'embêter, puisque Chromium tourne sur ARM depuis des années ? Pour deux trucs. D'abord ma synchro du compte Google, qui ramène favoris, mots de passe et extensions. Et ensuite, Widevine, le module DRM, qui est ici un vrai binaire aarch64 et pas une couche de compatibilité comme l'émulateur FEX financé par Valve . Netflix et les autres plateformes à DRM s'ouvriront enfin sur un SBC !!!

Mais avec une nuance à connaître avant de vous réjouir qui est que sous Linux, Widevine reste au niveau "Software Secure". Cela veut dire que sur Netflix, la qualité plafonnera entre 720p et 1080p. De la HD donc et pas de la 4K. Désoléééé !

Google avait promis tout ça en mars, pour le deuxième trimestre et son billet annonçait même une installation via chrome.com/download pour les autres distributions, ce qui est malheureusement le morceau qui manque aujourd'hui.

Cela veut dire aussi que rien ne garantit que ce paquet soit considéré comme étant prêt par ses auteurs donc si votre machine doit rester stable, laissez passer quelques semaines avant de vous y essayer.

Manque plus que quelqu'un chez Google ait le courage d'appuyer sur "publier".

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Moebius - Effacer un objet d'une photo depuis votre navigateur

Simon Willison, le créateur de Datasette et co-créateur de Django, vient de porter un modèle d'inpainting d'image directement dans le navigateur. Sa démo vous permet de choisir une photo, de peindre sur la zone à faire disparaître et ensuite le modèle IA reconstitue ce qu'il manque. Et ce qui est merveilleux avec cette appli c'est que tout tourne sur votre carte graphique en local, comme ça vos données restent chez vous.

Le modèle s'appelle Moebius, dispose de 0,22 milliard de paramètres, et a été développé par une équipe de l'université Huazhong en Chine. À l'origine c'est un modèle PyTorch, que Willison a converti au format ONNX pour le faire tourner via ONNX Runtime Web sur le backend WebGPU, une nouvelle API qui donne aux pages web un accès direct au GPU. Et ce qu'on obtient, c'est un modèle de diffusion qui s'exécute à 100% côté client dans Chrome ou Safari.

Lors de la première utilisation, l'outil télécharge 1,27 Go de poids depuis Hugging Face, ce qui est énorme pour une page web. Mais c'est un one-shot car ensuite, le navigateur range tout ça dans son Cache Storage, et les fois d'après il ne re-télécharge rien.

Je l'ai installé et testé et ça fonctionne vraiment très très bien. J'ai sélectionné quelques tuiles comme un bourrin et ça me les a enlevées très proprement en quelques dizaines de secondes (une fois le modèle initial téléchargé évidemment).

C'est du vrai inpainting génératif en tout cas et pas un truc qui recopie les pixels d'à côté.

Willison raconte dans le README que la conversion PyTorch vers ONNX et l'appli web complète ont été réalisées par Claude Code avec le modèle Claude Opus 4.8, et qu'il n'a "*pas regardé une seule ligne de code *". Il s'est juste contenté de tester dans le navigateur et de signaler ce qui clochait. Hé ouais c'est comme ça maintenant, les temps changent ;)

C'est open source sous licence Apache 2.0, la démo est en ligne, et le code est sur GitHub si vous voulez le lancer chez vous. Testez, et effacez ce gars avec son coup de soleil sur le crâne qui gâche votre plus belle photo de vacances, je ne vous juge pas ^^.

Source : Hackaday

DuckDuckGo zappe les pubs YouTube

Alors ça, Google va adorer ! En effet, depuis hier (le 8 juillet), le navigateur DuckDuckGo bloque les pubs YouTube tout seul comme un grand. Le pre-roll interminable avant votre tuto Docker , la double coupure en plein milieu d'un unboxing, ou encore la pub pour une appli de casino que vous n'avez jamais demandée... tout dégage, en mode par défaut sans avoir besoin d'ajouter une extension.

iOS, Windows et Mac sont servis d'office, et sur Android ça s'active à la main dans Settings > Ad Blocking (le par défaut arrive bientôt).

Le canard américain ne réinvente rien puisqu'il embarque tout simplement les listes de filtres communautaires du projet uBlock Origin , mises à jour régulièrement pour suivre les parades de la régie pub de Google.

Sur son blog , ils annoncent donc que leur fonctionnalité bloque la "plupart" des publicités. Donc pas 100% et ils préviennent qu'un peu de buffering peut également apparaître au lancement d'une vidéo. Ouais ça c'est la petite astuce de Google pour contrarier les utilisateurs d'AdBlocker...

Mais une fois la lecture partie, plus d'interruption !

Sur ordi, vous verrez une petite icône vidéo à côté du bouclier vert dans la barre d'adresse, c'est là que ça se pilote.

Le réglage Ad Blocking, planqué dans le menu du navigateur

Sur mobile, je le précise encore parce que ça ne coule pas de source pour tout le monde, c'est seulement si vous ouvrez YouTube dans le navigateur DDG. L'application YouTube officielle , elle, continuera de vous balancer des tunnels de pubs tranquillement.

Et si vous utilisez déjà Duck Player , le mode théâtre sans cookies de pistage, les 2 fonctionnent ensemble sans se marcher dessus.

Bon, les blasés de la vie me diront que Brave fait ça nativement depuis des années et c'est vrai. Mais ce qui est intéressant ici, c'est que c'est un blocage activé par défaut pour madame et monsieur Tout-le-monde, sur un navigateur qui se télécharge gratuitement . Le blocage de pub n'est plus une bidouille de geek, mais c'est devenu un argument marketing pour "vendre" son navigateur.

Du coup, dans le bras de fer entre YouTube et les bloqueurs de pubs , qui s'est durci depuis fin 2023 à coups d'avertissements, de ralentissements volontaires et de lectures bloquées, je pense que la riposte de Google ne va pas tarder donc préparez les popcorns.

Mais quoi qu'il en soit, c'est encore un coup dur pour les youtubeurs. Bon, il restera toujours la possibilité de faire des segments sponsorisés directement dans la vidéo... Ah mais non, oups, c'est vrai, il y a SponsorBlock qui se débarrasse de ça aussi. Ouin !

Mais alors qu'est-ce qu'on va devenir, nous, les créateurs de contenu ?

Eh bien c'est simple. Si vous aimez bien ce qu'on fait, faut nous soutenir. Moi, par exemple, j'ai un Patreon et il y a plein de gens dessus qui me soutiennent, ce qui est super cool, j'ai vraiment beaucoup de chance. Et je les remercie tous.

J'encourage les autres créateurs de contenu à faire pareil, y compris les YouTubers, à mettre en place ce genre de système. Et sachez qu'on n'est pas obligé de se prendre la tête avec des contreparties...etc parce qu'on n'a pas vraiment le temps, on a déjà beaucoup de choses à faire. L'important c'est d'être transparent avec votre communauté, vous dites juste que c'est pour continuer à faire ce que vous faites d'habitude, c'est pour continuer à faire tourner la chaîne dans la joie, la bonne humeur et ça devrait très bien se passer.

Moi mon rêve c'est qu'un jour le Patreon ramène suffisamment d'argent pour que je puisse me passer à 100% de partenaires pub. Un jour peut-être, on verra bien.

Source

Adblock for YouTube - 10 millions d'installs et un piège dormant

Mise à jour du 26 juin 2026 : Mathias Rochus, le fondateur d'AdBlock Ltd qui édite l'extension, m'a contacté pour réagir. Il souligne que cette capacité n'a jamais servi (le rapport Island le confirme) et que le scriptlet en cause, trusted-create-element, n'est pas maison : il vient de la bibliothèque open-source de scriptlets d'AdGuard que beaucoup de bloqueurs embarquent. Surtout, il annonce corriger les deux problèmes dès aujourd'hui : suppression pure et simple du scriptlet inutilisé pour qu'aucune config serveur ne puisse l'appeler, et vérification du vrai domaine youtube.com au lieu d'une chaîne posée n'importe où dans l'URL. La nouvelle version doit encore passer la revue de Google.

Une précision quand même, parce que c'est le cœur du sujet : selon le rapport Island, quand le serveur renvoie certains paramètres, l'élément créé est une balise <script> dont le contenu est fourni directement par le serveur. Autrement dit, le verrou qu'on retire servait bien à faire tourner du code venu d'ailleurs. Le correctif, lui, est une bonne nouvelle pour les 10 millions d'utilisateurs. Je reviendrai vérifier une fois la mise à jour en ligne.


Si vous avez installé une extension qui s'appelle "Adblock for YouTube" pour virer les pubs de vos vidéos, prenez deux minutes pour lire mon article.

Les chercheurs Oleg Zaytsev et Shachar Gritzman, de la boîte de sécurité Island, viennent de passer au peigne fin une de ces extensions installée par plus de 10 millions de personnes, et ce qu'ils ont trouvé dedans n'est pas très joli joli. Le truc affiche fièrement un badge "Featured" sur le Chrome Web Store, fait bien le boulot promis (il bloque les pubs), mais il embarque aussi de quoi exécuter n'importe quel bout de JavaScript sur n'importe quel site que vous visitez.

Et ça, ça craint !

Mais avant que vous fermiez l'onglet en panique, sachez tout d'abord qu'il existe plusieurs extensions qui portent ce nom. Celle qui pose problème a un identifiant précis, cmedhionkhpnakcndndgjdbohmhepckk. Donc pour vérifier, tapez chrome://extensions dans votre barre d'adresse, activez le "Mode développeur" en haut à droite, et regardez l'ID affiché sous chaque extension. Si vous tombez sur celui-là, virez-la sans réfléchir. Si c'est un autre identifiant, ce n'est pas l'extension visée par cette analyse, ce qui ne veut pas dire pour autant que tous les bloqueurs du store sont blancs comme neige, hein...

Ce qui inquiète Island, ce n'est pas une ligne de code qui vole vos données là, maintenant mais plutôt une capacité en sommeil. L'extension contient ce que les chercheurs appellent les ingrédients architecturaux pour faire tourner du code arbitraire, et la mèche peut être allumée par un simple changement côté serveur sans que cela se voit.

En clair, du jour au lendemain, le bidule pourrait se mettre à lire vos pages, aspirer vos données et à agir à votre place dans vos comptes perso, vos applis de boulot ou vos panneaux d'admin. Au moment de l'analyse, le mécanisme dormait. Il n'était pas absent.

Et le détail qui fait sourire jaune, c'est quand même ce garde-fou censé limiter l'extension à YouTube. En théorie elle ne s'active que sur le site de Google mais en pratique, elle tourne sur absolument tous les sites, avec une vérification qui regarde juste si la chaîne "youtube.com" apparaît quelque part dans l'URL.

Oui n'importe où, du coup une adresse comme bank.example.com/search?q=youtube.com passe le test sans problème donc autant vous dire que le verrou ne verrouille pas grand chose...

Cette extension traîne sur le store depuis 2014. Au départ c'était donc un bête bloqueur de pub YouTube, jusqu'à un changement de propriétaire en 2018. Les premières versions embarquaient carrément un SDK d'injection de pub baptisé Unistream, finalement retiré en juin 2024, et les chemins d'injection de script pilotables à distance sont présents depuis février 2025. 3 autres extensions de blocage de pub liées au même écosystème ont déjà été dégagées du Chrome Web Store pour cause de malware.

Toutefois, pour le moment, il n'y a aucune preuve qu'un payload malveillant ait réellement été poussé aux utilisateurs, mais c'est la combinaison de plusieurs de ces facteurs qui pue : une extension à 10 millions d'installs, un accès à tous les sites, un canal d'injection téléguidé, un passé d'injection de pub et des cousines déjà bannies. Gloups !

Donc je vous conseille vivement de faire le tour de vos extensions. CRXplorer vous aidera à débusquer celles qui sont louches, et si vous cherchez à bloquer les pubs proprement, j'avais fait le point sur les bonnes méthodes pour ça . Petit rappel au passage, sur Chrome le uBlock Origin complet a été débranché par le passage à Manifest V3, et il ne reste que sa version Lite, forcément moins fortiche.

Donc si vous voulez le vrai, c'est sur Firefox que ça se passe maintenant.

Bref, méfiez-vous des bloqueurs de pub qui réclament la lune et au moindre doute sur l'ID, désinstallez cette merde !

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Deno veut transformer vos sites web en applications de bureau

Deno, le moteur d'exécution JavaScript et TypeScript créé par Ryan Dahl (le développeur qui avait déjà lancé Node.js il y a une quinzaine d'années), s'apprête à faire un sacré pas de côté avec sa prochaine version majeure, qui permettra de fabriquer des applications de bureau pour macOS, Windows et Linux à partir du même code, et même depuis une seule et unique machine.

La fonction, baptisée Deno Desktop, a déjà débarqué discrètement dans la version 2.9.0 distribuée en canal canary, c'est-à-dire la branche de test réservée aux plus curieux d'entre vous, mais pas encore sur la version stable.

L'idée est simple : vous prenez un projet web écrit en TypeScript, ou construit avec des outils connus comme Next.js, Astro, Fresh ou Vite, et Deno le compile en un seul fichier exécutable qui embarque votre code, le runtime et le moteur d'affichage, prêt à distribuer tel quel. Un petit serveur web local est même glissé dans le paquet, ce qui veut dire qu'une appli web existante peut migrer vers le bureau sans qu'on réécrive quoi que ce soit.

Pour afficher votre interface, vous avez le choix entre trois approches, et c'est sur le poids final que ça se joue. Par défaut, Deno s'appuie sur la WebView native du système, autrement dit le moteur d'affichage web déjà présent sur votre Mac ou votre PC, ce qui donne une application d'environ 68 Mo sur macOS.

Si vous préférez la régularité d'un Chromium complet d'une plateforme à l'autre, vous pouvez embarquer le CEF (le Chromium Embedded Framework, en gros un navigateur Chrome entier glissé dans l'application), mais le poids monte alors au-delà de 300 Mo. Et pour les plus aventureux d'entre vous, un mode brut, sans moteur web laisse gérer soi-même les fenêtres et le rendu via WebGPU ou Skia.

Trois moteurs, donc. À vous de choisir.

Forcément, on pense tout de suite à Electron, la techno derrière Slack, Discord ou VS Code, réputée pour produire des applications obèses, et à ses rivaux plus légers que sont Tauri, Electrobun ou Dioxus. Deno débarque sur un terrain déjà bien occupé, avec quand même un argument solide : le même outil sert au serveur, au site et maintenant à l'application de bureau.

Sauf que voilà, tout n'est pas encore en place. La fonction n'est pas stable, certains testeurs ont vu le bouton de fermeture des fenêtres refuser de marcher sur macOS, le sélecteur de fichiers et l'accès au presse-papier manquent toujours à l'appel, et le support mobile reste à l'état de promesse. Les menus natifs, les menus contextuels, les boîtes de dialogue système et les notifications répondent déjà présents, eux.

La vraie question, du coup, c'est de savoir si Deno ne se disperse pas. Le projet vit avant tout grâce à son runtime, et certains se demandent si fabriquer un concurrent à Electron ne va pas siphonner l'énergie qu'il faudrait au coeur du moteur.

Bref, recycler un site en appli de bureau sans tout réécrire, et bien pourquoi pas ?

Source : The Register

Orion - Le navigateur Mac qui ne carbure pas à Chromium

Quand je regarde la liste des navigateurs divers et variés qu'on a à notre disposition, franchement, je déprime... Chrome, Edge, Brave, Opera, Vivaldi, et même feu Arc... tous tournent sur Chromium, donc sur le moteur de Google. C'est naze pour la diversité de l'écosystème, vous ne trouvez pas ?

Alors on a toujours notre bon vieux Firefox évidemment mais il en existe un autre dont on parle très peu qui s'appelle Orion. C'est Kagi (la boîte derrière le moteur de recherche payant du même nom, fondée par Vladimir Prelovac) qui le développe pour Mac, iPhone et iPad et sa particularité, c'est qu'il est bâti sur WebKit (utilisé aussi par Safari), ne contient pas la moindre télémétrie et dispose également d'un bloqueur de pub et de traqueurs déjà câblé à l'intérieur.

Et surtout, Orion sait faire tourner les extensions Chrome ET Firefox, en même temps, ce qu'aucun autre navigateur au monde ne sait faire. Vous récupérez votre uBlock Origin, votre gestionnaire de mots de passe ou votre Dark Reader habituels, sans vous prendre la tête, tout ça en utilisant un moteur qui n'est pas Chromium. Et comme Chrome est justement en train de tuer les dernières astuces qui faisaient survivre uBlock Origin , l'abandon de Chrome et ses dérivés est quelque chose qui s'envisage de plus en plus pour beaucoup d'entre nous.

En plus c'est hyper simple... Vous chopez le .dmg sur Orion , vous importez vos petites affaires, et vous voilà sur un navigateur sait préserver votre vie privée.

Et en plus, c'est mui mui rapido puisque sur le benchmark Speedometer , Orion sort en tête avec 34,5, devant Safari et ses 33,5, et il laisse looooiiiiin derrière à la ramasse Chrome (25,6) tout comme Firefox qui reste quand même mon chouchou (20,7). Après si vous êtes déjà un utilisateur aguerri de Safari, la différence est minime, c'est vrai.

Mais là où ça se sent vraiment, c'est sur la mémoire occupée car Orion sait profiter des années d'optimisations qu'Apple a peaufinées dans WebKit, comme ça, une fois vos onglets fermés il squatte deux à trois fois moins de RAM que les autres gloutons à base de Chromium. Sur un MacBook par exemple, ça se traduit notamment par un ventilo qui la ferme et une batterie qui tient toute la journée.

Orion a aussi ses propres idées (fortement emprunté à Firefox si vous voulez mon avis, mais c'est pas un reproche, je trouve que c'est bien). Je pense au mode Focus qui transforme n'importe quel site en application plein écran, sans barre d'outils ni onglets, ce qui est super pratique par exemple pour bosser dans un Google Docs ou un Notion sans avoir la tentation des 40 onglets qui clignotent à côté.

Y'a aussi les Profiles as Apps qui cloisonnent complètement votre navigation perso et votre navigation pro, comme deux navigateurs distincts qui ne se parlent pas. Puis le Link Preview pour jeter un œil à un lien sans l'ouvrir, et enfin un Page Tweaker pour bidouiller l'apparence d'un site qui vous pique les yeux. Bref, là où Safari vous laisse choisir entre trois fonds d'écran et puis c'est tout, Orion se customise jusqu'à l'os comme un Firefox.

Mais le vrai sujet avec Orion, c'est qui le fabrique et surtout comment.

Car Kagi n'est pas une entreprise comme les autres. C'est une Public Benefit Corporation bootstrappée par Prelovac, qui ne vit que grâce à l'argent de ses abonnés, et ça c'est beau ^^.

Y'a plus que 3 moteurs sérieux sur la planète : Blink (le Chromium de Google), WebKit (Safari, et donc Orion) et Gecko (Firefox) alors garder un WebKit vivant en dehors d'Apple, moi je vois ça comme un acte de résistance face à Google. Comme dans la nature avec les maladies, l' homogénéité logicielle est une faiblesse... On peut le constater quand la moindre faille dans Chromium touche d'un coup la quasi-totalité du web.

Korben.info est dispo en anglais maintenant... hé ouaiiis !

Mais bon, bref, je vais pas vous vendre du rêve non plus car Orion a aussi des défauts et des vrais. Le premier, c'est qu'il n'est pas open source, ce qui est quand même un comble pour un navigateur qui se vend sur la confiance et la vie privée. Quand Kagi jure qu'il y a zéro télémétrie, vous devez les croire sur parole (ou reverser le logiciel...). Et puis c'est vrai que les extension Chrome et Firefox fonctionnent mais pas systématiquement. Y'en a parfois qui réclament des permissions tordues, d'autres qui plantent comme des merdes. Et si vous blindez des trucs comme Tampermonkey avec des tas de userscripts trop cool, y'a des chances qu'Orion parte en cacahuète.

Et comme le bloqueur de pub laisse passer parfois des pubs (oupsy oups), gardez sous le coude de quoi bloquer les pubs et les trackers par vous-même.

Toutefois, rien de rédhibitoire, mais à savoir avant de déménager dessus.

Voili voilou. C'est dispo sur macOS, iOS, iPadOS, Linux en beta x86_64 et Windos un jour peut-être. Et Android ? Euh comment vous dire... bah nan.

La version de base d'Orion est gratuite, et Orion Plus, qui débloque le reste des fonctions, se prend soit en abonnement, soit en licence à vie payée une bonne fois pour toutes, ce qui change agréablement des abonnements à rallonge.

A découvrir ici (vous verrez, le premier lancement d'Orion, c'est Hollywood le truc).

Favicon - Un site web planqué dans 212 octets

Si vous ne connaissez pas, un favicon, c'est cette mini icône pixelisée que vous pouvez voir dans l'onglet de votre navigateur qui en général est le logo du site que vous visitez. Hé bien le dev Tim Wehrle a réussi à y faire tenir un site web entier en stockant tout son HTML dans les 212 octets de l'image.

L'astuce est toute con vous allez voir... Une image, c'est des pixels. Et chaque pixel a 3 valeurs : rouge, vert, bleu, soit 3 octets. Du coup il prend son HTML, le découpe octet par octet, et colle chaque octet dans une couleur. Premier octet dans le rouge, le suivant dans le vert, puis le bleu, et on continue ainsi de suite. Et voilà comment il arrive à stocker 208 octets de HTML dans un carré de 9 pixels sur 9. Et au final, le truc ressemble à des confettis random.

Pour relire tout ça ensuite, un peu de JavaScript suffit. Le navigateur charge l'image, la passe dans un canvas, relit chaque pixel, recolle les octets et réaffiche la page. Il n'y a donc rien à installer et pour tester ça par vous-même, il a même mis une démo ici où vous pouvez regarder l'encodage / décodage se faire sous vos yeux ébahis.

