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  • LCL lance sa banque pro digitale
    Dans le sillage des succès de Shine puis, surtout, de Qonto, je pensais que toutes les banques traditionnelles françaises avaient désormais déployé leur riposte à ces offres bancaires 100% « digitales » pour les indépendants et TPE. Ce n'était pas le cas… puisque LCL vient tout juste de dévoiler la sienne. Comment tente-t-elle de se différencier ?En pratique, L by LCL Pro se contente de fournir l'essentiel en matière de services financiers : un compte de dépôt, une carte de paiement physique (e

LCL lance sa banque pro digitale

Par : Patrice
24 janvier 2026 à 22:00
L By LCL Pro
Dans le sillage des succès de Shine puis, surtout, de Qonto, je pensais que toutes les banques traditionnelles françaises avaient désormais déployé leur riposte à ces offres bancaires 100% « digitales » pour les indépendants et TPE. Ce n'était pas le cas… puisque LCL vient tout juste de dévoiler la sienne. Comment tente-t-elle de se différencier ?

En pratique, L by LCL Pro se contente de fournir l'essentiel en matière de services financiers : un compte de dépôt, une carte de paiement physique (et jusqu'à 5 cartes virtuelles) et une application mobile permettant de piloter l'ensemble. J'allais oublier : un module de facturation – propulsé par une autre solution du Crédit Agricole, Kolecto – est inclus, ce qui semble devenir aussi un incontournable de la banque, en lien avec la prochaine entrée en vigueur de la réglementation sur la facturation électronique.

En amont de la souscription, ceux qui le souhaitent pourront procéder, à un prix avantageux, aux formalités de création de leur société directement depuis l'application, grâce à un partenariat avec le spécialiste LegalPlace. Dernière option, importante pour la plupart des activités professionnelles, des produits d'assurance adaptés, notamment en responsabilité civile, sont également disponibles. Or cette approche dépouillée est revendiquée par l'établissement, pour qui elle répond à une demande spécifique.

En effet, L s'inscrit dans une vision discutable mais cohérente, comprenant, d'un côté, les entrepreneurs qui souhaitent gérer leur finances en totale autonomie, auxquels la nouvelle venue s'adresse, et, de l'autre côté, ceux qui préfèrent bénéficier de l'accompagnement humain de proximité que propose LCL à la Carte. Estimant que les premiers désireront être aidés quand leurs besoins évolueront, par exemple lors d'une recherche de financement, ils pourront librement basculer vers l'autre modèle.

Accueil L By LCL Pro

Naturellement, son catalogue limité n'aide pas L à se distinguer d'une concurrence nombreuse et bien installée. Mais elle a deux arguments à faire valoir. Ainsi, outre cette capacité de transition promise sans douleur vers une offre plus complète au fil de la croissance de son client, elle joue sur une fibre sensible pour ceux qui démarrent l'aventure entrepreneuriale : le prix. Alors que son tarif est dans la norme (à 9 euros par mois), elle est gratuite pour ceux qui détiennent un compte de particulier.

La stratégie prend de la sorte tout son sens. Il s'agit de conquérir la fraction de plus en plus importante des clients grand public de LCL qui se lancent, en solo ou en société, et trouvent jusqu'à maintenant de meilleures conditions dans d'autres banques… dont certaines tenteront alors de les séduire pour leurs finances personnelles. Et quelle meilleure occasion de récompenser leur fidélité que de leur accorder un privilège exclusif lors de ce qui peut constituer un événement clé de leur existence ?

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  • Éducation numérique au Crédit Agricole
    À travers son lancement d'un parcours « digital » de souscription de crédit immobilier, j'évoquais récemment la transition progressive du Crédit Agricole vers une approche de ses métiers moins centrée sur la relation en agence. Une autre actualité vient aujourd'hui souligner cette évolution : les ateliers Clic Club de la caisse d'Île de France.Leur principe est largement répandu au Royaume-Uni, où, bien sûr, le rythme de fermeture des points de vente est sans commune mesure avec celui de l'hexa

Éducation numérique au Crédit Agricole

Par : Patrice
25 décembre 2025 à 22:00
Crédit Agricole
À travers son lancement d'un parcours « digital » de souscription de crédit immobilier, j'évoquais récemment la transition progressive du Crédit Agricole vers une approche de ses métiers moins centrée sur la relation en agence. Une autre actualité vient aujourd'hui souligner cette évolution : les ateliers Clic Club de la caisse d'Île de France.

Leur principe est largement répandu au Royaume-Uni, où, bien sûr, le rythme de fermeture des points de vente est sans commune mesure avec celui de l'hexagone (il suffit de comparer les plus de 5 000 adresses de la banque verte aux quelque centaines que maintiennent les plus conservatrices de ses homologues britanniques). Mais la mise en place de ces sessions d'accompagnement des clients dans l'usage des outils numériques montre bien que les temps changent pour l'ensemble de l'industrie.

Sur la deuxième quinzaine de novembre, l'établissement a donc mobilisé presque 300 collaborateurs et administrateurs bénévoles pour l'animation d'ateliers, dans ses locaux un peu partout dans la région. Ceux-ci ont permis à quelques 1 500 participants d'en apprendre plus sur deux thématiques jugées prioritaires actuellement : la protection contre la fraude et les arnaques, dont on sait que la sensibilisation des consommateurs est la première arme, et l'utilisation pratique de l'application mobile de l'enseigne.