Maintenant, n'espérez pas faire tenir votre site e-commerce là dedans hein puisque la capacité plafonne à 239 octets. Et sans le bout de JavaScript qui décode, le favicon tout seul ne servira à rien. Et ce n'est pas de la stéganographie non plus puisqu'on ne planque rien dans une vraie image. La data c'est l'image...

Mais c'est le genre de hack inutile que j'adore ! Le code est sur GitHub si vous êtes curieux et il raconte toute sa démarche sur son blog .

GeoFS - Le simulateur de vol gratuit qui tourne dans le navigateur

Vous avez aimé le simulateur de vol planqué dans la version web de Google Earth ? Alors GeoFS risque de vous scotcher pour de bon !

GeoFS, c'est un simulateur de vol entièrement gratuit développé par le Français Xavier Tassin, qui tourne directement dans votre navigateur. Vous ouvrez geo-fs.com , vous choisissez votre zinc parmi une trentaine d'appareils, et vous voilà en l'air au-dessus de n'importe quel point du globe.

Tout se pilote au clavier et à la souris, donc pas besoin de sortir le joystick pour commencer et surtout, l'imagerie est satellite et mondiale, du coup vous pouvez survoler votre quartier et reconnaître votre maison sans problème.

GeoFS est né en 2010 sous le nom de GE Flight Simulator (GE comme Google Earth, oui oui), et à l'époque il tournait carrément sur le plugin de Google Earth. Quand Google a buté son plugin, Xavier Tassin a alors tout rebasculé sur Cesium . Ce jeu comporte +40 000 pistes référencées, du trafic aérien réel récupéré via les données ADS-B de vrais avions, de la météo en temps réel (METAR) et même de la navigation radio aux instruments (VOR, NDB, GPS). Bref, c'est du solide !

Mais le plus chouette, c'est qu'on peut jouer soit finement comme un vrai pro, soit en mode pépère. En effet, en activant le pilote automatique, vous n'avez besoin d'aucune connaissance en pilotage, et vous pouvez juste regarder le paysage défiler sous vos ailes. Et vous pouvez carrément troquer l'avion contre une montgolfière où là, une seule commande suffit pour allumer ou couper le brûleur, et ainsi vous laisser porter par les vents. Comme me l'a joliment écrit Claude, le lecteur qui m'a soufflé GeoFS (merci !!!), c'est "une très bonne surprise pour qui voler c'est avant tout visiter le monde vu du ciel".

Du coup OUI, c'est nettement plus abouti que le simulateur planqué dans Google Earth, qui à côté fait un peu gadget. Maintenant, si vous cherchez du pilotage pointu, genre révision de brevet avec checklist et tout le bazar, il faudra plutôt vous tourner vers FlightGear ou X-Plane, mais là c'est réservé aux passionnés, avec PC musclé, joystick et palonnier à la clé.

Mais pour 90% d'entre nous qui ne sommes pas pilotes, GeoFS suffira largement à se faire plaisir. Et si vous préférez faire le gros bourrin, je vous rappelle que le Web Flight Simulator et son F-15 vous attend aussi dans le navigateur.

Bref, le tout est gratuit, avec une imagerie standard à 10 mètres par pixel ce qui est déjà très correct. Et si vous voulez du détail fin pour repérer chaque clocher en vol à vue, l'option HD passe par l'imagerie Bing haute résolution pour une dizaine d'euros par an, avec une journée d'essai offerte pour vous faire une idée.

Moi à Bora-Bora

A vous maintenant d'aller sur geo-fs.com (ou sur la nouvelle beta ici ), de monter à 2000 pieds et allez reconnaître votre toit. Merci à Claude pour le tuyau et son chouette carnet de vol maison qu'il m'a envoyé !

Web Serial débarque enfin dans Firefox !

On est vendredi, j'ai un mal de tête carabiné mais je me pose quand même devant l'ordi pour vous annoncer une bonne nouvelle ! Firefox 151 sur desktop vient enfin d'implémenter une fonctionnalité que Mozilla refusait catégoriquement de supporter depuis 6 ans : le support de l'API Web Serial.

Alors non, c'est pas un gros mot, hein, ça veut surtout dire qu'un site web ouvert avec Firefox peut maintenant lire et écrire directement sur du matériel que vous branchez en USB, genre un Arduino, un ESP32, une imprimante 3D, une clé crypto ou que sais-je encore, sans que vous ayez à installer le moindre logiciel ou pilote.

Le cas d'usage le plus parlant, c'est le flashage de microcontrôleurs. Avant, pour mettre un firmware sur un ESP32, il fallait installer esptool en Python, ou l'IDE Arduino, galérer avec les drivers série, choisir le bon port à la main. Maintenant des outils comme ESPHome ou Home Assistant font tout ça depuis un onglet, en quelques clics. Vous branchez la carte, le site demande l'autorisation d'accéder au port, et c'est réglé. Adafruit fait pareil pour installer CircuitPython sur ses cartes ESP32-S2.

Et pour comprendre pourquoi c'est une vraie bonne nouvelle, il faut se rappeler d'où on vient. Chrome propose quand même Web Serial depuis 2021 mais Mozilla a toujours considéré qu'un accès série accordait trop de contrôle sur un appareil, sans la moindre authentification. Et ils n'ont pas tord... D'ailleurs Apple, de son côté, campe toujours sur cette position et qualifie carrément la spec de dangereuse, notamment à cause des risques de fingerprinting .

Mais ce qui a fait bouger Mozilla, c'est un revirement progressif en interne. En 2022, Bobby Holley, le CTO de Firefox, a rouvert le dossier, puis en 2024, il a posé ses conditions, à savoir un mécanisme de contrôle par add-on et un consentement clairement formulé. Et le résultat, on peut le voir dans l'implémentation finale, puisque l'autorisation marche par site et par port. C'est bien puisqu'un site ne voit absolument rien tant que vous ne lui donnez pas la main, et ne récupère aucune liste des appareils branchés, ni aucune info de fingerprinting exploitable au-delà du port que vous sélectionnez vous-même.

J'étais le premier à pester contre Mozilla pour cette absence de support. Parfois je les trouve trop prudent, au delà du raisonnable, ce qui les mets en décalage avec ce que proposent les autres et ce qui fait leur fait perdre bêtement des parts de marché.

Mais c'est vrai aussi que la prudence sur ce genre d'API qui touche directement au hardware, c'est ce qu'on attend tous d'un navigateur qui mise tout sur le respect de la vie privée de ses utilisateurs. D'ailleurs, pour les parano ou les admins système (oui c'est pareil ^^), sachez qu'en environnement Firefox Enterprise, Web Serial est désactivé par défaut.

Au-delà du flashage de cartes, les usages réels sont déjà très nombreux. Un ingénieur de Mozilla, Florian Quèze, s'en sert par exemple pour lire la consommation d'un compteur USB d'énergie standard (du genre AVHzY C3 ou Joy-IT TC66C) et balancer les données directement dans le Firefox Profiler. Les imprimantes 3D, les briques LEGO programmables, les Raspberry Pi Pico, tout ce petit monde cause série et devient ainsi pilotable depuis une page web.

D'ailleurs je vous parlais récemment de CANviz, qui analyse le bus CAN de votre bagnole directement dans le navigateur, hé bien c'est typiquement le genre de truc que Web Serial rend possible sans app native.

Après la spec Web Serial traîne toujours au Web Incubator Community Group, donc rien n'est gravé dans le marbre mais cela dit, Mozilla pousse pour une vraie standardisation via le WHATWG, ce qui n'était pas gagné vu d'où on est parti.

Voilà, allez, je vous laisse, j'ai un dafalgan qui m'attend ^^

Source

Wikipedia File Explorer - L'encyclopédie en mode Windows XP

Wikipedia, vous connaissez ça par cœur j'imagine... Hé bien vous allez redécouvrir la plus connue des encyclopédies grâce à Sami Smith qui a lancé explorer.samismith.com , qui transforme quasiment toute l'encyclopédie en fenêtres d'explorateur de fichiers Windows XP. Les catégories sont présentées comme des dossiers, les articles s'ouvrent dans une fenêtre façon WordPad, et le menu Démarrer est là, fidèle à l'original.

Vous double-cliquez sur l'icône Wikipedia du bureau, et vous tombez sur les grandes catégories qui ont l'apparence des fameux petits dossiers jaunes : Art, Music, Sports, Academic disciplines, Economy...(oui c'est en anglais). Vous fouillez de dossier en dossier comme dans Mes Documents en 2003, et quand vous ouvrez un article, il s'affiche dans une fenêtre WordPad avec le petit lien "Open on Wikipedia" en bas. Tout Wikipedia est ainsi navigable de cette façon, sauf, d'après Sami, la centaine de pages qui n'ont encore aucune catégorie assignée.

Y'a aussi une icône Media, et là c'est Wikimedia Commons qui se transforme en explorateur d'images par catégorie. Vous voulez voir des bousiers ? Vous descendez dans commons/animals/insects_by_common_named_groups/dung_beetles et vous avez 47 objets, photos et vidéos comprises. Et un petit clic droit sur n'importe quelle image et vous pouvez la mettre en fond d'écran du faux bureau XP.

Et le projet ne s'arrête pas là puisqu'il y a aussi un Geofile Explorer, encore en chantier, pour explorer la Terre. Pour ce projet, Sami s'est inspiré des Wiki Files de Neal.fun , de Depths of Wikipedia , le nested d'Orteil , ou encore XP.css . Bref, c'est une déclaration d'amour pour le web chelou et les interfaces d'antan, comme je les aime !

Et si ce genre de capsule rétro vous parle, je vous avais aussi parlé des émulateurs DOS dans le navigateur ... c'est la même came nostalgique.

Voilà, c'est gratuit, ça tourne dans le navigateur, et c'est aussi inutile qu'indispensable (bisou à Jérôme Bonaldi, le GOAT !!). À découvrir ici : explorer.samismith.com !

Firefox Nightly accueille enfin l'API Web Serial, six ans après l'avoir refusée

Six ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Mozilla pour changer d'avis sur l'API Web Serial. Firefox Nightly 151 l'intègre désormais, avec activation via un flag à aller chercher dans le menu. Le premier commit côté code date de mi-janvier, et le déploiement pour les utilisateurs Nightly est effectif depuis le 13 avril.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Web Serial est l'API standardisée qui permet à une page web de communiquer directement avec un périphérique série connecté en USB, en Bluetooth ou via un vrai port série.

Imprimante 3D, Arduino, carte ESP32, débogueur JTAG, microcontrôleur industriel, hub domotique, tout ce qui expose une liaison série peut être piloté depuis du JavaScript. C'est par exemple ce qui fait tourner l'IDE Arduino en ligne, Espruino, les flasheurs ESP dans le navigateur, et une bonne partie de la scène maker moderne.

Chrome, Edge, Opera et Vivaldi supportent Web Serial depuis 2020. Firefox, lui, tenait une position claire, trop risqué, le consentement utilisateur ne protège pas assez, la surface d'attaque sur le matériel connecté est bien trop large.

Un ingénieur de Mozilla l'avait écrit noir sur blanc à l'époque. Les utilisateurs Firefox qui bidouillaient avec des cartes électroniques étaient de fait poussés sur Chrome ou sur une extension tierce bancale. En 2026, Mozilla rend les armes et aligne Firefox sur le reste de l'écosystème, Apple mis à part.

Apple, justement, reste fermement opposé à Web Serial, WebUSB et WebHID côté WebKit. Les arguments avancés sont les mêmes qu'à l'époque Mozilla, fingerprinting, sécurité, risques sur l'OS.

Safari n'intégrera pas l'API dans un avenir prévisible. Donc en pratique, si vous avez une webapp qui dialogue avec du matos, iOS et iPadOS restent hors-jeu pour cet usage.

Côté permissions, Web Serial exige une validation utilisateur explicite pour chaque périphérique, avec une fenêtre de sélection gérée par le navigateur. Le site ne peut pas lister les ports disponibles sans action.

C'est un garde-fou correct, mais qui ne supprime pas le risque de phishing physique (un site malveillant qui vous demande de sélectionner un périphérique sous un prétexte bidon).

Pour les makers, l'arrivée dans Firefox est une vraie bonne chose. Ça fait un navigateur supplémentaire pour flasher un ESP depuis le web, une option pour ceux qui refusent Chrome par principe, et un moins gros verrou à faire sauter pour les tutoriels d'électronique amateur. La version stable devrait arriver dans quelques mois si les retours Nightly sont propres.

Bref, Firefox s'aligne, Apple s'isole, et la bidouille matérielle reprend ses droits dans le navigateur, tout va bien.

Source : The Register

Chrome DevTools MCP - Quand Google file les clés de Chrome à l'IA

Si vous utilisez un agent IA pour coder, y'a un truc qui sorti y'a quelques semaines et qui change clairement la donne. En fait c'est l'équipe de Chrome DevTools qui a balancé son propre serveur MCP pour connecter vos agents directement aux entrailles de Chrome. 29 outils répartis en 6 catégories (input, navigation, émulation, perf, réseau, debug)... et comme vous allez voir, c'est du lourd !

J'ai testé et c'est pas un wrapper qui clique bêtement sur des boutons. Chrome DevTools MCP donne en réalité un accès direct au Chrome DevTools Protocol via Puppeteer à votre IA. Du coup, votre agent peut capturer des traces de performance, lancer un audit Lighthouse, prendre des snapshots mémoire ou inspecter les requêtes réseau. En gros, TOUT ce que vous faites à la main dans l'onglet DevTools de Chrome, votre IA peut le faire à votre place.

D'ailleurs, si vous aviez kiffé BrowserWing qui enregistre vos actions navigateur pour les rejouer via MCP, ici c'est l'approche inverse. Pas de replay mais votre agent accède directement aux outils de debug. Et l'installation tient en une ligne. Vous collez ça dans votre settings.json (VS Code) ou votre config MCP et hop, c'est parti :

{
 "mcpServers": {
 "chrome-devtools": {
 "command": "npx",
 "args": ["-y", "chrome-devtools-mcp@latest"]
 }
 }
}

Y'a aussi toutes les lignes de commande à taper dans votre console sur le Github, selon votre outil. Ça marche avec VS Code, Cursor, Claude Code , Cline, JetBrains, Gemini CLI... en gros, tout ce qui cause MCP.

Et côté options, y'a aussi de quoi s'amuser. Le mode --headless pour tourner sans interface graphique, --isolated pour un profil Chrome temporaire qui se nettoie tout seul (pratique pour les tests), --slim pour n'exposer que les outils essentiels si vous voulez garder ça minimal, ou encore --channel pour choisir entre Chrome stable, beta, dev ou canary.

Le truc vraiment pratique (enfin moi en tant que "webmaster", j'adore) c'est la partie analyse de performance. Votre agent lance une trace, l'analyse et vous sort un diagnostic, du genre que votre First Contentful Paint est à 3.2 secondes parce qu'un script de 800 Ko bloque le rendu... tout ça sans que vous ayez à ouvrir les DevTools vous-même ! Pour déboguer des pages lentes, c'est carrément royal.

Attention quand même, tout ce que le navigateur affiche est exposé au client MCP donc évitez de lancer ça sur des pages avec vos mots de passe ou vos coordonnées bancaires, évidemment. Ah et comme ça reste un produit du méchant Google qui pompe toutes vos datas, sachez que les stats d'utilisation sont activées par défaut, donc pensez à les désactiver avec --no-usage-statistics si ça vous chiffonne ^^.

Voilà, pour du débogage et de l'analyse de perf pilotés par IA, y'a pas mieux pour l'instant.

Merci à Letsar et Lorenper pour le partage !

led.run - Transformez n'importe quel écran en panneau LED

Transformer n'importe quel écran en panneau LED géant, avec juste une URL... ça vous chauffe ? C'est en tout cas ce que propose led.run , un petit outil open source sous licence MIT qui fait le taf sans avoir besoin d'installer quoi que ce soit.

En gros, vous tapez votre texte directement dans l'URL, genre led.run/KORBEN JE T'AIME et hop, votre navigateur affiche un gros panneau lumineux comme ce qu'on retrouve dans les concerts ou dans les vitrines de magasin.

Et ça tourne dans n'importe quel navigateur (même celui de votre grille-pain connecté).

led.run en action avec le thème par défaut - sobre mais efficace

Le truc sympa, c'est qu'il y a une vingtaine de thèmes disponibles. Du néon qui clignote au style rétro avec des scanlines façon vieux moniteur CRT, en passant par un mode "panneau routier", un effet feu d'artifice ou encore une ambiance Shibuya sous la pluie. Y'a même un thème "bois artisanal" pour ceux qui veulent faire chic. Attention par contre, sur un vieux smartphone certains effets un peu chargés peuvent ramer.

Et tout se paramètre via l'URL. Vous voulez du texte rouge ? Ajoutez ?c=ff0000. Un fond blanc semi-transparent ? ?bg=40ffffff. Du défilement vers la droite à vitesse turbo ? ?speed=120&dir=right. C'est super car avec ça vous pouvez automatiser plein de trucs. Par exemple je me ferais bien un panneau d'affichage au dessus de la porte du bureau pour dire aux enfants de pas débouler en plein pendant mes lives Twitch (oui c'est les vacances en ce moment...).

Vive l'éducation positive !

D'ailleurs, l'outil détecte automatiquement si votre texte est court ou long. Dix caractères ou moins, ça s'affiche en mode panneau statique. Au-delà, ça défile tout seul. En fait c'est plutôt bien foutu, sauf si vous voulez un long texte en statique... dans ce cas, forcez avec ?mode=sign ou ?mode=flow.

Voilà c'est parfait pour transformer un vieil iPad ou une tablette Android en enseigne de bar ("HAPPY HOUR JUSQU'À 21H"), brandir votre téléphone en mode pancarte à un concert pour dire à Taylor Swift que vous voulez l'épouser, ou afficher un "NE PAS DÉRANGER ON BRASSE DU VENT" sur l'écran de la salle de réunion.

Voilà voilà. Si vous avez une vieille tablette qui traîne, vous savez quoi en faire maintenant.

C'est sur GitHub !

Merci à Lorenper pour la découverte !

UxNote - Annotez vos maquettes web sans prise de tête

Il y a quelques jours, un lecteur (merci Benjamin !) m'a envoyé un outil qu'il a bricolé lui-même avec Codex d'OpenAI et ça touche une petite corde sensible chez moi, d'où le fait que je vous en parle.

C'est pas souvent que je bosse avec des clients sur autre chose que des articles mais il m'est arrivé par le passé qu'un client m'envoie ses retours par mail, avec des captures d'écran floues, des flèches rouges partout et des commentaires du genre "le truc là, à gauche, je sais pas trop ??".

Alors de mon côté, j'ai testé pas mal de solutions pour évier ça mais j'ai rien trouvé de foufou... Figma par exemple c'est top pour les retours mais faut que le client crée un compte (et ça, c'est jamais gagné), Marker.io c'est bien fichu mais c'est payant. J'avais même essayé Loom à un moment, mais bon, leur demander d'enregistrer leur écran c'était trop compliqué.

Alors que UxNote, lui, règle exactement ce problème sans rien de tout ça !

En fait, ça permet d'intégrer une balise JavaScript dans votre page (juste avant le </body>) et hop, une petite toolbar apparaît.

<script src="https://github.com/ninefortyonestudio/uxnote/releases/download/v1.0.0/uxnote.min-v1.0.0.js"></script>

Votre client peut alors surligner du texte, épingler des éléments avec des badges numérotés, ajouter des commentaires... et surtout, exporter tout ça proprement en JSON ou l'envoyer direct par mail.

Comme ça, fini le chaos habituel des retours clients façon "j'ai annoté le PDF que j'ai imprimé puis scanné". Là, les commentaires sont directement contextualisés sur la page, exactement là où ils doivent être. C'est vrai que des outils d'annotation web existent depuis des lustres, mais UxNote a choisi le stockage 100% local (via le localStorage) plutôt que de monter un backend avec des comptes utilisateurs. Et c'est ce qui fait toute la différence niveau simplicité, avec les autres outils.

Par contre attention, si votre client vide son cache navigateur, il perd ses annotations... Perso je vous recommande donc de faire l'export JSON dès que possible pour éviter les mauvaises surprises.

L'outil propose aussi un mode "assombrissement" qui met en évidence la zone annotée (pratique pour se concentrer), des couleurs personnalisables, et même la possibilité de bloquer certains éléments de l'annotation avec l'attribut data-uxnote-ignore. Ça fonctionne sur les environnements de staging, en local, et même sur les SPA ... sauf si vous avez une CSP ultra stricte, auquel cas faudra autoriser le script et les styles inline dans votre config.

Bref, si vous bossez avec des clients qui ont du mal à exprimer leurs retours autrement qu'en pièces jointes de 15 Mo, UxNote pourrait bien sauver les quelques cheveux qu'il vous reste. Et en plus c'est gratuit, open source et disponible sur GitHub .

Que demande le peuple ???

Merci Benjamin !

Windows a enfin sa CLI pour les développeurs d'apps

Développer une application pour Windows quand on n'utilise pas Visual Studio, c'est un peu comme essayer de monter un meuble Conforama sans la notice et avec des outils en plastique.

Faut jongler avec les SDK, se battre avec des manifestes XML (l'enfer sur Terre ces trucs), générer des certificats dans tous les sens... Bref, c'est souvent la croix et la bannière. Et Microsoft, dans sa grande bonté (si si, ça arrive), s'est dit qu'il était temps d'arrêter de torturer les développeurs.

Du coup, ils viennent d'annoncer en petite pompe la sortie en preview publique de winapp, un nouveau CLI open source conçu pour simplifier tout ce bazar.

Avouez que vous avez lu Winamp ? Ahahah, hé bien non !

Avec ce truc, que vous soyez un développeur Web à fond dans Electron, un vétéran du C++ qui vit dans CMake, ou que vous bossiez en Rust ou Dart, cet outil va grave vous mâcher le travail.

Exit la configuration manuelle de l'environnement qui prend trois plombes, notamment grâce à la commande winapp init.

Cet outil s'occupe de tout, c'est fou : il télécharge les SDK nécessaires, génère les projections (C++/WinRT pour commencer) et configure votre projet. Hop, c'est réglé. Je trouve ça quand même plus sympa que de se taper toutes les étapes à la main avec le risque de se foirer tous les deux clics.

Mais là où c'est vraiment cool, c'est pour le débogage.

Vous savez ces API modernes de Windows telles que les notifications ou les fonctions IA qui nécessitent que votre application ait une "identité de paquet" (ça me rappelle une blague de Bigard, tiens..) ? Hé bien avant, pour tester ça, il fallait empaqueter et installer l'application complète. C'était une perte de temps monumentale.

Mais maintenant, avec winapp create-debug-identity, vous injectez cette identité directement dans votre exécutable. Ça vous permet de continuer à coder et de déboguer votre code spaghetti normalement, sans casser votre boucle de développement. Rien que pour ça, ça vaut le détour !

Bienvenue au XXIe siècle les dev M$ !

L'outil gère aussi la création des manifestes et des certificats de développement. Plus besoin de chialer durant des heures devant un fichier appxmanifest.xml invalide. Vous pouvez même générer un certificat auto-signé en une commande pour tester vos paquets localement.

Et pour les amis qui font de l'Electron, Microsoft a pensé à vous avec un paquet npm dédié.

npm install --save-dev @microsoft/winappcli

Ça permet d'intégrer des fonctionnalités natives ou de l'IA directement dans votre app Electron, et de lancer le tout avec un simple npm start qui gère l'identité du paquet via winapp node add-electron-debug-identity. C'est propre, hein ?

Maintenant, pour installer la bête sur votre machine, un petit coup de WinGet :

winget install microsoft.winappcli

Et vous m'en direz des nouvelles. Alors bien sûr, c'est encore en preview ET c'est dev par Microsoft, donc il y a sûrement des petits bugs qui traînent, mais l'intention est là et ça fait plaisir de les voir s'ouvrir un peu plus aux workflows qui sortent de leur écosystème fermé habituel.

Voilà, si vous voulez tester, le code est dispo sur GitHub et ils attendent vos retours.

Amusez-vous bien !

Source

Dembrandt - Aspirez le design system de n'importe quel site en une commande

Vous bossez sur un projet et vous vous dites "Tiens, le site de [insérez ici une grosse boîte] a un design plutôt bien foutu, j'aimerais bien voir comment ils ont structuré leurs css".

Hé bien y'a un outil pour ça, et il s'appelle Dembrandt .

Dembrandt en action

En gros, c'est un petit outil en ligne de commande qui va analyser n'importe quelle URL et en extraire tout le design system : les couleurs (primaires, secondaires, variables CSS), la typographie (familles, tailles, graisses), les espacements, les bordures, les ombres et même les patterns de composants UI.

Le truc s'installe en une ligne avec npm (npm install -g dembrandt) et après vous avez juste à taper dembrandt stripe.com par exemple. En moins d'une seconde, l'outil va alors faire un rendu de la page avec Playwright, analyser le DOM, détecter les styles et vous ressort tout ça bien structuré avec des scores de confiance pour chaque couleur.

Ce que j'aime bien, c'est que ça exporte directement en JSON ou au format W3C Design Tokens si vous voulez l'utiliser avec Style Dictionary. Pratique pour alimenter votre propre design system ou pour documenter celui d'un client qui n'a jamais pris le temps de le faire... (il en faut)

Y'a aussi quelques options sympas comme --dark-mode pour extraire la palette sombre, --mobile pour simuler un viewport iPhone, ou --browser=firefox si le site que vous voulez analyser a des protections Cloudflare qui bloquent Chromium.

Bon, ça marche pas sur les sites qui utilisent Canvas ou WebGL pour le rendu, et faut pas s'attendre à des miracles sur les SPA qui chargent tout en async. Mais pour la majorité des sites, c'est vraiment efficace.

Le projet est open source sous licence MIT, donc vous pouvez l'auditer, le forker, le modifier comme bon vous semble. Et niveau légalité, analyser du HTML/CSS public pour de la veille concurrentielle ou de la documentation, c'est considéré comme du fair use dans la plupart des juridictions, donc vous êtes good !

Bref, si vous faites du design system, de l'audit UX ou juste de la veille sur ce que font les autres, c'est un outil à garder sous le coude.

Merci à Lorenper pour le partage !

&udm=14 - Le Konami Code pour retrouver un Google sans IA

Vous avez remarqué comme Google est devenu pénible ces derniers temps ? Entre les "AI Overviews" qui vous pondent des résumés à côté de la plaque, les panneaux shopping qui envahissent la moitié de l'écran, et les carrousels de vidéos TikTok dont tout le monde se fiche... on en viendrait presque à regretter le Google de 2010. Eh bien figurez-vous qu'il existe un code secret, une sorte de Konami Code du web, qui permet de retrouver un Google propre et fonctionnel : &udm=14.

Ce petit paramètre que vous pouvez ajouter à vos recherches Google (du genre google.com/search?q=votre+recherche&udm=14), c'est le ticket magique vers le filtre "Web" de Google. Concrètement, ça vire une bonne partie du bazar... plus d'aperçus IA hallucinés, plus de "Autres questions" qui prennent trois écrans, plus de carrousels vidéo. Bon, les pubs restent là (faut pas rêver), mais au moins vous retrouvez des liens bleus comme au bon vieux temps.

Avant :

Le truc c'est que Google ne documente pas ce paramètre. Pas de page d'aide, pas d'option dans les settings, rien. C'est la communauté qui a découvert le pot aux roses, et depuis ça se répand comme une traînée de poudre. Le site udm14.com propose même un redirecteur qui ajoute automatiquement le paramètre à vos recherches (attention quand même, comme tout proxy, il peut techniquement voir vos requêtes). Les créateurs l'appellent le "disenshittification Konami code", en référence au concept de Cory Doctorow sur la dégradation des plateformes.

Pour ceux qui veulent automatiser le truc, il existe plusieurs solutions. Sur Firefox, l'extension &udm=14 fait le job en un clic. Sur Chrome, vous avez l'équivalent sur le Web Store . Sinon, vous pouvez simplement modifier votre moteur de recherche par défaut dans les paramètres du navigateur en ajoutant &udm=14 à l'URL de recherche.

Après :

Perso, je trouve ça assez révélateur de l'état actuel de Google... Quand tes utilisateurs doivent bidouiller des paramètres cachés pour retrouver une expérience de recherche décente, c'est qu'il y a un problème. Les "AI Overviews" sont régulièrement épinglés pour leurs réponses à côté de la plaque, parfois carrément dangereuses (genre conseiller de mettre de la colle sur la pizza , véridique). Et au lieu de nous donner une option officielle pour les désactiver, Google préfère nous gaver de contenus sponsorisés et de résumés générés par IA.

D'autres valeurs du paramètre udm existent d'ailleurs. &udm=2 donne les résultats images, &udm=7 les vidéos. Mais c'est bien le 14 qui est devenu le symbole de la résistance contre la "shittification" de Google.

Bref, si comme moi vous en avez marre de scroller trois écrans avant de trouver un vrai lien vers un vrai site (au hasard vers mon site. ^^), testez &udm=14. C'est gratuit, ça marche, et ça rend Google presque aussi bon qu'avant.

Source

Plus de 50% du web serait écrit par l'IA... et alors ?

Une étude de Graphite vient de sortir et annonce que plus de la moitié des articles publiés sur Internet seraient désormais générés par IA. C’est fou non ?

Pour arriver à cette conclusion Graphite a analysé 65 000 URLs via Common Crawl et utilisé un détecteur d’IA et c’est comme ça qu’ils ont découvert que depuis novembre 2024, les articles IA auraient dépassé les articles humains en volume.

Alors en route vers l’apocalypse de l’écriture humaine ?

Bon déjà, première question qui me vient c’est : Comment est-ce qu’ils ont fait pour détecter ça ? Ouais parce qu’à ma connaissance, les outils de détection d’IA, comment dire… c’est de la grosse merde en barre. C’est encore moins fiable qu’un grand modèle de langage (LLM) pas fiable.

J’imagine que ce qu’ils détectent, ce sont les articles générés par IA de manière basique, donc le genre de contenu où quelqu’un a tapé un prompt vite fait et a publié le résultat sans même le relire ou un bot qui publie à la chaîne. Donc pas de travail sur le style, pas d’angle éditorial, pas de valeur ajoutée, bref, du bon gros contenu SEO produit à la chaîne pour remplir des pages et grappiller du trafic Google.

Du coup, si on suit ce raisonnement, ce que l’étude nous dit vraiment c’est que 50% du contenu web actuel, c’est de la merde. Et là, je me pose une question : est-ce que ça change vraiment quelque chose par rapport à avant ?

Bah ouais parce qu’avant l’IA, on avait déjà les fermes SEO, les articles écrits par des rédacteurs payés au lance-pierre qui se copient les uns les autres, les textes sans âme rédigés pour plaire à l’algorithme plutôt qu’aux lecteurs ou juste attirer le chaland pour engranger de la thune Adsense. De mon point de vue, le web était déjà rempli de contenu médiocre et l’IA n’a fait qu’industrialiser le processus.

Ce qui a changé donc, c’est la quantité. On produit plus de merde, plus vite, mais cette merde existait déjà.

Par contre, je ne suis pas d’accord avec la vision apocalyptique de certains. Un texte bien travaillé avec l’IA devient impossible à distinguer d’un texte humain et dans certains cas, il peut même être meilleur. C’est mon avis, mais c’est pas rare qu’un texte retravaillé à l’aide de l’IA soit plus complet, plus documenté, plus creusé, avec moins d’erreurs (si c’est bien fait évidemment). Un rédacteur web payé pour pondre 10 articles par jour n’a pas le temps d’aller au fond des choses alors qu’avec l’IA comme outil d’accompagnement, il peut rapidement explorer plusieurs angles d’un sujet, intégrer différentes perspectives, aller plus loin dans la recherche et l’analyse.

Et je parle bien de contenu informatif ici, pas de création littéraire ou artistique. Parce que là, effectivement, c’est pas ouf… Mais pour expliquer un concept technique, présenter un outil, vulgariser une actu…etc., l’IA peut être un sacré accélérateur de qualité si on sait s’en servir.

Je pense donc que le vrai problème, c’est la production bête et méchante qui consiste à générer du texte sans relecture, sans vérification, sans apport personnel… je trouve ça con et dangereux. Dangereux parce que les hallucinations existent et on peut vite se retrouver à propager de fausses infos. Et ce foutu style générique IA n’apporte rien au lecteur… Aucun plaisir quoi…

Puis quand on sait que y’en a déjà pas mal d’entre vous qui ne lisent plus les contenus, mais se les font résumer avec Claude ou ChatGPT, je me dis qu’on gagnerait du temps de processeur si les fermes SEO / IA publiaient directement des résumés IA et basta ^^.

L’étude de Graphite montre également que les contenus IA sont surtout des guides pratiques, des actus formatées, des descriptions de produits… Bref, du contenu utilitaire où l’originalité n’a jamais été le critère numéro un. Ce n’est donc pas une invasion de l’IA dans la création, mais plutôt une automatisation d’un contenu fast-actu jetable qui existait déjà par ailleurs.

Ce qui est précieux dans ce contexte, c’est justement le style, la patte d’un auteur, une voix reconnaissable. C’est le genre de truc qu’un rédacteur pressé n’a jamais eu le temps de développer et qu’une IA générique ne peut pas inventer. Encore une fois c’est mon point de vue, mais les bons “rédacteurs web” sont ceux qui ont une vraie identité éditoriale et qui savent se démarquer de ce foutu “ton journalistique” qui nous endort tous…

Voilà, au final, le rôle de l’auteur ou du créateur de contenu reste le même, IA ou pas IA… C’est simplement de faire en sorte que son contenu soit lu et pour ça, il faut que ce soit agréable à lire, que ça apporte quelque chose, que ça fasse grandir / réfléchir le lecteur ou que ça le divertisse également ! Bref, que l’outil soit un stylo, un clavier ou un LLM, l’objectif ne change pas.

Donc si vous êtes tenté d’utiliser une IA pour la production de votre contenu, par pitié, n’automatisez rien, continuez à relire, à mettre votre “patte”, à y insérer votre réflexion et surtout, travaillez bien vos prompts pour sortir du style par défaut.

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Tout ce que vous pouvez désactiver dans WordPress pour qu'il arrête de vous gonfler

WordPress, c’est bien. Mais WordPress qui injecte des scripts d’emojis, des styles Gutenberg, des shortlinks et 47 autres trucs dont vous n’avez pas besoin dans chaque page de votre site… c’est moins bien évidemment. Heureusement, Terence Eden, un dev qui en avait marre de voir son code source ressembler à un plat de spaghetti, a compilé une petite liste de tout ce qu’on peut virer .

Car WordPress a adopté une philosophie de type “Decisions, not options” (des décisions, pas des options) où en gros, au lieu de vous laisser choisir, ils décident pour vous de ce qui est bon pour vous. Un peu comme Macron ^^. Le problème c’est que leurs décisions incluent un tas de fonctionnalités dont la plupart des gens n’ont rien à faire 🥲.

Par exemple les emojis. J’sais pas si vous savez, mais WordPress charge un script de détection d’emojis et une feuille de style dédiée sur CHAQUE page de votre site. Pourquoi tant de haine ? Hé bien parce que si vous tapez :-) dans un article, WordPress veut le transformer en joli emoji. Sauf que si vous utilisez les vrais emojis Unicode (comme tout le monde en 2025), hé ce script ne sert à rien. Et il y a aussi le grand remplacement des emojis dans les flux RSS…. Bref, tout ça, ça dégage.

Ensuite y’a le formatage automatique avec wptexturize qui transforme vos guillemets droits en guillemets typographiques “comme ça”. Et mon préféré, capital_P_dangit qui remplace automatiquement “Wordpress” par “WordPress” avec le P majuscule. Oui, vous ne le saviez pas, mais WordPress corrige l’orthographe de son propre nom dans vos articles. Mais quelle bande de nazes ^^.

Gutenberg, l’éditeur de blocs que j’adore, injecte lui aussi ses styles globaux même si vous utilisez l’éditeur classique. Et c’est pareil pour les styles de la librairie de blocs et l’éditeur de widgets basé sur les blocs. Si vous êtes resté sur le Classic Editor comme beaucoup de gens, tout ça ne sert alors qu’à alourdir vos pages.

Côté métadonnées, WordPress ajoute aussi pleiiiiin de trucs dans le code de vos pages comme les shortlinks, le RSD (Real Simple Discovery, un truc d’il y a 20 ans), des liens vers les flux de commentaires, les liens JSON de l’API REST…

Aux chiottes toutes ces conneries !

Le script de Terence fait aussi sauter l’ajout automatique des tailles d’images (wp_img_tag_add_auto_sizes), les templates de pièces jointes, et les block hooks qui modifient votre contenu. L’idée c’est donc de reprendre le contrôle sur ce que WordPress génère, au lieu de le laisser décider tout seul.

Et grâce à son script, le site de Terence (sans Philippe) obtient d’excellents scores sur PageSpeed Insights , ce qui prouve que tout ce bloat n’est vraiment pas nécessaire. Son script PHP complet fait environ 190 lignes et il est dispo sur son GitLab , bien commenté pour que vous puissiez choisir ce que vous voulez garder ou virer.

Attention quand même, certaines de ces désactivations peuvent casser des fonctionnalités si vous les utilisez vraiment. Par exemple, si vous avez des plugins qui dépendent de l’API REST, la virer complètement serait une mauvaise idée. Même chose pour les blocks Gutenberg si vous utilisez cet éditeur. L’astuce c’est donc de tester chaque modification une par une et de voir ce qui se passe.

Amusez-vous bien et un grand merci à Terence !

Cascii - Un éditeur de diagrammes ASCII qui tient dans un fichier HTML

Dessiner des schémas en ASCII art, c’est un peu le sport national des devs qui documentent leur code dans des fichiers texte. Sauf que jusqu’ici, soit on se tapait ça à la main caractère par caractère, soit on passait par des outils en ligne qui demandent de se créer un compte et gardent vos diagrammes sur leurs serveurs. Heureusement, Cascii règle le problème puisqu’il s’agit d’un éditeur graphique complet qui tient dans un seul fichier HTML !

Et comme Cascii est écrit en JavaScript pur, y’a aucune dépendance, aucun framework, aucun npm install…etc. Vous téléchargez juste le fichier HTML, vous l’ouvrez dans votre navigateur, et c’est parti mon kiki.

Et pour l’installer, une commande suffit :

curl https://cascii.app -o cascii.html && open cascii.html

Ahaha ouais c’est la commande curl la plus nulle de l’histoire des commandes curl mais ça vous montre que je n’abuse pas.

Côté fonctionnalités, on a donc tout ce qu’il faut pour dessiner des diagrammes propres. Des lignes libres, des lignes en escalier, des carrés, des cercles, des losanges, du texte, des tableaux. Un système de calques permet d’organiser les éléments et de les grouper. Le plus malin, je trouve, c’est les “jointures intelligentes” qui connectent automatiquement les formes entre elles… parce que dessiner des flèches qui arrivent pile au bon endroit à la main, c’est l’enfer. Même comme ça, je suis pas doué, cela dit…

Ne le jugez pas…

L’éditeur propose plusieurs charsets tels que ASCII classique ou Unicode pour ceux qui veulent des lignes plus jolies et il y a 3 styles de lignes (pointillées, solides fines, solides épaisses) ainsi que des flèches directionnelles. Côté thèmes, du sombre, du clair, ou un mode “console” pour les nostalgiques du terminal.

La sauvegarde se fait automatiquement dans le stockage local du navigateur, donc même si vous fermez l’onglet par erreur, votre travail n’est pas perdu et pour partager ou archiver, il y a un export en Base64 qui permet de tout récupérer plus tard. Si vous utilisez la version hébergée sur cascii.app, vous pouvez aussi générer des liens courts pour partager vos créations.

Le projet est sous licence Apache 2.0 et le code source est dispo sur GitHub et pour les raccourcis clavier, c’est du classique : Ctrl+Z pour annuler, Ctrl+C/V pour copier-coller, Ctrl+G pour grouper des éléments, Shift+Click pour la multi-sélection. L’historique est illimité donc vous pouvez revenir en arrière autant que vous voulez.

Voilà, si vous documentez du code, dessinez des architectures système ou avez juste besoin de faire un petit schéma rapide sans sortir l’artillerie lourde, Cascii fera le job !

CM-Colors - Un petit changement de couleurs pour une accessibilité maximum

L’accessibilité web c’est comme le tri sélectif… tout le monde dit que c’est génial mais azy, j’ai pas le temps. Et pourtant, c’est super important car près de 80% des pages web ont des problèmes de contraste de texte.

C’est le souci noumber ouane détecté sur le million de sites analysés chaque année par WebAIM . En gros, si vous avez un site, y’a de fortes chances que certains visiteurs galèrent à lire votre contenu, et je ne vous parle pas uniquement des personnes malvoyantes, hein… y’a aussi le daltonisme qui touche environ 8% des hommes et 0,5% des femmes. Rajoutez à ça les gens qui lisent leur téléphone en plein soleil, ceux qui ont une dalle de laptop toute pourrie, et vous comprendrez vite que le problème concerne pas mal de monde.

Alors est ce que vous connaissez les normes WCAG ?

Hé bien c’est le standard international pour l’accessibilité web. Ainsi pour être conforme au niveau AA (le minimum recommandé), votre texte doit avoir un ratio de contraste d’au moins 4,5:1 avec son arrière-plan. Pour le niveau AAA (l’idéal), c’est 7:1. Et là vous vous dites “super, je vais calculer ça à la main pour mes 47 couleurs de palette, mais va bien te faire cuire le cul, Korben”. (Oui, c’est comme ça que je vous imagine quand vous lisez mes articles).

Heureusement, y’a un outil qui vient de sortir et qui va vous changer la vie : CM-Colors . Vous lui donnez vos couleurs, et il les ajuste automatiquement pour qu’elles soient accessibles, le tout en modifiant les teintes le moins possible pour garder votre design intact.

L’installation est super fastoche…. C’est du Python donc un petit pip install cm-colors et hop c’est réglé. Ensuite, vous pouvez l’utiliser soit en ligne de commande directement sur vos fichiers CSS, soit via l’API dans votre code. Par exemple, vous avez un gris #5f7887 sur un fond #e6f0f5 qui passe pas les tests, hop, CM-Colors le transforme automatiquement en #5c6f7b et maintenant c’est conforme AA. Et la différence à l’œil nu est quasi invisible. Bref, c’est nickel pour l’accessibilité !

from cm_colors import ColorPair

# Your colors
pair = ColorPair("#999999", "#ffffff")

# Fix them and preview in the terminal
fixed_color, success = pair.make_readable(show=True)

print(f"Use {fixed_color} instead of #999999")
# Output: Use #8e8e8e instead of #999999

Le truc vraiment cool, c’est que l’outil gère plusieurs niveaux de lisibilité. Y’a “Readable” qui correspond au AA, “Very Readable” pour le AAA, et même une option large_text=True pour les gros titres qui ont des exigences moins strictes. Vous pouvez donc adapter selon vos besoins et pour les devs qui bossent sur de gros projets, y’a aussi une fonction make_readable_bulk qui permet de corriger plusieurs paires de couleurs d’un coup.

from cm_colors import make_readable_bulk

my_colors = [
 ("#777", "#fff"),
 ("#888", "#000"),
]

results = make_readable_bulk(my_colors)

for color, status in results:
 print(f"{color} is {status}")

Vous lui balancez une liste de tuples (texte, fond) et il vous retourne tout ça au propre. Et si vous voulez traiter directement vos fichiers CSS, la commande cm-colors styles.css génère un nouveau fichier styles_cm.css avec toutes les couleurs corrigées. L’outil peut même générer des rapports HTML pour visualiser les changements avant/après.