Selon les commentaires partagés par le Crédit Agricole, il ressort, certes sans grande surprise, que l'audience de ces événements est majoritairement constituée de seniors, moins à l'aise que les jeunes générations avec les interactions à distance. Cependant, leurs réticences sont plus souvent liées à leurs incertitudes et autres hésitations vis-à-vis des plates-formes mises à leur disposition qu'à une véritable incompréhension. En fait d'apprentissage, les clients cherchent plutôt une forme de réassurance.

Crédit Agricole – Clic Club

Les organisateurs des Clic Clubs mettent en avant l'alignement de la démarche avec les valeurs mutualistes, notamment de proximité et de solidarité, du Crédit Agricole. Il est vrai que, au-delà de leur objectif affiché, ces séances procurent aussi une occasion de rencontres entre des responsables, dont les élus, et des clients qui se rendent de moins en moins fréquemment dans leur agence. Quand bien même la population ciblée n'est évidemment pas la plus désengagée quant aux relations en face à face.

Une offre d'assistance à la banque « digitale » est toujours empreinte d'ambivalence, entre la volonté qu'elle manifeste d'attirer des visiteurs dans les implantations physiques et leur ambition de faciliter l'adoption des solutions en ligne. Mais la réalité semble commencer à prendre le pas sur les illusions : tous les clients seront amenés à réaliser une part conséquente de leurs opérations financières sans l'aide d'un professionnel. Cependant, s'ils s'y habituent, continueront-ils alors longtemps à ressentir le besoin d'un conseil humain de proximité pour leurs besoins plus sophistiqués ?

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  • Le Crédit Agricole passe au prêt immo digital
    Longtemps considéré impossible à transposer en ligne, le crédit immobilier finit par faire sa transition, comme tous les autres services financiers. C'est aujourd'hui au tour du Crédit Agricole – défenseur acharné du réseau d'agences et de la relation avec un conseiller – de franchir le pas… vraisemblablement sous pression de la demande.La position historique de l'industrie consistait à estimer que l'achat d'une résidence constituait une opération d'une telle importance pour les consommateurs q

Le Crédit Agricole passe au prêt immo digital

Par : Patrice
20 décembre 2025 à 20:00
Crédit Agricole
Longtemps considéré impossible à transposer en ligne, le crédit immobilier finit par faire sa transition, comme tous les autres services financiers. C'est aujourd'hui au tour du Crédit Agricole – défenseur acharné du réseau d'agences et de la relation avec un conseiller – de franchir le pas… vraisemblablement sous pression de la demande.

La position historique de l'industrie consistait à estimer que l'achat d'une résidence constituait une opération d'une telle importance pour les consommateurs qu'ils ne pouvaient imaginer de la préparer et encore moins la réaliser en totale autonomie, sans l'assistance d'un professionnel capable de les guider dans la complexité supposée de son financement. Tout au plus pouvaient-ils simuler leur projet avec des outils « digitaux » pour rêver un peu, en préambule à un rendez-vous obligatoire.

De toute évidence, les temps changent. Désormais, les clients du Crédit Agricole ont la faculté de créer leur dossier effectif depuis leur application mobile ou leur espace web en vue d'obtenir un accord de principe. Le processus, qui exploite automatiquement les informations déjà disponibles et évite donc les répétitions inutiles (le principe est basique mais encore si rare !), ne leur prendra que 6 minutes, jusqu'à la communication de la décision. Même pour les nouveaux arrivants, il ne faudra que 2 minutes de plus.

La suite des démarches est également possible via les mêmes canaux, notamment l'accès à l'offre de prêt un fois celle-ci établie, les ajustements éventuels sur les conditions, la transmission des justificatifs nécessaires, l'enregistrement des instructions de règlement du notaire et la signature électronique. En outre, tout au long des formalités, l'utilisateur est en mesure de suivre chacune des étapes de mise en œuvre.

La banque ne parvient toutefois pas à lâcher totalement la bride. Ainsi, à l'issue du dépôt d'une demande active, un spécialiste prend contact avec le client et lui proposera un accompagnement pour le reste des opérations. D'autre part, le dispositif comporte quelques limitations, à savoir un plafond de 600 000 euros pour une résidence principale et 300 000 euros pour les autres cas, dont le bien en investissement locatif.

En réalité, c'est parce que l'initiative s'avère incomplète que l'humain reste dans la boucle. En effet, le parcours en libre service déployé semble faire l'impasse sur le conseil et, par exemple, la personnalisation des offres n'est évoquée que dans le contexte des interactions avec le conseillé désigné. La personne la plus aguerrie au « digital » a besoin, pour un acte qui l'engage sur de longues années, d'aide pratique, d'explications détaillées, de recommandations par rapport à sa situation… que, visiblement, l'établissement ne sait pas à date fournir via ses plates-formes en ligne.

e-Immobilier by CA

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  • Sofinco finance MaPrimeRénov'
    À l'issue d'un accord avec l'Agence Nationale de l'Habitat (ANAH), Sofinco devient le premier établissement officiellement mandaté pour le financement de MaPrimeRénov', le dispositif d'aide publique pour la rénovation du logement en France, sans lequel nombre de nos concitoyens renonceraient à engager des travaux indispensables.Partie intégrante des moyens déployés en vue de tenir les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays, le soutien financier aux efforts d'amélio

Sofinco finance MaPrimeRénov'

Par : Patrice
23 novembre 2025 à 21:30
Sofinco
À l'issue d'un accord avec l'Agence Nationale de l'Habitat (ANAH), Sofinco devient le premier établissement officiellement mandaté pour le financement de MaPrimeRénov', le dispositif d'aide publique pour la rénovation du logement en France, sans lequel nombre de nos concitoyens renonceraient à engager des travaux indispensables.