Alors oui, je sais, se taper de l’accessibilité c’est un peu relou car on a toujours l’impression que c’est du temps perdu sur des détails. Mais dites vous que ça impacte vraiment l’expérience de millions d’utilisateurs, donc ça vaut le coup d’y passer 5 minutes, surtout avec un outil automatisé !

Bref, CM-Colors c’est gratuit, c’est open source sous licence GPL-3, et ça peut vous éviter pas mal de galères. Toute la documentation est ici et y’a même une démo interactive sur leur site si vous voulez tester avant d’installer.

ALTCHA - Le CAPTCHA qui ne file pas vos données à Google

Vous savez ce qui est marrant avec reCAPTCHA ? C’est que pendant des années, on nous a fait déchiffrer des plaques d’immatriculation floues, cliquer sur des feux tricolores bizarres, et identifier des vélos volés dans des images pixelisées, tout ça pour prouver qu’on était pas un robot. Alors qu’en fait, on entrainait gratos les IA de Google à reconnaitre ce genre de choses… Du coup, faudrait savoir s’en passer maintenant.

Et ça tombe bien puisqu’il existe une alternative qui change le game : ALTCHA . C’est un système de protection anti-spam et anti-bot open source qui utilise le Proof-of-Work à la place des puzzles visuels. Comme ça, au lieu de faire bosser votre cerveau ramolli pour Google, c’est votre processeur qui fait le boulot, tout ça en local, depuis chez vous, sans envoyer le moindre octet de donnée à Mountain View.

En gros, quand vous validez un formulaire, votre navigateur résout un petit calcul cryptographique. Pour un humain avec un ordinateur normal, c’est transparent et instantané mais pour un bot qui essaie de spammer 1000 formulaires par seconde, ça devient très vite coûteux en ressources. Et le plus beau c’est qu’il n’y a pas besoin de serveurs externes, pas de tracking, pas de cookies, pas de fingerprinting puisque tout se passe en local.

En plus, ALTCHA pèse 30 KB une fois compressé alors que reCAPTCHA c’est 300 KB… Vous vous demandez pourquoi reCAPTCHA est si gros en vrai ? Hé bien c’est parce qu’il est composé d’un tas de scripts de tracking, de fingerprinting, d’analyse comportementale et j’en passe…

ALTCHA est sous licence MIT , donc vraiment libre et ça fonctionne avec tous les navigateurs modernes (Chrome 67+, Firefox 63+, Safari 11+), avec plus de 50 langues dispo et niveau conformité, c’est carré sa Cnil : GDPR, WCAG 2.2 AA, HIPAA, CCPA…etc.

ALTCHA détecte aussi les headless browsers (les navigateurs sans interface graphique utilisés pour automatiser), les scripts automatisés, et même les bots qui utilisent du machine learning. Le système analyse le contenu et le contexte utilisateur pour adapter le niveau de protection et vous pouvez le déployer partout sans problème : AWS, Azure, Kubernetes, Docker, ou juste sur votre serveur web classique. Il y a même un plugin WordPress si vous voulez pas vous embêter avec du code.

En plus, comme c’est à 100% auto-hébergé, vous ne dépendez d’aucun service externe. Alors que quand reCAPTCHA tombe en panne (spoiler : ça arrive régulièrement), votre site est pété.

Bref, si vous en avez marre de faire bosser les visiteurs de votre site gratos pour Google qui en profite pour les tracker, jetez un œil à ALTCHA . Pour une fois que l’Europe arrête de mendier ses outils de sécurité auprès des géants américains et qu’en plus c’est meilleur, ce serait dommage de s’en priver.

Pixel Snapper - L'outil qui répare le pixel art baveux des IA

Si vous avez déjà essayé de générer du pixel art avec une IA comme Midjourney ou le nouveau modèle Nano Banana Pro de Google, vous avez forcément remarqué ce problème : c’est moche de ouf ! Enfin non, c’est pas moche dans l’absolu, mais les pixels sont tout sauf alignés sur une grille propre. On se retrouve avec des trucs qui ressemblent à du pixel art de loin, mais qui sont en fait une bouillabaisse de pixels de tailles variables, mal placés, avec des anti-aliasing qui n’ont rien à faire là.

Heureusement pour nous, Pixel Snapper va nous aider à corriger tout ça en quelques secondes !

L’outil est développé par Hugo-Dz sur GitHub dans le cadre du projet Sprite Fusion. Vous balancez votre image de pixel art foireuse, et il recale automatiquement chaque pixel sur une grille propre comme ça, fini les pixels qui font du 1,3 × 0,8 au lieu de faire un beau carré 1 × 1 comme le bon dieu du rétro gaming l’a voulu.

Voici la différence… A gauche c’est l’image IA, et à droite, c’est l’image recalée comme il faut :

Le truc cool, c’est que l’outil préserve tous les détails de votre image, c’est à dire le dithering, les courbes, les petits trucs subtils que vous ne voulez pas perdre dans la conversion. C’est pas un outil qui va vous massacrer l’image en la pixelisant bêtement même si certaines couleurs sautent car faut pas dépasser les 16 couleurs.

Voilà, il analyse la structure et recale intelligemment chaque élément sur la grille cible en moins de 2 secondes. Y’a pas besoin de vous créer un compte et c’est sans limite.

En plus, c’est gratuit et open source, donc vous pouvez l’utiliser pour vos projets perso comme pour vos jeux commerciaux sans vous poser de questions. D’ailleurs si vous bossez avec Unity, Godot, Defold ou Flame, les assets générés sont directement utilisables dans vos projets.

Voilà, si vous utilisez des générateurs d’images IA pour créer des assets de jeux rétro et que vous en avez marre de passer des heures à recaler les pixels à la main, testez Pixel Snapper !

+4300 workflows n8n prêts à l'emploi pour automatiser toute votre life !

Si vous n’utilisez pas encore n8n pour automatiser vos tâches, c’est le moment de vous y mettre parce que c’est open source et c’est la meilleure alternative que vous pourrez trouver à Zapier et ce genre de services payants.

La boîte a levé 180 millions de dollars récemment avec une valorisation à 2,5 milliards, et contrairement à Zapier qui facture à la tâche (et ça devient vite très cher), n8n facture à l’exécution ! Mais bien sûr, si vous aimez mettre les mains dans le cambouis c’est totalement gratuit !

Si vous connaissez pas encore n8n, c’est vraiment le genre d’outil qui peut vous changer la vie car ça vous permet de connecter vos apps entre elles avec une interface visuelle (genre des blocs qu’on relie), et vous pouvez automatiser à peu près n’importe quoi : synchroniser des données entre outils, envoyer des notifications, créer des pipelines de traitement… Et comme c’est open source et que vous pouvez l’héberger sur votre propre serveur, ce qui règle tous les problèmes de confidentialité des données.

Après, j’avoue que créer des workflows from scratch, c’est parfois un peu relou. Heureusement, y’a ce super dépôt GitHub qui contient plus de 4 300 workflows prêts à l’emploi que vous allez pouvoir utiliser pour vous !

La collection est organisée en 15 catégories : Marketing, Sales, DevOps, et tout ce que vous voulez ! Y’a même un système de recherche full-text qui répond en moins de 100ms, des filtres par niveau de complexité (Low, Medium, High), par type de trigger, par service… Bref, vous trouverez ce que vous cherchez en quelques secondes.

Pour l’utiliser, vous avez plusieurs options. Soit vous passez par l’interface web hébergée sur GitHub Pages, soit vous installez ça en local avec Python :

git clone https://github.com/Zie619/n8n-workflows.git
cd n8n-workflows
pip install -r requirements.txt
python run.py

Ou si vous préférez Docker :

docker run -p 8000:8000 zie619/n8n-workflows:latest

Une fois lancé, vous avez accès à une API REST pour chercher et récupérer les workflows. Le endpoint /api/search pour les requêtes, /api/workflow/{id} pour récupérer le JSON d’un workflow spécifique, /api/categories pour la liste des catégories… Tout est documenté évidemment.

Ce truc utilise SQLite avec FTS5 (Full-Text Search) pour les recherches rapides, FastAPI pour le backend, et Tailwind CSS pour le frontend.

Bref, si vous cherchez de l’inspiration pour vos automatisations ou si vous ne voulez pas réinventer la roue à chaque fois, cette collection vaut vraiment le détour.

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Spiral Betty transforme vos photos en spirales hypnotiques

Vous connaissez ces dessins où une seule ligne continue forme un visage ou un portrait ? Hé bien c’est exactement ce que fait Spiral Betty , un petit outil en ligne gratuit qui convertit n’importe quelle photo en spirale artistique.

Vous uploadez une image, vous la cadrez dans un cercle, et l’outil génère une spirale unique dont l’épaisseur varie pour reproduire les contrastes de votre photo. Ça fait donc une seule ligne qui part du centre et s’enroule jusqu’au bord, avec des variations d’épaisseur qui font apparaître votre image comme par magie.

L’idée est en fait inspirée d’une technique du 17ème siècle quand Claude Mellan , un peintre et graveur français, avait créé une œuvre célèbre appelée “ Sudarium of Saint Veronica ” représentant le visage du Christ avec une seule ligne en spirale partant de la pointe du nez. Spiral Betty démocratise donc cette technique et vous permet de faire pareil avec la tête de votre chat, votre tronche ou celle de belle-maman.

Pour que ça rende bien, faut quand même respecter quelques règles. L’image doit être simple avec un bon contraste, pas trop de détails fins, et idéalement un gros plan de visage (humain ou animal) qui rentre bien dans un cercle. Si vous balancez une photo de groupe ou un paysage chargé, le résultat sera illisible.

Une fois votre spirale générée, vous pouvez ajuster le nombre d’anneaux avec un curseur. Plus y’a de spirales, plus y’a de détails… mais aussi plus c’est fin à découper si vous voulez en faire quelque chose de physique. D’ailleurs, pas mal de gens utilisent ça avec des machines de découpe type Cricut pour faire des stickers en vinyle ou des décorations.

Et justement, ça ouvre des possibilités sympas niveau DIY car on peut imaginer découper ça au laser, l’imprimer en 3D en relief, en faire des dessous de verre, des cadres déco…etc. Le format SVG que génère l’outil se prête bien à ce genre de bidouilles.

Voilà, le site est gratuit et y’a aussi des apps mobiles si vous préférez faire ça sur votre téléphone.

Merci à Bot_0x pour l’info !

Gradio 6 débarque pour créer des interfaces encore plus fluides

Si vous bidouiller un peu de machine learning et que vous avez la flemme de coder une interface web from scratch pour montrer vos jolis modèles, vous connaissez probablement Gradio , cette librairie Python qui permet de créer des démos interactives en quelques lignes de code.

Hé bien, excellente nouvelle, la version 6 vient de sortir et elle apporte pas mal de nouveautés intéressantes.

La grosse news de cette mise à jour , c’est d’abord la refonte complète de l’architecture avec le passage à Svelte 5 . Pour ceux qui s’en fichent du frontend, ça veut dire concrètement que vos apps seront plus légères et plus rapides à charger. L’équipe a aussi bossé sur l’optimisation des files d’attentes (quand y’a du monde sur votre démo), surtout pour les serveurs MCP (Model Context Protocol), donc si vous hébergez des trucs sur Hugging Face Spaces, vous devriez sentir la différence.

Côté fonctionnalités, y’a aussi quelques ajouts sympas comme le support natif des sous-titres pour les vidéos et l’audio, une nouvelle interface “MultimodalTextbox” améliorée pour le mobile (qui était franchement pas terrible avant), et pour ceux qui font des apps multipages, y’a maintenant un composant “Navbar” dédié à ça !

Le truc qui va plaire aux devs aussi, c’est qu’on peut désormais écrire des composants web personnalisés directement en HTML/JavaScript inline dans le code Python. Comme ça, plus besoin de sortir l’artillerie lourde avec des outils de build externes. Vous collez juste votre HTML, votre JS, et c’est parti mon kiki.

Par contre, attention si vous avez des projets existants… Y’a des changements qui vont casser des trucs. Par exemple, le format tuple dans le Chatbot a été supprimé, le composant Sketch est déprécié, et pas mal de paramètres ont bougé dans les composants graphiques natifs. L’équipe a quand même prévu un guide de migration avec des warnings de dépréciation pour vous aider à faire la transition.

A partir de maintenant, seule la branche 6.x sera maintenue, donc si vous êtes encore sur une vieille version, c’est le moment de migrer. La mise à jour se fait classiquement avec un

pip install --upgrade gradio

Notez que Gradio 6 nécessite Python 3.10 minimum et le support de Python 3.14 a été ajouté pour vous, les early adopters ^^.

Voilà, si vous faites du ML ou autre et que vous voulez montrer vos démos sans vous prendre la tête avec du React ou du Vue, Gradio reste une valeur sûre, et avec cette version 6 qui arrive, ce sera encore plus fluide et rapide !

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Ce mec héberge son site web sur un vieux smartphone

Vous avez surement un vieux smartphone qui traîne au fond d’un tiroir, non ? Bah au lieu de le laisser pourrir ou de le balancer à la déchetterie, pourquoi ne pas en faire un vrai serveur web ?

Je sais ce que vous pensez… Ce mec est fou. Et pourtant, c’est exactement ce qu’a fait Louis Merlin avec son projet Far Computer . Son site tourne littéralement sur un Fairphone 2 posé dans un tiroir, avec PostmarketOS comme système d’exploitation. Le site affiche en temps réel les stats de la machine donc au moment où j’écris ces lignes, 5% de CPU, 280 Mo de RAM utilisés sur 1.8 Go disponibles… C’est presque de la puissance gâchée pour servir quelques pages statiques, mdr.

Ce projet s’inscrit dans cette mouvance du “sustainable computing” où l’idée c’est de donner une seconde vie aux appareils qu’on jette après 2-3 ans alors qu’ils ont encore plein de ressources à offrir. D’ailleurs, PostmarketOS est parfait pour ça puisque c’est une vraie distrib Linux basée sur Alpine, ultra légère, et qui supporte plus de 200 appareils différents, des vos vieux Nokia N900 aux tablettes en passant par les liseuses…

D’ailleurs le guide d’installation dispo sur far.computer/how-to est hyper bien fait si vous voulez vous lancer. En gros vous avez besoin d’un PC Linux (ou une VM), vous installez pmbootstrap, vous flashez le téléphone en mode bootloader, et hop, une fois PostmarketOS installé, vous vous connectez en SSH, vous configurez le WiFi avec nmcli, vous créez votre dossier /var/www/html/, vous lancez httpd et voilà. Votre vieux téléphone est devenu un serveur web.

Alors bien sûr, pour mon site avec son million de visiteurs uniques par mois, ça le ferait moyen et faudrait quand même coller un CDN devant pour encaisser la charge, mais pour un projet perso, un blog à faible trafic, une API interne ou juste pour le plaisir de dire aux inconnus dans la rue, “Hey bonjour, on ne se connait pas mais mon site tourne sur un téléphone”, c’est vraiment cool (et un peu creepy).

Certains vont même plus loin en montant des clusters Kubernetes avec plusieurs vieux smartphones . Quand on sait que ces machins ont souvent des specs supérieures à un Raspberry Pi et qu’ils consomment que dalle en électricité, je me dis qu’il y a vraiment un truc à explorer.

Point important à garder en tête quand même, évitez de laisser le téléphone branché en permanence sur le chargeur car les batteries n’aiment pas trop ça, et ça peut finir en feu de joie improvisé. Idéalement faut virer la batterie si c’est possible ou mettre en place une gestion de charge intelligente.

Le code source du projet Far Computer est dispo sous licence CC BY-NC-SA 4.0 donc vous pouvez vous en inspirer, le modifier, le partager… tant que c’est pas pour du commercial bien sûr et que vous gardez la même licence.

Voilà, vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous avez des vieux smartphones qui prennent la poussière.

Tiny SVG - Compressez vos SVG sans rien uploader

Vous avez des SVG qui pèsent trop lourd pour votre site web ?

C’est pas graaaave, parce qu’il y a Tiny SVG est un outil en ligne qui compresse vos fichiers vectoriels directement depuis votre navigateur comme ça, pas besoin d’uploader vos œuvres sur un serveur externe puisque vos fichiers ne quittent jamais votre machine.

L’outil utilise SVGO en arrière-plan avec plus de 40 plugins configurables. Vous pouvez ainsi activer ou désactiver chaque optimisation selon vos besoins : Suppression des métadonnées inutiles, fusion des paths, simplification des transformations, et plein d’autres trucs. Le tout avec une prévisualisation en temps réel qui montre le SVG avant et après compression.

J’ai testé sur mon logo mais comme il est déjà super optimisé, ça ne m’a fait gagné que -0,5 % mais les résultats sont plutôt impressionnants car sur certains fichiers, Tiny SVG peut réduire la taille jusqu’à 70%. Ça dépend évidemment de la complexité du SVG d’origine et des optimisations que vous activez, mais globalement c’est très efficace.

Et y’a pas que la compression puisque Tiny SVG génère aussi du code prêt à l’emploi pour vos frameworks préférés. Vous pouvez ainsi exporter votre SVG optimisé en composant React (JSX ou TSX), Vue, Svelte, React Native ou même Flutter. Trop pratique pour ne plus avoir besoin de convertir manuellement vos icônes en composants.

Y’a aussi des fonctionnalités de transformation telles que la rotation, flip horizontal et vertical, redimensionnement…etc et vous pouvez exporter en Data URI dans plusieurs formats, et également générer des PNG ou JPEG avec les dimensions de votre choix. Le diff viewer intégré permet aussi de comparer le code SVG avant et après optimisation pour voir exactement ce qui a changé.

Côté technique, c’est une Progressive Web App qui fonctionne même hors ligne et le traitement se fait via Web Workers pour ne pas bloquer l’interface. Le projet est développé par hehehai, distribué sous licence MIT, et le code source est sur GitHub donc vous pouvez l’héberger vous-même sur Vercel, Netlify ou Docker si vous préférez avoir votre propre instance.

A tester ici : Tiny SVG !

Gmail va supprimer la fonction "Consulter d'autres comptes de messagerie"

Hé bien, mauvaise nouvelle pour ceux qui utilisaient Gmail comme hub central pour récupérer leurs mails depuis plusieurs comptes externes. Google vient en effet d’annoncer qu’à partir de janvier 2026, la fonctionnalité “Check mail from other accounts” (Consulter d’autres comptes de messagerie) allait disparaître. Et avec elle, Gmailify qui permettait d’appliquer les filtres anti-spam et les outils de Gmail à vos comptes externes.

C’était pourtant bien pratique ce truc. Quand on avait plusieurs adresses mail chez différents fournisseurs, on pouvait tout centraliser dans Gmail via le protocole POP. Ça évitait d’avoir à jongler entre 3 ou 4 webmails différents. Tout arrivait au même endroit, c’était parfait.

Mais bon, c’est finito ! A croire que la NSA n’a plus besoin de ces data… Rooooh ^^

Google n’a pas vraiment donné d’explication claire sur les raisons de cette décision mais certains fifous spéculent que ça pourrait être lié aux problèmes de filtrage spam sur les emails transférés. Quoiqu’il en soit, pour le moment, rien d’officiel.

Du coup, qu’est-ce qu’il vous reste comme options ?

Hé bien Google propose deux alternatives. La première, c’est de configurer un transfert automatique (forwarding) chez votre autre fournisseur pour que les nouveaux mails arrivent directement dans votre boîte Gmail. Ça reproduit à peu près le comportement du POP fetching, mais c’est à configurer côté fournisseur externe. Et la deuxième option que propose Google, c’est d’ajouter vos comptes externes dans l’app Gmail mobile qui elle, utilise une connexion IMAP standard.

Par contre sur desktop, vous perdez cette possibilité…

Perso, je vous recommande plutôt de passer sur un vrai client mail comme Thunderbird ou Betterbird . Les deux sont gratuits, open source, et ils gèrent sans problèmes le multi-comptes. En plus, bonne nouvelle, Thunderbird vient justement d’ajouter le support natif de Microsoft Exchange, donc c’est le bon moment pour migrer si en plus, vous avez des boites Exchange.

Bref, si vous faisiez partie des utilisateurs qui centralisaient tout dans Gmail via POP3, vous avez jusqu’à janvier 2026 pour trouver une alternative.

Dommage, c’était bien pratique.

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System.css - Donnez un look 100% retro Apple à votre site web

Si vous aimez tout ce qui est rétro, vous avez peut-être déjà essayé de donner un look MS Dos , Windows 95 , Windows 98 , Windows XP ou encore Windows 7 à votre site web.

Ce que vous n’avez jamais osé faire, c’est de lui donner un look Apple System 6 !

Et ça c’est quand même un OS qui est sorti en 1988 soit 7 ans avant Windows 95 et ce qui est incroyable c’est qu’il avait déjà une interface parfaitement mature avec des fenêtres, des icônes, des menus déroulants et tout ça était en noir et blanc, mais c’était pas moche, bien au contraire !

Et ce qu’on oublie c’est que Windows 3.0 a débarqué deux ans plus tard en 1990 avec une interface… étrangement familière. Alors on ne va pas se mentir, Microsoft s’est LARGEMENT inspiré de ce qu’Apple faisait depuis 1984 avec le premier Macintosh qui se sont eux-mêmes inspiré des interfaces vues lors de la visite de Steve Jobs au Xerox PARC.

Apple qui ne doute de rien, a même attaqué Microsoft en justice pour ça en 1988. Le procès a été perdu, mais bon, l’histoire retient qui a copié qui !

Du coup, plutôt que de continuer à cloner les clones, system.css ferme la boucle en revenant à la source. Ce projet est développé par Saket Choudhary et prend son inspiration directe des guidelines de design d’Apple pour System 6, la dernière version monochrome de macOS avant l’arrivée de System 7 en couleur en 1991.

Le truc cool avec system.css, c’est que ça fonctionne exactement comme 98.css. Y’a aucun JavaScript… Vous incluez juste le fichier CSS via CDN ou npm, et hop, tous vos composants HTML prennent instantanément l’apparence d’une interface Macintosh de 1988. Des boutons arrondis, des fenêtres avec une bordure de 19 pixels, des barres de titre, des menus déroulants incroyables, des checkboxes carrées, des boites de dialogues avec double bordure. Tout est là !

L’installation se fait en deux lignes. Via CDN, vous balancez ce code dans votre HTML:

<link rel="stylesheet" href="https://unpkg.com/@sakun/system.css">

Ou via npm, c’est :

`npm i @sakun/system.css`

C’est compatible avec React, Vue, Svelte, ou du HTML vanilla pur jus !

La page de démo affiche d’ailleurs tous les composants disponibles et tout respecte scrupuleusement les spécifications originales de l’OS.

Voilà, avec system.css , vous pouvez donc créer des interfaces web qui ressemblent à celles que les gens utilisaient quand internet n’existait pas encore pour le grand public. Impec pour filer un petit coup d’vieux à votre prochain site web !

Merci à Lorenper pour l’info !

Itoa - Pour convertir une image en ASCII Art

Vous avez un iPhone qui prend des photos 48 mégapixels, un écran Retina qui affiche 254 pixels par pouce, et des GPU qui font tourner des jeux en 4K mais ce que vous n’avez pas c’est Itoa , un outil web qui fait exactement l’inverse puisqu’il transforme vos images haute-définition en une grille de caractères ASCII monochrome / couleur de 10 symboles maximum (Par exemple : .:-=+*#%@).

Car l’ASCII art, c’est littéralement la mise à mort volontaire de l’image. Vous prenez quelque chose qui a besoin de millions de pixels pour exister et vous le réduisez à une poignée de caractères typographiques et en 2025, ça continue !

Sur que itoa (ça veut dire “image to ascii art”, au fait) fait ça très bien ! C’est donc, vous l’aurez compris, un convertisseur image-vers-ASCII codé en React et Vite qui tourne directement dans votre navigateur. Vous glissez dessus une image JPG, PNG ou GIF, et hop, l’outil vous la transforme en grille de caractères.

Deux modes sont dispo : monochrome pur et dur, ou couleur où chaque caractère hérite de la teinte du pixel d’origine. Vous pouvez aussi contrôler la taille de sortie (petit, moyen, grand) et exporter le résultat en PNG si vous voulez le partager ou l’imprimer.

Techniquement, itoa utilise l’API Canvas HTML5 pour analyser votre image. Ensuite, l’image est redimensionnée en gardant son ratio, puis chaque pixel est analysé. Pour le mode monochrome, l’algorithme calcule la luminance et ensuite l’outil mappe la valeur sur une échelle de caractères allant du plus clair (.) au plus foncé (@). Et pour le mode couleur, chaque pixel conserve sa couleur RGB d’origine via des balises HTML.

Bien sûr, itoa n’est pas le seul convertisseur ASCII du monde. Y’a pas exemple ManyTools.org qui fait le job depuis des années, Folge.me avec son interface moderne et ses options couleur, ou encore ASCII-Art-Generator.org qui peut exporter en SVG.

Bref, si vous aimez la nostalgie tech ou si vous voulez illustrer des .txt, c’est l’outil qu’il vous faut !

A découvrir ici !

Firefox AI Window - L'IA qui vous respecte

Édit du 18 novembre : Je me suis pris quelques insultes d’anti- suite à cet article. Sans surprise, des attaques ad-hominem sans argument comme d’hab. Par contre, si j’édite ce post, c’est pour vous dire que Anil Dash, qui est assez connu dans le monde de la tech, pense plus ou moins pareil que moi au sujet de l’IA dans Firefox. Donc ça me rassure un petit peu parce que j’avais vraiment l’impression d’être tout seul… Son article est disponible ici. *

Je viens à l’instant de m’inscrire sur la liste d’attente de Firefox AI Window . Il s’agit d’une nouvelle fonctionnalité IA pour Firefox qui tournera en local, respectera la vie privée, et nous laissera choisir notre modèle. Je suis assez hypé par le truc mais je vous avoue que les commentaires sur le forum Mozilla Connect sont… comment dire… assez révélateurs.

En effet, il y a une écrasante majorité de réactions négatives. Alors c’est pas contre l’implémentation technique, ni contre l’approche privacy-first de Mozilla. Non, c’est essentiellement contre le simple fait que le mot “IA” existe au sein de Firefox. Certains utilisateurs réclament même un bouton géant “No AI” visible depuis l’espace, pour désactiver une fonctionnalité qui est déjà désactivée par défaut. Ces mecs ont de la fièvre je pense…

Le truc qui m’agace en fait, dans ces réactions teubées, c’est qu’elles passent complètement à côté de l’enjeu stratégique. Chrome intègre Gemini de façon de plus en plus invasive, Edge a Copilot, Arc a son Browse for Me, Perplexity et OpenAI lancent leurs navigateurs IA… Alors si ce bon vieux Firefox reste immobile au sujet de l’IA pendant que tout le monde avance, je vous rassure, il ne deviendra jamais “le dernier bastion de la pureté” qui fait mouiller les anti-IA.

Non, il deviendra juste obsolète.

Réveillez-vous les gars, Mozilla propose exactement ce que les libristes demandent depuis toujours ! Un respect de la vie privée, un contrôle utilisateur total, de la transparence, un fonctionnement en local, des petits modèles, du code libre…etc.

Mais bon parce que c’est de l’IA, ça devient l’ennemi. Faudrait quand même être sacrément con pour saborder la SEULE implémentation IA grand public qui respecte réellement ces principes de liberté et de respect de la vie privée.

Plutôt que de gueuler sur Mozilla, je vous invite plutôt à vous poser cette question : Est ce que vous préférez une IA locale optionnelle dans Firefox, ou une IA obligatoire cloud-only dans Chrome qui aura au final capté 95% du marché parce que Firefox sera mort de n’avoir rien fait ?

Parce que si Firefox disparaît, on perdra le dernier navigateur grand public capable de proposer une alternative respectueuse pour notre vie privée et ça perso, ça m’inquiète.

Nos champions anti-IA n’ont, pour la plupart, même pas remarqué que Firefox proposait déjà des fonctionnalités IA locales depuis le début cette année . Je pense au tab grouping automatique avec suggestions de titres, à la traduction de pages instantanée sans envoyer le contenu hors de votre machine, à la génération d’alt-text pour des images accessibles sans faire de compromis sur la vie privée… Tout ça tourne déjà en local chez vous et pas grand monde ne s’en plaint.

Je pense que c’est parce que Mozilla ne communique pas dessus en mettant des paillettes “AI-powered” partout. Ils font juste leur taf. C’est un peu comme quand je parle d’une super application cross-platform… Suffit que j’écrive que c’est fait en Electron et y’en a qui tombent dans le coma direct. Et cela peu importe que l’app soit folle ou pas. Bref, c’est ridicule.

AI Window sera donc une troisième fenêtre de navigation (en plus des fenêtres classiques et privées), avec un assistant et un chatbot intégré. Mozilla présente ça comme, je cite, “un compagnon de confiance qui améliore votre navigation et vous guide vers le web plus large”, par opposition aux navigateurs IA qui vous enferment dans une boucle conversationnelle pour à terme, je pense vous vendre des trucs et conserver votre attention et vos données perso.

Grâce à Mozilla, vous pourrez choisir votre modèle IA et tout sera “opt-in” comme on dit. Ça veut dire que tout sera en option et rien ne sera activé par défaut. Vous pourrez choisir de l’activer ou non ! Que demande le peuple ? C’est merveilleux non ?

Faut dire que Mozilla a clairement appris de ses erreurs puisqu’ils ne forcent rien, ne pré-activent rien mais construisent tranquillement le meilleur navigateur possible, à la vue de tous (le code est libre, open source et chacun peut contribuer et donner son avis). Après, même comme ça, même en jouant la transparence absolue, ça ne plaira jamais à une certaine petite caste de barbus aveuglés par des idées pré-digérées faciles à comprendre. Tant pis pour eux !

Maintenant, le vrai enjeu pour moi, c’est pas ça, c’est surtout l’ouverture aux développeurs. J’espère vraiment que ces fonctionnalités IA seront accessibles via une API pour les extensions Firefox. Si c’est le cas, on va pouvoir créer des extensions qui s’appuient sur l’IA locale de Mozilla, sans avoir à ajouter un modèle de 500 MB ou à envoyer les données utilisateur dans le cloud. Et ça, j’avoue ce serait trop cool car ça ouvrirait l’écosystème des extensions Firefox à tout un tas de nouvelles extensions “intelligentes” qui respectent la vie privée.

Voilà… je sais que le changement c’est dur les gars, et que ça hérisse les poils de cul de certains pas bien sevrés mais l’IA de Mozilla va apporter des choses intéressantes dans le navigateur, que ça vous plaise ou non. Et si Mozilla ne se met pas à la page, Firefox prendra encore plus la poussière et finira par être délaissé. Et au final, on aura tout perdu et y’aura même plus d’IA qui respecte la vie privée et qui soit accessible au grand public gratuitement.

Voilà… Soyez pas cons. En tout cas, pour ma part, j’ai hâte de tester AI Window quand ça sortira !

Source

Reins - Un Ollama sur mobile sans faire tourner Ollama sur mobile

Vous voulez utiliser Ollama sur votre iPhone ou Android pour lancer vos petits LLM en local ? Ce serait super cool non ? Bah j’ai une mauvaise nouvelle pour vous… votre smartphone n’a pas assez de mémoire vive pour faire ça…

Le problème est simple… les LLM bouffent un max de RAM. Par exemple, un LLaMA 7B, c’est dans les 12 GB de RAM. Et même quantifié en int4 pour gagner de la place, vous tombez à environ 3,5 GB. Et ça, c’est juste le modèle hein… Faut y ajouter le contexte, l’OS, les autres apps, et votre smartphone à 8 GB de RAM commence à suer de la raie.

Google a bien sûr sorti Gemini Nano pour Android, leur petit LLM optimisé pour mobile mais c’est compatible avec une poignée de smartphone car il faut un NPU dédié, assez de RAM, et une architecture très récente. Les autres, vous irez vous faire voir…

Du coup, une solution “pragmatique”, c’est de laisser votre Mac, votre PC, ou un petit serveur faire tourner Ollama chez vous, et d’utiliser votre smartphone comme simple client pour vous y connecter à distance. Vous gardez vos données locales, vous profitez de toute la puissance des modèles lourds, et votre iPhone ne chauffe pas comme un radiateur.

Et pour ça, il existe tout un tas d’apps mobiles qui font office de client Ollama. Des apps comme Enchanted sur iOS, My Ollama , Heat , et même les solutions cross-platform comme Ollamb codé en Flutter. Et aujourd’hui, je vous parle de Reins , une app développée par Ibrahim Cetin qui se démarque par des fonctionnalités que j’ai trouvées bien pensées.

Les fonctionnalités sont conçues pour des cas d’usage du monde réel. Vous pouvez ainsi définir un prompt system différent par conversation ce qui est pratique si vous avez un chat pour le code, un pour l’écriture, un pour la traduction et j’en passe… Vous éditez et régénérez les prompts à la volée et vous pouvez changer de modèle en cours de conversation sans tout perdre.

Reins supporte également l’envoi d’images, ce qui est utile si vous utilisez un modèle vision comme LLaVA. Vous pouvez aussi tweaker les paramètres avancés tels que la température, seed, taille du contexte, tokens max…etc. Et le streaming fonctionne en temps réel, comme ça pas besoin d’attendre une réponse complète avant de la voir.

Bien sûr, la question de la sécurité se pose. Il faut quand même exposer votre serveur Ollama sur Internet pour y accéder de l’extérieur donc pensez HTTPS obligatoire, tunnel ngrok temporaire si vous testez, VPN Tailscale ou Wireguard si vous voulez du permanent et sécurisé. Bref, les précautions classiques.

Vous pouvez télécharger Reins sur l’App Store, en APK ou récupérer les builds macOS/Linux sur GitHub .

Merci à Lorenper pour l’info.

La véritable histoire des noms de domaine

Vous vous êtes déjà demandé comment on est passé de six extensions de domaine en 1985 à plusieurs milliers aujourd’hui ? Ou qui a enregistré le tout premier .com de l’histoire ? Hé bien vous allez pouvoir découvrir tout ça grâce au site dotcom.press qui a compilé 40 ans d’histoire des noms de domaine dans une chronologie interactive plutôt bien foutue.

Si comme moi, vous aimez vous plonger dans l’Histoire d’Internet, allez jeter un œil !

L’idée du projet, c’est donc de raconter l’évolution technique et humaine du web à travers le prisme des noms de domaine. Car derrière chaque .com, .org ou .net, il y a une histoire faite de batailles juridiques, de décisions politiques, d’arnaques monumentales, et parfois d’anecdotes complètement WTF.

La page couvre la période allant de 1983 à 2026, avec des événements clés présentés chronologiquement. Vous découvrirez par exemple que les 5 premières extensions (.com, .org, .edu, .gov, .mil) ont été définies en octobre 1984 dans la RFC 920, mais n’ont été mises en ligne qu’en 1985 accompagné de .net ajouté sur le tard. Ou encore que Network Solutions a eu le monopole complet de l’enregistrement des domaines jusqu’en 1999, quand l’ICANN a fini par leur imposer de la concurrence.

Le site explique aussi les enjeux autour des noms de domaine. Par exemple pourquoi Verisign détient toujours le monopole du .com et du .net en 2025, avec plus de 170 millions de domaines enregistrés et 1,5 milliard de dollars de revenus annuels. Ou comment le prix de gros d’un domaine est passé de 100 dollars dans les années 90 à 9 dollars en 1999, puis 6 dollars en 2000.

Il y a aussi des trucs plus exotiques comme l’histoire du .yu yougoslave volé pendant les guerres des Balkans ou comment voice.com a été acheté pour 30 millions de dollars en 2019, et n’affiche aujourd’hui qu’un texte moche et une adresse email.

Bref c’est une super timeline avec des images d’époque, des citations d’experts comme Tim Berners-Lee (évidemment), et des liens vers des tas de ressources complémentaires si vous voulez creuser un sujet.

Voilà, je me suis dit que si vous enseignez l’informatique, ou si vous bossez dans le web, ça devrait vous plaire.

Bonne lecture !

Josef Fuchs - L'ingénieur philanthrope qui a bâti l'empire de la surveillance First Wap

Cet article fait partie de ma série spéciale hackers . Bonne lecture !

Ce 14 octobre 2025, Lighthouse Reports a balancé une enquête mondiale qui fait actuellement trembler l’industrie de la surveillance. Pour cette enquête titanesque, ce sont 70 journalistes de 14 médias différents dont Le Monde, Der Spiegel et Mother Jones qui ont bossé pendant des mois sur le même dossier et celui-ci est explosif.

Leur sujet c’est First Wap, une boîte indonésienne qui a discrètement espionné au fil des années, plus de 14 000 numéros de téléphone dans 168 pays grâce à un logiciel baptisé Altamides. Leurs cibles sont des journalistes d’investigation, des activistes, des PDG, des célébrités, même la fondatrice de 23andMe. Et ils ont fait tout cela, en exploitant une faille vieille comme le monde dans les réseaux télécoms.

L’un des cofondateurs de First Wap est même français et s’appelle Pascal Lalanne. Il a crée cette boîte en 1999 à Jakarta avec Josef Fuchs, un Autrichien au destin hors du commun, mais avant de vous raconter comment ils ont construit cet empire de la surveillance, rembobinons un peu pour comprendre toute cette histoire depuis le début…

Direction 1984, l’année où Josef Fuchs, jeune ingénieur autrichien de Siemens fraîchement débarqué de son Tyrol natal, pose ses valises à Jakarta pour ce qui devait être une mission de trois mois. Il doit installer des systèmes de télécommunications pour le tout nouveau aéroport de Cengkareng. L’Indonésie représente son dernier contrat avec Siemens après huit ans de bons et loyaux services.

Sauf que Fuchs tombe amoureux du pays, de sa culture, et de ses possibilités infinies. En 1989, fidèle à ses racines européennes, il retourne en Allemagne de l’Est juste après la chute du Mur pour monter une boîte et une école. Le projet est un succès qui perdure encore aujourd’hui, mais l’appel de l’Asie reste plus fort.

Le 1er janvier 1995, Fuchs reçoit un fax décisif d’un ami indonésien : “La dérégulation est arrivée. Tu viens ?” Quatre jours plus tard, le 5 janvier, il embarque direction Jakarta. Cette fois, c’est pour bosser chez Telkomsel, l’un des plus gros opérateurs télécoms indonésiens qui émerge de cette nouvelle ère de libéralisation du marché.

Et c’est là, dans les entrailles de Telkomsel, que Fuchs comprend. Il passe ses journées à plonger dans les réseaux téléphoniques indonésiens et voit passer des millions de signaux de communication entre les opérateurs du monde entier. Tous transitent par le même protocole ancestral : SS7, pour Signalling System 7.

Développé par AT&T en 1975 et standardisé en 1980 , SS7 représente le système nerveux des télécommunications mondiales. Concrètement, quand vous appelez quelqu’un à l’étranger, c’est SS7 qui fait transiter l’appel d’un opérateur à l’autre. Quand vous recevez un SMS en vacances au bout du monde, c’est SS7 qui route le message. Le système est omniprésent, invisible, et surtout terriblement obsolète.

Le souci c’est que SS7 n’a jamais été conçu pour être sécurisé. À l’époque de sa création, seuls les opérateurs télécoms publics y avaient accès et on leur faisait une confiance aveugle. Donc pas de vérification d’identité forte, pas de chiffrement costaud, rien. Une confiance naïve qui date d’une ère où Internet n’existait pas encore.

Fuchs réalise le potentiel colossal de cette faiblesse structurelle et fonde en 1999 First Wap avec Pascal Lalanne, ce Français dont on ne sait presque rien encore aujourd’hui. L’association Fuchs-Lalanne est un duo Franco-Autrichien redoutable : l’un apporte l’expertise technique accumulée chez Siemens et Telkomsel, l’autre la vision business et les connexions en Asie du Sud-Est.

First Wap démarre initialement dans la messagerie électronique par SMS, un service qui cartonne en Asie où les téléphones portables se multiplient à une vitesse folle. Mais en 2000, la bulle Internet explose et tout le secteur tech vacille. Lalanne quitte alors le navire en 2004 , revend ses parts et disparaît ensuite complètement des radars. Depuis vingt ans, c’est silence radio total. Aujourd’hui, on sait juste qu’il s’est reconverti dans l’écologie et a dirigé un sanctuaire naturel à Lombok, en Indonésie. Un virage à 180 degrés.

Mais Fuchs, lui, continue. Et il a une idée qui va révolutionner le marché de la surveillance.

Début des années 2000, Fuchs et son équipe créent alors Altamides. Le nom signifie Advanced Location Tracking and Mobile Information and Deception System. L’idée c’est d’exploiter SS7 pour faire croire au réseau télécom que vous êtes un opérateur légitime. Cela permet de localiser n’importe quel téléphone en temps réel, d’intercepter des SMS, d’écouter des appels, et même de pirater WhatsApp (oui, je vous explique tout après).

Pas besoin d’infecter le téléphone de la victime comme avec Pegasus ou un logiciel espion complexe qui coûte des millions. Non, Altamides opère au niveau du réseau télécom lui-même , ce qui le rend plus discret, plus simple à déployer, et surtout ça fonctionne partout dans le monde sans exception.

Techniquement parlant, First Wap loue des Global Titles (des adresses réseau utilisées par le protocole SS7) auprès d’opérateurs complaisants, notamment Mobilkom Liechtenstein . Ces adresses leur permettent d’envoyer des requêtes de localisation qui semblent parfaitement légitimes aux yeux des réseaux télécoms mondiaux. Le système ne peut tout simplement pas faire la différence.

Pour vous la faire simple, si votre téléphone est allumé, Altamides peut vous trouver où que vous soyez sur la planète. Et vous ne vous en rendrez jamais compte. Aucune trace sur votre appareil, aucun signe d’infection, aucune batterie qui chauffe bizarrement… C’est l’outil d’espionnage parfait.

L’enquête de Lighthouse Reports permet de mettre la main sur 1,5 million d’enregistrements de tracking récupérés sur le dark web. On parle ici de plus de 14 000 numéros uniques espionnés dans 168 pays entre 2007 et 2014. Mais le vrai chiffre est probablement bien plus élevé puisque l’archive ne représente qu’une fraction de l’activité totale d’Altamides.

Plus c’est violet, plus y’a de cibles. L’Indonésie, et le Nigeria sont particulièrement touchés

Et leur tableau de chasse est hallucinant…

Gianluigi Nuzzi, journaliste d’investigation italien spécialisé dans les affaires vaticanes, publie en mai 2012 son livre explosif “Sua Santità” (Sa Sainteté : Les papiers secrets de Benoît XVI). L’ouvrage révèle des documents confidentiels montrant corruption, luttes de pouvoir et opacité financière au cœur du Vatican. C’est le début du scandale “Vatileaks”.

Et quelques heures seulement après la sortie du bouquin, son téléphone se retrouve tracké par Altamides. Ainsi, pendant que la police vaticane recherche désespérément sa source, quelqu’un d’autre suit Nuzzi à la trace via son smartphone. Les requêtes Altamides tombent d’abord manuellement et irrégulièrement, puis deviennent automatiques à partir du 22 mai. Toutes les heures, à la minute près, soit près de 200 localisations en une semaine.

Le tracking montre Nuzzi à Milan près de son ancien appartement, sur l’autoroute en direction de Rome, dans le centre historique près de la fontaine de Trevi, à l’aéroport et chaque déplacement est méticuleusement consigné.

Quelqu’un voulait savoir s’il rencontrait sa source et où.