Partie intégrante des moyens déployés en vue de tenir les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays, le soutien financier aux efforts d'amélioration énergétique s'est imposé depuis plusieurs années, notamment chez les propriétaires de passoires thermiques. Véritable bouée de sauvetage pour les foyers les plus modestes possédant un bien souvent ancien et vétuste directement concerné, le parcours d'accès à la subvention s'avère malheureusement semé d'embûches.

Même sans revenir sur les aléas des décisions gouvernementales (ayant conduit à la suspension de sa distribution au cours de l'été), un défaut majeur de MaPrimeRénov' est son approche de remboursement d'une partie du montant de la facture. En principe, le donneur d'ordre est contraint d'avancer la totalité des frais, ce qui constitue un obstacle majeur. Afin de le surmonter, les entreprises proposent donc fréquemment de déduire la prime de leurs émoluments, celle-ci leur étant versée ultérieurement.

Le problème avec un tel montage, qui affecte d'ailleurs tous les bénéficiaires, est le délai de paiement. Alors que l'attribution de l'aide est déjà décidée, avant le lancement du chantier, le règlement de sa contribution par l'agence prend plusieurs mois, ce qui crée des difficultés de trésorerie pour les opérateurs qui la prennent à leur charge. Les artisans individuels et les petites structures ne peuvent se le permettre et perdent leur clientèle, tandis que les plus grosses mettent parfois leur viabilité en péril.

Sofinco – Éco-rénovons

C'est donc là qu'intervient Sofinco (Pro), qui va financer tous les dossiers éligibles (après contrôle) et portés par des entreprises certifiées RGE (« Reconnu Garant de l'Environnement »), qu'elles soient ou non partenaires de l'enseigne (celles-là pouvant offrir à leur clients des facilités de paiement sur la part qui leur échoit). En pratique, le montant de la subvention accordée leur sera versé par l'organisme financier, dans les conditions normales de facturation (je suppose), ce qui permet de la déduire du devis présenté au client sans se préoccuper des retards de l'administration.

La filiale de crédit à la consommation du Crédit Agricole assume ainsi le rôle que n'auraient jamais dû avoir à jouer les acteurs de la rénovation de l'habitat. Se pose toutefois la question de savoir qui paiera le service (un crédit n'est jamais gratuit). Les artisans, qui auraient alors une simple option d'affacturage sur une créance très spécifique ? Ou l'ANAH, qui accepteraient de payer pour compenser ses délais de traitement ? Dans les deux hypothèses, est-il vraiment normal de faire appel à une institution financière pour pallier les déficience internes d'une agence étatique ?

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  • LCL poursuit l'offensive vers les entrepreneurs
    Quelques jours seulement après une première salve d'annonces, LCL remet le couvert sur ses engagements en faveur des entrepreneurs, dont elle veut clairement devenir un partenaire privilégié en France. Et cette fois encore, les nouveautés qu'elle introduit prennent d'abord en compte les défis que cette population rencontre dans sa vie privée.Élaboré à partir d'entretiens et de rencontres avec un vaste échantillon de 10 000 représentants de cette clientèle spécifique, le programme générique de l

LCL poursuit l'offensive vers les entrepreneurs

Par : Patrice
1 octobre 2025 à 21:30
LCL
Quelques jours seulement après une première salve d'annonces, LCL remet le couvert sur ses engagements en faveur des entrepreneurs, dont elle veut clairement devenir un partenaire privilégié en France. Et cette fois encore, les nouveautés qu'elle introduit prennent d'abord en compte les défis que cette population rencontre dans sa vie privée.

Élaboré à partir d'entretiens et de rencontres avec un vaste échantillon de 10 000 représentants de cette clientèle spécifique, le programme générique de la banque se décline sur quatre piliers principaux portant l'objectif de soutenir la création et le développement d'entreprise. Et deux d'entre eux mettent l'accent sur des solutions qui visent à soulager ceux qui mettent toute leur énergie dans leur projet professionnel lorsqu'ils rencontrent des difficultés affectant leur quotidien personnel.

Première concrétisation de cette vision, le dispositif « coup dur » permet aux intéressés de moduler leurs remboursements de crédit immobilier, pendant une durée limitée, dans le cas où leur société traverse une mauvaise passe. En amont, et de manière un peu plus classique, les conditions d'accès au prêt pour l'habitat sont assouplies pour les entrepreneurs de fraîche date, avec une prise en compte de leur situation globale et l'abandon de critères obligatoires tels que les trois derniers bilans comptables.

Le raisonnement sous-jacent est à double entrée. Il s'agit en priorité d'éviter le risque d'enfermement dans une spirale infernale qui répercute les déboires professionnels sur les finances individuelles (ou familiales), avec l'impact inévitable de la dégradation de ces dernières sur le bien-être et, donc sur l'efficacité et la performance au travail. Mais, comme d'habitude, la démarche n'est pas altruiste car la banque a évidemment d'excellentes raisons d'éviter la chute de son client, particulier et entreprise.

L'Énergie d'Entreprendre by LCL

Plus subtilement, et alors qu'il ne s'agit pas nécessairement d'une combinaison recommandée, LCL génère de la sorte une incitation supplémentaire pour les créateurs de structure à lui confier leur relation bancaire principale personnelle, de manière à bénéficier de ces avantages. Outre l'opportunité de conquérir quelques clients de la sorte, la connaissance étendue de la personne qui en résulte représente surtout un facteur clé de maîtrise des risques et d'optimisation de l'accompagnement, à 360°.

En dépit de son affichage d'un programme « chapeau » destiné à les rassembler sous la bannière « l'énergie d'entreprendre », les initiatives de la banque paraissent, à ce stade, isolées les unes des autres, sans souci de mise en perspective globale. Elles mériteraient certainement d'être intégrées dans un écosystème de services dont le point d'entrée pourrait être, par exemple, le bien-être financier de l'entrepreneur, avec son tableau de bord de suivi et ses différents outils de support, à enrichir au fil du temps.

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  • LCL accompagne la vie des entrepreneurs
    L'ouverture des institutions financières à des métiers sortant de leur périmètre naturel ne surprend plus énormément, en particulier dans le cadre d'offres aux professionnels et autres petites entreprises. La déclinaison du principe par LCL se distingue tout de même, en ciblant aussi les défis que rencontrent les entrepreneurs dans leur vie privée.Dans leurs recherches de sources de revenus additionnelles, nombre de banques, dans le monde entier, ont mis en place des plates-formes – développées

LCL accompagne la vie des entrepreneurs

Par : Patrice
20 septembre 2025 à 22:00
LCL
L'ouverture des institutions financières à des métiers sortant de leur périmètre naturel ne surprend plus énormément, en particulier dans le cadre d'offres aux professionnels et autres petites entreprises. La déclinaison du principe par LCL se distingue tout de même, en ciblant aussi les défis que rencontrent les entrepreneurs dans leur vie privée.

Dans leurs recherches de sources de revenus additionnelles, nombre de banques, dans le monde entier, ont mis en place des plates-formes – développées en propre ou à travers des partenariats – destinées à faciliter la gestion au quotidien des entreprises. L'inclusion de capacités extra-financières de pilotage de la comptabilité, de la facturation, des ressources humaines et de la paye, du marketing… tendent ainsi à devenir un standard dans les catalogues, suscitant une concurrence exacerbée.

Avec « Care Entrepreneurs », la filiale du Crédit Agricole se positionne résolument à l'écart de cette vogue, tout en s'inscrivant également dans le mouvement de diversification généralisé du secteur. D'emblée, son objectif exprime une vision originale : il n'est pas question ici de fournir aux clients des outils « administratifs » – dont il faut reconnaître qu'ils sont pléthoriques sur le marché – mais plutôt de leur proposer quelques solutions afin de soulager leurs problématiques spécifiques.

Entièrement construite à partir de collaborations avec des spécialistes, l'offre comprend à ce stade trois composantes. Si je passe sur la plus banale, consistant en un accès privilégié à des espaces de travail partagés adaptés à toutes sortes de besoins (y compris réunions, formations, conférences…), attachons-nous plus à celle consacrée à l'accélération technologique, proposant des programmes pédagogiques et des environnements sécurisés réservés au développement et au test de projets.

LCL – Care Entrepreneurs

Mais le dispositif prend donc également en compte un volet plus personnel des difficultés auxquelles les dirigeants de petites structures sont confrontés. Un module de soutien est ainsi dédié aux parents de jeunes enfants, qui, alors qu'ils n'ont pas la souplesse souvent accordée aux salariés, leur permet de bénéficier de conditions avantageuses pour obtenir des places en crèche (avec Babilou), complété par des options d'accueil d'urgence ou de relais pendant les périodes de vacances scolaires.

La communication de LCL ne permet pas de comprendre si ces services sont intégrés, d'une manière ou d'une autre, dans les applications de la banque ou s'il s'agit uniquement d'accords superficiels, laissant à l'utilisateur le soin d'adresser sa demande à chaque partenaire. Dans un autre registre, il serait intéressant de savoir si la démarche a une vocation stratégique à accueillir d'autres fonctions ou si elle s'arrêtera là.

Comme toujours, je m'interroge sur la pertinence et, partant, l'attractivité pour les clients visés d'une offre non financière de la part de leur banque. De toute évidence, les réponses aux questions précédentes et les promotions tarifaires (ou la gratuité ?) des produits inclus constitueront des facteurs importants. Il n'en reste pas moins que l'axe retenu a le mérite de la différenciation et du positionnement sur un territoire où les entrepreneurs se trouvent probablement démunis et parfois désemparés.

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  • Les particuliers préfèrent l'investissement digital
    Amundi a mené une vaste enquête auprès de 11 000 individus répartis dans 25 pays autour de la planète afin de mieux comprendre leurs pratiques et leurs besoins en matière d'investissement. Elle révèle notamment leur engouement pour les plates-formes « digitales  », tempéré par des lacunes flagrantes en ce qui concerne le conseil.Globalement, plus de trois personnes sur quatre (77%) choisissent une solution en ligne pour la gestion d'au moins une partie de leur portefeuille. Des variations sont

Les particuliers préfèrent l'investissement digital

Par : Patrice
19 avril 2025 à 22:15
Amundi
Amundi a mené une vaste enquête auprès de 11 000 individus répartis dans 25 pays autour de la planète afin de mieux comprendre leurs pratiques et leurs besoins en matière d'investissement. Elle révèle notamment leur engouement pour les plates-formes « digitales  », tempéré par des lacunes flagrantes en ce qui concerne le conseil.

Globalement, plus de trois personnes sur quatre (77%) choisissent une solution en ligne pour la gestion d'au moins une partie de leur portefeuille. Des variations sont évidemment observées d'un pays à l'autre, avec des sommets (à 89%) atteints, sans surprise, en Finlande ou en Corée, mais les derniers du classement, dont la France (et le Japon), maintiennent tout de même des niveaux élevés, à 65% (et 64%, respectivement). La bascule paraît donc plus rapide que pour la banque.