Le 23 mai 2012, cinq jours après le début de la surveillance, la gendarmerie vaticane arrête Paolo Gabriele, le majordome personnel du pape depuis 2006. L’homme de 46 ans avait un accès privilégié au bureau privé de Benoît XVI et utilisait le photocopieur du bureau partagé avec les deux secrétaires papaux pour copier documents et lettres confidentielles marquées “à détruire”. Il transmettait ensuite ces copies à Nuzzi lors de rencontres nocturnes dignes d’un thriller hollywoodien à base de longs trajets en voiture pour s’assurer qu’ils n’étaient pas suivis, avec des rencontres dans un appartement vide avec une seule chaise où attendait la source au nom de code “Maria”.

Le 24 mai, le lendemain de l’arrestation de Gabriele, le tracking de Nuzzi s’arrête net. Mission accomplie ? Les documents internes révèlent que la société britannique KCS Group, revendeur d’Altamides, avait présenté le système à des “gens du V.” (le Vatican) à Milan quelques jours avant l’arrestation. La présentation incluait les cartes de déplacement de Nuzzi en temps réel. Le Vatican n’a jamais répondu aux questions des journalistes sur cette affaire.

Paolo Gabriele sera condamné à 18 mois de détention pour vol aggravé. Il dira avoir agi pour dénoncer le “mal et la corruption” qu’il voyait autour du pape, manipulé par son entourage. Benoît XVI le graciera après quelques mois et Gabriele décédera en novembre 2020 à 54 ans d’une longue maladie.

Autre cible, Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements extérieurs du Rwanda et bras droit de Paul Kagame, vit en exil forcé en Afrique du Sud depuis 2007. Après avoir aidé Kagame à prendre le pouvoir en 1994, il est tombé en disgrâce, emprisonné deux fois pour “insubordination”, et a fui pour échapper à un sort pire encore. Avec le Général Kayumba Nyamwasa (ancien chef d’état-major), il fonde le Rwanda National Congress, principal mouvement d’opposition en exil.

L’archive d’Altamides montre qu’en janvier 2012, le téléphone d’Emile Rutagengwa, chauffeur et garde du corps de Karegeya, est tracké à plusieurs reprises. En mai, c’est Rosette Nyamwasa, l’épouse du Général, qui devient une cible. Quelqu’un cartographie méthodiquement l’entourage des deux opposants.

Le soir du 31 décembre 2013, Karegeya a rendez-vous au luxueux hôtel Michelangelo Towers de Sandton, le quartier d’affaires huppé de Johannesburg, avec Apollo Kiririsi Gafaranga, un homme d’affaires rwandais qu’il connaît depuis l’époque où il dirigeait les services secrets. À 19h46, Karegeya envoie un dernier message rassurant à son neveu David Batenga. Tout va bien, il est avec Apollo.

Le 1er janvier 2014 vers 17h30, le personnel de l’hôtel découvre Karegeya étranglé dans la chambre 905, une serviette ensanglantée et une corde retrouvées dans le coffre-fort de la chambre. Apollo Kiririsi a disparu et a déjà pris un vol pour Kigali. La surveillance Altamides a précédé cet assassinat de 18 mois.

Dans les jours suivant le meurtre, des officiels rwandais se réjouissent publiquement. La ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo tweete : “Ce n’est pas comment tu commences qui compte, c’est comment tu finis. Cet homme s’est déclaré ennemi de mon gouvernement et de mon pays. Vous attendez de la pitié ?” Le ministre de la Défense James Kabarebe est encore plus brutal : “Quand tu choisis d’être un chien, tu meurs comme un chien.

Kagame lui-même déclare publiquement quelques jours plus tard : “Toute personne encore en vie qui complote contre le Rwanda, qui qu’elle soit, paiera le prix. Les conséquences sont les conséquences.” En 2019, un juge sud africain révèle que “des liens étroits existent entre les suspects et le gouvernement rwandais actuel”. Mais aucun des suspects n’a jamais été arrêté et continuent de vivre tranquillement au Rwanda.

La liste des cibles ressemble à un casting de thriller international. Anne Wojcicki, fondatrice de 23andMe et ex-femme de Sergey Brin (le cofondateur de Google), est surveillée de près avec plus de 1 000 opérations de tracking alors qu’elle se déplace dans la Silicon Valley.

Qui voulait savoir où allait la patronne d’une boîte qui détient les données génétiques de millions de personnes ? L’archive ne le dit pas.

On y retrouve également pèle mêle Jared Leto l’acteur hollywoodien, tracké un mois avant de commencer le tournage de Dallas Buyers Club, l’ancien Premier ministre du Qatar Hamad bin Jassim Al Thani, Asma al-Assad, l’épouse du dictateur syrien, Adam Ciralsky, journaliste primé et ancien avocat de la CIA qui enquêtait sur l’industrie de l’armement pour Vanity Fair, Erik Prince, le fondateur de Blackwater, des employés d’Airbus, des avocats internationaux, des activistes…etc.

First Wap vendait Altamides à des gouvernements (Nigéria, Malaisie, Singapour, Émirats Arabes Unis, Indonésie, Ouzbékistan, Arabie Saoudite, Biélorussie selon les documents), mais aussi à des clients privés tels que des agences de détectives, entreprises qui voulaient espionner leurs concurrents, et des types louches qui cherchaient à traquer des activistes.

Ils ne posaient aucune question, tant que le virement arrivait. “Il n’y avait pas de lignes rouges concernant les pays auxquels nous vendions Altamides”, confirme un ancien employé sous couvert d’anonymat.

En juin 2024 a lieu l’ISS World à Prague, la grand-messe annuelle de la surveillance où tous les vendeurs de logiciels espions se réunissent. Les journalistes y sont interdits. Günther Rudolph, directeur commercial autrichien de First Wap, est assis derrière son stand. Un type s’approche et se présente comme un client potentiel intéressé par des solutions de tracking pour le Niger. Il veut surveiller des activistes environnementaux qui perturbent une exploitation minière.

Rudolph explique alors sans ciller qu’ils peuvent “trouver une solution” pour les licences d’exportation malgré les sanctions européennes contre le Niger depuis le coup d’État militaire de 2023. Il détaille les capacités actuelles d’Altamides : localisation en temps réel évidemment, mais aussi interception de SMS, accès à WhatsApp via attaques SS7, et même clonage de comptes protégés par authentification à deux facteurs par SMS.

Le mec est tellement à l’aise qu’on dirait qu’il vend des photocopieurs. Il compare même First Wap aux géants israéliens NSO et Candiru : “Leurs outils deviennent obsolètes dès qu’Apple ou Google patchent une faille. Ce que vous achetez maintenant, dans deux mois vous pouvez le jeter à la poubelle. Nous, on opère au niveau réseau. Ça marche toujours.

Et sur les sanctions et les lois d’exportation, Rudolph a une solution toute trouvée. Le lendemain, avec Jonny Goebel (le patron allemand de First Wap), ils expliquent la combine : “Ce genre d’affaire, on le fait passer par Jakarta. La signature vient de notre directeur général indien. Comme ça, nous on ne sait rien du projet.” Goebel rigole : “C’est une zone grise. Mais c’est la seule chose qui peut nous protéger d’une certaine manière.

Ils proposent même de créer une société écran en Afrique du Sud qui achèterait Altamides avec un contrat stipulant qu’elle peut le revendre à “une agence gouvernementale non spécifiée”. First Wap pourrait ainsi prétendre ignorer l’identité du client final.

Sauf que le client a tout filmé en caméra cachée. Il s’agissait en réalité de journalistes de Lighthouse Reports en mission sous couverture et cet enregistrement fait maintenant partie du dossier de l’enquête.

Quand First Wap est confronté des mois plus tard à la vidéo lors d’un appel vidéo avec les journalistes qui révèlent leur identité, la boîte répond que des “malentendus ont manifestement eu lieu” et que les déclarations de leurs dirigeants ne faisaient référence qu’à la “faisabilité technique”.

Classique.

Ce qui est dingue dans toute cette affaire, c’est qu’on sait que SS7 est une passoire depuis très longtemps . La faille a été publiquement présenté au 31eme CCC en 2014 et est même exploité régulièrement par des cybercriminels.

En Allemagne en 2017, des pirates exploitent ce protocole pour contourner l’authentification à deux facteurs et vider des comptes bancaires en interceptant tout simplement les SMS contenant les codes de validation. En 2016 en Norvège, 30% du réseau de Telenor (le plus gros opérateur du pays) devient instable à cause de signaux SS7 suspects venant d’un opérateur européen.

Bref, tout le monde sait. Les experts en cybersécurité tirent la sonnette d’alarme depuis plus d’une décennie , mais pour migrer vers un protocole plus sûr, il faudrait que tous les opérateurs du monde se mettent d’accord et investissent des milliards dans une refonte totale de l’infrastructure.

Alors comme d’hab, on laisse traîner…

Ce qui rend l’histoire encore plus surréaliste, c’est surtout le double visage de Josef Fuchs. Car pendant qu’il développe Altamides et bâtit son empire de la surveillance, il fonde également en 1999 l’ISCO, l’ Indonesian Street Children Organization .

Cette ONG aide des milliers d’enfants indonésiens défavorisés à accéder à l’éducation. Pendant la crise financière asiatique dévastatrice de 1997-1998 qui plonge l’Indonésie dans le chaos, Fuchs organise en 98 le Student Support Festival avec le soutien du président B.J. Habibie lui-même. Avec les revenus de cet événement unique, 3 500 jeunes Indonésiens peuvent poursuivre leurs études qui auraient sinon été interrompues.

Au fil des ans, ISCO passe de 50 enfants parrainés en 1999 à plus de 2 000 enfants à travers 30 zones d’Indonésie (18 dans la région de Jakarta, 8 à Surabaya et 4 à Medan). L’organisation devient un acteur majeur de l’éducation sociale en Indonésie.

En novembre 2018, l’ambassade d’Autriche à Jakarta lui décerne la prestigieuse “ Décoration d’honneur en or pour services rendus à la République d’Autriche ”. La cérémonie officielle célèbre son action philanthropique exceptionnelle. Fuchs, né dans une famille modeste du Tyrol, fils aîné d’une mère qui n’avait pas terminé l’école primaire, est présenté comme un exemple de réussite et de générosité.

Le jour, Fuchs est un bienfaiteur reconnu par son gouvernement, applaudi par les médias locaux, respecté par la communauté autrichienne expatriée. La nuit, First Wap vend Altamides à des régimes autoritaires qui traquent des dissidents avant de les faire assassiner. Un vrai paradoxe !

L’archive découverte par Lighthouse Reports contient des données qui vont jusqu’en 2024. Visiblement, First Wap continue d’opérer activement et après la publication de l’enquête le 14 octobre 2025, Telecom Liechtenstein déclare avoir immédiatement suspendu sa relation commerciale avec First Wap et bloqué tous les services en attendant clarification. Mais combien d’autres opérateurs louent encore des accès SS7 à ce genre de boîtes de surveillance sans poser la moindre question ?

Maintenant si vous voulez savoir combien de Français ont été espionnés par Altamides, c’est impossible à dire précisément car les données de l’enquête ne donnent pas le détail par pays. Mais vu la portée mondiale du système et le fait que First Wap vendait à tout le monde sans discrimination, c’est quasi-certain que des numéros français figurent dans le lot. Des journalistes, des hommes d’affaires, peut-être des politiques…

En tout cas, le vrai scandale va bien au-delà de First Wap. Ce n’est pas uniquement qu’une boîte indonésienne a espionné des milliers de personnes pendant 20 ans. Non, c’est surtout qu’on utilise encore aujourd’hui des protocoles pourris pensés dans les années 70, basés sur une confiance aveugle d’une époque révolue.

Le vrai scandale, c’est que les opérateurs télécoms louent des accès SS7 à des boîtes de surveillance sans poser de questions, transformant nos téléphones en mouchards permanents.

Le vrai scandale, c’est que l’industrie de la surveillance s’est développée dans l’ombre pendant deux décennies, armant des dictateurs et facilitant des assassinats, pendant que nous pensions naïvement que nos communications étaient privées.

C’est tout ça, le vrai scandale.

First Wap restera donc dans l’histoire comme la pionnière de la surveillance de masse commerciale, celle qui a prouvé qu’on pouvait traquer n’importe qui, n’importe où, pour peu qu’on ait les bons contacts dans l’industrie télécom.

Altamides n’est d’ailleurs probablement que la partie émergée de l’iceberg car combien d’autres boîtes opèrent dans l’ombre avec des technologies similaires ? Combien de nos communications transitent encore par des protocoles obsolètes et non sécurisés ?

La réponse risque de ne pas vous plaire…

Sources et ressources :

La fin du monde est proche !

Peut-être que vous le connaissez déjà, mais si ce n’est pas le cas, sachez qu’il existe un site qui tracke méticuleusement toutes les apocalypses ratées ! Et actuellement et le compteur affiche fièrement 201 échecs et 0 succès. Ouf, tant mieux ! Ce site c’est le Doomsday Scoreboard de March1 Studios, et c’est un peu le panneau “X jours sans accident” des usines, mais inversé puisqu’ici on célèbre le fait que les prophètes se plantent avec la régularité d’un métronome cassé.

La dernière en date c’est l’apocalypse du 23 septembre 2025. Joshua Mhlakela, un pasteur sud-africain, avait posté des vidéos expliquant que le “Rapture” (le retour de Jésus) allait se produire ce jour-là. Les vidéos sont devenues virales sur TikTok sous le hashtag #RaptureTok, parce que bien sûr, même l’apocalypse a besoin d’influenceurs maintenant et y’a même des gens qui ont quitté leur job pour se préparer ou fait des tutos à la con du genre “5 conseils pour survivre au Rapture”.

Autant vous dire que le réveil normal du 24 septembre a dû être chelou et plein de mauvaise foi.

Mais le vrai champion toutes catégories de ces apocalypses, c’est Harold Camping. Lui il a fait 12 prédictions ratées. C’est plus que le nombre de Fast and Furious ^^ et sa prédiction la plus célèbre, sortie en mai 2011, il l’a financée avec des millions de dollars en publicité : 5000 panneaux d’affichage, 20 camping-cars sillonnant les États-Unis. Il avait calculé que c’était exactement 7000 ans après le déluge biblique, donc forcément, ça devait matcher.

Puis le 22 mai, après sa prédiction ratée, il s’est déclaré complètement débousolé ! Imaginez, vous claquez des millions pour annoncer la fin du monde, et le lendemain vous devez sortir les poubelles. Du coup pour sauver la face, il a dit “Ah non en fait c’était spirituel, la vraie c’est en octobre”. Je vous rassure, ça a foiré aussi en octobre et toutes les fois d’après.

William Miller, lui aussi c’est un autre roi du pivot stratégique. En 1843, il prédit la fin du monde devant 100 000 personnes mais bien sûr, ça a foiré “Pardon les gars, j’ai refait les calculs, c’est octobre 1844”. Et le 22 octobre 1844, toujours rien. Le résultat de ce double échec s’appelle même la Grande Déception , et honnêtement, le nom est bien trouvé. Mais Miller ne s’est pas découragé : il a juste dit que ça s’était passé au paradis, donc vous n’avez rien vu. C’est d’ailleurs de là qu’est née l’Église Adventiste.

Niveau récupération de fail, chapeau ! On dirait ces gens bizarres sur les réseaux sociaux qui repoussent chaque mois depuis 2020, leur prédiction de tous ces millions de morts provoqués à cause d’un vaccin Covid qui devait normalement joncher nos rues. Ahahaha qu’est ce qu’on se marre ^^.

Les Témoins de Jéhovah ont aussi leur propre série de ratés : 1914, 1915, 1918, 1920, 1925, 1941, 1975, 1994. La prédiction de 1925 était d’ailleurs annoncée comme plus certaine que celle de 1914 selon les Écritures. Résultat ? Entre 1925 et 1928, ils ont perdu 80% de leurs membres, déçus. La réponse officielle a été que ça avait aidé à séparer les fidèles des autres. Ça c’est du marketing de crise de champions !

En 2012 (vous vous souvenez de cette apocalypse là ?), un sondage dans 20 pays montrait que 14% des gens pensaient que le monde finirait de leur vivant. Aux États-Unis, c’était même plus de 20%. Et en 2022, 39% des Américains croyaient vivre la fin des temps. Autrement dit, 4 personnes sur 10 parient sur un cheval qui a perdu ses 201 dernières courses. Les paris sportifs sont moins risqués…

Le calendrier Maya de 2012, c’était peut-être d’ailleurs la plus grosse en termes de couverture médiatique. La fin du Grand Cycle du calendrier Maya a été interprétée comme la fin du monde avec des films catastrophe, des documentaires alarmistes, des ventes de bunkers qui explosent…etc. Puis le jour J, le 22 décembre 2012, réveil normal, café normal, métro normal. Hé oui, les Mayas n’avaient jamais dit que c’était la fin, juste que leur calendrier recommençait un nouveau cycle. Mais bon, ça fait moins de clics.

On a un peu le même truc en ce moment avec la comète 3I/ATLAS. Je vois dans Google News des tas de médias merdiques nous expliquer une fois que c’est un vaisseau alien qui ralenti pour venir nous achever, et une autre fois que le machin nous arrive droit dessus pour nous atomiser…

Et dire qu’il suffit d’aller lire 2/3 articles sérieux sur le sujet pour capter qu’on ne risque rien. Le machin va juste passer, on va lui faire coucou et on ne le reverra jamais… Breeeef, la connerie et la peur n’a pas de limites malheureusement.

Et le site Doomsday Scoreboard ne se contente pas uniquement d’archiver les échecs. Il liste aussi les apocalypses en attente. En ce moment y’a 8 prédictions pour 2025-2026. Donc 8 nouvelles chances de voir le compteur passer à 209 apocalypses ratées. Ce que j’aime bien avec ce site en tout cas, c’est qu’il transforme des annonces plutôt déprimantes en performance artistique.

Le compteur qui tourne, le total des échecs qui s’incrémente, les liens vers les sources Wikipedia pour chaque prédiction…etc. C’est à la fois un joli devoir de mémoire et une bonne blague ! En tout cas, pour le moment, c’est le seul domaine où l’humanité affiche un taux de fiabilité de 100% !

Voilà… Maintenant, rendez-vous dans 249 jours pour savoir si l’apocalypse aura lieue ou si vous devrez quand même aller bosser le lendemain.

Merci à Lilian pour le lien !

Dyad - Créer des apps web avec l'IA sans coder et sans sacrifier vos données perso

Vous connaissez ces outils qui promettent de créer des apps web juste en discutant avec une IA ? Genre Lovable, v0, Bolt, Replit…etc. C’est magique, sauf que tout tourne dans le cloud, vos données passent par leurs serveurs et vous êtes du coup enfermés dans leur écosystème.

Hé bien Dyad fait la même chose, mais un peu différemment puisque tout tourne en local sur votre machine. En plus c’est open-source et c’est gratuit.

Dyad, c’est donc un builder d’applications web piloté par IA. Vous lui expliquez ce que vous voulez, il génère le code directement chez vous sur votre machine et le truc cool, c’est qu’il vous laisse choisir votre modèle IA.

ChatGPT d’OpenAI, Gemini 2.5 Pro de Google, Claude Sonnet 4.5 d’Anthropic, prenez ce que vous voulez, vous mettez vos propres clés API et ça roule. Et si vous tenez vraiment à une vie privée totale, vous pouvez même utiliser Ollama pour faire tourner des modèles en local sans jamais que ça se connecte à internet.

Le projet est dispo sur GitHub , c’est codé en TypeScript, ça s’installe sur Mac et Windows, et y’a aucune inscription requise. Bref, vous téléchargez, vous lancez, et ça marche.

Dyad s’intègre avec Supabase pour la partie backendce qui permet d’avoir une bonne authentification, une base de données, des fonctions serveurr…etc. Tout y est, du coup vous pouvez créer des vraies apps full-stack, et pas juste des interfaces statiques comme on peut le faire avec mon petit LocalSite . Vous partez d’une idée, vous discutez avec l’IA, et vous sortez une application complète qui tourne sur votre machine en full vibe coding !

Il y a bien sûr des plans payants mais la version gratuite fait déjà le job pour du développement solo. Le créateur de Dyad s’appelle Will Chen et a même monté une communauté Reddit r/dyadbuilders où chacun montre un peu ce qu’il a fait. Ça peut vous donner des idées des capacités de cet outil.

Bref, si vous voulez jouer avec un vrai app builder IA sans dépendre du cloud et sans vendre votre âme à une plateforme propriétaire, Dyad fera très bien le job ! Vous pouvez même ensuite ouvrir les fichiers générés dans un VS Code ou Cursor si vous voulez mettre les mains dans le cambouis.

ImgInn - Pour consulter anonymement Instagram

Besoin d’aller voir le profil Instagram de quelqu’un en scrèd, sans que cette personne ne le sache ? Hé bien plus besoin de vous créer un faux compte grâce à ImgInn . En effet, ce site vous laisse surfer sur Instagram de manière totalement anonyme, sans même avoir besoin de vous connecter.

Vous allez sur ImgInn, vous tapez le nom d’utilisateur Instagram qui vous intéresse, et hop, vous accédez à tout son contenu public : posts, stories, Reels, highlights et même les photos de profil. Vous pouvez ainsi mater tout ça tranquillement sans laisser de traces.

En plus de la visualisation anonyme, ImgInn permet également de télécharger tout le contenu que vous voulez. Photos en résolution originale, vidéos en HD, stories qui vont disparaître dans 24 heures, vous pouvez tout récupérer en quelques clics. Par contre, ça ne fonctionne pas avec les comptes verrouillés (non publics).

Notez quand même qu’Instagram interdit formellement dans ses conditions d’utilisation le scraping de données et l’usage d’outils tiers qui imitent les fonctionnalités de la plateforme, donc sachez le, ImgInn viole clairement les règles d’Instagram.

Mais bon, quand on veut rester anonyme, notamment auprès de Meta, la question elle est vite répondue ^^. Notez aussi que même que si le site prétend garantir votre anonymat, il collecte forcément certaines données pour fonctionner comme votre adresse IP, les comptes que vous consultez, etc. Et bien sûr, rien ne garantit que ces informations restent vraiment confidentielles ou qu’elles ne soient pas partagées avec des tiers. Donc à utiliser avec parcimonie.