Dans un autre registre, et contrairement aux idées reçues (qu'il serait peut-être temps de ranger définitivement au placard tant elles sont remises en cause dans divers domaines), les préférences exprimées ne dépendent que relativement peu d'un effet générationnel : les plus de 50 ans suivent la tendance générale, aujourd'hui à 68%, un taux qui n'ira qu'en s'amplifiant avec le vieillissement des natifs de l'ère numérique.

Les investisseurs sont également très friands – dans des proportions sensiblement équivalentes – des canaux électroniques pour leur recherche d'information. Les médias indépendants, depuis la radio et la télévision jusqu'aux blogs et aux médias sociaux (YouTube pointant largement devant Instagram et Facebook), obtiennent un score légèrement supérieur aux sites des fournisseurs. Notons que les français semblent ici en retard, puisqu'ils ne sont qu'une moitié à consulter des sources « digitales ».

Amundi – Digital Investments

Les enseignements les plus intéressants de l'étude sont toutefois ceux qui touchent au conseil, où, incidemment, Amundi fait preuve de moins d'objectivité, par exemple en expliquant que la réticence des français à l'information en ligne est corrélée à leur supposé besoin d'interaction avec un professionnel (validé par aucune statistique).

On apprend donc que seulement moins d'un sondé sur deux a élaboré un plan structuré pour le long terme, alors qu'une telle préparation leur donne quatre fois plus confiance que les autres dans leur capacité à atteindre leurs objectifs (la retraite constituant la principale cible, suivie par un simple désir d'enrichissement). Et, dans une association d'idées hâtive, il s'avère que les particuliers qui gèrent exclusivement leur portefeuille à distance ont rarement recours à un conseiller humain… ce qui éclairerait leur surcroît de doutes sur leurs décisions et leurs perspectives d'avenir.

Pour ma part, je crois à une autre hypothèse et j'attends toujours qu'une enquête pose aux consommateurs les questions qui permettraient de la confirmer (ou l'infirmer). Je soupçonne que, en majorité, ceux qui adoptent les plates-formes numériques pour leurs investissements le font par rejet plus ou moins ferme du principe d'une relation avec un interlocuteur en chair et en os et qu'ils se trouvent démunis face au vide du conseil dans les outils qu'ils affectionnent : ils signalent leur désarroi vis-à-vis de cette absence.

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  • Le Crédit Agricole s'essaie au co-investissement
    Dans le contexte actuel de tensions prolongées sur le marché de l'immobilier, rendant toujours plus difficile l'acquisition d'un premier bien, le Crédit Agricole propose désormais à ses clients une solution de co-investissement grâce à laquelle ils peuvent envisager de s'engager un peu au-dessus de leurs moyens sans risque de surendettement.Développée par Khome, une des startups internes incubées dans le studio de la banque verte (la Fabrique), dédiée jusqu'à maintenant à l'exploitation des don

Le Crédit Agricole s'essaie au co-investissement

Par : Patrice
13 janvier 2025 à 21:30
Crédit Agricole
Dans le contexte actuel de tensions prolongées sur le marché de l'immobilier, rendant toujours plus difficile l'acquisition d'un premier bien, le Crédit Agricole propose désormais à ses clients une solution de co-investissement grâce à laquelle ils peuvent envisager de s'engager un peu au-dessus de leurs moyens sans risque de surendettement.

Développée par Khome, une des startups internes incubées dans le studio de la banque verte (la Fabrique), dédiée jusqu'à maintenant à l'exploitation des données au service de la gestion des risques immobiliers (à destination des acteurs institutionnels), Apport+ est mise à la disposition des caisses régionales, permettant à celles-ci d'offrir un complément de financement original aux projets de leurs clients.

En résumé, la banque, à travers sa structure foncière, propose de prendre une part – typiquement 10%, le plafond étant fixé à 20%, sans limite de budget – de la propriété concernée, inscrite dans l'acte notarial. L'acheteur est libre de revendre la résidence ou de se porter acquéreur de la fraction détenue par l'institution à tout moment, mais il devra impérativement effectuer ce choix au plus tard 10 ans après la transaction.

Dans le premier cas, 15% du montant de la cession seront rétrocédés à la banque (sans aucun autre frais ou remboursement), tandis que, avec la seconde option, le prix de rachat est fixé au standard du marché (dont l'évaluation s'appuie logiquement sur les compétences premières de Khome)… et, le cas échant, il peut être à son tour financé par la banque si les conditions habituelles d'emprunt immobilier sont réunies.

Apport+ by CA

Le dispositif est ouvert, sous le même format, à toutes les catégories de projet : résidence principale (pour abaissser le montant de l'engagement de départ, par exemple en vue de garder une réserve pour des travaux d'aménagement, ou afin de viser une plus grande surface), immobilier locatif (de manière à bénéficier d'un niveau de loyer plus élevé) ou résidence secondaire (pour une localisation plus propice…).

Cependant, après une première expérimentation au sein de la caisse Alpes-Provence, la cible privilégiée pour Apport+ sera celle des clients aisés ou des investisseurs, ce qui permet à la banque d'éviter les risques de surendettement… mais réduit singulièrement la promesse initiale de rendre l'acquisition immobilière plus accessible. Tant pis pour ceux qui auraient aimé profiter de l'aubaine pour leur premier logement à eux.

Ce dernier bémol vient hélas ternir une initiative a priori intéressante. Il ne fait guère de doutes qu'elle rencontrera son public et qu'elle a toutes les chances de s'avérer profitable pour le Crédit Agricole. En revanche, cette dernière n'aurait-elle pas oublié son slogan ? En effet, une démocratisation large de la solution, en particulier à l'intention de ceux qui soufrent de la situation du marché immobilier, aurait certainement été plus appropriée s'il était vraiment question d'agir « pour le bien de la société »…

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  • Le Crédit Agricole connecte ses écosystèmes
    Dans un univers bancaire généralement caractérisé par ses silos étanches, la plate-forme « StartUp Connections » d'Indosuez Wealth Management – qui s'étend maintenant à quatre nouveaux pays européens après son succès en France – représente une intéressante expérience de rapprochement dans le groupe Crédit Agricole entre deux activités différentes, gérées par des entités distinctes.Grâce à ce service, développé par son lab d'innovation, les clients de la filiale de gestion de patrimoine de la ba

Le Crédit Agricole connecte ses écosystèmes

Par : Patrice
9 juillet 2024 à 23:50
Indosuez Wealth Management
Dans un univers bancaire généralement caractérisé par ses silos étanches, la plate-forme « StartUp Connections » d'Indosuez Wealth Management – qui s'étend maintenant à quatre nouveaux pays européens après son succès en France – représente une intéressante expérience de rapprochement dans le groupe Crédit Agricole entre deux activités différentes, gérées par des entités distinctes.

Grâce à ce service, développé par son lab d'innovation, les clients de la filiale de gestion de patrimoine de la banque verte ont accès, sur simple inscription, à un catalogue d'une centaine de jeunes pousses internationales en quête de fonds ou de mises en relation. S'adressant plus particulièrement aux personnes désireuses de s'engager, d'une manière ou d'une autre, auprès des entrepreneurs, il leur permet d'entrer facilement en contact avec celles qui retiennent leur attention, en accord avec leurs propres critères.

Selon les sensibilités et préférences de chacun, les interactions ainsi facilitées par le « StartUp Connections » peuvent naturellement déboucher sur des participations à des rondes d'investissement. L'établissement indique d'ailleurs que, au cours de ses six ans d'existence en France, 250 rencontres ont déjà été organisées, engendrant environ 11 millions d'euros de financements, notamment dans les domaines privilégiés que sont la santé, l'environnement, l'efficacité énergétique ou encore la finance durable.

Indosuez Wealth Management StartUp Connections

L'originalité de la démarche tient aux sources retenues afin d'alimenter la plate-forme. En effet, ce sont les Villages by CA – ces structures d'accueil de startups déployées depuis 10 ans par le Crédit Agricole dans l'ensemble de l'hexagone ainsi que dans quelques antennes à l'étranger – qui fournissent une partie du contingent (dans une proportion non précisée). La spécialisation thématique de la plupart d'entre eux contribue en outre à une sélection en adéquation avec les attentes des clients d'Indosuez.

L'intégration mise en place est bénéfique pour toutes les parties prenantes. Les clients de la banque privée obtiennent un accès quasiment exclusif à des opportunités d'investissement direct dans des entreprises préalablement qualifiées via un processus de sélection rigoureux. Les entrepreneurs, quant à eux, gagnent une exposition à une réserve attractive d'interlocuteurs qu'il leur serait difficile de toucher seuls. Enfin, pour l'institution, c'est une proposition de valeur inédite pour deux de ses cibles de clientèle.

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  • L'empreinte carbone du sinistre automobile
    L'impact environnemental de la gestion des sinistres commence désormais à prendre une place sérieuse parmi les préoccupations des compagnies d'assurance. Et, comme dans d'autres domaines, des actions sont parfois lancées uniquement sur la base d'intuitions. Crédit Agricole Assurances propose donc de rationaliser les réflexions.Le livre blanc que vient de publier la filiale de la banque verte est le résultat d'une démarche scientifique rigoureuse, menée en collaboration avec une brochette d'entr

L'empreinte carbone du sinistre automobile

Par : Patrice
7 juillet 2024 à 21:30
Crédit Agricole
L'impact environnemental de la gestion des sinistres commence désormais à prendre une place sérieuse parmi les préoccupations des compagnies d'assurance. Et, comme dans d'autres domaines, des actions sont parfois lancées uniquement sur la base d'intuitions. Crédit Agricole Assurances propose donc de rationaliser les réflexions.

Le livre blanc que vient de publier la filiale de la banque verte est le résultat d'une démarche scientifique rigoureuse, menée en collaboration avec une brochette d'entreprises intervenant à différents titres dans la chaîne de valeur. Fondée sur des analyses statistiques précises et exhaustives, l'étude dresse d'abord un panorama complet des émissions de gaz à effet de serre liées à chaque étape de traitement des dossiers avant d'émettre des préconisations concrètes visant à leur réduction.

En premier lieu, pour une vue réellement pertinente du sujet, il est important de le prendre en compte dans son ensemble. C'est pourquoi les évaluations réalisées couvrent l'assistance, l'expertise et, soit la réparation, soit les opérations réservées aux véhicules hors d'usage. Une exception est faite pour les bris de glace, appréhendés via un parcours simplifié et qui, de toutes manières, donne, sans surprise, un avantage net à la restauration, hélas réservée aux petits éclats, plutôt qu'au remplacement.

Pour les autres cas, les données recueillies réservent quelques surprises et remettent en cause certaines idées préconçues. Ainsi, si, là encore, la réparation est en moyenne plus vertueuse que le recours à une pièce de réemploi, qui l'est lui-même cinq fois plus que l'utilisation d'un composant neuf, la remise en état ne constitue pas la première cause d'émissions. La place revient en effet au véhicule de substitution (d'assistance ou du garage)… et la peinture (sa composition et son application) n'est pas très loin.