Et si ImgInn vous branche pas, y’a toute une ribambelle d’autres viewers du même genre. Dumpor propose par exemple une interface assez complète avec recherche par profil, localisation ou hashtag. SmiHub sépare carrément la partie visualisation et téléchargement en deux menus. Picuki va même jusqu’à intégrer des outils d’édition de photos. Pixnoy se concentre surtout sur les Reels, et Storistalker prétend même récupérer les posts supprimés.

A voir donc… Et pour me suivre sur Instagram c’est par ici !

Cloudflare veut tuer la pub - Bienvenue dans l'ère Net Dollar, le web au centime près avec

Vous gagnez combien avec la pub sur votre site ??

On est d’accord, c’est dérisoire, et pendant ce temps, Google et Facebook se gavent en revendant votre contenu et l’attention de vos lecteurs à leurs clients. Le modèle est cassé, tout le monde le sait , mais personne n’avait de solution viable… enfin, jusqu’à maintenant.

Matthew Prince, CEO de Cloudflare, vient en effet d’annoncer le lancement du Net Dollar , un stablecoin adossé au dollar américain conçu pour les micropaiements instantanés. Son objectif c’est donc de tuer le modèle publicitaire et le remplacer par du pay-per-use généralisé. Comme ça, terminé le “gratuit financé par la pub”, et bonjour le web à 0,01 euro l’article.

1 Net Dollar = 1 dollar US, puisque c’est un stablecoin adossé au dollar. Il n’y a donc pas la volatilité de Bitcoin et pas de spéculation. C’est vraiment fait pour les transactions, pas l’investissement.

Ainsi, chaque fois qu’un agent IA accède à votre contenu, il paie automatiquement quelques centimes de manière instantanée et cela peu importe où vous vous trouvez… Par exemple, vous êtes en France, un agent IA lit votre article au Japon, et hop vous recevez 0,01 dollar dans la seconde.

On évite ainsi les virements qui mettent du temps, les commissions abusives (coucou Paypal), les seuils minimums avant de prendre le pognon et si ça nous amuse, on peut même facturer 0,0001 dollar par requête API ce qui ne serait pas exemple pas possible avec Visa qui de toute façon prend 0,30 dollars de frais fixes. Là avec Net Dollar, on va pouvoir descendre à des fractions de centimes…

Par exemple, si je me tape dans le mois 50 000 agents IA qui viennent lire un de mes articles, et que je leur facture 0,01 euro par lecture, ça me fait 500 euros dans la poche. Et pour les dev, c’est pareil. Vous pouvez proposer une API gratuitement sans crouler sous les requêtes abusives. Là vous enclenchez un micro-paiement à 0,0001 dollar par requête, comme ça, chacun peut payer à la hauteur de sa consommation. Même chose pour les photographes ou les graphistes, quand une IA utilisera votre photo pour illustrer une de ces réponses….etc.

Bref, c’est plutôt cool pour les créateurs.

Maintenant reste à savoir qui va vraiment payer car ce n’est pas vraiment très clair ? Est ce uniquement les IA de OpenAI, Anthropic, Google qui vont passer à la caisse ? Ou est ce qu’à terme, les humains vont devoir créditer leur navigateur pour pouvoir surfer sur les sites web ? Honnêtement, je n’en sais rien mais si on tombe dans un monde où chaque site exige quelques centimes, je pense que chacun va y réfléchir à deux fois avant de cliquer sur un lien.

Et comme on est sur de la blockchain privée, je vous laisse imaginer le flot de données que ça va apporter à Cloudflare. Ils sauront exactement quel article vous avez lu, ou quel API vous avez utilisé. C’est pas forcement très cool.

Bref, je ne sais pas si le Net Dollar va révolutionner le web, finir de l’achever ou terminer comme toutes ces initiatives qui n’ont jamais décollé, mais à un moment, faudrait qu’on se pose la question de savoir si on préfère se farcir des bannières de pub ou payer 1 centime pour lire un article…

Source

Neko - Le navigateur virtuel partagé qui tourne dans Docker

Vous voulez regarder une vidéo YouTube avec des potes qui habitent à l’autre bout du monde sans que ça rame ? Ou vous devez faire une démo produit à un client sans avoir à lui envoyer 50 captures d’écran ? Ou mieux vous avez besoin d’un navigateur jetable qui ne laisse aucune trace après utilisation ?

Et bien pour tout ça et plus encore, voici Neko , un navigateur virtuel auto-hébergé qui tourne dans Docker et utilise WebRTC pour streamer l’écran à plusieurs utilisateurs en même temps. C’est un outil développé par m1k1o et ça permet de créer très facilement des sessions de navigation partagées avec une latence inférieure à 300 millisecondes.

Vous lancez donc Neko sur votre serveur Docker, vous accédez à l’interface web, et vous avez un navigateur complet qui tourne dans le cloud. Plusieurs personnes peuvent se connecter à la même session et voir exactement le même écran en temps réel. L’hôte de la session peut également donner ou retirer le contrôle aux participants. Un peu comme quand on partage son écran sur Zoom, mais en mieux parce que tout le monde voit le même flux avec une qualité parfaite.

D’ailleurs, la technologie derrière est plutôt intéressante puisque ça utilise du WebRTC. Ainsi, le flux média ne transite pas par un serveur centralisé mais directement en peer-to-peer entre les navigateurs. Les médias circulent via SRTP et les données via SCTP, du coup, vous avez un streaming ultra-fluide avec synchronisation audio et vidéo impeccable.

Neko affiche sur son site plusieurs cas d’usage assez pratiques. Vous pouvez par exemple organiser des watch party pour regarder des films ou séries ensemble. Vous pouvez aussi pourquoi pas faire des présentations interactives où tout le monde voit la même chose en direct. Vous pouvez l’utiliser pour du support technique à distance en montrant exactement sur quoi cliquer. Ou tout pour du debugging collaboratif quand vous galérez sur un bug avec un collègue.

Le projet supporte aussi l’automatisation avec Playwright ou Puppeteer, donc vous pouvez scripter des actions dans le navigateur virtuel. Pratique si vous devez faire des tests automatisés ou des interactions complexes sur des sites web.

Niveau sécurité et vie privée, Neko propose deux modes. Le mode persistent browser garde les sessions entre les connexions, donc vous pouvez retrouver vos onglets et votre historique. Et le mode throwaway browser qui crée une session isolée qui est détruite après utilisation, sans historique, cookies ou cache. Zéro trace !

Vous pouvez aussi l’utiliser comme jump host (hôte relais quoi…) pour accéder à des ressources internes de votre réseau sans exposer directement ces ressources. Ou pour protéger la propriété intellectuelle en permettant à des gens de consulter des documents sensibles sans pouvoir les télécharger ou les copier.

L’installation se fait via Docker avec plusieurs images disponibles puisque vous avez le choix entre Firefox, Chrome, Brave et d’autres navigateurs. Le projet est d’ailleurs assez complet avec des projets satellites comme Neko Rooms pour gérer plusieurs salles, Neko Apps pour créer un environnement virtuel complet dans le navigateur, et Neko VPN pour des connexions sécurisées. Vous pouvez même broadcaster sur Twitch, YouTube ou n’importe quel service compatible RTMP directement depuis Neko.

Notez que Neko ne se limite pas qu’aux navigateurs puisque vous pouvez faire tourner n’importe quelle application Linux dedans, comme VLC par exemple. C’est en réalité plutôt une machine virtuelle streamée qu’un simple navigateur.

Le projet est sous licence Apache 2.0, donc c’est complètement open source et il y a aussi un serveur Discord actif pour échanger avec la communauté.

Bref, si vous cherchez une alternative aux solutions propriétaires pour le partage d’écran ou les watch party, Neko fera le job. Et comme c’est auto-hébergeable et hyper flexible, vous gardez le contrôle sur vos données tout en ayant une grande liberté sur l’usage que vous en ferez ! A tester donc !

Merci à Lorenper pour le partage.

API Abilities - Le langage universel de Wordpress pour unifier les composants IA

Vous avez un site WordPress et vous voulez ajouter de l’IA dedans ?

Alors pour faire ça, vous installez un super plugin qui utilise ChatGPT. Parfait ! Sauf que 2 mois après, vous découvrez l’existence d’un nouvelle version de Claude qui est bien meilleure. Ou Gemini sort une fonctionnalité que vous voulez absolument..

Mais bon, votre plugin est marié avec OpenAI, et impossible de divorcer. Du coup, vous êtes coincé. Bienvenue dans le grand bordel de l’IA, où chaque outil parle sa propre langue et refuse de discuter avec les autres.

Heureusement, WordPress vient de sortir un truc qui pourrait bien changer tout ça. En gros, ils ont créé trois outils qui fonctionnent ensemble pour transformer WordPress en “traducteur universel” pour les IA. Ça s’appelle l’Abilities API, le PHP AI Client SDK, et le support du MCP (Model Context Protocol).

D’après l’annonce officielle sur Make WordPress , l’idée c’est donc de créer un registre central où toutes les capacités de WordPress sont décrites de manière lisible par les machines. Jonathan Bossenger explique que l’Abilities API ne se limite pas à découvrir les capacités du site, mais gère aussi les permissions et l’exécution de manière sécurisée. Votre site peut dire à une IA “Voilà ce que je sais faire, voilà ce que tu peux toucher, et voilà comment tu exécutes ça”.

// N'importe quel plugin peut enregistrer ses capacités avec le hook `init`.
wp_register_ability( 'my-seo-plugin/analyze-content-seo', [
 'label' => __( 'Analyser le SEO du contenu', 'my-seo-plugin' ),
 'description' => __( 'Analyse le contenu de l\'article pour améliorer le SEO.', 'my-seo-plugin' ),
 'thinking_message' => __( 'Analyse de votre contenu en cours !', 'my-seo-plugin' ),
 'success_message' => __( 'Contenu analysé avec succès.', 'my-seo-plugin' ),
 'execute_callback' => [ 'MySEOPlugin', 'analyze_content' ],
 'input_schema' => [
 'type' => 'object',
 'properties' => [
 'post_id' => [
 'type' => 'integer',
 'description' => __( 'L\'identifiant de l\'article.', 'my-seo-plugin' ),
 'required' => true
 ],
 ],
 'additional_properties' => false,
 ],
 'output_schema' => [
 'type' => 'number',
 'description' => __( 'Le score du contenu en pourcentage.', 'my-seo-plugin' ),
 'required' => true,
 ],
 'permission_callback' => 'edit_posts',
] );

Le truc marrant, c’est que WordPress a la réputation d’être la technologie “has-been” du web. Les hipsters du dev vous disent que c’est un dinosaure, qu’il faut passer à Next.js ou je ne sais quoi, et pourtant, c’est ce dino qui devient le premier CMS à adopter le MCP, qui est quand même un standard ultra-récent. Si vous n’avez jamais entendu parlé de MCP, c’est développé par Anthropic et ça permet de standardiser la façon dont les IA communiquent avec les outils externes.

WordPress a intégré le MCP en quelques mois et je vous explique rapidmeent comment ça marche, parce que c’est pas si compliqué. Le PHP AI Client SDK v0.1.0 est en fait une interface unifiée pour parler à n’importe quelle IA. Vous écrivez votre code une fois, et ça fonctionne avec OpenAI, Claude, Gemini, ou même un modèle local que vous faites tourner chez vous. Ce SDK se charge donc de traduire vos requêtes dans le langage de chaque provider.

C’est donc surtout un truc pour les développeurs, les agences, les gens qui codent des plugins et des thèmes custom. Et si vous êtes un utilisateur lambda de Wordpress (qui ne code pas dans cet écosystème), sachez quand même que les plugins et thèmes que vous utiliserez demain seront construits là-dessus.

Donc indirectement, ça va influencer votre expérience car vous aurez des plugins qui vous laisseront choisir votre fournisseur de LLM IA dans les réglages. Par exemple, un plugin de rédaction pourra utiliser Claude pour le style, GPT-4 pour la structure, et Gemini pour la recherche d’images, tout en même temps si vous le souhaitez… Ce sera un peu comme le Bluetooth ou l’électricité : vous ne savez pas vraiment comment ça marche, mais vous l’utiliserez tous les jours sans y penser.

Ce SDK est déjà disponible via Composer pour les devs qui veulent tester et WordPress 6.9 intégrera l’Abilities API directement dans son core. Après ça, on devrait donc voir une explosion de plugins qui utiliseront plusieurs IA simultanément.

Après si vous n’utilisez pas Wordpress, rassurez-vous, c’est pas juste une feature de chez eux… C’est un standard qui pourra être adopté également par d’autres CMS. Un peu comme RSS à l’époque qui a commencé dans un coin, puis que tout le monde a adopté parce que c’était ouvert et pratique. Et bien là, c’est pareil, l’Abilities API et le MCP sont open source donc n’importe qui peut les implémenter dans ses outils.

A voir maintenant comment les projets concurrents vont réagir… Wix va-t-il continuer à pousser son intégration exclusive avec ChatGPT ? Shopify va-t-il ouvrir son API IA ? Ou est-ce qu’ils vont tous regarder WordPress prendre une longueur d’avance et se dire “Merde, on a peut-être loupé un truc” ?

Bref, moi je trouve ça cool car WordPress aurait pu faire comme les autres, c’est à dire un beau partenariat exclusif avec OpenAI, un joli chèque, et enfermer 43% du web dans un écosystème propriétaire… Mais au lieu de ça, ils ont créé un standard ouvert et gratuit comme ça, c’est la communauté qui décide.

Et ça c’est beau ! Donc si vous êtes dev et que vous voulez tester, le repo GitHub du PHP AI Client est dispo ici avec toute la doc. Et si vous êtes juste utilisateur curieux, gardez un œil sur les plugins qui sortiront après WordPress 6.9 car ça va devenir intéressant…

PictureMe - Plus besoin de Photoshop pour vous refaire la gueule

Si vous aimez les IA génératives, je pense que vous n’êtes pas passé à côté de Nano Banana, le nouveau générateur d’images de Google. Ce truc est incroyable ! On peut vraiment faire des choses très réalistes et qui respectent le sujet initial… Plus besoin de Photoshop avec ce truc. Suffit d’avoir une idée et de lui donner.

Mais si on n’a pas d’idée, qu’est ce qu’on peut faire ? Hé bien un dev a codé une app Google Gemini qui permet de transformer votre photo en ce que vous voulez…

Soit en dessin, soit vous donner un look années 70 / 80 / 90, soit changer votre coupe de cheveux, soit même vous mettre dans situations cheloues voire faire de vous un gros tas de Mac&Cheese bien dégoutant.

Je vous laisse avec mes essais plus ou moins sympas :

Pour vous amuser, suffit donc d’aller ici , d’uploader votre photo ou d’activer votre webcam pour en prendre une bien fraiche et de choisir ce que vous voulez comme résultat.

Et le code est complètement ouvert, donc vous pouvez aussi le récupérer et le modifier pour ajouter par exemple de nouveaux prompts ou modifier les prompts existants.

Et si vous voulez encore d’idées ou tout simplement voir les possibilités de Nano Banana, rendez-vous ici, y’a des dizaines de prompts que vous n’avez plu qu’à copier coller !

Merci à Lorenper pour le partage !

Caesium - Un outil multi-facettes pour compresser vos images

Entre screenshots de bugs, memes de geeks et photos de vacances, on échange des tonnes d’images chaque jour, et à cause de nous, les data centers chauffent comme des radiateurs. Alors à chaque fois que vous compressez une image avant de l’envoyer, on peut se dire qu’on participe “un petit peu” à sauver la planète, non ?

C’est pour ça qu’aujourd’hui, je vous présente Caesium, un petit logiciel open source développé par @Lymphatus qui transforme vos images obèses en versions ultra légères, sans que personne ne remarque la différence. L’outil nous promet dans certains cas, des compressions allant jusqu’à 90% avec une qualité visuelle quasiment identique. Et le plus beau dans tout ça, c’est qu’on n’a même pas besoin d’envoyer nos photos à un GAFAM qui fera le boulot.

Tout d’abord, le développeur Caesium est en train de réécrire toute la partie compression (libcaesium) en Rust au lieu du C++ traditionnel et c’est intéressant, parce que Rust fait partie du trio de tête avec C et C++ en termes de performance énergétique, tout en apportant une sécurité mémoire supérieure. Et quand on sait que Caesium traite potentiellement des millions d’images par jour, l’amélioration de la sécurité et de la maintenance est cruciale.

De plus, une image compressée à 90% ne réduit pas seulement sa taille de stockage. D’après les analyses de compression WebP , elle peut diviser jusqu’à 6 fois la consommation énergétique nécessaire à son transfert sur le réseau, avec une réduction moyenne par 2 ou 3 pour les compressions qui conservent le même niveau de qualité. Multipliez ça par les milliards d’images échangées chaque jour, et vous comprenez pourquoi chaque compression compte.

Le truc génial avec Caesium, c’est qu’il existe sous trois formes. La version desktop classique pour Windows/Mac/Linux qui vous permet de traiter vos images en masse, prévisualisation en temps réel comprise.

La version ligne de commande CaesiumCLT pour les barbus qui veulent automatiser leurs compressions dans leurs scripts.

Et la petite dernière, la version web caesium.app qui tourne directement dans votre navigateur. Attention quand même, cette dernière limite à 10 images avec une taille maximale par fichier de 20 MB, mais pour un usage ponctuel, c’est parfait.

En plus, comme je vous le disais, Caesium fait tout en local. Vos photos restent chez vous, y’a pas de compte à créer, pas de limite mensuelle, pas de tracking. C’est efficace et moins cher que gratuit ^^.

Pour l’installer, c’est simple comme bonjour. Sur Mac ou Linux, un petit brew install caesiumclt pour la version ligne de commande, ou téléchargez directement l’installeur sur le site officiel pour la version graphique toute moche. Windows a droit à une version portable, pratique pour l’avoir sur une clé USB. Et si vous voulez juste tester, direction caesium.app dans votre navigateur.

L’utilisation reste ultra intuitive. Vous glissez vos images, vous réglez la qualité (80% par défaut, largement suffisant pour 99% des cas), et hop, Caesium optimise !

Et pour l’outil en ligne de commande, vous pouvez faire de la compression sans perte comme ceci :

# Compresser avec préservation des métadonnées
caesiumclt --lossless -e --keep-dates -o output/ image.jpg

Avec perte comme ceci :

# Compresser plusieurs images avec une qualité spécifique
caesiumclt -q 75 -o output/ image1.jpg image2.png image3.webp

# Compresser avec un suffixe pour éviter d'écraser les originaux
caesiumclt -q 85 --suffix _compressed --same-folder-as-input image.jpg

# Compresser avec un réglage de qualité
caesiumclt -q 80 -o output/ image.jpg

En convertissant les formats comme ceci :

# Convertir les images au format WebP avec réglage de qualité
caesiumclt -q 85 --format webp -o output/ Pictures/*.jpg

Ou en redimensionnant les images :

# Redimensionner à une largeur spécifique (en conservant le ratio d'aspect)
caesiumclt --lossless --width 1920 -o output/ image.jpg

# Redimensionner à une hauteur spécifique (en conservant le ratio d'aspect)
caesiumclt -q 90 --height 1080 -o output/ image.jpg

Le logiciel supporte les formats JPG, PNG et WebP et d’ailleurs en passant, petit conseil… convertissez systématiquement vos PNG en WebP car le WebP offre 30 à 50% de compression supplémentaire par rapport au PNG tout en gardant la transparence. Et comme 95% des navigateurs le supportent maintenant, vous n’avez plus d’excuse !

Bref, Caesium c’est un super outil que vous devez absolument tester. Comme ça, la prochaine fois que vous voudrez envoyer une capture d’écran de 5 MB par mail, pensez à Caesium et votre connexion Internet vous remerciera, ainsi que la planète un petit peu.

Et merci à Ghost5477 qui m’a fait découvrir cette pépite !

uBlacklist - Reprenez le contrôle de Google

Vous connaissez sans doute ce petit moment de haine, quand Google vous balance pour la 50ème fois ce même site de merde qui diffuse la doc Python mal traduite avec ChatGPT ? Ou alors quand vous cherchez une recette de cuisine tout simple et que Pinterest squatte la moitié des résultats avec ses images floues et ses popups de connexion obligatoire ?

Bon bah aujourd’hui, ça c’est fini, car on va faire le ménage là-dedans.

Et comment on va faire ? Et bien je vous le donne en mille Emile, on va utiliser pour cela uBlacklist , une extension créée par un certain Iorate qui permet de faire le ménage dans les résultats de recherche.

uBlacklist, c’est la Marie Kondo du web. L’objectif c’est de garder uniquement les sites qui nous procurent de la joie ? Vous allez pouvoir virer les sites qui pourrissent vos recherches Google et croyez-moi, ça fait un bien fou !!

Ce truc fonctionne sur Chrome, Firefox et même Safari. Pour l’installer, direction le Chrome Web Store ou les add-ons Firefox et une fois en place, vous allez voir apparaître des petites icones “Bloquer ce site” directement dans vos résultats Google.

Un clic et pouf, le site disparaît à jamais de vos recherches. C’est le kiff non ?

Mais là où ça devient vraiment intéressant, c’est avec les listes publiques. Parce que oui, des gens ont déjà fait le boulot pour vous. Il existe en effet des listes pour bloquer les sites générés par IA , des listes anti-Pinterest, des listes contre les fermes de contenu SEO… C’est un peu comme les listes de blocage pour uBlock Origin, mais pour les résultats de recherche. Bref, la communauté s’organise pour nettoyer collectivement le web de ses parasites.

Et cette extension ne se contente pas de Google. Elle fonctionne aussi avec Bing, DuckDuckGo, Brave, Ecosia, et même Yandex pour nos amis de l’Est. Et cerise sur le gâteau, vous pouvez aussi synchroniser vos listes de blocage entre tous vos appareils via Google Drive ou autres service de stockage dans le cloud. Comme ça, le ménage que vous faites sur votre PC, vous le retrouvez automatiquement sur votre téléphone.