Livre Blanc Crédit Agricole Assurances

Forte de ces constats, Crédit Agricole Assurances esquisse des pistes originales, chiffrées, pour la maîtrise de l'empreinte environnementale des sinistres, au-delà de la classique promotion du recyclage d'éléments pour la réparation. En particulier, l'abaissement des délais d'immobilisation et la location de voitures électriques sont suggérés pour un bénéfice maximal sur le poste du véhicule de remplacement. Il faut toutefois souligner que les actions dans ce registre n'ont de conséquences que pour le bilan propre de l'assureur et non à une échelle globale, les émissions de CO2 comptabilisées étant celles que le véhicule accidenté ne génère pas.

Pour la peinture, diverses solutions sont envisageables, notamment sur la consommation énergétique de son application. Malheureusement, celles-ci impliquent la mise en œuvre de nouvelles techniques, relativement coûteuses à implémenter, sans compter les besoins de formation et d'adaptation culturelle à prévoir au niveau des personnels. Signalons au passage un « détail » facilement oublié ou négligé, source potentielle de gains sensibles, à savoir l'isolation thermique des garages et ateliers.

En dépit d'un exercice déjà extrêmement instructif, les rédacteurs de l'étude sont conscients de ses limitations, imaginant par exemple élaborer un référentiel beaucoup plus approfondi s'ils disposaient d'informations détaillées fournies par les constructeurs. J'ajouterais qu'il serait en outre fort intéressant de compléter l'analyse, aujourd'hui focalisée sur les seules émissions de gaz à effet de serre, avec une perspective sur d'autres aspects environnementaux, entre autres en termes de pollution.

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  • Une carte enrichie chez Sofinco
    Réagissant tardivement à l'impact du paiement fractionné sur son activité historique de crédit à la consommation, Sofinco dévoile, comme la plupart de ses concurrentes depuis quelques mois, une carte multi-fonctions… à laquelle elle ajoute une extension de garantie qui lui permet de se différencier sur un marché âprement concurrentiel.Pour ce qui concerne son fonctionnement principal, le nouvel instrument adopte l'état de l'art en la matière : une carte Visa, gratuite sous conditions, utilisabl

Une carte enrichie chez Sofinco

Par : Patrice
15 juin 2024 à 23:30
Sofinco
Réagissant tardivement à l'impact du paiement fractionné sur son activité historique de crédit à la consommation, Sofinco dévoile, comme la plupart de ses concurrentes depuis quelques mois, une carte multi-fonctions… à laquelle elle ajoute une extension de garantie qui lui permet de se différencier sur un marché âprement concurrentiel.

Pour ce qui concerne son fonctionnement principal, le nouvel instrument adopte l'état de l'art en la matière : une carte Visa, gratuite sous conditions, utilisable en magasin physique ou en ligne, propose à son porteur le choix d'un règlement comptant (différé, retenu par défaut), en trois ou dix fois, ou encore par 36 ou 60 mensualités d'emprunt classique (selon le montant). La sélection s'effectue immédiatement après une dépense ou en fin de mois, à l'occasion du prélèvement des transactions en attente, par SMS (en réponse à une notification), par téléphone ou via l'application dédiée.

Puis viennent donc les assurances complémentaires incluses : outre les couvertures habituelles de Visa pour les voyages et les locations de voiture ainsi que les non moins traditionnelles options d'assistance, Sofinco intègre les protections, désormais relativement courantes, contre la casse, le vol et les défauts de livraison sur les achats, complétées par une garantie supplémentaire sur les biens d'équipement (via la prise en charge des frais de réparation), au-delà du délai légal, de 12 mois en version standard et de 36 mois avec la carte Premier, quel que soit le mode de financement.

Sofinco À la Carte

Une telle initiative, présentée comme inédite sur le marché, a de quoi séduire les consommateurs désireux de protéger leurs acquisitions les plus précieuses, offrant une alternative attractive et économique, malgré ses limitations (plafond annuel de 3 000 ou 6 000 euros et franchise de 75 euros), aux solutions similaires commercialisées avec une certaine insistance par les grandes enseignes de distribution. La mise en œuvre par recours au service après-vente, plutôt que via remplacement (qui serait d'ailleurs beaucoup plus coûteux à implémenter), constitue en outre un excellent moyen d'encourager une attitude responsable en cas de défaillance d'un produit.

Du point de vue de la filiale du Crédit Agricole, l'approche est indéniablement astucieuse. Grâce à cet avantage original, sa carte a toutes les chances d'être privilégiée par ses clients, notamment pour leurs achats de montant élevé… qui sont évidemment les plus propices au recours à une des formes de crédit proposées. Ce qui est d'abord un facteur de conquête, relevant essentiellement du marketing, devient de la sorte également un vecteur de transformation pour le véritable métier de l'établissement.

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  • L'ambiguïté des banques mutualistes
    Comme les grandes banques du monde entier, Crédit Agricole S.A. publie ses résultats trimestriels et ceux de ce début 2024 sont exceptionnels, à hauteur de 1,9 milliards d'euros, autorisant l'ambition d'atteindre les 6 milliards pour l'exercice complet. Comment une telle position est-elle compatible avec l'esprit mutualiste revendiqué ?Je précise immédiatement que je prends ici l'exemple du Crédit Agricole mais le même questionnement s'applique, à des degrés variables (légèrement), aux autres é

L'ambiguïté des banques mutualistes

Par : Patrice
3 mai 2024 à 22:00
Crédit Agricole
Comme les grandes banques du monde entier, Crédit Agricole S.A. publie ses résultats trimestriels et ceux de ce début 2024 sont exceptionnels, à hauteur de 1,9 milliards d'euros, autorisant l'ambition d'atteindre les 6 milliards pour l'exercice complet. Comment une telle position est-elle compatible avec l'esprit mutualiste revendiqué ?

Je précise immédiatement que je prends ici l'exemple du Crédit Agricole mais le même questionnement s'applique, à des degrés variables (légèrement), aux autres établissements issus de racines similaires. Tous ceux-là se sont en effet progressivement mis dans une situation extrêmement ambiguë, entre désirs de mettre en avant leur différence démocratique, dans la gouvernance de leur banque de détail (comme le souligne ces derniers temps une campagne publicitaire du Crédit Mutuel), et communication financière typique des grands groupes du secteur.

Comme dans la création des produits et services du quotidien, ces entreprises devraient se mettre à la place de leurs sociétaires face à cette cacophonie : possèdent-ils vraiment un quelconque pouvoir d'orienter les décisions stratégiques de leur teneur de compte ou ou la caisse locale n'est-elle qu'un rouage dans un empire comme les autres, d'abord préoccupé de dégager des bénéfices pour ses actionnaires, leur laissant tout au plus un rôle de marionnette dans une mise en scène soigneusement orchestrée ?

A minima, pour plus de transparence et de clarté, il serait bon de rapprocher les annonces purement boursières de leurs implications concrètes au niveau du réseau mutualiste. Après tout, ce dernier reste détenteur d'une majorité des parts de sa société cotée parente et profite à ce titre d'une fraction importante de la manne engrangée. Comment cet argent est-il concrètement utilisé ? Dans quelles conditions les conseils d'administration locaux ont-ils voix au chapitre ? Ces choix créent-ils un avantage distinctif démontrable par rapport aux institutions 100% capitalistes ?

En l'état, les consommateurs sont abandonnés seuls aux prises avec deux catégories de messages incompatibles, l'une qui défend des valeurs coopératives tellement idylliques qu'elles paraissent immédiatement suspectes et l'autre qui correspond à ce que le petit épargnant déteste probablement le plus au monde, à savoir les banques qui enregistrent des résultats faramineux… grâce à leur argent. Il n'est pas très difficile de deviner lequel prend généralement le dessus et de comprendre alors pourquoi l'argument du mutualisme est en sérieuse perte de vitesse auprès du grand public.

Crédit Agricole

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  • Pacifica intègre la réparation d'électroménager
    Alors que les préoccupations environnementales s'incrustent petit à petit dans nos habitudes, Pacifica conclut un double partenariat avec Murfy, spécialiste de la réparation et du reconditionnement des appareils électroménagers, en préparation du lancement d'une nouvelle gamme d'assurance habitation, prévu au mois de juin prochain.D'un côté, nous avons une jeune pousse française engagée contre le gaspillage immense que représente le remplacement des équipements de la maison à la moindre panne.

Pacifica intègre la réparation d'électroménager

Par : Patrice
8 mars 2024 à 21:30
Crédit Agricole
Alors que les préoccupations environnementales s'incrustent petit à petit dans nos habitudes, Pacifica conclut un double partenariat avec Murfy, spécialiste de la réparation et du reconditionnement des appareils électroménagers, en préparation du lancement d'une nouvelle gamme d'assurance habitation, prévu au mois de juin prochain.

D'un côté, nous avons une jeune pousse française engagée contre le gaspillage immense que représente le remplacement des équipements de la maison à la moindre panne. En guise de réponse, elle propose des interventions rapides (moins de 48 heures) et bon marché (avec une tarification pré-déterminée) de techniciens qu'elle forme elle-même. En complément, dans les cas d'impossibilité de remise en état de marche, elle encourage l'acquisition d'un produit issu de son parc d'occasions.

De l'autre côté, la filiale d'assurance dommages de la banque verte souhaite vraisemblablement se positionner sur le terrain occupé depuis plusieurs années par les grandes enseignes de la distribution (Fnac-Darty et Boulanger, notamment) de l'abonnement de réparation. Un peu comme celui des garanties affinitaires avant lui, ce dernier, en plein essor, paraît extrêmement lucratif… et sujet aux abus. Au-delà des considérations écologiques, voilà un marché qui ne peut qu'attirer les assureurs.

Murfy x Pacifica

Le rapprochement entre Murfy et Pacifica se concrétise d'abord par une entrée du second au capital du premier (à un niveau non précisé, dont il faut espérer qu'il n'étouffe pas sa stratégie), ce qui devrait procurer à l'entreprise les moyens de développer sa présence sur le territoire (aujourd'hui, une quarantaine de villes sont couvertes) et de renforcer sa notoriété, a minima grâce au soutien visible d'une marque réputée.

En parallèle, la compagnie travaille également à l'intégration du service de la startup au sein de ses futurs produits dédiés à l'habitation. À ce stade, on ne sait pas s'il s'agira d'une option de couverture de l'électroménager directement concurrentes des solutions existantes ou, dans une moindre ambition, d'incitation à la réparation ou au recours au matériel reconditionné dans le cadre de sa gestion de sinistre classique.

De toute évidence, il existe une opportunité que le secteur de l'assurance n'a pas encore massivement saisie et a, de fait, laissé entre les mains d'acteurs dont la légitimité est précaire (ce n'est pas à l'achat d'un objet que le besoin ressort) et qui adoptent des pratiques commerciales peu recommandables (j'en ai fait personnellement l'expérience). Entre la demande des consommateurs pour des solutions responsables (et économiques), une possible riposte éthique aux dérives observées et la faculté de conseiller le client dans un moment de vie pertinent, les présages sont favorables.

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