Pour les power users, uBlacklist permet même d’utiliser des patterns avancés et même des expressions régulières. Vous pouvez ainsi bloquer *://*.pinterest.*/* d’un coup pour dire adieu à toutes les variantes de Pinterest. Ou créer des règles complexes qui bloquent seulement certaines sections de sites. Faire du sur-mesure, quoi…

Google, l’entreprise qui était censée “organiser” l’information mondiale, est de toute façon devenue tellement polluée par le spam SEO, les sites IA et les fermes de contenu, qu’on ne peut plus s’en sortir sans cette extension… Tu m’étonnes que les gens lui préfèrent de plus en plus Perplexity…

L’arrivée de cette extension me rappelle un peu cette époque où les gens ont commencé à bloquer massivement les pubs… ça a forcé tout l’écosystème publicitaire à évoluer et aujourd’hui avec uBlacklist et ses copains, on fait passer un peu le même message en disant aux moteurs de recherche : “non, on ne veut plus de ces sites de merde dans nos recherches”.

C’est triste d’en arriver là, mais au moins, on n’est plus obligés de subir les algos Google ou d’autres moteurs…

Bref, si vous en avez marre de tomber sur les mêmes sites pourris à chaque recherche, foncez installer uBlacklist et n’hésitez pas à partager vos listes de blocage sur le Discord . Et pour ceux qui veulent aller plus loin, il y a aussi le Super-SEO-Spam-Suppressor sur GitHub qui propose une approche très “Anticapitaliste” du blocage de spam.

Hé oui, même le blocage de sites devient politique maintenant. On vit vraiment une époque formidable !

WebGoat - Pour vous former au hacking éthique

Attention, si vous laissez tourner WebGoat sur votre machine, elle sera “extrêmement vulnérable aux attaques”. C’est en tout cas ce qui est écrit en gros sur la page de ce projet OWASP , et c’est pas pour faire joli car WebGoat est une application web délibérément pourrie, truffée de failles de sécurité, créée exprès pour que cous appreniez à les exploiter.

Et c’est génial !!

Car on a enfin un truc qui nous permet d’apprendre vraiment comment les hackers s’infiltrent dans les sites web, sans risquer de finir au tribunal. Parce que bon, scanner le site de votre voisin pour “apprendre”, c’est direct trois ans de prison et 100 000 euros d’amende. Alors qu’avec WebGoat, vous pouvez tout péter tranquille depuis chez vous.

WebGoat , c’est donc un projet open source maintenu par l’OWASP depuis des années qui vous propose uune application web qui ressemble à n’importe quel site lambda, sauf qu’elle est bourrée de vulnérabilités volontaires telles que des injections SQL, XSS, CSRF, contrôle d’accès défaillant… bref, toutes les saloperies du Top 10 OWASP sont là, prêtes à être exploitées.

Et WebGoat fonctionne comme un cours interactif car pour chaque vulnérabilité, vous avez trois étapes : d’abord on vous explique comment ça marche, ensuite vous devez l’exploiter vous-même via des exercices pratiques, et enfin on vous montre comment corriger le problème. On apprend en faisant !

D’après la doc officielle , WebGoat couvre presque toutes les vulnérabilités du Top 10 OWASP. Pour ceux qui ne savent pas, le Top 10 OWASP c’est LA référence mondiale des failles de sécurité web.

Au sein de WebGoat se cache aussi WebWolf, une application séparée qui simule la machine de l’attaquant. Ça tourne sur le port 9090 pendant que WebGoat tourne sur le 8080, comme ça, vous avez vraiment la séparation entre ce qui se passe côté victime et côté attaquant. WebWolf vous permet également d’uploader vos payloads ou outils, de recevoir des données exfiltrées, et même de simuler un serveur mail pour les attaques de phishing.

Et pour installer tout ça, le plus simple c’est Docker :

docker run -it -p 127.0.0.1:8080:8080 -p 127.0.0.1:9090:9090 webgoat/webgoat

Ou si vous préférez la version standalone avec Java :

java -Dfile.encoding=UTF-8 -jar webgoat-2025.3.jar

Une fois lancé, vous accédez à WebGoat sur http://localhost:8080/WebGoat et WebWolf sur http://localhost:9090/WebWolf. Vous vous créez un compte (c’est juste en local, pas de panique) et c’est parti pour les exercices !

Les leçons sont vraiment bien foutues. Prenez l’injection SQL par exemple. D’abord on vous montre comment une requête SQL mal protégée peut être détournée. Ensuite vous devez exploiter la faille pour voler des numéros de cartes bancaires (fausses, hein), et à la fin, on vous explique comment utiliser les prepared statements pour éviter ce genre de conneries.

Et n’allez pas croire que ça s’adresse uniquement aux pro. Non, les débutants ont des exercices guidés avec des indices, et les plus avancés ont des “challenges” sans aucune aide semblables à des CTF (Capture The Flag).

Et pour les développeurs, c’est vraiment un super outil pour comprendre pourquoi votre chef de projet vous casse encore les pieds avec la sécurité ! Car, croyez-moi, une fois que vous avez réussi à dumper toute une base de données avec une simple apostrophe dans un formulaire, vous ne regardez plus jamais les entrées utilisateur de la même façon.

Attention quand même, WebGoat n’est pas un jouet. Les techniques que vous apprenez sont réelles et fonctionneront sur de vrais sites mal sécurisés. D’ailleurs, l’OWASP est très clair là-dessus : “Si vous tentez ces techniques sans autorisation, vous allez très probablement vous faire choper”. Et n’oubliez pas, comme vous ne faites partie d’aucun parti politique, pour vous y’aura vraiment de la zonzon.

D’ailleurs, petite conseil, quand vous faites tourner WebGoat, coupez votre connexion internet ou au moins assurez-vous qu’il n’écoute que sur localhost, parce que si quelqu’un d’autre sur votre réseau découvre que vous avez une application volontairement vulnérable qui tourne… Disons que ça pourrait mal finir ;-).

Ah et WebGoat s’intègre super bien avec d’autres outils de sécurité. Ça permet du coup de se former aussi dans la foulée sur Burp Suite, OWASP ZAP, ou SQLMap.

Bref, installez WebGoat ce weekend et amusez-vous à tout casser. Vous m’en direz des nouvelles !!

Et un grand merci à Letsar pour l’info !

Bientôt la fin des bandeaux RGPD ?

Vous en avez marre de cliquer sur “Accepter les cookies” à chaque fois que vous visitez un site web ? Du genre vraiment marre, au point de parfois renoncer à lire un article plutôt que de devoir encore cliquer sur ces bannières ? Et bien si j’en crois Mashable , la Commission européenne envisage sérieusement de revoir la directive e-Privacy de 2009 qui nous a imposé cette avalanche de bandeaux moches.

Enfin !!

Il était temps qu’ils se réveillent à Bruxelles, parce que bon, l’intention de départ était louable c’est sûr… Il s’agissait de protéger notre vie privée en nous demandant notre consentement avant de nous traquer. Sauf que dans les faits, on s’est tous retrouvés à cliquer frénétiquement sur “Accepter tout” juste pour pouvoir lire tranquillement notre article. C’est ce qu’on appelle la “cookie fatigue”, et elle a complètement détourné l’objectif initial de la loi, en plus de faire perdre des heures de travail à toute l’économie européenne .

La Commission européenne explore donc plusieurs pistes pour simplifier tout ça. L’idée principale de leurs réflexions, ce serait de permettre aux utilisateurs de définir leurs préférences une bonne fois pour toutes dans les paramètres de leur navigateur. Fini les popups sur chaque site et vos navigateurs Chrome, Firefox, Safari et consorts deviendraient les gardiens de vos préférences cookies. Techniquement, c’est déjà possible avec le Do Not Track, mais personne ne l’utilise vraiment.

Ça m’énerve vraiment de lire ça, car ces bandeaux cookies, c’était vraiment la pire implémentation qu’ils pouvaient mettre en place alors que depuis J-0 tout le monde leur gueule fort dans les oreilles “Mais bande de nazes, faut l’implémenter dans le navigateur”.

Enfin, j’imagine qu’il vaut mieux tard que jamais.

Bref, bientôt les affreux bandeaux cookies qui faisaient mouiller les ayatollahs du RGPD vont disparaitre… quelle bonne nouvelle ! Pour ma part, en ce qui concerne mon site, j’ai écrit à la CNIL (en recommandé svp !) en début d’année pour leur demander leur avis, afin de savoir si je respectais bien le RGPD. Je n’ai jamais eu de réponse de leur part (snif), mais de mon point de vue, de celui de lecteurs dont c’est le métier, de CookieViz , et de ma régie pub, j’étais pas trop mal.

Après, depuis mon courrier à la CNIL y’a eu pas mal de changements quand même. J’sais pas si vous avez suivi mon actu, mais cet été, j’ai notamment retiré le bandeau des cookies.

What ??? Suis-je un vil criminel ?

Non, en fait c’est parce que j’ai supprimé tout ce qui était scripts de stats (Google analytics / Matomo) parce qu’elles n’avaient plus aucun sens vu que tout le monde les bloque… J’utilise également uniquement le player “no-cookies” de Youtube, et j’ai aussi enlevé toutes les bannières de pubs parce que c’est quelque chose que je voulais faire depuis loooongtemps. Ça me fait des revenus en moins c’est sûr (ouille), mais je compte sur mon Patreon pour contrebalancer ça.

C’était pas une décision simple puisqu’un peu risqué, et j’espère que l’avenir me donnera raison. En plus, comme j’ai aussi totalement arrêté de partager mes articles sur mes comptes de réseaux sociaux , ça a provoqué également une jolie petite baisse de trafic. Après, contrairement à mes confrères de la presse tech, je ne suis pas équipé pour faire la course à l’audience vu que je suis à 99% tout seul à écrire, à gérer la technique, le code du site, faire rentrer la thune, et la gestion de ma boite…etc., donc bon, ça ne change pas grand-chose, toutefois ne plus avoir de publicités programmatiques, ça renforce encore cette absence d’enjeux liés au trafic et ça me fait un truc en moins à gérer.

Par conséquent, le site est plus rapide à charger, il est visuellement plus joli (à mon goût), bref, j’en suis très content ! Et ça se ressent sur mes dernières stats (réalisées sans tracking car générées à partir des logs de mon serveur web), puisque mon site a enregistré au mois d’août (le pire mois de l’année à cause des vacances), 1,4 million de visiteurs uniques ! Du coup, je suis assez content et fier parce que ça veut dire que ce que j’écris vous intéresse et ça c’est cool !

Voilà, je referme cette parenthèse sur le meilleur site Tech de France (hein, quoi ?? ^^) pour revenir à cette réforme européenne. Histoire d’avancer un peu, le Danemark a suggéré que les cookies “techniquement nécessaires” ou pour des “statistiques simples” ne devraient plus nécessiter de consentement. Ça paraît logique, mais faut pas oublier quand même que malgré tout, les données s’envolent aux États-Unis la plupart du temps (je pense à Google Analytics) et ça, c’est pas cool, donc j’espère qu’ils resteront vigilants là-dessus, même pour de simples stats.

De leur côté, les lobbyistes de l’industrie Tech poussent fort pour avoir plus de marge de manœuvre afin de décider eux-mêmes de ce qui nécessite un consentement ou pas (lol, tu m’étonnes), mais forcément, les défenseurs de la vie privée tirent la sonnette d’alarme et je les rejoins là-dessus ! En effet, ces derniers craignent qu’on donne trop de pouvoir aux entreprises et qu’on se retrouve avec encore plus de tracking qu’avant, mais cette fois, sans qu’on le sache.

Du coup, la vraie question pour le régulateur c’est de trouver l’équilibre entre une bonne protection de la vie privée et une expérience utilisateur fonctionnelle. Pas simple, mais le Do Not Track (ou un équivalent) pourra aider.

Bref, est-ce qu’on verra disparaître ces satanées bannières RGPD ? Peut-être pas complètement, mais on pourrait au moins avoir quelque chose de plus intelligent qui permettrait de configurer une seule fois vos préférences dans Firefox ou Chrome, et hop, tous les sites respecteront automatiquement vos choix. Comme ça, plus besoin de cliquer sur quoi que ce soit… Les cookies strictement nécessaires passeront alors directement et les cookies marketing seront bloqués si vous l’avez décidé.

Comme ça tout le monde sera content… enfin, j’imagine ?

SkiftOS - Recoder la roue c'est chouette aussi

Créer un système d’exploitation complet from scratch pour s’amuser, c’est le genre de projet un peu foufou qu’on ne voit plus tellement aujourd’hui. Pourtant SkiftOS existe !

SkiftOS c’est un OS écrit entièrement depuis zéro, et pas un n-ième fork de Linux ou d’une distribution BSD. Non, c’est un vrai OS avec son propre kernel, son interface graphique et même les bases d’un moteur de navigateur web.

J’ai découvert ce projet en me baladant sur les Top GitHub et ça m’a rappelé cette époque d’avant ma naissance où créer son OS était un genre de rite de passage pour tous les développeurs passionnés. Sauf qu’ici, on n’est plus dans les années 70 et le projet utilise du C++20 moderne avec une architecture microkernel très propre.

Et malgré son statut de projet “hobby”, il fonctionne réellement. Il tourne pour le moment sur du hardware x86_64 et l’équipe travaille sur le support RISC-V.

L’architecture modulaire du projet est d’ailleurs particulièrement bien pensée. Chaque module a son petit nom, c’est rigolo. Hjert gère le microkernel avec les fonctions essentielles telles que la gestion mémoire, l’ordonnancement et l’IPC (Inter-Process Communication). Karm fournit la bibliothèque C++ de base sans dépendre de la STL (Standard Template Library) . KarmUI propose un framework d’interface réactive. Hideo s’occupe du bureau et de l’environnement graphique. Et Vaev ambitionne de devenir un moteur de navigateur web complet.

Pour compiler tout ça, l’équipe a également développé CuteKit, leur propre système de build qui gère les dépendances et la cross-compilation. Bah oui, quand on réinvente un OS, autant réinventer aussi tous les outils pour le construire.

Cette approche “tout fait maison” rend en tout cas le projet fascinant d’un point de vue pédagogique. Car oui le code source est disponible sur GitHub donc si vous voulez comprendre comment fonctionne un OS moderne sans vous perdre dans les millions de lignes de code de Linux ou de Windows (pour les vieilles versions qui ont leakée), c’est une excellente opportunité pour apprendre. Pas besoin donc d’être Microsoft ou Apple pour développer un système d’exploitation fonctionnel.

Faut “juste” de la motivation, du temps, des compétences en C++ moderne, et surtout l’envie de construire quelque chose de différent.

Vous l’aurez compris, SkiftOS ne remplacera probablement jamais votre OS principal, c’est clair mais pour les développeurs curieux qui veulent comprendre les entrailles d’un système d’exploitation, ou pour ceux qui cherchent un projet open source technique sympa où contribuer, c’est une sacrée mine d’or.

Et qui sait, peut-être que dans quelques années on parlera de SkiftOS comme on parle aujourd’hui des débuts de Linux…

Comment l'IA est en train de tuer le web sous nos yeux

Imaginez demain matin, vous vous réveillez et 90% des sites web ont disparu. Plus de blogs, plus de sites de presse, plus de forums. Juste des pages blanches et des erreurs 404. De la science-fiction ? Et bien pas selon Matthew Prince, le CEO de Cloudflare, qui gère 20% du trafic web mondial.

Dans plusieurs interviews récentes, il explique qu’on est en train d’assister en direct à l’effondrement du modèle économique qui a fait vivre Internet pendant 25 ans. En effet, le deal était simple : Google crawle votre contenu, vous envoie du trafic, vous monétisez avec de la pub.

Sauf que ce pacte avec le diable vient de voler en éclats.

Il y a dix ans, pour 2 pages que Google scannait sur votre site, il vous envoyait 1 visiteur. Un échange équitable, presque symbiotique. Mais aujourd’hui, Il faut 6 pages crawlées pour obtenir 1 seul clic.

Mais attendez, là c’est Google, le gentil de l’histoire parce qu’avec les nouveaux venus de l’IA, c’est l’apocalypse qui s’annonce. En effet, d’après les données de Cloudflare , le ratio d’OpenAI est passé de 250 pour 1 à 1500 pour 1 en quelques mois. Autrement dit, ChatGPT aspire 1500 pages de votre contenu pour vous renvoyer généreusement… 1 seul visiteur. Anthropic avec Claude, on est à 60 000 pages pour un visiteur. Bref, c’est pas du crawling, c’est du pillage en règle.

Et Prince ne mâche pas ses mots : “Si les créateurs de contenu ne peuvent plus tirer de valeur de leur travail, ils vont arrêter de créer du contenu original.” Et devinez quoi ? C’est déjà en train de se produire car les données montrent que le trafic des moteurs de recherche vers les sites web a chuté de 55% entre 2022 et 2025. Par exemple, le Washington Post et le HuffPost ont vu leur trafic organique divisé par deux en trois ans.

Le plus ironique dans tout ça c’est que Google lui-même creuse sa propre tombe. Prince révèle qu’il y a six mois, 75% des recherches Google se terminaient sans aucun clic vers un site externe. Mais alors pourquoi ce changement soudain ? Hé bien la réponse tient en deux mots : Answer Engines. C’est le cas par exemple avec le déploiement d’ AI Overview , leur nouvelle fonctionnalité qui donne directement les réponses, ce chiffre pourrait atteindre 90%. Google est ainsi devenu un genre de cul-de-sac d’Internet…

Il est fini donc le temps où Google vous donnait une carte au trésor avec des liens à explorer. Maintenant, l’IA vous donne directement le trésor et comme ça plus besoin de visiter les sites, plus de trafic, plus de revenus publicitaires. La boucle vertueuse s’est transformée en spirale mortelle…

Les prédictions de Gartner sont glaçantes car le volume des recherches traditionnelles va chuter de 25% d’ici 2026. Par exemple, chez les 18-24 ans, 66% utilisent déjà ChatGPT pour chercher de l’information, contre 69% pour Google. L’écart se resserre dangereusement.

Prince voit donc trois scénarios possibles pour l’avenir, et aucun n’est réjouissant.

Premier scénario, le plus nihiliste : Tous les journalistes, chercheurs et créateurs de contenu “meurent de faim” faute de modèle économique viable. Ce sont littéralement ses mots.

Deuxième scénario : On revient à un système de mécénat médiéval où cinq grandes entreprises IA emploient directement tous les créateurs. Adieu l’indépendance éditoriale.

Troisième scénario : On invente un nouveau modèle économique, mais personne ne sait encore lequel…

Voilà en gros les choix qui se présentent à nous.

Cloudflare, de son côté, ne reste bien sûr pas les bras croisés. Prince a lancé AI Audit , un système qui bloque par défaut tous les bots IA. Comme il l’a dit : “Je fais la guerre tous les jours aux gouvernements chinois, russe, iranien et nord-coréen qui tentent de hacker nos clients, et vous me dites que je ne peux pas arrêter un nerd avec une société dans la Silicon Valley ?

La solution qu’il propose c’est donc un système de “pay-per-crawl” utilisant le protocole HTTP 402 (celui qui était prévu pour les micropaiements et que personne n’a jamais utilisé). Les IA devront donc payer pour crawler le contenu… On verra si ça marche…

L’économie des créateurs , évaluée à 203 milliards de dollars en 2024, est donc directement menacée par les IA. Paradoxalement, 84% des créateurs utilisent maintenant l’IA pour produire du contenu, accélérant leur propre obsolescence. C’est le serpent qui se mord la queue où l’IA se nourrit de contenu humain pour créer du contenu synthétique qui remplace le contenu humain qui nourrit l’IA qui… vous voyez le problème ?

Le plus dingue, c’est la vitesse à laquelle tout s’effondre. En mai 2024, Google lançait AI Overview et en juin 2025, le pourcentage de recherches d’actualités sans clic est passé de 56% à 69%. En seulement un an. À ce rythme, d’ici 2027, plus personne ne cliquera sur rien.

Et tout cela se passe maintenant, sous nos yeux, et personne ne semble capable de l’arrêter. Les éditeurs subissent donc une “menace existentielle” selon les propres mots de Prince. Le New York Times a décidé de se battre en justice. Les petits blogs et petits médias disparaissent en silence et Reddit et les forums deviennent des jardins clos pour protéger leur contenu.

La question n’est donc plus de savoir si le modèle économique du web va s’effondrer, mais quand et comment on va reconstruire sur les ruines. Prince compare la situation aux débuts d’Internet : “Nous sommes dans une période de destruction créatrice schumpétérienne .” Sauf que cette fois, ce qui est détruit, c’est le tissu même du web ouvert.

Meta de son côté a lancé son Creator Monetization Suite cette année, promettant de nouveaux moyens de monétisation… mais quand on y regarde de près, c’est juste une façon de garder les créateurs sous leur emprise, produisant du contenu que l’IA de Meta pourra ensuite digérer sans jamais les laisser partir ailleurs.

Bref, ces mêmes entreprises qui ont construit leur empire sur le contenu gratuit du web sont en train de le tuer et Google, qui a encouragé la création de contenu pendant 25 ans pour alimenter son moteur de recherche, est maintenant celui qui coupe le robinet du trafic.

Prince termine son interview sur une note sombre mais réaliste : “L’internet tel que nous le connaissons ne survivra pas sous sa forme actuelle.

Le choix qui nous reste est donc très simple : Soit on accepte un web contrôlé par cinq méga-corporations qui emploient directement tous les créateurs, soit on invente quelque chose de radicalement nouveau. Mais une chose est sûre, le web libre et ouvert qu’on a connu est en train de mourir, et il ne reviendra pas.

Vous entendez ce silence ?

C’est le bruit du web qui s’éteint, un site à la fois. Et pendant ce temps, les IA continuent de crawler, de digérer, de régurgiter. Et cela jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à manger… Bienvenue dans l’ère post-trafic.

Population : Vous et quatre chatbots 😭.

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